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Rambalh, c'est un pot pourri de mes lectures, un blog pour partager mes coups de coeur et de gueule. Rambalh signifie Bordel en Occitan et c'est un peu le cas de ce blog. Il est surtout né de mon besoin de garder une trace de mes lectures. Retrouvez-moi aussi sur Accros & Mordus de Lecture.

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dimanche 2 août 2020

Comme un million de papillons noirs de Laura Nsafou et Barbara Brun

Laura Nsafou est une autrice que j’ai découverte sur instagram via ses lectures et ses recommandations cultures et que je suis depuis pas loin de deux ans maintenant. J’ai profité du Salon du Livre et de la Presse Jeunesse de Montreuil l’an dernier pour enfin me procurer son album qui était sur ma liste des merveilles à découvrir.



Quatrième de Couverture
A cause des moqueries, Adé est une petite fille qui n'aime pas ses cheveux. Accompagnée par sa mère et ses tantes, elle va découvrir en douceur la beauté de ces papillons endormis sur sa tête, jusqu'à leur envol final.


Mon avis
Comme un million de papillons noirs est une histoire toute douce abordant la difficulté pour les enfants d’accepter leurs particularités. Adé est une petite fille qui prend conscience de la nature de ses cheveux lorsque deux camarades se moquent de leur forme. Blessée, Adé explique alors à sa maman qu’elle n’aime plus ses cheveux et les trouve laids. Débute ensuite un cheminement pour la petite fille vers l’acceptation de soi grâce à l’aide de sa maman qui lui apprend subtilement à aimer ce qu’elle a et ce qu’elle est.

À travers les illustrations fabuleuses de Barbara Brun, je me suis laissé entraîner dans cette histoire qui met en scène cette petite fille chamboulée par les mots de ses camarades. Les enfants sont souvent durs entre eux, façonnés malgré eux par une société où les modèles sont toujours les mêmes, où les cases ont les bords bien trop saillants. Il n’est pas évident de trouver les bons mots, les bonnes images pour les apaiser là où, même chez les adultes, il est difficile de s’imposer avec ses particularités, des différences Laura Nsafou et Barbara Brun réussissent alors en quelques pages à donner des clés aux plus jeunes mais aussi aux moins jeunes pour apprendre à s’aimer.

Comme un million de papillons noirs est de ces livres qui permettent un nouveau regard mais, surtout, qui offrent à des enfants bien trop sous-représentés dans le monde de la littérature d’avoir des modèles auxquels ils peuvent s’identifier. Notre époque est encore marquée par des problèmes de représentativité et des artistes et auteurs comme Laura Nsafou et Barbara Brun permettent de faire de nouveaux pas en avant, même si la route semble malheureusement encore très longue.

« Aimer, c’est montrer aux autres ce qui nous fait du bien, dit Tantine. Pour aimer tes papillons, fais-leur ce que tu aimes. »

Les avis des Accros & Mordus de Lecture

dimanche 7 juillet 2019

Ces jours qui disparaissent de Timothé Le Boucher

Je continue ma découverte progressive du monde de la BD en suivant encore une fois les conseils glanés sur Accros & Mordus de Lecture. J'aime tellement ces échanges, ce partage qu"on a développés sur le forum ♥



Quatrième de Couverture
Que feriez-vous si d’un coup vous vous aperceviez que vous ne vivez plus qu’un jour sur deux ? C’est ce qui arrive à Lubin Maréchal, un jeune homme d’une vingtaine d’années qui, sans qu’il n’en ait le moindre souvenir, se réveille chaque matin alors qu’un jour entier vient de s’écouler. Il découvre alors que pendant ces absences, une autre personnalité prend possession de son corps. Un autre lui-même avec un caractère bien différent du sien, menant une vie qui n’a rien à voir. Pour organiser cette cohabitation corporelle et temporelle, Lubin se met en tête de communiquer avec son « autre », par caméra interposée. Mais petit à petit, l’alter ego prend le dessus et possède le corps de Lubin de plus en plus longtemps, ce dernier s’évaporant progressivement dans le temps. Qui sait combien de jours il lui reste à vivre avant de disparaître totalement ?

Au-delà d’un récit fantastique totalement prenant, Ces Jours qui disparaissent pose des questions fortes sur l’identité, la dualité de l’être et le rapport entre le corps et l’esprit.

Mon avis
Ces jours qui disparaissent nous entraine à la rencontre de Lubin, jeune acrobate forcé d’avoir un boulot alimentaire pour poursuivre sa passion, voit peu à peu ses journées disparaître… Durant ses moments d’absence, un autre Lubin semble prendre sa place, un garçon ordonné, qui fait les courses, le ménage et ramène un peu plus d’argent. Au fil du temps, Lubin l’acrobate sent que son temps est grignoté par cet autre qui prend le dessus et qui fait tout pour que la tendance ne s’inverse pas jusqu’à ne laisser que quelques apparitions furtives à son alter ego.

J’ai eu du mal à accrocher à cette BD, ne m’attachant pas une seule fois aux personnages présentés. Il m’a manqué un petit quelque chose pour réellement plonger dans l’histoire avec mes tripes ce qui fait que je l’ai lue avec une certaine distance. C’est ainsi que les messages subliminaux m’ont paru trop peu subtils, trop faciles et attendus, très clichés aussi.
Timothé Le Boucher nous propose un récit graphique où le Lubin rêveur laisse peu à peu place à un Lubin responsable, un Lubin adulte. Notre artiste de cirque disparait au profit d’un homme qui entre dans les rangs, qui exerce un travail dit « utile » par la société, qui contribue au bon fonctionnement de la vie citoyenne en somme. L’éditeur décrit ce changement par le passage de l’enfance à l’âge adulte en faisant peu à peu taire l’enfant insouciant et rêveur.
Tous ces mécanismes m’ont paru trop attendus, trop simples parce qu’on entre dans la critique pure et dure de cet âge adulte quand tout est fait pour que le Lubin « responsable » passe pour le méchant de l’histoire. Et c’est là que j’ai du mal à accepter l’explication du duel entre l’enfance et l’âge adulte : j’avais plutôt l’impression de voir un duel entre le conformisme et l’idéalisme. Et ce duel m’a semblé bien trop manichéen et stéréotypé pour me plaire.

Plus le temps passe et plus j’aime la finesse, les sens cachés, la critique d’une société trop rigide. Ces jours qui disparaissent est à mes yeux une critique de la société qui range les gens dans des cases de façon un peu maladroite, en grossissant le trait et en perdant de son charme. Il y a des dessins assez simples, dans un trait flou et des couleurs très parlantes qui m’ont plu mais qui, parfois, rappelaient finalement le simplisme de la réflexion autour de l’affrontement entre les deux Lubin à mes yeux. Un scénario un poil moins simpliste m’aurait sûrement permis d’accrocher totalement au résultat.

J’ai apprécié ma lecture sur la première moitié du livre puis me suis vite ennuyée sur le reste, sur cette vision trop manichéenne mettant les deux personnalités en opposition. Je pense que le rythme y est aussi pour beaucoup même si, lui, est totalement logique et justifié : le Lubin rêveur se fait de plus en plus rare mais c’est lui que nous suivons, c’est donc des bonds dans le temps immense qui nous portent jusqu’au bout de cette histoire et qui m’ont plus encore coupée des personnages. Le choix est judicieux mais il a ce défaut de ne pas réussir à garder dans le rail les lecteurs comme moi qui sont susceptibles de ne pas s’attacher aux personnages.

Ces jours qui disparaissent est une BD proposant un scénario original, des pistes de réflexion intéressante mais à laquelle je n’ai pas su m’accrocher. Je suppose qu’il me manque encore une certaine sensibilité à ce type d’ouvrage pour me satisfaire de certains raccourcis nécessaires et trouver dans la partie graphique les éléments manquants à la partie scénaristique.

Garder son âme d’enfant me semble essentiel dans notre monde mais je ne pense pas qu’il faille rejeter en bloc tout ce que l’âge adulte semble attendre de nous en apparence : c’est en jouant avec les deux facettes de notre moi qu’on trouve un équilibre à mon sens. Et c’est cet équilibre que les personnages de Timothé Le Boucher ne trouvent pas, cet équilibre auquel nous devons essayer d’aspirer sous peine de finir comme ces deux Lubin, incomplets et perdus. Ces jours qui disparaissent est un bon moyen de se rappeler que faire la paix avec nous-même peut nous être salutaire.

Les avis des Accros & Mordus de Lecture

dimanche 13 mai 2018

Le Lion et le Porc-Épic de Roland Kaya « Kayro » et Pierre Audemard

Hier j'ai fait un tour à la Journée Culturelle de l'Afrique organisée par les étudiants africains de Marseille et j'ai évidemment fait un tour du côté du stand littéraire. J'ai pris ce petit conte illustré pour ma petite cousine de bientôt 4 ans (que j'ai pu lui faire dédicacer au passage) mais j'ai surtout découvert les publications du Collectif International d'Artistes Solidaires que je vous invite à découvrir à votre tour.



Quatrième de Couverture
Ce conte devinette est à la fois raconté, chanté et imagé par le lecteur. Au fil de la lecture, un rythme s’installe et vous emporte au cœur du voyage loufoque du lion, Roi de la savane.

Mon avis
Le Lion et le Porc-Épic écrit par Roland Kaya, connu aussi sous le pseudonyme de Kayro Slam, et illustré par Pierre Audemard est un conte participatif où le petit lecteur est invité à écrire le nom des animaux croisés par le lion, ce Roi de la savane affamé qui cherche à se remplir le ventre.

Notre Roi lion et famélique, n’a pas le lustre que l’on attend d’un mastodonte de la savane. Et cela ne lui convient évidemment pas alors il s’engage sur la voie de la « réforme » en apparence personnelle. Il veut retrouver sa force, sa beauté et, pour cela, il se lance dans sa quête.

En dévorant les animaux qui croisent sa route, il s’empare de leur force, leur constitution, leur beauté, leurs attributs. Il s’impose et rafle tout ce qui ne lui appartient pas, il assoit son statut de Roi jusqu’à ce qu’il soit repu de tout ce qu’il a subtilisé à ses voisins, voisins qu’il a tous avalés jusqu’au dernier. Enfin rassasié et fier de ce qu’il est, il se repose, mais c’est sans compter sur la révolution mené dans ses entrailles par ces animaux qui ne comptent pas se laisser faire.

Transposition de la dictature d’un être qui veut s’emparer des richesses des autres, le Roi lion court à sa perte en dévorant l’ensemble du peuple de la savane : il leur permet ainsi d’être réunis dans son estomac et, ensemble, ils se libèrent du joug de leur oppresseur. À trop vouloir briller en écrasant les autres, notre petit Roi lion retourne à sa place : le porc-épic lui conseille donc de ne pas s’en prendre aux plus faibles pour asseoir sa puissance mais de passer à un régime « végétarien », un régime où chacun se nourrit de la même façon pour vivre en harmonie en somme.

La morale de ce conte est forte, elle montre aux plus jeunes que la loi du plus fort ne peut pas venir à bout des faibles indéfiniment, elle leur enseigne la force du peuple face à l’oppresseur, le tout rythmé par un style d’écriture qui rappelle la rondeur du slam, art premier de l’auteur. Que ce soit à voix haute ou lu en silence, le cheminant du texte s’accompagne naturellement de la mélodie transmise par les mots, la ponctuation, les répétitions et le résultat est réellement agréable.

Les illustrations sont superbes, montrant la transformation progressive du lion dans des paysages verdoyants, une nature qui a beaucoup à offrir.

J’ai beaucoup aimé ce conte qui permet aux plus jeunes de comprendre le message transmis par l’auteur et aux plus vieux de saisir les subtilités du message. Pour un premier conte, c’est une réussite qui plaira aux plus jeunes comme aux plus grands, accessible dès 2 ans jusqu’à 100 ans (mais je suis sûre que les plus de 100 ans apprécieront aussi).



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jeudi 28 septembre 2017

Le Gardien de l'arbre de Myriam Ouyessad et Anja Klauss

Pour m'ouvrir à de nouveaux horizons, je me suis fixée comme objectif de lire des Albums, à travers des BDs et autres romans graphiques. Aux Chapiteaux du Livre ce weekend, je suis tombée amoureuse de la couverture de cet album qui a tenu toutes ses promesses. Il m'a permis d'avancer mon Challenge A&M Mini Pot-pourri de l'Automne.



Quatrième de Couverture
La vieille Minoa conservait un inestimable trésor. Une graine grosse comme un poing et brillante comme de l’or. Le moment de la confier à quelqu’un de plus jeune était arrivé. Gravement, elle la donna à Djalil. Le jeune garçon veillerait à son tour sur cette graine extraordinaire : la graine de l’arbre unique. Un jour, Djalil la mettrait en terre et l’arbre révélerait son secret…

Mon avis
À travers la collection « Le Pont des Arts », le Réseau Canopé et les Éditions de l’Élan vert mettent en scène des œuvres accessibles aux jeunes ainsi que tout un dossier pédagogique pour les enseignants.

Myriam Ouyessad et Anja Klauss donnent une autre dimension à la mosaïque murale de la salle à manger du palais Stoclet par Gustav Klimt, triptyque composé de « L’Attente », « L’Arbre de Vie » et « L’Accomplissement ».


Oeuvre de Gustav Klimt

Anja Klauss reprend avec talent les couleurs et formes utilisées par Klimt pour raconter l’histoire du Gardien de l’arbre et les mots de Myriam Ouyessad complète à merveille ce tableau. J’ai été fascinée par ces couleurs chaudes, ces alliages de formes et ces liens tissés entre les pages. J’ai pris beaucoup de plaisir à suivre l’évolution de Djalil et sa quête pour préserver cette graine unique.


Djalil et Minoa

Ce petit album m’a réchauffé le cœur et me donne envie de poursuivre ma découverte de ce pan de la littérature que j’ai abandonné en commençant véritablement à lire il y a des années. Le couple illustration/mot est très bien dosé dans cet album et permet vraiment de toucher du doigt une œuvre qui n’est pas forcément facile à comprendre au premier regard et le but est atteint. Petits comme grands peuvent lire cet album et profiter de toute la douceur chaude qu’il offre.



Les avis des Accros & Mordus de Lecture

lundi 25 septembre 2017

Les Chapiteaux du Livre de Béziers (34)

Ce weekend, Les Chapiteaux du Livre de Béziers étaient de retour pour fêter leurs dix ans. Petite manifestation littéraire de chez moi, ce salon propose de découvrir les maisons d'éditions d'ici et d'ailleurs, des auteurs qui mettent la région à l'honneur ainsi que de nombreuses activités. C'est assez cosy comme lieu, il y a de quoi boire, manger mais aussi s'amuser !


Je n'y suis restée que deux petites heures, entrecoupées d'un repas tout chouette, mais j'ai eu le temps d'acheter quelques livres et de découvrir quelques stands. J'ai un peu zappé la prise de photos et c'est bien dommage parce que le soleil était au rendez-vous !

Près de la zone de restauration, le collectif d'actions urbaines de Béziers, Nabuchodonosor, était présent et proposait tout un stand de livres gratuits : une très bonne action pour véhiculer la culture ! Je n'ai rien pris même si des titres me tentaient : j'étais là pour acheter de quoi découvrir de nouveaux horizons et je m'y suis tenue !


J'ai acheté un petit livre sur les mots occitans (même si j'en ai déjà plein) qui raconte avec humour l'histoire de ces expressions utilisées par chez moi, ainsi que l'origine de nombreux noms de familles et noms de lieux. On y retrouve aussi la définition de Rambalh, qui me correspond toujours aussi bien ! C'était un craquage imprévu qui fait toujours plaisir.


Mon objectif du moment est de me mettre à la lecture d'albums et BDs et j'ai donc craqué pour ces deux ouvrages qui sont superbes ! J'ai toujours préféré les livres avec uniquement des mots, sûrement parce que je n'ai jamais vraiment été fan de BDs plus jeune et j'ai raté cette transition d'ouvrages pour enfants à ouvrages pour adultes. Retrouvant goût à l'art graphique, j'ai cette envie depuis plusieurs mois et c'est désormais chose faite !


Eldeweiss de Lucy Mazel et Cédric Mayen m'a attiré par son résumé et la couverture. Les auteurs étant présents, j'ai pu faire dédicacer l'ouvrage et j'étais évidemment toute contente. Le scénario est d'ailleurs largement inspiré de l'histoire familiale de Mayen et on a pu discuter de cette base, de l'origine de cette histoire. C'était un échange vraiment agréable et j'ai hâte de me plonger dans cette BD !


Et il y a même un clin d'oeil à ma totale ignorance de ce monde de la BD. Ils ont été vraiment adorables !

J'ai passé un excellent moment, il y a eu d'autres achats mais pour ma maman et ma petite cousine donc hop, ça n'entre pas dans le cadre de ce billet. Vivement l'année prochaine ! Et si vous passez dans le coin fin septembre 2018, n'hésitez pas : c'est un événement peu connu avec pourtant une bonne fréquentation et les auteurs sont accessibles sans problème.

A bientôt pour de belles chroniques ♥