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Rambalh, c'est un pot pourri de mes lectures, un blog pour partager mes coups de coeur et de gueule. Rambalh signifie Bordel en Occitan et c'est un peu le cas de ce blog. Il est surtout né de mon besoin de garder une trace de mes lectures. Retrouvez-moi aussi sur Accros & Mordus de Lecture.

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dimanche 12 février 2017

Harry Potter et l'enfant maudit de J.K. Rowling, Jack Thorne et John Tiffany

J'ai résisté à cette lecture longtemps. Parce que je connaissais l'intrigue. Parce que j'avais peur. Puis je l'ai fait. J'ai lu ce livre et... breuogggrghhjgh. Au moins, ça me permet de me remettre aux chroniques, voyons le positif !



Quatrième de Couverture
Etre Harry Potter n'a jamais été facile et ne l'est pas davantage depuis qu'il est un employé surmené du ministère de la Magie, marié et père de trois enfants. Tandis que Harry se débat avec un passé qui refuse de le laisser en paix, son plus jeune fils, Albus Severus, doit lutter avec le poids d'un héritage familial dont il n'a jamais voulu. Le destin vient fusionner passé et présent. Père et fils se retrouvent face à une dure vérité : parfois, les ténèbres surviennent des endroits les plus inattendus.

Mon avis
Ayant grandi avec la saga Harry Potter, je me devais de lire cette pièce. Il m’a fallu du temps pour oser ouvrir ce livre, surtout parce que je savais quelle était l’intrigue (merci les spoilers qui foisonnent sur le net) et que j’allais détester de A à Z. Peut-être avais-je un infime espoir d’apprécier ma lecture mais le verdict est là : j’ai détesté. Tout. Du scénario aux personnages, des incohérences à l’écriture.


Vous saviez que cette chronique partait mal.

La première scène est la copie du tout dernier chapitre de la saga Harry Potter : vingt ans plus tard, quand les enfants de nos héros préférés entrent à Poudlard à leur tour. Et même là, la forme théâtre ôte un peu de son charme à la scène. Je précise quand même que j’aime lire du théâtre pourtant. On suit alors les aventures d’Albus, le second fils Potter et de Scorpius, le seul fils de Malefoy. Evidemment, ils sont amis. Evidemment, Albus se retrouve à Serpentard. Evidemment, il est paumé. Evidemment, il est au centre de l’histoire… Alors qu’il n’a en fait rien à y faire. Il aurait été finalement plus intéressant de ne se consacrer qu’à Scorpius qui lui est à peu près utile et tangible (mais pas trop non plus, ne soyons pas trop fous).

Les personnages ne sont pas réalistes. Ni fouillés. Ni même à la hauteur. Et cela vaut pour les nouveaux comme les anciens. Je n’arrive pas à comprendre comment on peut autant dénaturer des personnages qui ont été développés sur sept tomes auxquels on veut rendre hommage, et ça n’est pas uniquement une déformation donnée par le fait qu’il s’agisse d’une pièce de théâtre : Harry, Ginny, Ron, Hermione, McGonagall, … Tous ont été foirés. Vingt ans plus tard, Harry a pu grandir mais le scénariste semble l’avoir oublié. Vingt ans plus tard, Ron a visiblement régressé mentalement. Vingt plus tard, Hermione est elle aussi devenue stupide… Et j’en passe. Aucune cohérence avec les anciens personnages. Et les nouveaux ne le sont pas plus. C’était juste insupportable à lire.


Je refuse. Tout.

Mon côté puriste étant trop prononcée, j’ai quand même essayée d’oublier ce que je connaissais des personnages pour me fondre dans l’histoire… Et quelle histoire. Des incohérences grosses comme le monde, un scénario digne d’une tele-novela qui après quinze saisons ne sait toujours pas se renouveler dans son intrigue, des dénouements simplement imbuvables… Un exemple ? Un gosse qui dit « Aaaah mais je peux faire du polynectar il y a sûrement les ingrédients, en quelques minutes ce sera fait ! » soit. Mais une grande sorcière très haut placé, censée être très intelligente qui répond « mais oui pas bête » NON. Surtout quand elle sait faire du polynectar (oui, oui, c’est bien Hermione). Et ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres.


Et encore, vomir ne suffit pas.

Je ne vais pas aller plus loin, déverser ma frustration et mon indignation n’aurait rien de productif et conduirait à des spoilers, mais, vraiment, cette lecture était un supplice. Je trouve irrespectueux de vendre cette daube à plus de 20 balles (je voulais le pirater d’ailleurs mais on me l’a prêté, hors de question de payer pour ça). Je trouve irrespectueux de mettre en gros le nom de Rowling sur la couverture. Je trouve irrespectueux tout le pataquès médiatique qu’il y a eu autour. Et je trouve irrespectueux de ne pas avoir été honnête sur la nature de cette pièce : une très mauvaise fanfiction. Bon sang, des amateurs pondent des histoires bien plus cohérentes et agréables à lire.
J’espère simplement que, jouée, la pièce est agréable parce qu’à la lecture, c’est une véritable séance de torture. Et j’exagère à peine. Bravo à ceux qui ont pu apprécier cette lecture : j’aurais aimé pouvoir en dire de même.


J'ai maaaaaal.

PS : Rowling, sache que je me sens trahie. Au plus profond de mon âme. Parce que tu as cautionné. Et je refuse de croire que cette histoire a été en partie ton idée. Je suis dans mon déni pour ne pas te renier définitivement.


Dans la dignité. Presque.

samedi 1 octobre 2016

Les Combustibles d'Amélie Nothomb

Aujourd'hui, je vous présente mon tout premier Amélie Nothomb. Ma lecture date d'il y a plusieurs mois mais j'ai encore quelques restes.



Quatrième de Couverture
C'est la guerre et c'est l'hiver.
Deux hommes et une femme sont terrés dans un appartement. Combien de jours leur reste-t-il à vivre ? En attendant, il n'est plus interdit de révéler ses vraies passions. L'amour, le désir, l'intelligence résistent-ils au froid ? A-t-on le droit de consumer ses dernières forces à lire de la mauvaise littérature ? Enfin, à l'heure du choix ultime, quel livre est assez important pour ne pas être mis à l'épreuve du feu ?

Mon avis
Trois personnages sont confinés dans un appartement : Le Professeur (dont le nom n’est jamais cité), Daniel (l’assistant du Professeur) et Marina (amante de Daniel, jeune étudiante). Ils sont enfermés car, dehors, les bombes grondent et le froid de l’hiver se fait plus mordant chaque jour. L’appartement est dépeuplé, vidé de ses biens, chaque objet du quotidien qui peut s’enflammer a été jeté dans le poêle. Il ne reste plus que quelques combustibles : des chaises et une bibliothèque, celle du Professeur. Il va falloir faire un choix : prolonger sa vie de quelques jours en brûlant ce qu’il reste ou mourir de froid tout de suite ?

Les Combustibles est une pièce de théâtre courte, qui va directement à l’essentiel : à quel point l’Humanité peut-elle résister face à la guerre et la peur de mourir ? Et cette Humanité, c’est à travers la culture qu’elle s’exprime, à travers la littérature : tout ce qu’il reste en possession de nos personnages est une collection de livres. Seulement, ils meurent de froid et ils doivent se résoudre à évaluer l’importance d’un livre afin de savoir s’il peut brûler pour les réchauffer ou non. Le thème m’a tout de suite interpelée et c’est pour cela que j’ai choisi de lire cette pièce : quels seraient les livres que je chercherais à sauver à tout prix ? Car ils ne sont plus seulement matériels : la guerre fait rage et sauver un livre pourrait permettre de faire perdurer son enseignement.

Les personnages sont les incarnations de trois grandes tendances : le Professeur incarne cette élite intellectuelle qui juge la culture sur sa qualité et pas seulement sur ce qu’elle peut faire ressentir, Daniel qui malgré son instabilité sentimentale ne faillit jamais dans son amour pour la littérature et serait prêt à mourir pour elle et, enfin, Marina, qui incarne l’instinct de survie, la vie humaine prioritaire face à la connaissance. Ces trois entités s’affrontent tout au long de la pièce. Et l’instinct de survie finit par dominer, par entrainer dans son sillage les deux autres, pour prolonger un peu ces vies qui ne tiennent qu’à un fil.

La métaphore tissée à travers cette bibliothèque qu’il faut brûler est intéressante. On se prend au jeu, on se questionne sur l’intérêt de la connaissance humaine quand, finalement, tout s’effondre. La réflexion à laquelle nous pousse la pièce est finalement la partie la plus intéressante de cette lecture et ce qui m’a le plus plu. Après, la lecture en elle-même est agréable mais je n’ai pas été scotchée. Cette pièce est le premier ouvrage de Nothomb que je lis et il n’est pas suffisant, je pense, pour se faire un avis sur l’auteur. Le thème est intéressant, ce qu’il apporte aussi mais ce n’est pas fantastique. Je m’attendais à une explosion et finalement, ça a été une petite balade tranquille, sans être marquante. Je conseille cependant cette lecture car elle est rapide et parle à tous les amoureux des livres, quelle que soit leur tendance.

lundi 2 janvier 2012

Challenge Théâtre pour 2012 sur A&M

Je me lance ! J'avais envie de faire le grand saut depuis un bon bout de temps déjà et finalement, je me suis dit "Eh Aurélie, attends les Challenges de ton propre forum pour faire ce petit plongeon !" et c'est ce que j'ai fait ! Les Challenges A&M seront mes premiers engagements, mes premiers pas dans cette aventure !

On commence avec le Challenge Théâtre 2012 : j'ai déjà chroniqué une des pièces, j'en ai lu (il faut que je les ressorte pour les chroniquer d'ailleurs) et certains sont dans ma PAL donc je suis armée pour cette aventure là !



1. Roméo et Juliette, Shakespeare ♣ PAL
2. Les fourberies de Scapin, Molière
3. Le jeu de l'amour et du hasard, Marivaux
4. Le Cid, Corneille
5. Antigone, Jean Anouilh ♣ Lu
6. La cantatrice chauve, Ionesco
7. Cyrano de Bergerac, Edmond Rostand
8. Le mariage de Figaro, Beaumarchais ♣ PAL
9. Le sorcières de Salem, Arthur Miller ♣ Lu et chroniqué
10. Huis clos, Jean Paul Sartre
11. Nos amis les humains, Bernard Werber
12. Une femme sans importance, Oscar Wilde
13. Les combustibles, Amélie Nothomb
14. Les monologues du vagin, Eve Ensler
15. On ne badine pas avec l'amour, Alfred de Musset
16. Rhinocéros, Ionesco
17. Fin de partie, Samuel Beckett
18. Musée haut, musée bas, Jean Michel Ribes
19. La machine infernale, Jean Cocteau
20. L'illusion comique, Corneille ♣ Lu mais à relire

Je débute donc à ce stade là, en ayant déjà un score de 1/20 !

Vive A&M !

mercredi 12 octobre 2011

Les Sorcières de Salem de Arthur Miller

Pièce de théâtre écrite en 1952 et jouée en janvier 1953. Miller y reprend la tragique histoire de la ville de Salem à l'époque où une véritable chasse aux sorcières s'engage aux USA avec la peur du communisme et la montée du maccarthysme. 4 actes & 239 pages.



Quatrième de Couverture
La Commission des activités antiaméricaines du parlement des États-Unis connut son heure de gloire au début des années cinquante lorsque le sénateur Joseph McCarthy en devint le président et pourchassa militants et simples sympathisants communistes notamment dans les rangs de l'intelligentsia (Dashiell Hammett, Bertold Brecht, la fameuse liste noire des «dix de Hollywood»). Interrogé lui-même par cette commission, Arthur Miller s'est inspiré de cette époque de «chasse aux sorcières» pour écrire Les Sorcières de Salem. Il y met en scène un autre épisode célèbre de l'histoire américaine : le procès homonyme qui, en 1692, ébranla une petite communauté de la Nouvelle-Angleterre gagnée par une crise d'hystérie puritaine et se solda par la condamnation de nombreuses personnes soupçonnées de pratiques sataniques et par vingt-cinq exécutions. Mise en scène à Paris en 1955, dans une adaptation de Marcel Aymé, la pièce interprétée par le couple Simone Signoret-Yves Montand connut un véritable triomphe.
Les Sorcières de Salem illustre de façon magistrale comment peut être facilement franchie - et en tout temps - la frontière entre raison et folie, justice et fanatisme.


Mon avis
Quand une petite ville des USA s'embrase en 1692 pour une sombre affaire de sorcellerie, les esprits sont marqués et pas seulement pour une génération mais bien pour des siècles. Aujourd'hui encore, la triste histoire de Salem est connue, adaptée, étudiée, utilisée, ... Comment un groupe d'adolescentes a-t-il pu être à l'origine de la mort de tant de personnes ? Pourquoi personne n'a rien vu ? Arthur Miller nous propose une vision de l'histoire qui finalement, montre qu'à son époque, les chasses aux sorcières continuent, à la nôtre aussi...

J'avais déjà lu cette pièce il y a quelques années de ça, étant fascinée par ce qui s'est produit dans une petite ville du Massachusetts, et j'ai pris un réel plaisir à la relire. Je sais que cette lecture ne sera pas la dernière parce que c'est une oeuvre qui se laisse portée par l'horreur de cette réalité qui est toujours d'actualité. Dans sa version, Miller ne parle pas de l'hypothèse de la farine de seigle qui pourrait être la responsable d'hallucination, il a choisi de mettre toute cette sordide affaire sur le compte du fanatisme religieux, de l'orgueil mais surtout, de la cruauté de quelques gamines, et d'une en particulier, Abigaïl Williams...

Les préjugés permettent à cette fille de régler ses comptes avec les habitants de Salem : elle met en scène des hallucinations, des visions d'horreur, des scène violentes qu'elle et quelques unes de ses amies sont les seules à voir... A inventer surtout. Elle n'a en fait qu'un but : faire tuer sa rivale et pour ça, elle condamne toutes les personnes qu'elle ne porte pas dans son coeur. Les juges et les hommes d'église boivent ses paroles, ils la vénèrent, l'érigent et croient tout ce qu'elle dit. Les condamnations pleuvent et seuls les habitants sensés comprennent qu'il ne s'agit que d'une machination, John Proctor le premier, qui a succombé à la tentation avec elle et qui le regrette amèrement depuis. C'est sa femme la cible et il le comprend vite... Mais il est déjà trop tard.

L'orgueil et la vanité des juges n'autorisent pas leur remise en question : quelle honte ce serait d'affirmer officiellement qu'ils ont été trompés par une gamine ! Alors ils foncent, tête baissée, et tuent à tour de bras. Les filles entrainées par Abigaïl n'osent revenir en arrière, la seule qui le fait le regrette si vite qu'elle retombe dans la machination pour ne pas finir pendue. Le rouage est de toute façon lancé, seul ceux qui avouent le crime de sorcellerie peuvent être sauvés et ils sont quelques uns à avouer pour ne pas mourir : c'est suffisant à la cours pour affirmer qu'il y a bien eu sorcellerie...

En se plaçant dans l'époque de Miller, on comprend bien que cette peur du communisme a forcément été profitable à certains politiciens : il était facile de donner une étiquette communiste à celui qui devenait gênant pour l'écarter de la voie du pouvoir. C'est une allégorie qui est pleine de sens et qui à mon avis a bien marqué les esprits. En tout cas, elle a marqué le mien.

L'intemporalité de cette pièce en fait une oeuvre importante du théâtre selon moi. De plus, le style est réellement agréable et on est transporté très vite au coeur de l'action. Les personnages sont attachants - pas les menteurs bien sûr - et on espère qu'une chose : que ce soit Abigaïl Williams qui finisse sur le bûcher. Malheureusement, la justice ne triomphe pas toujours et ce sont les meilleurs d'entre nous qui en pâtissent. Le meilleur personnage est celui de Gilles Corey qui, dans la fiction comme dans la réalité, malgré son âge avancé, a tenu tête aux oppresseurs jusqu'au bout. Il l'a payé de sa vie mais surtout, il a eu droit à la fin la plus horrible : écrasé par des pierres posées une à une sur son torse. La phrase finale que lui donne Miller est tellement puissante qu'elle m'a fait sourire "Encore une", encore une pierre avant de pousser son dernier soupir. Courageux jusqu'au bout, fidèle à la justice et à ses valeurs. Qu'il paye pour son honnêteté nous révolte mais fait en même temps de lui une exemple à suivre du haut de ses quatre-vingt ans dépassés.

Je l'affirme une nouvelle fois : une merveilleuse pièce que je suis heureuse d'avoir enfin achetée et que je relirai encore et encore, pour me rappeler que la justice vaut mieux que le mensonge...

"Encore une.."