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Rambalh, c'est un pot pourri de mes lectures, un blog pour partager mes coups de coeur et de gueule. Rambalh signifie Bordel en Occitan et c'est un peu le cas de ce blog. Il est surtout né de mon besoin de garder une trace de mes lectures. Retrouvez-moi aussi sur Accros & Mordus de Lecture.

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mercredi 25 janvier 2023

Forever BITCH de Diglee

J'acheté cette BD d'occasion en souvenir des strips de Diglee que je lisais à l'époque où elle en mettait énormément sur son blog. Son style a pas mal évolué mais c'est toujours chouette de faire un petit retour en arrière.



Quatrième de Couverture
Louise, bientôt la trentaine, en couple, partage ses drames émotionnels avec son BGF (Best Gay Friend) et ses deux meilleures potesses aux caractères diamétralement opposés : Maud, Mère Teresa du plan cul depuis sa rupture avec l’ex-potentiel-homme-de-sa-vie, et Audrey, maquée avec son prince charmant… au grand dam de Maud, viscéralement mais secrètement jalouse de tant de niaiserie doucereuse.

Mon avis
Forever BITCH est une BD qui suit trois amies dans la fin de la vingtaine avec leurs doutes sur leurs vies amoureuses et ce qu’elles attendent vraiment des relations. Une sorte de Sex and The City dessiné moins chic que la série car plus vrai.

Cette BD ne m’a pas fascinée dans le fond, sûrement parce que je l’ai lue à un moment de ma vie où je ne suis plus le public cible. Pourtant, sous une apparente légèreté, Diglee dresse le portrait de trois jeunes femmes que tout semble opposer alors qu’elles sont finalement préoccupées par les mêmes choses. L’humour y est parfois subtil, parfois cru, comme dans la vraie vie et c’est agréable à lire. Le trait de Diglee est très expressif, on peut lire les scènes et les personnages sans même se pencher sur les mots. J’ai beaucoup aimé retrouver son style qui m’avait déjà bien plus à travers les strips lus sur le net.

Les ingrédients sont réunis pour fonctionner mais je pense que j’ai juste lu cette BD trop tard. Cela ne m’empêchera pas de poursuivre ma découverte de ses ouvrages, notamment à travers ses romans que j’ai bien envie de lire. Une BD rafraîchissante pour ceux qui aiment ce genre d’histoire.

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samedi 23 janvier 2021

La boîte à musique, Tome 1 : Bienvenue à Pandorient de Gijé & Carbone

Je progresse tout doucement dans l’univers de la bande dessinée que j’essaie de découvrir peu à peu et j’ai jeté mon dévolu sur La boîte à musique de Gijé et Carbone, attirée par la beauté de la couverture comme un papillon de nuit par la lumière.



Quatrième de Couverture
Pour son 8e anniversaire, Nola reçoit un magnifique cadeau : la boîte à musique de sa maman Annah.
Quelle mélodie enchanteresse !
Mais à y regarder de plus près, une petite fille gesticule à l’intérieur et appelle au secours…
En suivant ses instructions, Nola rapetisse et entre dans la boîte à musique.
Elle découvre alors Pandorient, un monde fabuleux mais aussi dangereux…


Mon avis
On rencontre Nola, 8 ans, qui a récemment perdu sa maman. Pour son anniversaire, son papa lui offre une boîte à musique ayant appartenu à Annah, sa maman. Alors qu’elle jour avec la boîte, Nola découvre à l’intérieur une toute petite fille qui lui demande son aide. C’est ainsi que Nola pénètre dans le monde mystérieux de Pandorient…

La première chose qui m’a frappée, ce sont les couleurs. Elles sont superbes, envoûtantes, et racontent à elles seules beaucoup de l’histoire. Le monde Nola est fait de nuances froides, rappelant la dureté de sa réalité, la perte de sa maman. Mais malgré ces teintes, l’ambiance reste douce, elle a ce qu’il faut d’intime pour pénétrer dans la vie de Nola à pas feutrés. Tout en contraste, le monde de Pandorient dans lequel pénètre Nola est fait de couleurs chatoyantes et vives, donnant de l’intensité à l’aventure qu’elle y vit et accentuant le fait qu’elle oublie pendant quelques temps son deuil pour foncer dans cette histoire à toute allure. Et ce qui frappe encore, ce sont les expressions de son visage qui témoignent de chacune de ses découvertes, des êtres étranges qui peuplent ce monde qu’elle ne peut prendre le temps de découvrir tant la situation s’accélère. Ces expressions si communicatives qui tranchent avec la tristesse constante sur le visage de Nola dans les premières pages.

Rien qu’à travers ces esquisses, on comprend où va nous mener cette série de BD : vers l’histoire secrète de la maman de Nola, une découverte de cette vie cachée qui va permettre à la petite fille de garder le lien avec cette mère disparue tout en faisant peu à peu son deuil. Le premier tome n’est qu’une introduction, un aperçu rapide du monde de Pandorient qui permet à Nola de sortir de sa bulle de tristesse un temps afin de vivre une aventure folle. Je regrette tout de même que ce premier tome aille si vite, qu’il ne nous offre qu’un tout petit aperçu de l’univers de Pandorient mais j’ai vraiment aimé amasser plus de détails grâce aux dessins, moi qui suis principalement une amatrice de mots.

Cette BD s’adresse à des enfants, et c’est peut-être le seul problème que j’ai eu avec puisque j’aurais aimé en voir plus. En réalité, il y a juste ce qu’il faut pour un jeune public et c’est quand même avec plaisir que je lirai la suite.

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dimanche 7 juillet 2019

Ces jours qui disparaissent de Timothé Le Boucher

Je continue ma découverte progressive du monde de la BD en suivant encore une fois les conseils glanés sur Accros & Mordus de Lecture. J'aime tellement ces échanges, ce partage qu"on a développés sur le forum ♥



Quatrième de Couverture
Que feriez-vous si d’un coup vous vous aperceviez que vous ne vivez plus qu’un jour sur deux ? C’est ce qui arrive à Lubin Maréchal, un jeune homme d’une vingtaine d’années qui, sans qu’il n’en ait le moindre souvenir, se réveille chaque matin alors qu’un jour entier vient de s’écouler. Il découvre alors que pendant ces absences, une autre personnalité prend possession de son corps. Un autre lui-même avec un caractère bien différent du sien, menant une vie qui n’a rien à voir. Pour organiser cette cohabitation corporelle et temporelle, Lubin se met en tête de communiquer avec son « autre », par caméra interposée. Mais petit à petit, l’alter ego prend le dessus et possède le corps de Lubin de plus en plus longtemps, ce dernier s’évaporant progressivement dans le temps. Qui sait combien de jours il lui reste à vivre avant de disparaître totalement ?

Au-delà d’un récit fantastique totalement prenant, Ces Jours qui disparaissent pose des questions fortes sur l’identité, la dualité de l’être et le rapport entre le corps et l’esprit.

Mon avis
Ces jours qui disparaissent nous entraine à la rencontre de Lubin, jeune acrobate forcé d’avoir un boulot alimentaire pour poursuivre sa passion, voit peu à peu ses journées disparaître… Durant ses moments d’absence, un autre Lubin semble prendre sa place, un garçon ordonné, qui fait les courses, le ménage et ramène un peu plus d’argent. Au fil du temps, Lubin l’acrobate sent que son temps est grignoté par cet autre qui prend le dessus et qui fait tout pour que la tendance ne s’inverse pas jusqu’à ne laisser que quelques apparitions furtives à son alter ego.

J’ai eu du mal à accrocher à cette BD, ne m’attachant pas une seule fois aux personnages présentés. Il m’a manqué un petit quelque chose pour réellement plonger dans l’histoire avec mes tripes ce qui fait que je l’ai lue avec une certaine distance. C’est ainsi que les messages subliminaux m’ont paru trop peu subtils, trop faciles et attendus, très clichés aussi.
Timothé Le Boucher nous propose un récit graphique où le Lubin rêveur laisse peu à peu place à un Lubin responsable, un Lubin adulte. Notre artiste de cirque disparait au profit d’un homme qui entre dans les rangs, qui exerce un travail dit « utile » par la société, qui contribue au bon fonctionnement de la vie citoyenne en somme. L’éditeur décrit ce changement par le passage de l’enfance à l’âge adulte en faisant peu à peu taire l’enfant insouciant et rêveur.
Tous ces mécanismes m’ont paru trop attendus, trop simples parce qu’on entre dans la critique pure et dure de cet âge adulte quand tout est fait pour que le Lubin « responsable » passe pour le méchant de l’histoire. Et c’est là que j’ai du mal à accepter l’explication du duel entre l’enfance et l’âge adulte : j’avais plutôt l’impression de voir un duel entre le conformisme et l’idéalisme. Et ce duel m’a semblé bien trop manichéen et stéréotypé pour me plaire.

Plus le temps passe et plus j’aime la finesse, les sens cachés, la critique d’une société trop rigide. Ces jours qui disparaissent est à mes yeux une critique de la société qui range les gens dans des cases de façon un peu maladroite, en grossissant le trait et en perdant de son charme. Il y a des dessins assez simples, dans un trait flou et des couleurs très parlantes qui m’ont plu mais qui, parfois, rappelaient finalement le simplisme de la réflexion autour de l’affrontement entre les deux Lubin à mes yeux. Un scénario un poil moins simpliste m’aurait sûrement permis d’accrocher totalement au résultat.

J’ai apprécié ma lecture sur la première moitié du livre puis me suis vite ennuyée sur le reste, sur cette vision trop manichéenne mettant les deux personnalités en opposition. Je pense que le rythme y est aussi pour beaucoup même si, lui, est totalement logique et justifié : le Lubin rêveur se fait de plus en plus rare mais c’est lui que nous suivons, c’est donc des bonds dans le temps immense qui nous portent jusqu’au bout de cette histoire et qui m’ont plus encore coupée des personnages. Le choix est judicieux mais il a ce défaut de ne pas réussir à garder dans le rail les lecteurs comme moi qui sont susceptibles de ne pas s’attacher aux personnages.

Ces jours qui disparaissent est une BD proposant un scénario original, des pistes de réflexion intéressante mais à laquelle je n’ai pas su m’accrocher. Je suppose qu’il me manque encore une certaine sensibilité à ce type d’ouvrage pour me satisfaire de certains raccourcis nécessaires et trouver dans la partie graphique les éléments manquants à la partie scénaristique.

Garder son âme d’enfant me semble essentiel dans notre monde mais je ne pense pas qu’il faille rejeter en bloc tout ce que l’âge adulte semble attendre de nous en apparence : c’est en jouant avec les deux facettes de notre moi qu’on trouve un équilibre à mon sens. Et c’est cet équilibre que les personnages de Timothé Le Boucher ne trouvent pas, cet équilibre auquel nous devons essayer d’aspirer sous peine de finir comme ces deux Lubin, incomplets et perdus. Ces jours qui disparaissent est un bon moyen de se rappeler que faire la paix avec nous-même peut nous être salutaire.

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dimanche 3 février 2019

Communardes ! Tome 2 : L'aristocrate fantôme de Wilfrid Lupano et Anthony Jean

Je n’arrive toujours pas à réellement savoir si ce tome est le premier ou le second avec certitude mais pour moi, il sera le premier parce que j’avais décidé que Les Éléphants rouges était le second (post-chronique : en fait, il s’agit bien du second tome, j’étais dans le faux). C’est avec plaisir que j’ai ouvert ce nouveau tome qui m’attendait bien sagement dans ma bibliothèque depuis presque un an.



Quatrième de Couverture
1871. Élisabeth Dmitrieff, une belle jeune femme russe de tout juste vingt ans arrivée à Paris depuis une semaine à peine, devient la présidente du premier mouvement officiellement féministe d'Europe : l'Union des femmes pour la défense de Paris et l'aide aux blessés. Véritable passionaria socialiste et va-t-en-guerre, elle est envoyée par Karl Marx lui-même ! Sa beauté et sa verve, qui la distinguent des autres insurgées, d'origines plus populaires, suscitent l'intérêt des « hommes » jusqu'ici peu sensibles aux revendications des communardes.
Ainsi, paradoxalement, l'une des premières grandes figures du combat pour le droit des femmes en France était... une aristocrate russe.

Mon avis
En plein cœur de la Commune, alors que les Versaillais cherchent à attaquer Paris au plus vite, Élisabeth Dmitrieff se démène du haut de ses vingt ans pour inclure les femmes dans l’action. Elle lutte pour que leur efficacité et leur utilité soient reconnues, pour qu’elles puissent travailler, s’impliquer, faire entendre leurs voix et se battre aux côtés des hommes dont elles sont les égales.

Encore une fois, Communardes ! met en lumière le rôle des femmes dans La Commune ainsi que la façon dont ce rôle est dénigré, amoindri. Les hommes cherchent à les cantonner à des activités de fond comme les cantines mais elles veulent et peuvent faire plus. Élisabeth Dmitrieff, personnalité ayant réellement existé et ayant tenu un rôle important durant ce pan de l’Histoire, fonde l'Union des femmes pour la défense de Paris et les soins aux blessés en 1871 et y œuvre activement. Envoyée initialement à Paris par le Conseil Général de l’Internationale, elle s’engage sans limite et aurait été aperçue au cœur des combats comme au sein des réunions importantes.
Si cette BD semble romancer un peu les quelques semaines sur lesquelles se concentre le scénario, il en ressort une grande part de vérité, à savoir que Dmitrieff était une jeune femme forte, engagée, féministe et grande militante. Sa biographie parle d’engagement dès ses 12/13 ans, d’emprisonnement, de mariage blanc pour se libérer du joug familial, de retour en Russie où un autre mariage lui aurait permis de sauver la vie d’un condamné… Ses convictions étaient solides, profondes et c’est un très bel hommage qui lui est rendu dans L’aristocrate fantôme, où nous avons accès au cœur de l’histoire à travers cette femme qui n’était pas issue du prolétariat, là où Les éléphants rouges abordait l’année 1870 et suivait une classe inférieure luttant tant pour les libertés que pour pouvoir se nourrir.

Les dessins de d’Anthony Jean sont sublimes, toujours dans des tons marrons à dorés, rappelant les teintes du sépia, qui mettent dans une ambiance sombre et profonde. Les planches sans bulle, avec uniquement des combats violents, sont assez impressionnantes et ont un certain impact : j’avais l’impression d’un silence mortel, grave, qui collait à la perfection aux scènes dessinées.

Le seul bémol de ce tome est que je n’ai pas réussi à m’attacher à Élisabeth comme j’avais pu le faire avec Victorine dans l’autre tome : les événements s’enchaînent encore plus vite et je n’ai pas eu le temps de laisser mes émotions se répandre dans cette lecture. J’ai adoré le résumé historique mais il me manque un chouia de détails pour être parfait.

Comme le soulève très bien L’erreur sociale sur le forum Accros & Mordus de Lecture, le côté Historique est rapidement mis au second plan pour laisser toute la place à la condition de la femme, à la lutte de ces Communardes qui ne doit pas être oubliée. Malgré les quelques défauts dus notamment au format court de ces BDs, Communardes ! est une saga qui me transporte et me pousse à me replonger dans cette partie de l’Histoire que je ne connais que trop peu.
Et puis, surtout, c’est mon intérêt pour la littérature féministe ou mettant en avant des femmes qui fait que j’aime cette saga. On peut se dire que l’on revient de loin, que le droit des femmes a évolué mais la misogynie décrite au cœur des pages est toujours présente de nos jours. Le combat à mener sera encore long :

« Tu mélanges tout ! Tu vas trop vite ! L’heure est à l’unité ! Tu fais peur à tout le monde, avec tes revendications guerrières !
– À tout le monde ? Vraiment ? Ou à une poignée de vieux mâles trop gras qui prétendent tenir les femmes à l’écart des affaires pendant encore un siècle ou deux ?
»

Nous sommes à peine un siècle et demi plus tard et… Je n’ai pas besoin d’en écrire plus.

En donnant enfin à toutes ces femmes qui ont fait avancer l’histoire la lumière qu’elles méritent, un grand pas est fait. Que ce soit en rappelant les noms de grandes scientifiques effacées des travaux au profit de leurs collègues masculins ou en expliquant leur rôle à de grandes étapes de l’histoire comme dans cette saga, nous inversons le processus qui a cherché à effacer les femmes de l’Histoire.

Une saga à lire pour se rappeler du chemin qu’il reste à faire et rendre hommage à toutes celles qui se sont battues avant nous.

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mercredi 11 avril 2018

La Métamorphose de Franz Kafka de Corbeyran et Horne

La Métamorphose de Franz Kafka de Corbeyran (scénariste) et Horne (illustrateur) est une BD adaptée de la nouvelle de Franz Kafka que j’ai déniché d’occasion au merveilleux Trouve Tout du Livre, librairie insolite pour laquelle j'ai déjà écrit un article à lire ici. La couverture toute en contraste m’a tout de suite attirée et la dédicace pour une certaine Aurélie (comme moi eheh) m’a confirmé que cette BD était pour moi !



Quatrième de Couverture
Comme chaque matin, Gregor, employé modèle, s'apprête à aller au travail. Mais à son réveil, il aperçoit son corps doté d'une lugubre carapace de coléoptère. Gregor croit d'abord à un mauvais rêve. Pourtant la métamorphose est bien réelle. Il ne quittera plus cet aspect, vivotera sa vie d'insecte tout aussi inoffensif qu'innocent, pour finir écrasé comme de la vulgaire vermine.

Mon avis
La Métamorphose de Franz Kafka met en scène Gregor qui se réveille un matin transformé en insecte et dont les seules préoccupations à ce moment-là sont « comment faire pour aller travailler ? » ou encore « je vais être en retard ». Lorsque sa famille découvre sa nouvelle apparence, tout bascule car il se rend compte que le problème de la ponctualité n’est rien en comparaison du reste…

N’ayant jamais lu la nouvelle de Kafka, je ne vais pas faire une comparaison des deux œuvres et me contenter d’une chronique sur cette BD, sans savoir si elle est fidèle ou non à l’œuvre d’origine.

L’ambiance de la BD est sombre, très sombre, Gregor concentre, complètement noir, est une grande part de cette obscurité au fil des pages. Et cela colle parfaitement au scénario qui s’étend du début à la fin de la BD : ce n’est pas qu’une descente aux enfers puisque la vie de Gregor n’était déjà pas lumineuse. Mais pourquoi donc ?

Gregor, fils aîné ayant une jeune sœur, subvient aux besoins de toute sa famille. Sa mère s’occupe de la maison, sa sœur vie comme une adolescente qui reste éloignée des soucis d’argent et son père se laisse aller, laissant son fils s’occuper de ramener l’argent. Gregor travaille sans relâche, pour un patron qui n’est pas reconnaissant, passant des heures sur ses dossiers, à traiter avec des clients qui n’ont aucune considération pour lui. Mais sa gloire, elle tient dans le fait de permettre à sa famille de vivre, de voir que, grâce à son travail, le pain est sur la table, le loyer du grand appartement est payé et que tout le monde lui en est plus ou moins reconnaissant.

Le jour où il ne peut plus aller travailler, à cause de sa métamorphose, tout bascule. Sa mère ne supporte pas sa vue, son père ne voit en lui qu’un poids inutile et sa sœur, elle, et la seule à tenter de le considérer encore comme un membre de la famille. Le temps passe, l’argent manque mais, surtout, Gregor devient une bouche à nourrir inutilement, une bouche qui fait fuir tout le monde, qui pousse la famille à vivre recluse.

Le père va se remettre à travailler pour tenter de payer le loyer, la mère va tout faire pour ne pas apercevoir ce fils qu’elle considère perdu et, la sœur, va peu à peu changer de position. Et c’est finalement la métamorphose de cette famille qui se produit au fil des pages, celle de Gregor ayant eu lieu dès le départ. D’une famille ne comptant que sur le fils aîné, nous passons à une famille qui se démène pour continuer à vivre et qui se retrouve à vouloir plus. Et pour avoir plus, il faut se débarrasser du fardeau qu’est Gregor, représentant la différence dans cette BD, l’être qui ne ressemble pas au moule attendu et qui vit le rejet, la stigmatisation. La métamorphose de cette famille, qui ne peut plus compter sur le travail de l’aîné, est évidente et reflète à la perfection notre société : ils n’ont plus besoin de Gregor et se désintéressent de lui puisqu’il leur fait honte. Ils ne lui sont en rien reconnaissants du travail qu’il a fourni pour eux. C’est d’une tristesse infinie, surtout parce que tout rappelle la réalité actuelle, les gens « différents » laissés de côté, les gens dont l’utilité n’est plus et pour qui nous n’avons même plus un regard.

La notion de temps est aussi fortement présente dans cette BD, à travers l’angoisse du retard pour Gregor au début, puis les jours qui passent sans qu’on ne puisse les dénombrer mais qui semblent longs, interminables, où nuits et jours se confondent… Ce temps aussi, considéré comme perdu par cette famille qui n’est plus capable de vivre normalement avec la présence de Gregor… Ce temps s’apparente fortement au monde du travail, au fait qu’il faut rentabiliser son temps à défaut de le considérer comme perdu, chose que les membres de cette famille ne semblaient pas réaliser jusqu’au moment où ils ont dû eux-mêmes mettre la main à la pâte. Comme un rappel de la stigmatisation de cette « société d’assistés » dont on nous parle sans cesse dès qu’il s’agit de trouver des responsables de la difficulté de la vie quotidienne.

La Métamorphose de Franz Kafka est une BD qui traite d’un problème actuel, dont la nouvelle d’origine a déjà plus d’un siècle. Un siècle et on se demande encore si le monde a changé et si nous avons réellement évolué. Une BD qui pousse à réfléchir et qui atteint parfaitement son but, avec des dessins inquiétants, des personnages déformés par leurs préjugés et leur égoïsme. Une lecture que je ne regrette pas !


Petite dédicace qui, c'est sûr, m'était destinée !


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jeudi 18 janvier 2018

Communardes ! Tome 1 : Les Éléphants rouges de Wilfrid Lupano et Lucy Mazel

J'ai quelques chroniques en retard de mes lectures 2017 mais je me rattrape ! Je vous présente un tome 1 qui peut sans problème se lire indépendamment dans cette trilogie !



Quatrième de Couverture
Hiver 1870. Prélude de la Commune. Alors que Paris, assiégée par l'armée prussienne, subit le froid et la famine, Victorine, onze ans, passe le plus clair de son temps à s'occuper de Castor et Pollux, les deux éléphants du Jardin des plantes. Cette passion pour les pachydermes a le don d'énerver sa mère, engagée dans le mouvement des femmes qui veulent s'impliquer dans la défense de la ville. Mais Victorine est bourrée d'imagination, et elle veut être à la hauteur des ambitions de sa mère. Nourrie par les exploits des célèbres éléphants d'Hannibal, elle élabore un plan pour libérer Paris. Un plan génial, démesuré, contre lequel Bismarck ne peut rien. Un plan de petite fille livrée à elle-même dans un monde d'adultes...

Mon avis
J’ai poursuivi ma découverte de l’univers des livres graphiques avec le premier tome de la saga Communardes ! attirée par la participation de Lucy Mazel. J’ai adoré son style dans Edelweiss et c’est avec plaisir que j’ai retrouvé son coup de crayon.

Les Éléphants rouges est un tome qui nous guide dans la vie de Victorine, une petite fille qui aime l’aventure et jouer des coudes pour se faire une place dans la petite bande de copains dont elle fait partie, des enfants livrés à eux-mêmes la journée pour grappiller quelques sous par les temps durs qui courent. À travers son regard d’enfant, une nouvelle vision du siège de Paris nous est offerte et elle n’est pas si édulcorée que cela : Victorine appartient à un monde qui n’est pas privilégié, elle et sa mère vogue de maisons en maisons, essaient de gagner de quoi se nourrir quand les rations réservées à chacune ne suffisent pas.

Forte de courage et d’ambition, Victorine est l’incarnation de cette jeunesse qui cherche coûte que coûte à se gorger d’espoir pour continuer à trouver une raison de vivre. À travers son plan fou, on vibre, on espère et on déchante… Parce que les choses ne se terminent pas toujours bien et que lutter n’est pas toujours suffisant, surtout lorsqu’on est une petite fille que personne ne souhaite écouter. L’innocence de Victorine, déjà bien touchée par le monde qui l’entoure finit par disparaître complètement lors de son énième combat contre la réalité et m’a touchée.

Un émerveillement pour l’esprit comme pour les yeux avec ce tome qui me fera sans aucun doute acheter et dévorer les suivants.

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mercredi 4 octobre 2017

Edelweiss de Cédric Mayen et Lucy Mazel

Comme je le disais dans mes posts précédents, je cherche à me diversifier et à aller vers des genres et formats que je ne connais pas. Aujourd'hui, c'est avec une BD que j'ai sauté vers l'aventure et j'en suis bien contente ! Edelweiss est superbe !



Quatrième de Couverture
Été 1947, Boulogne-Billancourt. Lors d’un bal typique de l’après-guerre, Edmond, jeune ouvrier chez Renault, rencontre Olympe, fille de politicien. Il ne se doute pas qu’elle va bouleverser sa vie. Passionnée d’alpinisme, la jeune femme n’a qu’un rêve : escalader le mont Blanc pour égaler la prouesse de son aïeule Henriette d’Angeville. Malgré son manque d’expérience, Edmond promet qu’il l’aidera à le réaliser. Seulement, le train-train quotidien et plusieurs drames vont petit à petit émousser leur détermination... Mais qu’importe, l’amour est plus fort que tout, dit-on. Et s’il est capable de déplacer des montagnes, il peut aussi aider à les gravir.

Mon avis
Olympe, jeune femme au caractère bien trempé, aime son indépendance et rêve de gravir le mont Blanc, comme son aïeule Henriette d’Angeville. Elle travaille, se débrouille et aime croquer la vie. Edmond l’aime, et, même s’il trouve son rêve fou, il lui promet de tout faire pour l’aider à le réaliser. Le père d’Olympe estime que sa fille mérite mieux qu’un ouvrier, qu’elle s’amuse bien « en travaillant » mais qu’elle devrait se trouver un mari… Puis la vie se charge de venir mettre d’autre obstacle sur la route de nos amoureux…

Peignant un décor d’après-guerre, Lucy Mazel et Cédric Mayen nous offrent une histoire belle et forte, pleine d’optimisme malgré la fatalité et les coups bas de la vie. Olympe est l’incarnation d’un féminisme naturel, celui où une personne choisit sa vie sans se demander si cela est en accord avec son genre à cette époque. Elle travaille, rêve d’aventures et ne souhaite pas se faire entretenir puisqu’elle a du talent et des idées.
Edmond, lui, est un parisien qui ne connaît rien de la Montagne, ce qui attise un peu plus le mépris du père d’Olympe, lui qui veut un meilleur prétendant pour sa fille. Mais il montre qu’il la vaut et, surtout, il apprend à aimer cette Montagne qu’il ne connaissait pas et à l’envisager, sachant qu’il ne pourra jamais la dompter, comme Olympe.

À travers les épreuves, ils ressortent plus forts et plus soudés que jamais pour enfin parvenir au sommet de ce mont Blanc, au sommet de leur vie et de leur amour. Eldelweiss est une histoire d’amour et de défi, de dépassement de soi et de conviction. À qui veut l’impossible, le possible s’ouvre, et c’est un message fort que transmet ce roman graphique.

Textes et images s’accordent à merveille, dans des tons bleus, verts, blancs et sombres, qui nous enveloppent dans cette nature dévastatrice mais surtout apaisante et fascinante. Mazel et Mayen marient leur talent à la perfection et ont su me toucher jusqu’au bout. Je ne regrette absolument pas de m’être plongée dans l’univers de la BD avec Edelweiss, que j’ai lu avec plaisir. J’ai été gagnée par les dessins de Mazel, ses couleurs, ses formes. Les grands paysages qu’elle a mis en valeur, sublimés par les mots de Mayen.

Comme les deux héros d’Edelweiss, je me suis prise à rêver d’aventures et d’impossible.

Ayant pu discuter avec Mazel et Mayen lors des Chapiteaux du Livre de Béziers, j’ai pu en apprendre plus sur l’origine de la BD, les inspirations qu’ils ont utilisé et le passage de la réalité à la fiction : de quoi apprécier plus encore le résultat. Ils ont été très accueillants et m’ont permis de sauter le pas vers le monde de la BD sans crainte. Si vous avez l’occasion de les rencontrer, n’hésitez pas ! Comme leurs personnages, ils sont forts de convictions, généreux et drôles !


Je remets ma petite dédicace parce que j'suis fan !


Les avis des Accros & Mordus de Lecture

lundi 25 septembre 2017

Les Chapiteaux du Livre de Béziers (34)

Ce weekend, Les Chapiteaux du Livre de Béziers étaient de retour pour fêter leurs dix ans. Petite manifestation littéraire de chez moi, ce salon propose de découvrir les maisons d'éditions d'ici et d'ailleurs, des auteurs qui mettent la région à l'honneur ainsi que de nombreuses activités. C'est assez cosy comme lieu, il y a de quoi boire, manger mais aussi s'amuser !


Je n'y suis restée que deux petites heures, entrecoupées d'un repas tout chouette, mais j'ai eu le temps d'acheter quelques livres et de découvrir quelques stands. J'ai un peu zappé la prise de photos et c'est bien dommage parce que le soleil était au rendez-vous !

Près de la zone de restauration, le collectif d'actions urbaines de Béziers, Nabuchodonosor, était présent et proposait tout un stand de livres gratuits : une très bonne action pour véhiculer la culture ! Je n'ai rien pris même si des titres me tentaient : j'étais là pour acheter de quoi découvrir de nouveaux horizons et je m'y suis tenue !


J'ai acheté un petit livre sur les mots occitans (même si j'en ai déjà plein) qui raconte avec humour l'histoire de ces expressions utilisées par chez moi, ainsi que l'origine de nombreux noms de familles et noms de lieux. On y retrouve aussi la définition de Rambalh, qui me correspond toujours aussi bien ! C'était un craquage imprévu qui fait toujours plaisir.


Mon objectif du moment est de me mettre à la lecture d'albums et BDs et j'ai donc craqué pour ces deux ouvrages qui sont superbes ! J'ai toujours préféré les livres avec uniquement des mots, sûrement parce que je n'ai jamais vraiment été fan de BDs plus jeune et j'ai raté cette transition d'ouvrages pour enfants à ouvrages pour adultes. Retrouvant goût à l'art graphique, j'ai cette envie depuis plusieurs mois et c'est désormais chose faite !


Eldeweiss de Lucy Mazel et Cédric Mayen m'a attiré par son résumé et la couverture. Les auteurs étant présents, j'ai pu faire dédicacer l'ouvrage et j'étais évidemment toute contente. Le scénario est d'ailleurs largement inspiré de l'histoire familiale de Mayen et on a pu discuter de cette base, de l'origine de cette histoire. C'était un échange vraiment agréable et j'ai hâte de me plonger dans cette BD !


Et il y a même un clin d'oeil à ma totale ignorance de ce monde de la BD. Ils ont été vraiment adorables !

J'ai passé un excellent moment, il y a eu d'autres achats mais pour ma maman et ma petite cousine donc hop, ça n'entre pas dans le cadre de ce billet. Vivement l'année prochaine ! Et si vous passez dans le coin fin septembre 2018, n'hésitez pas : c'est un événement peu connu avec pourtant une bonne fréquentation et les auteurs sont accessibles sans problème.

A bientôt pour de belles chroniques ♥