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Rambalh, c'est un pot pourri de mes lectures, un blog pour partager mes coups de coeur et de gueule. Rambalh signifie Bordel en Occitan et c'est un peu le cas de ce blog. Il est surtout né de mon besoin de garder une trace de mes lectures. Retrouvez-moi aussi sur Accros & Mordus de Lecture.

lundi 24 mai 2021

Acquanera de Valentina D'Urbano

J’ai reçu Acquanera de Valentina d’Urbano dans la Glory Book Box Sortilèges & Malédictions.



Quatrième de Couverture
Lorsqu'on découvre dans son village natal un squelette qui pourrait être celui de sa meilleure amie, Fortuna décide de revenir après dix ans d'absence. Elle retrouve le lac sombre, la maison de sa chère grand-mère, Elsa, et l'hostilité de sa mère, Onda. À la recherche de la vérité, elle explore son histoire familiale, celle de quatre générations de femmes marquées par d'étranges dons de voyance...

Mon avis
J’ai immédiatement été happée par ce roman où se mêlent les histoires de quatre femmes : Clara, la vieille sorcière aveugle, sa fille adoptive, Elsa qui semble avoir un don pour les tragédies, Onda, la fille de Clara née le jour de la mort de son père, et Fortuna, la fille d’Onda, qui grandit sans réussir à intercepter l’attention de sa mère si distante et froide.

Lorsqu’un squelette est retrouvé dans son village natal, Fortuna décide de retourner chez elle dans l’espoir de mettre un point final à ses tourments d’enfance. Elle espère pouvoir enfin faire le deuil de l’amour de sa mère et de la disparition de Luce, sa meilleure amie.

Valentina D’Urbano met en scène une famille à travers les générations où la fatalité prend la plus grand place, où elle étouffe les héroïnes et s’agrippe à elles de toutes ses forces. Aucune ne réussit à chasser son destin. Certaines choisissent de l’embrasser complètement mais d’autres préfèrent le contenir dans une boîte semblable à celle de Pandore. Les deux premières parties, concernant Elsa et Onda, sont passionnantes. Leurs épreuves les façonnent, les écorchent peu à peu et montrent que malgré leurs essences proches, les deux femmes évoluent différemment. Lorsque la partie de Fortuna arrive, l’ambiance devient plus pesante, les chapitres sont plus lourds, plus durs à encaisser. Cette sensation est le fruit de la volonté de l’autrice contrairement à ce que je pensais au départ : je n’arrivais pas à saisir pourquoi ma lecture avait changé de rythme et c’est une fois arrivée au point final que tout s’est dénoué. Cette dernière partie peut sembler laborieuse mais c’est volontaire, c’est un moyen de comprendre comment tout peut voler en éclats.
Cette boîte de Pandore contenue trop longtemps finit par exploser au visage de nos héroïnes. Les non-dits et les réticences de chacune ont gâté cette famille. Aucun retour en arrière n’est possible et chacune est consciente de sa part de responsabilité dans le dénouement final.

Une illustration parfaite de ce que les non-dits peuvent déclencher au sein d’une famille, le tout teinté de mystère, dans un village où les préjugés prennent le pas sur la réalité.

Les avis des Accros & Mordus de Lecture

mardi 13 avril 2021

Sorcery of Thorns de Margaret Rogerson

J’ai lu ce livre en novembre 2020 sans prendre de notes, il s’agit donc d’un avis express basé sur mes souvenirs.



Quatrième de Couverture
Elisabeth, élevée au milieu des dangereux grimoires magiques d'une des Grandes Bibliothèques d'Austermeer, le sait depuis son plus jeune âge. D'ailleurs, peu de temps après le passage à la bibliothèque du sorcier Nathaniel Thorn, un des ouvrages se transforme en monstre de cuir et d'encre, semant mort et destruction. Et c'est Elisabeth qui se retrouve accusée de l'avoir libéré. Forcée de comparaître devant la justice à la capitale, elle se retrouve prise au cœur d'une conspiration vieille de plusieurs siècles.
Bien malgré elle, elle n'a d'autre choix que de se tourner vers son ennemi Nathaniel, et son mystérieux serviteur, Silas.
Car ce ne sont pas seulement les Grandes Bibliothèques qui sont en danger, mais le monde entier... et face à ce terrible complot, Elisabeth va devoir remettre en question tout ce qu'elle croyait jusqu'ici, y compris sur elle-même.

Mon avis
Sorcery of Thorns nous propose un univers où les livres traitant de la magie ont leur propre potentiel magique : s’ils sont abîmés, ils se transforment en créatures féroces qu’il faut combattre pour ne pas qu’elle sème mort et désolation. Seulement, une fois vaincue, la créature disparaît tout comme le savoir qu’elle renfermait sous sa forme de livre. Plus la magie traitée dans le livre est puissante, plus le monstre qui va potentiellement en découler sera destructeur. L’univers fait donc la part belle aux livres qui sont animés d’une sorte de volonté propre, qui sont des personnages à part entière et qui jouent le rôle de fil conducteur de l’intrigue : tout ce qu’il faut pour séduire une amoureuse des livres telle que moi.

J’ai lu ce roman d’une traite, au cours d’un weekend, lovée au fond de mon canapé et ne pouvant le lâcher tellement j’ai été happée par l’enchaînement des événements de l’intrigue. Plus que l’intrigue, même, c’est l’univers créé qui m’a fascinée et c’est aussi le principal défaut du roman : on sent la richesse des idées de Margaret Rogerson et on regrette qu’elles ne soient pas plus approfondies. Mais c’est un choix de l’autrice et il n’empêche pas de lire avec avidité le roman. J’aurais aimé bien plus de détails sur l’univers, sur la sorcellerie, sur le fonctionnement de ce monde mais le livre est déjà suffisamment dense et je comprends parfaitement que cela n’aurait pas forcément été nécessaire à l’intrigue.

Elisabeth, notre héroïne, a grandi au milieu des livres de sa bibliothèque et elle a développé avec un lien fort, rappelant aux passionnés de lecture ce lien qui se crée avec nos ouvrages, ce fétichisme que nous avons avec ces amas de papier qui renferment bien plus que des pages et de l’encre. On se fond avec facilité dans l’amour qu’elle leur porte, la douceur avec laquelle elle les traite et c’est tout le point fort de ce roman : titiller le point faible des lecteurs en jouant avec leur passion.
Elisabeth incarne le sens du devoir non pas envers une institution mais envers ces livres qui font son monde, qui l’accompagnent depuis toujours et qui représentent à ses yeux une vraie famille. Elle oscille entre sa loyauté envers la bibliothèque pour laquelle elle a donné toute sa vie et la conviction qu’il y a quelque chose de sombre qui se prépare. N’ayant connu que l’ordre des bibliothèques, il lui faut énormément de courage pour s’extraire des dogmes qui ont dicté sa vie entière, braver les interdits et aller au-delà des codes parce qu’elle sent que c’est ce qu’elle doit faire. Une sorte d’apologie de la désobéissance civile pour servir une cause juste à ses yeux. Et c’est en côtoyant ce qu’on lui a enseigné comme étant le mal suprême qu’elle comprend pas à pas que le manichéisme ne sert en rien la réalité de la vie.

Et pour vaincre la vision binaire du bien contre le mal, le personnage de Silas est parfait. Sans trop en dire, essence même du mal, il nous pousse à nous questionner sur notre vision du monde et sur la notion de déterminisme. C’est le personnage qui m’a le plus fascinée, par ce qu’il représente, par son comportement inhumain (dans son sens littéral) et par sa pleine conscience de sa nature profonde. Réussir à décrire un tel personnage est un coup de maître.

Il y a de nombreuses facilités, la puissance de certains personnages semble être un moyen de résoudre facilement les péripéties semées à travers l’intrigue mais, dans l’ensemble, cela ne m’a pas posé de problème.

Sorcery of Thorns est un chouette roman, pas forcément inoubliable mais dont le côté page turner a su rendre ce weekend de lecture fabuleux. Il n’y a rien que j’aime le plus au monde que de lire avec avidité un livre, de ne pas pouvoir le lâcher tant que je n’ai pas tourné la dernière page. Ce n’est pas gage de qualité exceptionnelle pour mes lectures mais c’est finalement une qualité que je préfère à l’excellence d’une histoire. C’est un peu comme la musique : elle peut être banale mais si elle a le mérite de me faire bouger dès la première note, alors elle atteint son but.

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vendredi 9 avril 2021

Neverwhere de Neil Gaiman

J’ai lu Neverwhere de Neil Gaiman par une forte envie de me plonger dans du fantastique de bonne qualité (mon année 2020 a été marquée par des lectures qui n’étaient pas toutes rangées dans la catégorie de la lecture de grand cru) et je savais qu’en misant sur Gaiman j’avais de grandes chances de passer un bon moment.
J’ai pioché ce livre dans ma PàL fort ancienne (j’ai acheté ce livre en 2013 ou 2014 je crois) pour me concentrer aussi sur mon challenge de l’année qui est de lire au moins 15 livres achetés avant 2021.



Quatrième de Couverture
Richard Mayhew vit à Londres une vie sans histoire, travaille dans un bureau, s'apprête à se marier, lorsqu'il sauve la vie de Porte, une jeune fille qui a le don de savoir ouvrir tout ce qui peut s'ouvrir. Cet évènement fait basculer sa vie. Sa fiancée le quitte, ses proches ne le voient plus, sa vie semble n'avoir jamais existé.
Il découvre alors qu'il existe un Londres d'En Bas, souterrain, peuplé de mendiants qui parlent aux rats, et de toute une société féodale et magique. Il décide de suivre Porte à la recherche des assassins de son père, dans l'espoir de trouver un moyen de reprendre une vie normale.

Mon avis
Richard Mayhew mène une vie bien rangée à Londres où il fait pile ce que l’on attend de lui et suit une voie toute tracée : obtenir une promotion méritée, épouser sa fiancée qui gère au millimètre près tout ce qui touche à leur couple, préparer sa délocalisation en banlieue pour ensuite y élever leurs futurs enfants… Rien ne s’écarte du plan initial jusqu’au soir où Richard croise la route de Porte, une jeune femme à qui il sauve la vie en prenant pour la toute première fois de son existence un risque. Il se retrouve alors propulsé dans la face cachée du Londres d’en Bas où chaque personne y mettant les pieds se voit effacée de la vie « normale ».

Neverwhere m’a fait replonger dans le plaisir du fantastique, celui où je me suis laissé guider par l’auteur sans savoir vers quels confins Neil Gaiman souhaitait me guider et le tout avec un plaisir tout à fait avouable. Il m’avait manqué, ce genre littéraire qui nous entraîne dans un tourbillon de mystères et qui efface tous nos repères avec une facilité déconcertante !

Neil Gaiman dessine un univers londonien aussi fascinant que mystérieux qui se dévoile peu à peu tandis que l’on suit les pas de Richard, ce personnage qui colle parfaitement à l’adjectif « normal » et qui est aussi perdu que nous, lecteurs, tout au long de l’intrigue. Mais être perdu ne signifie pas que cela pose problème : Richard s’en accommode parfaitement et c’est aussi là tout le plaisir de cette lecture. On suit l’intrigue en ayant les mêmes repères que Richard, c’est-à-dire le peu d’informations qu’accepte de nous distiller l’auteur et c’est ainsi que l’on se retrouve complètement fondus dans le cheminement de Richard : tout est différent, perturbant, déroutant même et c’est un régal. L’état d’esprit de Richard devient le nôtre et les aventures qu’il subit plus qu’il ne vit nous entraînent sans la moindre anicroche dans cet univers incompréhensible. Et c’est là tout le génie de Neil Gaiman : nous faire accepter un univers dont il ne nous donne pas les clés, nous faire suivre le déroulement de l’intrigue sans qu’à aucun moment on ne soit gênés par cette impossibilité à comprendre tout ce qu’il se passe. Richard se laisse porter par la quête qui ne le concerne pas, il est ici par un mauvais coup du hasard et accepte le tout sans chercher à comprendre tout ce qu’il découvre : on fait exactement comme lui et c’est fichtrement agréable.

Cependant, se laisser porter par l’intrigue n’empêche pas Richard d’évoluer à pas de géant en très peu de temps. S’il apporte son aide à Porte et ses compagnons dans leur quête en espérant pouvoir à la fin retrouver sa vie bien rangée, il découvre à leur contact que la vie peut offrir bien plus qu’une simple voie toute tracée. Il se découvre, aussi, réalisant que le courage ne se résume pas à choisir la sinuosité mais plutôt à savoir l’affronter. Peut-on rejoindre à nouveau la ligne droite lorsqu’on a compris que la voie de l’aventure a peut-être plus de sens ?

Neverwhere est une histoire délicieusement écrite permettant de mettre en perspective le sens de la vie et la façon dont on choisit de la mener. Parce que c’est bien le choix qui importe, le jour où l’on se rend compte qu’on a le pouvoir de le faire.

Gaiman est définitivement devenu un auteur que je relirai avec plaisir. Je n’ai pas disserté sur le style, mais il est toujours aussi prenant, bourré d’humour et de descriptions délicieuses. Bref, un auteur qui intègre ma liste des gens à relire !

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mercredi 17 mars 2021

Les Sorcières de North Hampton de Melissa De La Cruz

J’ai lu cette trilogie en pleine période d’Halloween, moment où j’ai toujours envie de me plonger dans des histoires de sorcières.



Quatrième de Couverture
Ingrid, l’aînée, aidée d’un mystérieux aide, découvre des secrets restés enfouis dans la bibliothèque où elle travaille.
Joanna Beauchamp et ses filles Ingrid et Freya vivent à North Hampton, à la pointe de l’île de Long Island. La ville, belle et brumeuse, semble comme figée dans le temps, et les trois femmes y mènent une vie en apparence paisible.
En réalité elles sont de puissantes sorcières. Joanna peut ressusciter les morts et guérir les blessures graves. Ingrid, passionnée de livres, prédit le futur et tisse des fils qui résolvent les problèmes d’infertilité et d’infidélité. Enfin Freya, la fille rebelle, possède les charmes et potions capables de guérir les peines de cœur.
Mais depuis des centaines d’années, les trois femmes n’ont pas le droit d’utiliser leurs pouvoirs. Jusqu’au jour où Freya, partagée entre deux frères séduisants, et prise dans un dangereux jeu de désir, met son secret en péril. Ingrid et Joanna connaissent le même dilemme, et les femmes de la famille Beauchamp comprennent qu’elles ne peuvent plus dissimuler leur nature profonde. Elles récupèrent leur baguette magique au grenier, nettoient leur balais et commencent à lancer des sorts sur les gens de la ville. Au départ plutôt des petits sorts simples et bienveillants. Mais des attaques violentes troublent bientôt North Hampton, et quand une jeune fille disparaît le week-end du 4 juillet, Joanna, Ingrid et Freya décident de découvrir qui et quelles forces maléfiques œuvrent contre elles.

Mon avis
Freya et Ingrid Beauchamp sont deux sœurs diamétralement opposées, à ceci près qu’elles sont ce qu’on pourrait appeler des sorcières : elles tissent des sorts, concoctent charmes et potions et sont poursuivis par un implacable destin qui semble sans cesse les rattraper. Elles sont en réalité des divinités nordiques piégées sur Terre, comme le reste de leur famille. Elles reviennent à la vie après leur mort, ne perdant ni leurs souvenirs, ni leurs pouvoirs. Quoi qu’il puisse leur arriver, leur passé divin n’est jamais bien loin.

J’avais regardé il y a quelques années la série Witches of East End dont le début était prometteur mais qui est vite partie en sucette : je ne suis jamais allée au bout de l’histoire. J’ai tout de même choisi de lire les bouquins en misant sur le mythe qui veut que les livres sont toujours mieux que leurs adaptations. Spoiler : ce n’est pas le cas ici.

La série avait eu la bonne idée de faire oublier à Freya et Ingrid leurs vies antérieures pour justifier leur naïveté mais ce n’est pas le cas dans les romans. C’est le gros point noir de cette saga : les deux sœurs ont tous leurs souvenirs et il devient difficile de rendre leur crédulité cohérente.
Freya et Ingrid sont coincées dans une abominable immaturité depuis des milliers d’années et n’apprennent jamais de leurs erreurs. Après tant de temps, il est difficile de suivre leurs aventures et de comprendre comment elles peuvent être si stupides. Leurs réactions sont incompréhensibles et on cherche encore la cohérence de leurs actes et leurs caractères quand on fait le bilan de leur vécu : ce sont des déesses après tout. Cette sensation colle à la peau tout au long des trois tomes : un jeune adulte peut être inconséquent dans ses actes et pensées en misant sur la naïveté, pas des êtres divins qui ont des milliers d’années dans un monde qui est le nôtre. Ce point aurait pu être intéressant si un parallèle avait été fait avec les mythes qui décrivent des dieux jaloux, mesquins et immatures mais non, ici, on essaie de nous faire croire que les personnages sont géniaux.
Malheureusement, les idées intéressantes de l’intrigue pâtissent de l’insipidité des personnages (Freya et Ingrid ne sont pas les seules à être creuses comme des radis) et la lecture en devient laborieuse.

L’univers avait du potentiel mais les personnages ne sont tristement jamais à la hauteur. Tous les êtres du panthéon nordique dépeints dans cette trilogie sont à pleurer. Il y a une telle dissonance entre leur nature et la platitude de leurs histoires au fil des tomes que suivre certaines micro-intrigues devient un calvaire. Et le dénouement final est à la hauteur des trois tomes, sans relief.
Ceci dit, cette lecture aura eu le mérite de mettre mon cerveau sur off, ce qui a au moins rempli une partie de mes attentes.

À lire uniquement pour déconnecter si on est capable de passer outre la disparition de la notion de cohérence.

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dimanche 31 janvier 2021

Boudicca de Jean-Laurent Del Socorro

Je l’avoue, c’est la couverture de cette magnifique édition collector qui a attiré mon regard en premier. Couverture rigide, couleurs chatoyantes, lettres dorées… Puis le résumé offert sur le bandeau promo du livre a su me convaincre.



Quatrième de Couverture
Angleterre, an I. Après la Gaule, l’Empire romain entend se rendre maître de l’île de Bretagne. Pourtant la révolte gronde parmi les Celtes, avec à leur tête Boudicca, la chef du clan icène. Qui est cette reine qui va raser Londres et faire trembler l’empire des aigles jusqu’à Rome ? À la fois amante, mère et guerrière mais avant tout femme libre au destin tragique, Boudicca est la biographie historique et onirique de celle qui incarne aujourd’hui encore la révolte.

Mon avis
Boudicca, personnage historique plus connu chez nous sous le nom de Boadicée, naît à l’époque où le destin de la Grande-Bretagne s’apprête à basculer face à l’Empire Romain. Enfant, elle voit les Romains envahir peu à peu sa grande île celte. Reine des Icènes, elle exècre ensuite voir les clans voisins mais aussi le sien courber l’échine face à l’envahisseur. À la mort de son mari, elle est fouettée et humiliée pour avoir osé faire valoir les droits de son clan, ses filles sont plus meurtries encore. La goutte de trop. Guerrière dans l’âme, Boudicca lève une armée et brûle chaque symbole romain présent sur sa route jusqu’à ce qu’elle soit défaite. De sa naissance à sa mort, Boudicca est la fière illustration d’une reine guerrière fidèle à ses valeurs.

J’ai plongé tête la première dans l’histoire de Boudicca sans connaître le moindre fait de sa vie. Jean-Laurent Del Socorro nous offre sa biographie légèrement romancée, agrémentée d’une touche de mysticisme en lui donnant une voix.
De sa naissance à sa mort, Boudicca avance dans la vie en affrontant les épreuves faisant d’elle une figure forte, façonnant la Reine guerrière qui impose le respect mais surtout fait naître une admiration sans limite autour d’elle. Dans le monde celte, femmes et hommes sont égaux, rois et reines ont les mêmes devoirs ainsi que les mêmes droits. Chez les Romains, les femmes sont absentes des lieux de décision : Boudicca n’en voit aucune sur le champ de bataille ou dans les tentes des généraux. Elle comprend que son rôle de reine n’a aucune valeur à leurs yeux. En la sous-estimant parce que femme, les Romains pensent pouvoir la soumettre : mais plutôt que de la faire plier, ils réussissent à embraser la Reine des Icènes.

Au fil des pages, on suit la rage croissante qui se niche en Boudicca, cette frustration dévorante et violente qui l’habite depuis toujours et se nourrit de chacune de ses chutes, de ses déconvenues. Depuis les choix de son père jusqu’à l’accord signé par son mari avec les Romains, Boudicca frémit, elle bout. Chaque fibre de son être est l’écho de sa haine envers la situation : contrairement à eux, elle n’aurait pas choisi la voie de la raison. C’est son cœur de guerrière qui la pousse à se battre aux côtés des rebelles et c’est en acceptant la défaite qu’elle revient vers sa famille lorsque l’envahisseur gagne.
Lorsque les règles ne sont pas respectées, c’est une soif de justice mais surtout de vengeance qui permet à Boudicca de soulever des montagnes, de rassembler les peuples et de faire frémir Rome en montrant la puissance des Celtes mais, surtout, en étant un symbole capable de rassembler et d’inspirer.

Jean-Laurent Del Socorro a su remplir les vides laissés par l’histoire de sa plume et rendre un hommage intime et distant à la fois à Boudicca. Il dresse un portrait palpable de cette héroïne qui est encore aujourd’hui tout un symbole pour les Britanniques. La Reine des Icènes incarne le courage et la révolte, elle personnifie la résistance celte face à l’arrivée des Romains. Elle est aussi cette héroïne qui rappelle que les femmes ont été placées en bas de l’échelle sociale pour être écartées du pouvoir dans certaines cultures alors qu’elles y avaient droit dans d’autres et où elles étaient une menace pour les envahisseurs. Avec efficacité et justesse, l’auteur nous permet de découvrir une grande figure de l’histoire et on ne peut s’empêcher de s’inspirer de Boudicca pour s’élever encore aujourd’hui face à tout ce qui peut nous révolter. L’histoire n’est-elle qu’un éternel recommencement ?

« Alors que la rencontre avance vers son issue inévitable, j’observe, inquiète, l’absence de femmes dans les rangs des Romains. En nous soumettant à l’empereur Claudicus, les rois renoncent à leur autonomie mais gardent leurs privilèges. J’ai le sentiment que les reines perdront davantage si elles ne font rien pour défendre leur place dans ce monde que l’aigle veut façonner à son image. »

Les avis des Accros & Mordus de Lecture