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Rambalh, c'est un pot pourri sur la littérature, un blog pour partager mes coups de coeur et de gueule. Rambalh signifie Bordel en Occitan et c'est un peu le cas de ce blog : de tout et surtout tout moi. Mes lectures sont éclectiques tout en étant de plus en plus engagées vers la tolérance, l'ouverture d'esprit, les cultures différentes et le féminisme. Retrouvez-moi aussi sur Accros & Mordus de Lecture.

lundi 31 décembre 2018

Une fille facile de Louise O'Neill

J’ai lu ce livre d’une traite ou presque, cet été, alors que ma coloc de l’amour venait de se l’acheter. Je le lui ai même un peu abîmé à coup d’eau de mer (pardon, je t’aime Lo) parce que je ne pouvais plus le lâcher, même au bord de l’eau.



Quatrième de Couverture
« Quand tu prononces un mot comme celui-ci, tu ne peux plus faire marche arrière. Fais comme s’il ne s’était rien passé. C’est plus simple comme ça. Plus simple pour toi. »

Emma a dix-huit ans, c’est la plus jolie fille du lycée. En plus d’être belle, elle est pleine d’espoir en l’avenir. Cette nuit-là, il y a une fête, et tous les regards sont braqués sur elle.
Le lendemain matin, ses parents la retrouvent inanimée devant la maison. Elle ne se souvient de rien. Tous les autres sont au courant. Les photographies prises au cours de la soirée circulent sur les réseaux sociaux, dévoilant en détail ce qu’Emma a subi. Les réactions haineuses ne se font pas attendre ; les gens refusent parfois de voir ce qu’ils ont sous les yeux. La vie d'Emma est brisée ? Certains diront qu'elle l'a bien cherché.

Mon avis
Je ne vais pas résumer le synopsis de ce bouquin mais me contenter d’abord les points importants à mes yeux. Une fille facile traite du viol du point de vue de la victime mais, ici, la victime culpabilise. La victime se place comme responsable de son viol, et le voit comme sa propre erreur de parcours. Emma encaisse, elle garde la tête haute, au début, persuadée que sa place dans la hiérarchie sociale de son lycée et même de sa ville suffira à faire oublier cet épisode. Elle s’excuse. Elle regrette d’avoir mis ses agresseurs dans cette situation.

Et tout au long du roman, son corps et son esprit divaguent. Elle ne se voit que comme les bouts de sa chair qui circulent en photo sur les réseaux sociaux. Elle perd peu à peu son humanité dans ses propres yeux. Elle, la victime, se retrouve à s’effacer, à effacer sa place en tant qu’être humain. Elle se coupe des autres, du monde, de sa personnalité, de ce qu’elle est. Elle regrette. Elle voudrait tout effacer. Ce n’est même pas le viol en lui-même, son agression, qu’elle souhaite effacer, mais toutes les conséquences qui en découlent.
Et c’est là le cœur du roman. Nous vivons dans une société où l’on apprend aux femmes à se protéger des violeurs plutôt que d’apprendre aux hommes qu’il ne faut pas violer. On doit être constamment sur nos gardes parce que la société est incapable d’expliquer aux êtres humains que le corps des femmes n’est pas un objet public dont on peut user et disposer à l’envie. Emma ne se considère plus que comme un bout de viande. Quand elle se regarde dans le miroir, tout ce qu’elle voit, c’est les photos en gros plan de son corps, ces parties dissociées. Elle ne se sent plus entière, elle n’est que des morceaux assemblés qui lui ont été pris par ces hommes, ces garçons qu’elle connait bien, en qui elle avait confiance.

Emma est la méchante de cette histoire dans le regard des autres, elle est celle qui fait naître le scandale, celle qui a trop bu, celle qui allume, celle qui mérite ce qui lui arrive. Et c’est révoltant. C’est révoltant parce que, sous couvert de fiction, c’est ce qui arrive tous les jours, c’est ce qu’on dit aux femmes. Même sous la compassion il y a ces mots, ces phrases « Mais tu devais bien te douter qu’il y avait un problème » « Tu n’aurais pas dû t’habiller comme ça » « Tu vois, à force de te frotter à des inconnus… »
Une fille facile dénonce tout ce qui fout la gerbe dans notre société soi-disant évoluée. Une fille facile nous rappelle encore que la victime est bien plus jugée que le ou les agresseurs. Parce que porter plainte, subir les interrogatoires, le procès, l’exposition de sa vie privée, de son intimité… C’est autant d’obstacles à la dénonciation que de conséquences d’une agression sur une personne. Parce qu’elle a été violée Emma devra justifier toute sa vie chacun de ses actes avant et pendant cette soirée, même après. Alors que ce sont les agresseurs les bourreaux, les coupables. Être une victime c’est voir sa parole remise en cause, c’est revivre sans cesse la scène à mesure qu’on doit la raconter, c’est devoir affronter encore et encore un souvenir déchirant, c’est devoir rappeler inlassablement que c’est l’agresseur le coupable, celui qui a agi sans consentement.

La fin de ce roman est un coup dans le cœur mais elle est criante de réalité : en Irlande, les agresseurs s’en sortent souvent. Rappelez-vous le procès récent où un violeur a été acquitté parce que sa victime portait un string ? Et il n’y a pas qu’en Irlande que cela arrive. Pourquoi ? Parce qu’on élève filles et garçons en leur faisant croire que le viol c’est l’inconnu bizarre qui va t’entraîner dans sa cave. On tait le fait que, dans la majorité des cas, le viol est commis par quelqu’un qu’on connait, dans une situation où il n’y pas toujours de violence, avec cette foutue zone grise qui est encore un moyen de dire « oui mais peut-être que ». Une fille facile est une grosse claque qui rappelle que le monde dans lequel on vit ne tourne pas rond, que le corps des femmes reste un appel au sexe quelle que soit notre tenue et que, quoi qu’il arrive, on est toujours un peu coupable de ce qui nous arrive dans les yeux des autres. Une fille facile me pousse à toujours plus parler de féminisme, à rappeler aux gens, hommes comme femmes, que le consentement c’est pas compliqué, que tant que des romans comme celui-là reflèterait encore la réalité il faudra se battre.
Une fille facile est un roman fort parce que tout est fait pour que l’héroïne agace au début, pour que le lecteur en vienne à se dire à un moment « mais qu’elle est conne » dans le but de lui rappeler que personne ne mérite ça. Personne. Pas même les gens qui nous irritent, pas même ceux que nous n’aimons pas. Personne ne mérite de subir une agression, d’être maltraité, d’être réduit à un simple corps sans âme. Personne ne mérite d’être une victime que l’on place ensuite sur l’échafaud pour l’ériger en coupable.

Une fille facile est à mettre entre toutes les mains des personnes qui pensent encore qu’on se fait violer uniquement parce qu’on l’a bien cherché. C’est un roman à lire pour comprendre à quel point réduire une personne à l’état d’objet lui fait oublier qu’elle est un être humain avant. C’est un roman à lire pour ne pas oublier que le chemin à parcourir est encore long.

Et je vous laisse trois citations montrant l'essentiel (même si il y a encore des tas de passages significatifs à relever) :

« Les jupes au ras des fesses , les hauts échancrés jusqu'au nombril, et elles boivent toutes trop et trébuchent dans les rues, elles poussent au crime, et quand ce qui doit arriver arrive, elles se plaignent et se mettent à pleurnicher. Comme disait votre autre intervenant, à quoi d'autre peuvent- elles s'attendre ? »

« C’est dommage qu’Emma ait eu plus de dix-huit ans à l’époque sinon, il auraient pu être poursuivis pour possession et diffusion d’images pédophiles. Tellement plus simple à prouver que le problème du consentement. »

« On téléphone pour dire que je l'ai bien mérité. On dit que je l'ai bien cherche. Dans un premier temps, ca m'a fait mal d'entendre ce qu'on disait de moi. J'ai beaucoup pleuré au début. Je ne devrais probablement pas écouter. Mais personne ne me racontera rien. J'ai l'impression en permanence de finir un puzzle avec quelques pièces manquantes. »


Les avis des Accros & Mordus de Lecture

dimanche 30 décembre 2018

La fabrique du monstre de Philippe Pujol

Je me rends compte que lorsque je suis touchée par un livre, lorsqu'il fait vibrer mes convictions, mon avis devient plus long, plus personnel, moins tourné vers la chronique littéraire et plus vers l'exercice du partage de l'effet viscéral qu'il a eu sur moi. La fabrique du monstre est de ce livres qui m'ont touchée et qui m'ont marquée d'une façon telle que, même des mois après, je suis capable de disserter dessus sans m'arrêter.



Quatrième de Couverture
Philippe Pujol, prix Albert-Londres 2014, s’est fondu pendant dix ans dans le quartier le plus pauvre d’Europe, à Marseille.
Il sait fabriquer du cannabis coupé à l’huile de vidange. Il pénètre les HLM immondes, dégradés à dessein, où se pratique un culturisme stéroïdé, et repère les gosses guetteurs ou les nourrices planquées. Il se penche avec les flics de la BAC Nord, désabusés, sur les cadavres de minots de 20 ans assassinés, une Rolex à 5 000 euros au bras. Il écoute les plaintes des mères qui noient leur temps dans l’alcool et les médicaments.
Depuis 2004, il est l’un des rares à faire corps avec cette inhumanité-là. En toile de fond de cette grande misère, il décortique le système qui gangrène la région PACA : grand banditisme, corruption, clientélisme, conflits d’intérêts autant de facteurs qui d’année en année, contribuent à fabriquer ce monstre.

Mon avis
Mon livre contient encore quelques grains de sable récoltés involontairement au cœur des calanques où j’ai lu ce livre avec avidité cet été, savourant mes derniers moments marseillais tout en me plongeant dans le chaos qui anime cette ville que j’ai aimé fort pendant trois ans.

Philippe Pujol est ce qu’on peut appeler un spécialiste des quartiers nords de Marseille, ces quartiers utilisés par la presse nationale pour faire frémir les gens et leur faire croire que Marseille est une ville dangereuse, sournoise, vulgaire aussi. Philippe Pujol est de ces personnes qui vont au fond des choses, qui creusent pour montrer l’envers du décor et, surtout, ceux qui actionnent les ficelles auxquelles sont pendues les marionnettes misent sur le devant de la scène.

Marseille, c’est une ville vivante, une ville chantante, où la Bonne-Mère surplombe tout le monde, les forts comme les faibles, les voyous étiquetés comme ceux couverts de paillettes et de vernis. La Bonne-Mère les protège tous sans distinction, s’élevant au-dessus de chacun. Même moi, en tant qu’athée, j’aimais chercher Notre-Dame de la Garde dès que je posais le pied à Marseille, comme un petit rituel rassurant, et je souriais à chaque fois que je la regardais, même quand ça n’allait pas.
Et la Bonne-Mère est bien la seule des sommets à exercer sa bienveillance sur les Marseillais. C’est là tout le tragique de cette ville.

En commençant par nous décrire la misère des quartiers nords, Philippe Pujol creuse doucement la surface. On rencontre des gens qui cherchent à survivre, des anciens qui ne reconnaissent plus les méthodes violentes des voleurs d’aujourd’hui, des jeunes qui n’ont pas d’autre choix que d’entrer dans les réseaux de deal pour être, ironiquement, « tranquilles », des parents qui ont perdu la chair de leur chair dans une guerre de territoire où l’herbe et la résine côtoient sans problème poudres et produits plus liquides. Quand le jeune dealer amasse de quoi se payer le dernier Iphone, persuadé d’atteindre le sommet, il ne voit pas que le haut de la pyramide s’achète un nouveau palace dans un pays où il ne mettra jamais les pieds. Parce que c’est ça, Marseille. Ce n’est pas le petit dealer qui cultive son herbe dans son jardin et qui vend son surplus, c’est le gros magnat, comparable à un actionnaire du CAC40 qui possède tellement d’employés qu’il pourrait faire pâlir les plus grosses boîtes du pays grâce à son bénéfice net. Et ces têtes de file, personne ne les connait. Une chose est sûre, elles ne sont pas dans les quartiers et leurs hauts-gradés fidèles donnent déjà un aperçu de l’argent que génère la drogue. Il y a trente ans déjà, les enquêtes de police sur les réseaux de drogue étaient stoppées net dès que ça commençait à remonter dans les sphères de l’état, dès que ça passait la limite (cette source m’est personnelle, à vous de me croire ou non).
Ces Marseillais parqués dans les quartiers nords, à qui l’on offre que de fausses solutions pour s’en sortir permettent à ceux qui s’en mettent plein les poches d’obtenir ce qu’ils veulent : les soulèvements, les violences, les casseurs… Il faut de bons pions pour leur monter la tête et leur dire « regardez, ils vont nous prendre le peu que nous avons, il faut aller casser ici, ne les laissez pas faire ». Et le lendemain, ces mêmes personnes se pointent et demandent : « Avez-vous besoin d’un service de sécurité privé pour éviter qu’on ne vienne encore visiter votre chantier ? J’en possède un, c’est bien pratique. » Marseille, c’est comme ailleurs : on se sert de la misère du monde pour parvenir à ses fins.

Puis, ensuite, au milieu du carnage que les fondations de la pyramide subissent pour enrichir des gens qu’ils ne connaissent pas, comme dans le monde de la légalité finalement, Philippe Pujol creuse un peu plus et nous montre jusqu’où la gangrène s’est frayée un chemin : dans chaque administration, dans chaque arrondissement, dans chaque mairie. Comme dans une guerre, les soldats, ces revendeurs des quartiers nords, sont la chair à canon et les figures publiques qui dénoncent à tour de bras cette violence sont finalement tout autant impliquées dans la guerre, mais jouant de loin, déplaçant simplement des pions sur une carte.

Il creuse Philippe Pujol, encore et encore, en nous décrivant le monde politique de Marseille pourri jusqu’à la moelle, où même les élus issus des plus basses classes sociales en viennent à oublier leurs origines pour vivre dans ces tours d’ivoire qu’on leur propose. Et si possible, avec piscine au bord de la Corniche, évidemment. Ce monde politique où d’anciens du FN peuvent gentiment se revendiquer du PS tout en organisant encore des petites sauteries avec les copains aux idées flirtant avec le nazisme (et ce n’est qu’un euphémisme), ce monde politique où il faut laisser les quartiers populaires tomber en ruines pour ensuite tout raser et reconstruire pour une population bourgeoise qui dénature peu à peu l’âme de Marseille.

C’est là qu’on peut mesurer l’ampleur de la situation, surtout récemment avec la tragédie de la rue d’Aubagne, où des morts ne font que rendre les Marseillais plus engagés encore face à un maire qui continue de fermer les portes de la discussion et de l’élan solidaire. On laisse le centre s’enliser dans l’espoir de virer les gens pour cause d’insalubrité et accueillir ensuite des immeubles de standing. On regrette d’avoir laissé les épiceries et les kebabs s’installer sur la Canebière parce que, bon, maintenant, il faudrait quand même que les touristes y trouvent le luxe à la hauteur de leurs moyens. Merci Gaudin.

Marseille est une ville de la diversité, de l’entraide, du militantisme, de la tolérance et c’est tout ce qu’on ne montre jamais à la télévision. Il faut avoir passé du temps dans les rues de la ville, dans ses quartiers chaleureux pour le savoir, il faut avoir croisé la route de vrais Marseillais qui ne quitteraient jamais leur belle ville, de ces non-Marseillais qui ont décidé d’y faire leur vie après en être tombés amoureux. De ces gens de passage, comme moi, qui en gardent un souvenir merveilleux, qui sont passés du scepticisme à l’amour total pour une ville chargée d’histoire et de joie de vivre. Mais cette joie de vivre ne peut perdurer que si l’on y laisse les gens vivre.

Il aura fallu que je sois sur le départ pour enfin découvrir la plume de Philippe Pujol et je ne regrette rien, si ce n’est que je vais devoir acheter ses autres ouvrages tellement ce qu’il propose me transporte. Prise aux tripes, je n’ai pas réussi à lâcher ce livre avant la fin et j’y ai retrouvé des « faits divers » lus à l’époque dans les journaux mais, cette fois, chargés de l’histoire de fond et de la réalité du fatalisme vécu par les habitants des quartiers, nords ou centre finalement.

Découvrez Marseille, aimez-la ou détestez-la, mais plongez dans son histoire à travers le travail de Philippe Pujol. Vous perdrez peut-être un peu de votre foi en l’humanité d’un côté mais vous y gagnerez paradoxalement un peu de tolérance et une envie de changer les choses. Vous comprendrez un peu mieux cette Marseille militante qu’on ne montre que trop peu sur les chaînes nationales, de peur que cette solidarité et cet engagement se propagent partout en France.

« La violence, la drogue, l’affairisme, les magouilles, la corruption, le béton, l’élection, le racisme… Pour la France, et d’autres pays qui s’intéressent à nous, Marseille est une aventure à elle seule, sans avoir besoin de voyager. Elle constitue aussi une sorte de soupape de sûreté pour libérer la pression trop forte des problèmes refoulés dans l’Hexagone.
Comme si elle était seule, comme si elle était l’exception, comme s’il fallait accepter, fataliste, la figure du monstre.
« C’est pas pareil, c’est Marseille. »
Pourtant, non. La plus jolie ville de France ne cache pas ses blessures. Elle est sincère. C’est tout.
Cette ville n’est tout simplement que l’illustration visible des malfaçons de la République française.
»

Les avis des Accros & Mordus de Lecture

samedi 29 décembre 2018

Nickel Blues de Nadine Monfils

Une chronique floue pour une lecture qui ne m'a pas emballée plus que ça et qui date de cet été (oui j'ai presque six mois de retard, so what ?). J'avais quand même envie de poster une chronique parce que j'avais le bouquin sous les yeux, dans la pile des livres lus cette année et que j'ai envie de terminer l'année 2018 sous le signe de la productivité !



Quatrième de Couverture
Ça se passe en Belgique. Deux ados, Ralph et Tony Boulon, décident de ne pas accompagner leurs parents en vacances. Après un mois de nouba dans le pavillon familial, les deux frères se réveillent complètement dans le cirage. Ils découvrent la maison sens dessus dessous : la baignoire est remplie de vaisselle, des capotes pendent au lustre et le canari est retrouvé calciné dans le four ! Seul Bubulle, le poisson rouge, est sauvé in extremis, surnageant dans des eaux douteuses. Gros problème : les parents rentrent le lendemain et les frangins ont une touffe de poils dans la main. L'aîné a soudain une idée géniale : kidnapper une nana du coin pour faire le ménage. Mais les choses ne se passent pas exactement comme prévu, Ralph et Tony se retrouvant embarqués malgré eux dans une aventure rocambolesque.

Humour noir et suspense sont au rendez-vous de ce roman jubilatoire dont on ressort essoufflé et réjoui.

Mon avis
L’écriture de Nadine Monfils est toujours aussi incisive et divinement accrocheuse, les répliques de ses personnages sont toujours aussi drôles mais, comme je m’en suis rendu compte avec La petite fêlée aux allumettes, j’ai eu ma dose. Toujours autant d’absurde dans ses histoires, ses personnages, le fil des enquêtes et c’est ce qu’on aime dans ses bouquins mais je n’accroche plus.

À travers des personnages tous plus tordus que les autres, Nadine Monfils nous offre un spectacle où il est difficile de différencier la queue de la tête, si on les trouve, et montre une nouvelle fois que de l’absurde peut naître un roman divertissant, drôle et véhiculant aussi deux trois messages grâce à ses stéréotypes dont on raffole.

Je ne suis plus intéressée par ce qu’elle propose mais je me dis que, si l’envie de lire ce genre revient un jour, c’est clairement vers ses romans que je me tournerai parce que j’aime son écriture même si parfois elle m’exaspère. Nadine Monfils est bonne dans ce qu’elle écrit et je sais que c’est une valeur sûre dans le domaine. Je garderai toutefois en tête, suite à cette lecture, que la série Mémé Cornemuse me plait bien plus que le reste.

Les amateurs de sa plume et son univers y trouveront sûrement leur compte (même si rien ne vaut Mémé Cornemuse en personnage principal, il faut le dire) et ceux qui aiment les histoires tordues, sans queue ni tête, devraient particulièrement apprécier ce qu’elle fait. Une lecture à prendre au trouzemillième degré.

« Sa grand-mère, c’était son Bon Dieu, son nez de clown, son ciel d’étoiles. Et il l’aimait « grand du ciel », comme il lui disait quand il était petit. Il savait que le jour où il la perdrait, il grandirait d’un coup, parce qu’il se sentirait seul dans « son monde », celui qu’elle avait toujours partagé avec lui. Un monde qui flottait au-dessus de la terre, dans une bulle bleue. »

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dimanche 16 décembre 2018

Réflexions sur le procès de la reine de Madame de Staël

J’ai beaucoup entendu parler de Madame de Staël comme l’une des pionnières du féminisme et je n’ai pas hésité à acheter ce livre, publié aux éditions Mercure de France. La collection petit mercure est d’ailleurs très intéressante puis qu’elle met en lumière des textes courts, souvent inédits et choisis par des spécialistes. Ici, c’est Chantal Thomas, chercheuse au CNRS, qui a choisi Réflexions sur le procès de la reine.



Quatrième de Couverture
Coquette, frivole, dépensière, mauvaise épouse, mauvaise mère, perverse, cruelle, sanguinaire, Marie-Antoinette, l'«Architigresse d'Autriche», responsable de tous les maux du royaume, doit mourir. Réflexions sur le procès de la reine, publié en août 1793, tente de mettre un frein à la folle logique de ces calomnies. Ce texte témoigne d'une prise de conscience féministe au nom du pur scandale de l'injustice.

Mon avis
Publié en août 1793, ce texte de Madame de Staël a pour but de défendre Marie-Antoinette, qui est la cible de toute la haine que le peuple a besoin d’exprimer envers la royauté qu’il a fait tomber à terre. Troublée puis révoltée par les accusations injustes envers Marie-Antoinette, Madame de Staël a voulu, anonymement, rappeler qui était réellement la reine, comment elle avait été accueillie et en quoi la juger pour le fait d’être une femme placée au sommet via un mariage de raison était injuste. Ce texte, dont elle a été rapidement identifiée comme l’autrice, a rapidement été décrié : après tout, Madame de Staël n’était-elle pas de ces privilégiés contre qui le peuple se battait ?

Le texte est chargé d’émotion, on sent le désarroi de l’autrice, sa volonté de bien faire, de demander la clémence et le recul face à une femme qui a toujours fait ce qu’on attendait d’elle. Madame de Staël en appelle à la raison des accusateurs tout en jouant avec la pitié. Et là, elle m’a perdue. Je m’attendais à une défense réellement féministe, j’ai surtout vu un appel à l’indulgence pour une femme qui avait des enfants, et aussi une tentative de manipulation. Madame de Staël explique aux détracteurs que condamner la reine risquerait de révolter le peuple qui considérerait cet acte comme cruel. Elle leur demande d’être raisonnable, compréhensif et de ne pas verser dans la cruauté inutile.

Finalement, j’ai lu ce texte en attendant un féminisme tel que celui de notre époque et j’ai été assez déçue de ce que j’ai découvert. Oui, c’est une forme de féminisme, mais un féminisme encore enrobé dans un trop plein d’oppression dû à l’époque. Marie-Antoinette est réduite à son rôle de femme, de mère et, en même temps, qu’est-ce que Madame de Staël pouvait faire de plus ? C’était déjà une belle avancée à l’époque de voir une femme écrire et prendre part aux idées politiques de son temps. Un texte qui reste à lire pour voir le chemin que l’on a parcouru et celui, bien trop long, qui nous reste à tracer.

Il ne me reste qu’à découvrir la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne d’Olympe de Gouges datant de cette même période de notre Histoire.

« Ah ! Si vous craignez la reine parce qu’on l’aime davantage, c’est elle cependant dont la liberté, dont le séjour hors de France vous serait le moins redoutable ; il est des obstacles qui peuvent irriter l’ambition, mais les malheurs que Marie-Antoinette a éprouvés détrompent des hommes et de la vie ; au sortir du tombeau l’on n’aspire pas au trône, et de si longues infortunes ôtent presque jusqu’au besoin du bonheur. »

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samedi 15 décembre 2018

Ma mère se cachait pour pleurer de Peter Stephen Assaghle

Ma mère se cachait pour pleurer est un livre que m’a prêté une amie gabonaise pour que je découvre encore un peu plus la littérature de son pays, après m’avoir fait lire un classique de chez elle. Un pas de plus vers de nouvelles histoires, de nouveaux points de vue et des personnages qui ont beaucoup à offrir.



Quatrième de Couverture
Ma mère se cachait pour pleurer (pour mourir pourrait-on dire) est un texte d’une théâtralité incroyable et aux rebondissements inattendus, qui invite à s’interroger, à s’offusquer, en même temps qu’à s’examiner sur les tabous de notre société tels que les grossesses précoces, l’inceste, l’adultère à l’intérieur des familles, le mauvais œil, le poids des échecs, l’exil forcé (du cœur et de l’âme)…

Mon avis
Ma mère se cachait pour pleurer est un livre que m’a prêté une amie gabonaise pour que je découvre encore un peu plus la littérature de son pays, après m’avoir fait lire un classique de chez elle. Un pas de plus vers de nouvelles histoires, de nouveaux points de vue et des personnages qui ont beaucoup à offrir.

Fam est un adolescent, pas tout à fait un homme, qui découvre les joies de l’amour physique grâce à Rita, la belle et douce Rita pour qui il développe un amour sans limite. Seulement, Rita traîne une réputation de fille facile, une fille que beaucoup d’autres jeunes garçons disent avoir déjà couchée sur un lit. Pourtant, ce n’est pas le cas, elle est simplement la fille qui ne dément pas si on ne lui pose pas directement la question et nombreux sont ceux qui en profitent pour se faire mousser dans le quartier.

Rita a aussi une vie tout sauf Rose. Une grossesse prématurée vient mettre en lumière la réalité de son quotidien, de la façon dont la traite sa belle-mère, Olouna, aux abus qu’elle subit de la part de son père. Rita est l’incarnation de l’âme pure blessée par la vie mais qui garde espoir, qui tient cet espoir de vie meilleure, capable d’aimer malgré tout. Fam n’est qu’un enfant finalement à côté d’elle, un petit garçon qui découvre toute la réalité du monde, de son entourage, de l’horreur dont sont capables certains êtres humains. Il est cet être naïf, maladroit aussi, parfois blessant, qui apprend et se construit à travers les épreuves.

Mais ce livre n’est pas simplement l’histoire de Rita et Fam, il est aussi celle de la mère de Fam, comme l’indique le titre, cette femme forte, digne, qui subit l’infidélité de son mari et qui encaisse jusqu’à ce que les choses aillent trop loin. Mais trop loin dans quel sens ? Et pour qui ?

Parce que, finalement, ce livre est une illustration de la condition des hommes et des femmes, la mise en lumière des travers de l’Humanité dans une société gabonaise qui a ses codes, ses préjugés, ses traditions… Tout en restant similaire à ce qu’il se passe ailleurs. Partout dans le monde il existe des parents qui abusent de leurs enfants. Partout dans le monde il existe des personnes qui réussissent à obtenir des faveurs grâce à leurs réseaux. Partout dans le monde les femmes sont élevées de sorte à voir en chaque autre femme une rivale potentielle avant d’y voir une alliée. Nous devrions être sœurs avant tout et la société nous oppose, et pas dans le travail ou encore les loisirs, non, mais face aux hommes. Critiquer une femme sur sa tenue, sur ses mœurs, ses choix, ses goûts… Et quelque chose qui nous semble naturel, qui nous permet même de nous rapprocher des hommes.
« J’ai plus d’amis garçons que filles, parce que les autres filles elles sont trop méchantes entre elles. » Combien de fois avons-nous entendu ou même prononcé cette phrase ? Elle n’a pas une origine biologique mais bien culturelle. On grandit dans un monde où les femmes doivent rivaliser pour plaire, pour sortir du lot. « Plus de ceci, moins de cela, sois belle mais sois aussi intelligente parce que juste belle, tu ne feras pas long feu… » Et c’est aussi ça que j’ai vu à travers ce livre, ce qu’on attend des femmes. Très fortes et caractérielles pour tenir un foyer, assez dociles pour faire des sacrifices, capables du pire pour l’amour d’un homme, belles mais pas vulgaires, intelligentes mais pas trop non plus… La Femme est la figure forte de ce livre, là où l’Homme est celui qui faillit régulièrement. Mais à quel prix ? Celui de la résilience. Et si cela semble beau, ça ne l’est pas tant que ça puisque nous vivons dans un monde où plutôt que d’apprendre aux gens à ne pas blesser, on apprend à encaisser. Au lieu de s’abandonner à la vie on se protège au fil des épreuves, jusqu’aux prochaines.

L’Humanité est pleine de failles et c’est ce qu’illustre Ma mère se cachait pour pleurer, notamment à travers les secrets, les trahisons et les sévices. Mais ce livre offre aussi un espoir qui, s’il n’est pas l’idéal que l’on voudrait, permet de continuer à vivre et d’atteindre, peut-être, des moments de bonheur suffisamment forts et nombreux pour ne pas se laisser abattre.

Avec son premier roman, Peter Stephen Assaghle a réussi à capter mon attention malgré quelques maladresses d’écriture. Il m’a embarquée dans son univers et je suis bien contente d’avoir tournée les pages de son livre.

Les avis des Accros & Mordus de Lecture

samedi 8 décembre 2018

Nous sommes tous des féministes de Chimamanda Ngozi Adichie

Je suis tombée amoureuse de la plume de Chimamanda Adichie lorsque je me suis plongée dans Americanah pour la LC sur Accros & Mordus de Lecture et c’est avec passion que j’ai lu Nous sommes tous des féministes dont j’avais beaucoup entendu parler et que j’ai ouvert le jour de la lutte internationale pour la fin des violences envers les femmes. J’aime me mettre dans l’ambiance.



Quatrième de Couverture
« Partout dans le monde, la question du genre est cruciale. Alors j’aimerais aujourd’hui que nous nous mettions à rêver à un monde différent et à le préparer. Un monde plus équitable. Un monde où les hommes et les femmes seront plus heureux et plus honnêtes envers eux-mêmes. Et voici le point de départ : nous devons élever nos filles autrement. Nous devons élever nos fils autrement. »

Chimamanda Ngozi Adichie aborde le sujet controversé du féminisme avec lucidité, éloquence et humour.

Mon avis
Nous sommes tous des féministes est la première partie du bouquin, une transposition d’une conférence TED que Chimamanda Adichie a donné en 2012. À travers son expérience de jeune femme noire, Nigériane et indépendante, elle décrit la condition de la femme, les réactions des gens autour d’elle et les idées reçues qu’il est important de déconstruire.

Il m’est difficile d’écrire une chronique détaillée sur cet essai tant j’ai surtout en tête les mots de l’autrice et où les paraphraser me semble inutile. Je préfère donc citer quelques passages (j’avoue avoir envie de tout citer) pour mettre en lumière cette voix qui me fascine.

« Nous apprenons aux femmes que, dans le couple, c’est plutôt à elles de faire des concessions.
Nous apprenons à nos filles à considérer les autres filles comme des concurrentes, non dans le travail ou pour se réaliser – ce qui serait une bonne chose à mon avis – mais pour susciter l’intérêt des hommes.
Nous apprenons à nos filles que leur sexualité n’est pas comparable à celle des garçons. Si nous avons des fils, nous ne nous formalisons pas de les entendre évoquer leurs petites amies. Mais les petits amis de nos filles, Dieu nous garde ! (Ce qui ne nous empêche pas d’attendre d’elles qu’elles ramènent, le moment venu, un mari idéal à la maison.)
Nous contrôlons nos filles. Nous portons aux nues leur virginité, mais nous ne portons pas aux nues celles des garçons (comment est-ce censé fonctionner, je me le demande, vu que la perte de virginité implique deux êtres de sexe opposé).
»
(Je rappelle qu’il s’agit là d’un passage traitant de la différence homme/femme dans le cas d’une relation hétérosexuelle.)

Cette citation me parle, elle rappelle le sexisme ordinaire, qui vaut tant pour les femmes que pour les hommes, qui oppose la femme virginale à l’homme viril. Ces cases dans lesquelles on nous met uniquement à cause de notre genre, de si l’on naît avec deux XX ou le duo XY.
Et ce rappel à la concurrence, tellement vrai, tellement triste aussi. Cette phrase qui met en évidence la réalité de notre société, en France comme ailleurs, comme au Nigéria : les femmes sont vouées à s’affronter pour les hommes. Il y a ces femmes qui misent tout sur le physique pour être éphémère dans la vie des hommes, et celles qui restent naturelles pour devenir la bonne, l’élue ensuite, une fois que les hommes ont fini de s’amuser et sont prêts à se ranger. L’inverse n’est jamais vrai dans la tête des gens qui pensent ainsi, ces gens qui ne se rendent même pas compte de l’horreur de ces propos, de cette façon de voir les choses.
C’est aussi en ça que le féminisme est important, parce qu’il nous aide, nous, les femmes, à nous soutenir et pas à nous opposer, il nous pousse à nous propulser vers le haut et pas à essayer de nous faire tomber de cette échelle de l’égalité que nous cherchons à gravir depuis la nuit des temps.

« Certains me demandent : « Pourquoi employer le mot féministe ? Pourquoi ne pas vous contenter de dire que vous croyez profondément aux droits de l’homme, ou quelque chose comme ça ? » Parce que ce serait malhonnête. Le féminisme fait à l’évidence partie intégrante des droits de l’homme, mais se limiter à cette vague expression des droits de l’homme serait nier le problème particulier du genre. Ce serait une manière d’affirmer que les femmes n’ont pas souffert d’exclusion pendant des siècles. Ce serait mettre en doute le fait que ce problème ne concerne que les femmes. Qu’il ne s’agit pas de la condition humaine mais de la condition féminine. Durant des siècles, on a séparé les êtres humains en deux groupes, dont l’un a subi l’exclusion et l’oppression. La solution à ce problème doit en tenir compte, ce n’est que justice. »

C’est comme dire que les choses sont mieux aujourd’hui qu’avant. C’est vrai mais cela n’empêche pas le problème d’exister encore. Je ne compte plus les gens de mon entourage, beaucoup d’hommes mais aussi des femmes, qui me viennent me dire en quoi le « féminisme » les dérange. Ils passent du temps à justifier le fait qu’ils ne sont pas contre les droits des femmes mais que, pour eux, le terme « féminisme » sonne comme un acte de guerre, comme une façon de venir taper sur les hommes pour de faire une place. Ce n’est pas taper sur les hommes que de demander d’être sur le haut de l’échelle, à leurs côtés. On ne leur demande pas de sauter pour nous laisser la place mais de se décaler pour la partager. Et se décaler, ça, ils ne comprennent pas, ils ne comprennent pas parce qu’ils ne se rendent pas compte qu’ils prennent toute la place alors qu’il y en a assez pour deux : on ne leur a pas appris à prendre une seule place dans un espace où il y en a pour deux. Et c’est là le cœur du problème, chose que Chimamanda Adichie soulève en parlant d’éducation, en rappelant qu’il faut apprendre aux garçons comme aux filles ce qu’est l’égalité et pourquoi il n’y a pas de différence de traitement à avoir.

« Okoloma avait raison de me qualifier de féministe ce jour-là, il y a bien longtemps. Je suis une féministe.
Et quand il y a tant d’années, j’avais cherché le sens du mot dans le dictionnaire, j’avais lu :
Féministe : une personne qui croit à l’égalité sociale, politique et économique des sexes.
D’après ce qu’on m’a raconté sur elle, mon arrière-grand-mère était féministe. Elle s’est enfuie de la maison de l’homme qu’elle ne voulait pas épouser et a épousé l’homme de son choix. Elle ne se laissait pas faire, elle protestait et élevait la voix si elle avait l’impression d’être spoliée au prétexte qu’elle était une femme. Ce n’est pas parce qu’elle ignorait le terme
féministe qu’elle ne l’était pas. La plupart d’entre nous devrait revendiquer ce mot. »

Et c’est pourquoi nous sommes tous des féministes. C’est aussi pourquoi il faut arrêter de croire que ce mot est une agression, arrêter de lui attribuer une connotation péjorative. Le féminisme est important, il est nécessaire et le sera tant que le sexisme perdurera. Il n’est pas là pour écraser les hommes, il est là pour mettre chacun sur un pied d’égalité. Il ne s’adresse pas qu’aux femmes mais à nous tous, quel que soit le genre que l’on se définit ou non, quelle que soit, ou ne soit pas, notre sexualité. Origines, niveau social, idées… Rien ne devrait s’opposer à nos choix sous prétexte que notre genre ne rentre pas dans une case définie par une société obsolète.

Le livre contient aussi un texte, Les Marieuses, traitant du mariage arrangée entre une Nigériane et un Nigérian vivant aux États-Unis. Chimamanda y décrit le fait que cette femme a de la « chance » d’avoir trouvé un bon parti, de la « chance » de pouvoir partir aux USA et qu’elle ne devrait pas faire la fine bouche sur le caractère de son mari, son passé ou ses conditions. Je ne vais pas m’étendre sur ce texte parce que c’est vraiment le premier que j’ai envie de mettre en lumière mais, comme toujours, l’autrice a su mettre le doigt sur les mots qui dérangent, les réflexions plus violentes que ce qu’on pense, les actes plus mesquins que ce qu’ils essaient de faire croire qu’ils sont.

Encore une fois, je ne peux que louer l’engagement de Chimamanda Ngozi Adichie et son témoignage. Que ce soit à travers le féminisme ou ses prises de parole sur la nécessité d’écouter chaque voix, elle me transporte à chaque fois et me pousse à écouter, à apprendre des autres. Elle me donne envie de transmettre tous ces témoignages qui sont importants, qui donnent enfin la parole à ces personnes qu’on a trop souvent fait taire.

Conférence "The danger of a single story" pour les curieux (et il faut être curieux, cliquez) !

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