Dernières chroniques

Bienvenue

Bienvenue !


Rambalh, c'est un pot pourri de mes lectures, un blog pour partager mes coups de coeur et de gueule. Rambalh signifie Bordel en Occitan et c'est un peu le cas de ce blog. Il est surtout né de mon besoin de garder une trace de mes lectures. Retrouvez-moi aussi sur Accros & Mordus de Lecture.

Affichage des articles dont le libellé est Science. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Science. Afficher tous les articles

samedi 8 février 2020

Le grand amour de la pieuvre de Marie Berne

Le grand amour de la pieuvre de Marie Berne faisait partie de la sélection de la Glory Book Box sur le thème des Abysses. J’aime toujours autant cette box littéraire que je recommande une nouvelle fois pour l’occasion parce qu'elle met en avant uniquement des autrices pour enfin faire la lumière sur toutes ces grandes plumes.



Quatrième de Couverture
Les pieuvres ont l’amour tentaculaire : qu’il soit contre nature ne diminue en rien l’intensité de leur passion. L’histoire que conte ce livre le prouvera à ceux qui, d’étape en étape, suivront les confessions de son héroïne au destin bouleversé par sa rencontre avec un jeune garçon. En la découvrant, celui-ci a eu la révélation d’une vocation qui le possédera pendant près d’un siècle : filmer ces créatures des mers aux mœurs inconnues. Muni d’une caméra, et n’écoutant que son instinct, il fera de son patient travail d’exploration scientifique une œuvre d’art que l’on contemple aujourd’hui, fasciné.

La pieuvre, peu à peu délaissée et décidée à se venger, narre l’étrange parcours d’un homme habité par sa mission mais qui, lorsque son heure sera venue, devra payer à la bête le prix de ses abandons.

Poétique, aquatique, fantastique, amoureux surtout, ce premier roman, inspiré de la vie d’un artiste aussi exceptionnel que méconnu, nous entraine dans les fonds mouvants du souvenir et restitue, par ses mots, les beautés et les tourments d’un homme sur le rivage du monde.

Mon avis
Marie Berne rend hommage à Jean Painlevé, réalisateur et biologiste français, qui a apporté un autre regard au documentaire scientifique. Inspirée par La pieuvre (1927) et Les amours de la pieuvre (1965), Marie Berne use d’anthropomorphisme pour se plonger dans les pensées d’une pieuvre folle amoureuse de celui qui la porte à l’écran avant de la délaisser au profit de nouvelles créatures.

L’exercice de style est superbe, la plume de l’autrice est envoûtante et subtile, douce puis violente. Le talent de Marie Berne tient dans son choix des mots, des tournures, des images qu’elle met en scène. Seulement, la lecture a été très oppressante pour moi. L’amour décrit est obsessionnel, étouffant, destructeur. La pieuvre aime le réalisateur, elle aime ce qu’elle devient sous sa caméra, l’image d’elle qu’il lui renvoie en la filmant. Mais elle finit par ne vivre que par ça, son aigreur et sa haine grandissant au fil du temps, au fil de l’éloignant du passionné qu’elle aime tant.
Toute la construction du texte autour de cet amour malsain est parfaite, tellement précise que j’ai eu besoin de pas mal de temps pour lire ce livre, ressentant le besoin de le poser pour avoir l’impression de respirer à nouveau. C’est une sensation étrange, fascinante d’une part mais épuisante d’une autre. J’ai apprécié le travail de Marie Berne tout en étant soulagée d’arriver au bout de ma lecture pour pouvoir relâcher toute la pression accumulée.

Le grand amour de la pieuvre représente pour moi l’histoire d’un amour malsain, un drame violent pour la pieuvre. L’angoisse qui m’a étreinte à la lecture reste l’empreinte finale que ce roman a laissée sur moi, oppressée par le décompte effectué par la pieuvre au fil des chapitres. Un superbe travail mais un livre à lire en sachant quoi s’attendre.

Je remercie Glory Book Box pour cette découverte, merci de me permettre de découvrir chaque fois de nouvelles autrices ♥

« Et si je me tenais sur ce fond sombre, je verrais sans doute la lumière de son corps ? Six jours encore. Chaque fois que je crois l’attraper, l’étreinte semble trop brève, il a la bougeotte. Pourvu qu’une autre ne l’ait pas entamé. Ce serait le néant dans mes cœurs de pieuvre esseulée. »


Les avis des Accros & Mordus de Lecture

mercredi 27 mars 2019

Ni vues ni connues par le Collectif Georgette Sand

Les écrits féministes peuplent de plus en plus ma bibliothèque et j'en suis fière. Que ce soit à travers des essais ou des romans écrits par des femmes, j'ai cette envie grandissant de découvrir chaque jour un peu plus le féminisme actuel comme celui passé, les grands noms de femmes volontairement oubliés par l'histoire, comme les femmes qui oeuvrent dans leur quotidien pour changer ne serait-ce que leur monde. Ce livre fait partie de mon parcours.



Quatrième de Couverture
Connaissez-vous Christine de Pizan, Berty Albrecht ou Rosa Parks ? Saviez-vous que c'est une femme qui, avant Galilée, a affirmé l'existence du système solaire, une autre qui, avant Kandinsky, a inventé l'art abstrait, une troisième qui a théorisé les pulsions de mort avant Freud… ?
En balayant les légendes, en soulevant les tapis, en fouillant les placards, le collectif Georgette Sand donne à voir et à (re)connaître soixante-quinze femmes – aventurières, militantes, artistes, scientifiques… – qui ont marqué l'histoire sans qu'on le sache ou que l'on s'en souvienne.
Grâce à ces portraits, l'invisibilité n'est plus une fatalité et peut même être désamorcée très simplement : pour être reconnues, il faut être connues, et pour être connues, il faut être vues.

« Des portraits drôles, vivants. Ils attisent la curiosité et nous… on tourne les pages sans s'arrêter. Indispensable. »
Cosmopolitan

Préface de Michelle Perrot / Postface de Pénélope Bagieu

Mon avis
Pour une fois, je présente un livre que je n’ai pas terminé. Mais pourquoi donc ? Tout simplement parce qu’il s’agit d’un recueil de courtes biographies sur des femmes qui auraient du marquer l’histoire. Mais quel est donc le rapport ? Parce que j’ai décidé de lire ces biographies au fil des jours, parfois en ouvrant le livre au hasard, ou en cherchant l’inspiration via des noms que je connais déjà. Je vous ai perdus ? Ce n’est pas grave, allons plus en profondeur dans le sujet.

Le Collectif Georgette Sand, créé en 2013, a marqué les esprits en luttant notamment pour la fin de la taxe rose, cette taxe sur nos protections menstruelles qui ramènent notre capacité à enfanter à une manière de se faire du fric pour l’état. Après tout, en plus d’avoir la capacité de créer de futur consommateur, autant qu’on paye tant que ce n’est pas le cas, on a quand même droit, en théorie, à neuf mois de sursis.
Le collectif, par son nom, soulève même une question intéressante : « Faut-il vraiment s’appeler George pour être pris au sérieux ? », George Sand répondrait d’ailleurs que ça ne suffit pas. Et pour lutter contre l’invisibilisation des femmes, Ni vues ni connues est né. Ce superbe recueil de courtes biographies met sur le devant de la scène des femmes oubliées partiellement ou totalement, des femmes dont le travail a été volé, dont la parole n’a été qu’en partie transmise, dont la réputation a été noircie pour taire leur réelle valeur.

Comme l’explique Michelle Perrot dans la préface, l’histoire raconte le passé mais sous le spectre du récit qui en est fait. Les hommes ont écrit l’histoire, cette histoire faite pourtant par les deux genres. Les constructions sociales poussent les femmes à rester dans l’ombre, dans la pudeur, par choix ou par la force, et l’heure est venue de rendre à César Hypatie ce qui est à Hypatie.

Pour se faire, le Collectif Georgette Sand met à notre disposition 75 biographies de femmes, déjà connues ou bien trop peu. Ces biographies sont souvent une remise à niveau des connaissances que l’on a sur ces femmes, comme celle de George Sand qui rappelle qu’avant d’avoir écrit de beaux romans champêtres, l’autrice a participé activement à la vie politique de la IIe République.

Ces biographies sont donc une petite douceur chargée de militantisme que je souhaite déguster sur la durée, que je désire arpenter lentement chaque jour pour prendre le temps de retenir les noms, de me laisser porter par les recherches que je fais ensuite. Sans avoir terminé ce livre, j’ai eu envie d’en parler, parce que l’introduction et la conclusion suffisent à comprendre son enjeu et que le reste n’est qu’enrichissement. C’est aussi parce que ces connaissances doivent se transmettre et non se perdre dans une petite chronique, dans une lecture dont je risque d’oublier des détails si je l’avale trop vite.

Pour finir, je citerai juste la fin de la postface écrite par Pénélope Bagieu :

« Il suffit d’un nom, d’une femme, une seule fois, pour créer un précédent, un exemple, une autre case que « princesse » à cocher. Et les petites filles ne devraient pas avoir à les dénicher. Voilà pourquoi il faut beaucoup, beaucoup de livres comme celui-ci. »


Les avis des Accros & Mordus de Lecture

mercredi 6 avril 2016

Le charme discret de l'intestin de Giulia Enders

Aussitôt acheté, aussitôt lu ! Ce livre est un bon gros coup de ♥ ! De la science vulgarisée avec justesse, de l'humour, de jolies illustrations : une magnifique histoire d'amour entre l'auteur et l'intestin.



Quatrième de Couverture
Surpoids, dépression, diabète, maladies de peau… et si tout se jouait dans l’intestin ?
Au fil des pages de son brillant ouvrage, Giulia Enders, jeune doctorante en médecine, plaide avec humour pour cet organe qu’on a tendance à négliger, voire à maltraiter. Après une visite guidée au sein de notre système digestif, elle présente, toujours de façon claire et captivante, les résultats des toutes dernières recherches sur le rôle du “deuxième cerveau’’ pour notre bien-être. C’est avec des arguments scientifiques qu’elle nous invite à changer de comportement alimentaire, à éviter certains médicaments ainsi qu’à appliquer quelques règles très concrètes en faveur d’une digestion réussie.
Irrésistiblement illustré par Jill Enders, la soeur de l’auteur, voici un livre qui nous réconcilie avec notre ventre.
Succès surprise, Le Charme discret de l’intestin s’est vendu à plus de un million d’exemplaires en Allemagne et sera publié dans une trentaine de pays.

Née en 1990, Giulia Enders, passionnée de gastroentérologie, finalise sa thèse à l'université de Francfort. Motivée par la guérison de sa grave maladie de peau grâce à un changement radical de son alimentation, la jeune femme se penche sur les études les plus récentes de ce domaine. Premier prix de la Nuit des sciences de Berlin, où les jeunes chercheurs communiquent de la façon la plus originale le résultat de leurs études, son intervention a eu un succès faramineux sur la Toile.
L’illustratrice Jill Enders, graphiste diplômée, participe dès le début au succès des travaux de sa soeur.


Mon avis
J’ai entendu parler de ce livre il y a plusieurs mois déjà et, dès le départ, il m’a appelée. Je suis ce qu’on pourrait appeler une « décomplexée du caca », je n’ai aucun problème à dire « Je vais faire caca ». Si on a le malheur de m’entendre à travers la porte, et bien tant pis. Et si on le dit « Mais ça ne nous intéresse pas, j’aime pas », c’est bien dommage : être décomplexée du caca, c’est le meilleur moyen de pouvoir aller au toilette quand on en a besoin sans que la tête bloque le processus parce qu’on sait qu’il y a un autre individu dans le coin. Et ça, croyez-moi, c’est magique : se foutre totalement de la finesse de la porte qui vous sépare de la foule permet de se sentir mieux. Surtout en cas de stage de terrain de plusieurs jours, en cohabitation avec ses camarades géologues. Pourquoi tout ce laïus ? Parce que, forcément, quand j’ai vu la façon dont Giulia Enders parlait de l’intestin, en insistant sur le fait qu’on ne devait pas avoir honte de notre système digestif, je me suis dit illico que c’était pour moi (et ce sera peut-être pour vous).


Le charme discret de l’intestin est souvent positionné dans les rayonnages consacrés à la diététique et aux régimes A TORT. Ici, Giulia Enders ne nous dit pas « donne ça à ton corps et tu auras ça », pas du tout : elle nous présente plutôt l’intégralité du système digestif, de la bouche à l’anus, en montrant par A + B que l’intestin est le centre, le cerveau même de notre digestion, et de bien plus encore. Le fonctionnement de nos organes est détaillé de manière très abordable et Giulia Enders effectue un véritable travail d’orfèvre en rendant donnant enfin ses lettres de noblesse à notre intestin : elle sublime cet organe qu’elle aime, qu’elle chérit et qu’elle veut faire briller.
Appuyé sur des publications récentes (dont les sources sont citées en fin d’ouvrage), son travail aborde beaucoup de phénomènes de « mode » comme les intolérances au gluten et au lactose : Giulia Enders explique ce qu’il se passe réellement dans notre intestin et donne des pistes pour s’adapter. Mais uniquement des pistes. Parce que là est toute la différence avec les ouvrages sur la digestion, et plus généralement l’alimentation, qu’on trouve actuellement : la doctorante ne nous dit pas quoi faire, elle nous explique les causes, nous propose différentes solutions mais nous met constamment en garde contre les idées reçues, les régimes radicaux (surtout sans raison valable) et les fausses solutions.
Le but de Giulia Enders n’est pas de nous proposer un autre mode de vie, non, elle cherche juste à nous présenter ce système digestif qui fonctionne à plein régime dans notre corps et les bactéries avec lesquelles nous cohabitons depuis notre naissance. Elle nous aide à apprendre à nous connaître et à nous réconcilier avec cet organe « disgracieux » qu’est l’intestin, organe qui pourtant est plus propre que nos mains ou le sol que nous foulons chaque jour car en totale adéquation avec nous-même.

Le charme discret de l’intestin se lit comme un roman, agrémenté de quelques illustrations mignonnes et efficaces. Le contenu est abordable par chacun et tout est si bien expliqué que rien n’est incompréhensible. L’écriture de l’auteur est parfaitement adaptée à l’esprit de ce livre : phrases précises et imagées à la fois, humour détonnant, descriptions amoureuses de l’intestin et de ce qui l’entoure, exemples qui parlent à tous les lecteurs… Vraiment, lire ce livre est un pur régal et cela va vite, à part peut-être la dernière partie qui aborde les bactéries et qui, sans être lourde pour un sou, est moins légère que les deux premières parties.

L’humour est vraiment la clé de ce livre, un moyen de faire plaisir à ceux qui, comme moi, n’ont pas de problèmes avec leur système digestif et de détendre doucement les lecteurs qui ont plus de mal à aborder cet aspect de leur corps. Juste pour le plaisir :

Conclusion n° 1 : c'est vrai, en position accroupie, le canal intestinal est droit comme une autoroute et tout ce qui y circule va droit au but. Conclusion n° 2 : il y a des gens sympas qui avalent des substances fluorescentes et se font radiographier pendant qu'ils font caca, tout ça our servir la science. Deux résultats qui, à mon avis, ne devraient laisser personne indifférent. (p30)

Et gros gros plus pour « Le carnet scatologique » qui détaille tous les cacas, de la couleur à la consistance. Forcément, c’était pour moi !

Il est aussi agréable de voir de la remise en cause dans un texte de vulgarisation : plusieurs fois, Giulia Enders insiste sur le fait que certaines études ont encore besoin d’être validées, que la recherche a encore beaucoup à faire. Même en s’adressant à un public qui n’a pas le bagage pour savoir démêler le vrai du faux, la doctorante reste franche et ne joue pas le jeu de certains scientifiques qui tiennent pour acquis des résultats qui ne le sont pas toujours. Je ne peux que louer son attitude.
Des hypothèses très intéressantes reliant notre intestin à notre état psychologique sont amenées dans ce livre et elles offrent des pistes de recherche sur le sujet, notamment à travers les bactéries. Il est possible que certaines bactéries présentes dans notre système digestif soient capables d’influencer notre mental : si elles raffolent d’un mets, elles pourraient nous pousser à le consommer sans que nous nous en rendions compte, persuadés que c’est son goût qui nous fait y revenir. De même, des études menées sur les taxoplasmes montrent que ces parasites pourraient nous pousser à avoir des comportements extrêmes, comme des rats qui, défiant leur instinct de survie, resteraient à proximité de l’urine de chat car les taxoplasmes de leur organisme feraient en sortent de pénétrer dans le système disgestif d’un chat, palace suprême pour eux, en passant par la voie royale.
Bref, ce livre regorge d’informations plus intéressantes les unes que les autres et nous montre à quel point sous-estimer notre « deuxième cerveau » est bien dommage.

J’ai pris énormément de plaisir à lire cet ouvrage, à en découvrir plus sur mon intestin et ses à-côtés, à comprendre que notre système digestif a une influence directe sur notre esprit. Giulia Enders a réussi à me transmettre son amour de l’intestin et je vais, à mon tour, tout faire pour passer le relai. Libérer la parole sur l’intestin et ce qui en découle n’est pas facile mais c’est passionnant et ça peut avoir des effets tellement libérateurs que je ne peux que vous conseiller, au minimum, de ne pas chercher à renier cette partie de notre corps avec laquelle vivre en harmonie est essentiel pour se sentir mieux. Et, je vous l’assure, être décomplexé du caca est une expérience qui fait du bien !