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Rambalh, c'est un pot pourri de mes lectures, un blog pour partager mes coups de coeur et de gueule. Rambalh signifie Bordel en Occitan et c'est un peu le cas de ce blog. Il est surtout né de mon besoin de garder une trace de mes lectures. Retrouvez-moi aussi sur Accros & Mordus de Lecture.

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vendredi 21 septembre 2018

Les Royaumes Démoniaques, Tome 1 : La Roche des Âges de Christopher Evrard

Il y avait bien longtemps que je n'avais pas pris de Service de Presse et c'est chose faite avec le retour des partenariats sur Accros & Mordus de Lecture. Merci à l'auteur pour sa confiance et à L'erreur sociale pour la partie correction !



Quatrième de Couverture
Et si vous suiviez l'histoire d'un univers où l'horreur et la violence côtoient la féerie et la beauté ?
La magie et les combats forgent la réalité au jour le jour, tandis que les légendes et mythes résonnent dans l'inconscient collectif comme des promesses d'un jour meilleur, telle la mystique roche des âges que Ciwen, un mage de foudre, recherche désespérément.

Dans une existence où le macabre fait partie du lot quotidien...
Quel est le sens de la vie ?
Quelle signification donner à des concepts comme l'amour et la haine, ou la guerre et la paix ?
Comment les définir et les dépasser ?
Tant d'éternelles énigmes qui se posent à chaque instant, les réponses apparaissant dans le noir, telles des lucioles fuyantes.

Mon avis
Le premier tome des Royaumes Démoniaques nous entraîne dans une quête haletante à la poursuite d’un idéal qui se heurte aux prémices d’une guerre qui changera sans aucun doute possible la face du monde.

Il y avait bien longtemps que je n’avais pas lu un roman de fantasy, dans un style épique, chargé de différentes thématiques. Classé plutôt en dark fantasy (une première pour moi), ce premier tome explore les recoins d’un monde à travers ses peuples, ses relations dominants–dominés, ses mystères et surtout, sa magie ancestrale oubliée. Visiblement, le schéma choisi se rapproche des imbrications que l’on retrouve dans les jeux vidéo épiques mais ça, je ne peux le confirmer, n’étant pas du tout joueuse. Par contre, ce que je peux vous dire, c’est que les ingrédients pour une telle saga comme on l’imagine quand on est une noob comme moi sont là et sont efficaces.

Le prologue ne m’a pas mis l’eau à la bouche : il est bien trop vague, trop flou pour servir d’entrée en matière à mes yeux mais sans que cela soit un problème pour moi. J’aime à revenir au prologue en fin de lecture, une fois l’histoire intégrée pour prendre pleinement conscience de la mise en place du suspense. Attention cependant, le tome 1 ne m’a pas permis de comprendre l’ensemble du prologue : j’ai quelques clés mais le voile n’est pas suffisamment levé sur cette mise en bouche, ce qui pousse à se poser de nouvelles questions sur l’intrigue.
Ce prologue peut sûrement rebuter des lecteurs, car très descriptif, mystérieux et trop peu révélateur du contenu du roman mais il ne faut pas s’en contenter. C’est en se glissant peu à peu dans le premier chapitre que tout commence, que le goût de l’aventure nous étreint et nous pousse à plonger tête baissée dans l’histoire aux côtés de Ciwen, notre compagnon de route.

Mage de foudre, Ciwen est un personnage marginal dans un monde qui semble codifié, où chacun a sa place. D’un caractère aussi explosif que ses capacités magiques, il agace par son manque de réflexion en même temps qu’il nous touche par ses idéaux naïfs, presque enfantins. Et c’est l’impression générale qu’il donne : un homme bourru, forgé par une vie tout sauf facile, aussi loin que ses souvenirs remontent, et rêvant d’un monde plus doux, sûrement pour permettre à l’enfant qui n’a pas pu profiter de l’insouciance des jeunes années de se reposer enfin. Beaucoup de personnages autour de lui en savent plus sur qui il est que lui-même, plus sur les raisons de sa présence ici que ce qu’il imagine. Et il a un peu ce côté Harry Potter finalement, ce héros malgré lui à qui personne n’ose dire l’étendue de la quête qui l’attend (que ce soit pour son bien pour leur propre intérêt). Il incarne plutôt bien ce héros de quête épique, mystérieuse, à qui on se lie progressivement.

Ce grand enfant aux pouvoirs dévastateurs qu’est Ciwen évolue aux côtés de différents personnages, qu’ils soient alliés ou opposants francs, compagnons intéressés ou naturellement attirés par lui. De Torwha, l’araignée géante ancestrale à Taskem, un nain comme on les aime dans ce type d’univers, en passant par Olivia, l’ondine aux lourdes épreuves passées, les personnages qui œuvrent pour une cause qui nous touche ne sont pas manichéens et c’est agréable. Ils sont à classer du côté du « bien » mais sans être des images de sainteté, sans être infaillibles non plus. C’est un aspect auquel je tiens dans mes lectures et que j’ai beaucoup apprécié. Pour ce premier tome, seul le but des démons et de la « hiérarchie » au-dessus reste trouble, non expliqué pour l’instant, et donne une impression de manichéisme bien stéréotypé. Je ne sais pas ce qu’il en sera dans la suite mais mon amour des nuances de gris entre le blanc et le noir me laisse espérer qu’il y aura quelque chose de plus profond derrière.

Sur la construction des personnages, il y a un bon travail de fait, j’ai simplement tiqué sur certains dialogues de Ciwen mais, avec du recul, mon interprétation personnelle du personnage peut coller avec ce point. Pour un personnage n’ayant pas eu une vie normale, encore moins facile, avoir des réactions orales excessives n’est pas incohérent. Par contre, j’ai plus de mal à saisir Olivia, notre ondine, et c’est sûrement parce qu’elle-même ne sait pas réellement qui elle veut devenir et sur quelle voie elle doit se lancer. Elle se cherche entre vengeance et devoir, se perd en réactions et convictions qu’elle doit ajuster à la réalité de la situation et de ses responsabilités.

L’intrigue devient rapidement prenante, nous plongeant dans un monde où écraser les plus faibles semble être le maître-mot, où l’espoir a quitté la plupart des êtres vivants et où les choses empirent d’un coup sans que personne ne sache par quel bout prendre cette situation. Les combats paraissent réalistes, l’auteur n’a pas peur d’empiler les cadavres pour servir son histoire et certains détails poussent même à l’écœurement. Dans le bon sens du terme : les réactions physiques sont réelles juste à travers les mots, les images réalistes et crues viennent frapper l’univers magique qui n’a rien de bucolique. J’ai tendance à être émerveillée par les univers de fantasy et, ici, c’est le cas mais l’horreur qui jalonne certains événements vient me rappeler qu’il ne s’agit pas d’un conte de fées où ces créatures volantes sont mignonnes et espiègles. Ici, la guerre est lancée avec fracas sur un fond d’apocalypse à venir, avec encore de nombreux mystères dont nous n’avons pas les clés et que j’avoue avoir envie de comprendre. Pour cela, il me faudra lire la suite des aventures de Ciwen !

Il s’agit d’un livre auto-édité où la correction n’a pas ôté toutes les coquilles mais, clairement, il ne reste pas grand-chose et cela ne gêne en rien la lecture. On imagine sans problème l’ampleur du travail pour ce type d’édition et on le salue (ce n’est pas dans tous les romans auto-édités que l’on trouve si peu de coquilles, rappelons-le).

À travers ce premier tome j’ai plongé pour la première fois dans l’univers de la dark fantasy et j’ai bien apprécié ma balade. L’univers mis en forme est vraiment intéressant et l’intrigue qui s’y dessine promet pas mal de rebondissements et de frissons. Je regrette de ne pas avoir eu plus d’informations à me mettre sous la dent concernant les motivations des démons ou encore les rouages politiques de ce monde mais je pense que le tome 2 devrait permettre de saisir plus en détails ces points. N’étant pas une grande connaisseuse de ce genre littéraire, je ne saurais dire s’il conviendrait aux grands habitués mais je pense que les lecteurs appréciant la fantasy en général y trouveront leur compte.

Je remercie Christopher Evrard pour sa confiance en Accros & Mordus de Lecture pour cette lecture en avant-première.

Et en bonus, un petit aperçu des illustrations de Jenny Burgy qui accompagneront la version publiée en décembre prochain :





Les avis des Accros & Mordus de Lecture

Une version illustrée du premier tome par Jenny Burgy sera disponible dès le 6 décembre 2018.

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mercredi 5 octobre 2016

La Louve de Brocéliande, Tome 1 : La lai de Bisclavret de Lia Vilorë

Je vous propose aujourd'hui ma chronique pour un SP partagé par l'auteur.



Quatrième de Couverture
De nos jours en Bretagne, peu savent que la légendaire forêt de Brocéliande est le théâtre d’une guerre fratricide entre fées. Victime de fièvres inexplicables lors de la nouvelle et de la pleine lune, la lycéenne Hikira C. Bisclavret fait un jour la connaissance d’Éric Freinet. Un être ambigu qui la fascine et en qui elle trouve un ami inespéré. Éric et Hikira deviennent alors les cibles d’une marraine prête à tout pour les détruire. Une alliance est leur seul espoir de survie. Car découvrir la vérité derrière « Le lai du Bisclavret » ne sera pas sans payer le prix fort. Après tout, les Demoiselles sont aussi merveilleuses que terribles…

Férue de mythologie celtique mais aussi nordique nourrie par le travail de l’elficologue Pierre Dubois, passionnée d’Histoire et de littérature médiévale, et joueuse invétérée de jeux de rôles… Lia Vilorë a commencé dès le collège à écrire des histoires où le destin tragique la magie dangereuse et la féerie noire avaient la part belle.

Mon avis
Hikira Bisclavret estsouvent fiévreuse, mais à un point où un être humain ne devrait pas s’en sortir. Ses sens déraillent quand elle est dans cet état et rien ne peut la calmer. Hantée par des rêves étranges et le souvenir de sa mère morte dans d’étranges circonstances, elle tente de menée une vie normale malgré ses soucis de santé. Eric Freinet, arrivé récemment, devient alors son médecin. Le père d’Hikira, d’abord réticent, voit finalement en Eric la seule personne capable d’aider sa fille à qui il cache une terrible vérité : c’est sur elle que repose la protection de Brocéliande et l’équilibre de la guerre entre les Fées, ces êtres magiques qui sont la balance entre le bien et le mal sur le monde.

Lia Vilorë nous entraine au cœur d’une vieille légende qui entoure la mythique forêt de Brocéliande : celle du lai de Bisclavret de Marie de France. Elle fait de cette légende une histoire pleine de mystères et nous prouve une nouvelle fois qu’elle peut s’approprier des mythes pour en faire une histoire de fantasy actuelle.

Chaque personnage de l’histoire a son rôle à jouer, qu’il soit humain ou plus que ça : la guerre qui s’annonce n’est pas l’affaire que des êtres surnaturels. Hikira est une adolescente instable, complètement à part. Je n’ai pas réussi à m’attacher à elle et c’est sûrement parce qu’elle n’est qu’une marionnette durant la quasi-totalité du tome : c’est Eric qui tient la place la plus importante ici. Cela peut paraître étrange, déroutant, mais ça permet d’intégrer un tout nouvel univers à travers les yeux d’un personnage qui, comme nous, n’a normalement rien à voir avec des histoires surnaturelles. C’est un choix audacieux qui remplit son rôle. Malheureusement, cela empêche de voir en Hikira l’héroïne de l’histoire : ses émotions, ses pensées n’avaient finalement que peu d’intérêt à mes yeux. De plus, c’est une adolescente assez horripilante : son instabilité, ses répliques insolentes et son côté ignorant m’ont ennuyée. Heureusement, j’ai pris le parti de me focaliser uniquement sur l’histoire qui, elle, est riche. Eric est aussi antipathique mais pas de la même façon. Son assurance et son arrogance m’ont agacée mais de la bonne manière : j’aime quand c’est l’essence d’un personnage qui m’agace parce que, comme dans la vie, on n’apprécie pas tous les caractères. Un livre, c’est aussi ça : faire ressentir toutes sortes d’émotions au lecteur en fonction de qui il est.

Les relations entre les personnages ne m’ont pas totalement convaincue : c’est tout le problème d’un premier tome où il y a beaucoup d’informations à partager et une histoire à faire évoluer. Certains liens se créent trop vite à mon goût. J’aime quand les choses se font sur la durée et là, ce n’est pas le cas. Mais c’est un goût très personnel qui ne m’a pas empêchée d’apprécier le background du roman.
Le gros avantage de ce premier tome est de nous présenter une histoire qui n'est pas manichéenne ainsi qu'une autre vision du loup-garou, une vision qui nous évite - enfin - les banalités sur les malédictions vilaines et le côté maléfique de ces créatures.

Beaucoup de mes questions sont restées sans réponse mais j’ai eu suffisamment d’éléments à me mettre sous la dent pour avoir envie d’en savoir plus. Lia Vilorë est restée fidèle à la légende née de Marie de France tout en se l’appropriant pour en faire une histoire à elle. Le point fort de ce premier tome reste son histoire, quand, à mes yeux, le point faible vient des personnages auxquels je n’ai pas su m’attacher.
Je regrette de ne pas avoir retrouvé l’humour mordant de l’auteur que j’avais pu découvrir dans Vampires d’une nuit de printemps mais, soyons honnêtes, on ne peut pas toujours avoir une héroïne si haut perchée qu’elle est un sketch à elle toute seule (Lía Fáil, tu resteras toujours dans mon cœur).

Merci à Lia Vilorë pour m'avoir proposé de lire son ouvrage.

vendredi 12 juin 2015

Les Lutins Urbains, Tome 2 : Le dossier de Bug le Gnome de Renaud Marhic

Second tome de cette saga jeunesse lu dans le cadre d'un partenariat avec l'auteur. Merci à Jacana pour la correction !



Quatrième de Couverture
On les croyait disparus à jamais,
chassés de nos contrées par la modernité.
Erreur ! On peut bien avoir construit des villes à la campagne,
les lutins se sont faits urbains !
Et ils n’ont rien perdu de leurs pouvoirs
d’agaceries, tracasseries, et espiègleries…

Ordinateurs en folie… smartphones ensorcelés… Quel est donc ce “virus” qui menace la Grosse Cité ? À peine remis de sa rencontre avec le Pizz’ Raptor, Gustave Flicman doit se rendre à l’évidence : un nouveau lutin menace la ville !
Comme par hasard, revoilà le Professeur B. Avec son aide, le jeune policier se lance sur la piste du redoutable Bug le Gnome. Vite ! Ça sent déjà le grillé…
Gustave parviendra-t-il à ne pas péter les plombs ? Car voilà ses 5 sœurs à l’hôpital, victimes d’une mystérieuse intoxication… Tandis que Bug le Gnome s’est introduit dans le Laboratoire d’Étude et de Recherche Nucléaire de la Grosse Cité…

Mon avis
Nous retrouvons Les Lutins Urbains dans le second tome de la saga, Le dossier Bug le Gnome. Bien décidé à mettre de côté tout ce qu’il a côtoyé d’étrange en pénétrant dans l’univers d’Onirie, Gustave Flicman essaie de se convaincre sans cesse que les lutins n’existent pas pour ne plus croiser leur route. Malheureusement pour lui, ses tentatives sont vaines, et c’est Bug le Gnome, spécimen fauteur de trouble, qui se met sur son chemin. Tout se détraque au sein de La Grosse Cité et Gustave se sent obligé d’intervenir. Enfin... peut-être l’y force-t-on sans qu’il ne s’en rende compte !

Nouvelle trame, nouveau personnage haut en couleurs ! Nous retrouvons toute la clique de l’Université d’Onirie avec grand plaisir, l’humour percutant du premier tome est toujours là et la magie opère à nouveau. On en apprend un peu plus sur le supérieur mystérieux qui tire les ficelles des enquêtes sur les sujets oniriques sensibles et on suit l’évolution de Gustave qui s’extrait plus encore du moule auquel il appartient. Toujours aussi loufoque, l’histoire nous entraine à nouveau dans les délires de l’auteur qui sont un vrai ravissement.

Cette fois, c’est l’omniprésence des systèmes technologiques qui est au centre de l’histoire, avec toujours cette critique de la société où chacun suit les règles sans se poser de questions. Après tout, livrer un babouin au sous-secrétariat d’Etat à la Jeunesse est tout à fait logique, non ? Et jouer avec les lois de la physique sans se préoccuper des conséquences n’a rien de bien embêtant, si ?
Renaud Marhic réussit même à offrir à ses lecteurs quelques petites connaissances en sciences, de quoi allier l’utile à l’agréable. Si avec ça, nos petites têtes blondes ne veulent pas en apprendre plus sur le Boson de Higgs, il y a un problème !

Comme avec le premier tome, j’ai pris un grand plaisir à ma lecture. L’humour est parfaitement dosé, la trame du tome intéressante, les personnages géniaux. L’évolution du héros est logique, ses interactions avec le monde qui l’entoure prennent plus de sens : Gustave grandit. Le livre se lit vite, sans accroc et c’est ce qui en fait un très bon roman jeunesse qui, une nouvelle fois, s’adresse à toutes les générations !

Merci encore une fois à l'auteur pour sa confiance et cette seconde lecture qui ne fait que confirmer mon ressenti !

Les Lutins Urbains, Tome 1 : L'attaque du Pizz' Raptor de Renaud Marhic

Découverte d'une sympathique saga jeunesse via un partenariat avec son auteur, Renaud Marhic. Merci à Jacana pour la correction !



Quatrième de Couverture
On les croyait disparus à jamais, chassés de nos contrées par la modernité. Erreur ! On peut bien avoir construit des villes à la campagne, les lutins se sont faits urbains ! Et ils n’ont rien perdu de leurs pouvoirs d’agaceries, tracasseries, et espiègleries… Quel est donc cet inconnu qui s’en prend aux livreurs de pizzas, leur dérobant leur chargement sans jamais faire main-basse sur l’argent ? Gustave Flicman, jeune policier de la Grosse Cité, croise un soir le voleur. Si ce n’est pas un lutin, ça y ressemble bien… Mais voilà le coupable arrêté : c’était un simple SDF. Affaire réglée. Pas pour Gustave ! Qui ne se doute pas que sa quête du Pizz’ Raptor va le mener jusqu’à l’Université d’Onirie. Là où les Lutins Urbains ont trouvé refuge. Sous la protection du mystérieux Professeur B., Docteur en Lutinologie...

Mon avis
Premier tome de la saga Les Lutins Urbains, L’attaque du Pizz’Raptor nous entraine dans un futur où technologie et féérie se mêlent avec quelques difficultés. Gustave Flicman, jeune policier, enquête sur d’étranges vols de pizzas et outrepasse les limites fixées par ses supérieurs quand un innocent est arrêté à la place du vrai voleur. Pourquoi ? Parce qu’il s’agit d’un lutin et que les lutins, c’est bien connu, ne sont pas censés exister…

Renaud Marhic offre à travers ce premier tome un futur où tout n’est que publicité et lobotomisation. Si, en apparence, on a l’impression d’être dans un monde simple, adressé uniquement à de jeunes lecteurs, il n’en est rien. A travers de tout petits détails, une bonne critique de notre société actuelle et de ce qu’elle pourrait devenir se cache au sein de l’histoire. Tout est sponsorisé par de grandes marques, même le commissariat ! Les gens semblent ne se poser que très peu de questions sur la justice, le fonctionnement politique de la ville, la gestion de la vie de tous les jours… Et c’est en ça que Gustave est un vrai héros de roman : il n’est peut-être pas très doué mais il se pose les bonnes questions et s’extirpe de ce quotidien où les habitants de La Grosse Cité suivent une voie sans jamais la quitter.

Au-delà de cet aspect, l’univers décrit par l’auteur est délicieusement drôle. Les êtres féériques sont loufoques, très politiquement incorrects et attachants. J’ai dévoré avec plaisir ce premier tome teinté de  poésie brute. Malgré leurs phrases en vers, la façon qu’ont les lutins de s’exprimer est vivante. La lecture des dialogues parait naturelle, jamais trop lourde alors qu’elle pourrait facilement l’être. De nombreux appels aux lecteurs parsèment les pages du roman et ils permettent de tisser un lien entre l’auteur et ses lecteurs : un coup de maître de la part de Renaud Marhic, qui trouve là un moyen d’accrocher l’intérêt des petits comme des grands.

Les personnages sont stéréotypés mais c’est une chose voulue et qui s'inscrit parfaitement dans l’univers des Lutins Urbains : ils font partie du futur dessiné ici et les personnages s’en extraient peu à peu au fil des pages.

La trame de ce premier tome est originale, elle colle parfaitement à l’univers et à ce qu’on peut attendre d’un tel roman. Elle est suffisamment compréhensible pour un lectorat jeune et attractive pour un lectorat plus âgé.

En créant une saga jeunesse qui s’adresse aussi à un public plus âgé, Renaud Marhic a réussi un coup de maître : appâter enfants, parents et grands-parents ! Tout le monde peut trouver son bonheur au cœur des pages. A lire sans modération pour toutes les générations !

Merci à l'auteur pour sa confiance et ce moment lecture fort agréable.

vendredi 13 juin 2014

Vampires d'une nuit de printemps de Lia Vilorë

Vous n'êtes pas sans savoir que je suis un boulet de premier choix ! Nouvelle preuve : j'ai chroniqué Vampires d'une nuit de printemps pour un partenariat A&M il y a bien longtemps et je viens de me rendre compte que je n'avais même pas transféré ma chronique ici ! Mieux vaut tard que jamais. Merci à Lolly et Michiko pour la correction !



Quatrième de Couverture
Cher journal,

Désormais, mon nom est Fáil, Lía Fáil, et je suis un vampire.
Sans déconner ?
Punaise de pouvoir idiot, et tu réponds à l’écrit en prime !
Ben, depuis le temps, je sais que tu ne sais pas t’empêcher d’écrire tes tracas alors…
Ouais… pas faux…
Alors, vas-y, raconte…
En décembre dernier, je suis devenue un vrai vampire du genre « Kit complet sans les petits inconvénients ». Avec le sexy garde-du-corps écossais en prime.
Tu vas en faire des envieuses !
Ouais… surtout qu’à l’heure qu’il est, c’est le seul à ne pas vouloir ma tête pour un crime que je n’ai pas commis !
Qui est ?
Toute ma nouvelle famille m’accuse d’avoir assassiné notre Maître, celui qui m’a créée. Mais je te jure : j’ai rien fait !
Ça me rappelle quelque chose…
M’en parle pas !

Bourré de références cinématographiques, de traits d’humour et de rebondissements, l’auteur nous propose de suivre les pas de son héroïne, Lia Fáil, dans une enquête qui lui permet de vivre maintes péripéties. un récit moderne et original, teinté d’humour pour le moins mordant!

Mon avis
Vampires d’une nuit de printemps ou comment se réapproprier la littérature vampirique avec un roman qui casse le mythe.

Lia Fáil, notre héroïne, frôle la mort puis est sauvée par un vampire, un vrai, qui la transforme pour la maintenir en "vie". Pour ses proches, elle est bel et bien morte, mais une toute nouvelle vie commence pour elle, avec sa nouvelle famille, au sein d’un « Covent » de vampires. Cette demoiselle dont la vie s’effondrait avant son accident ne perçoit pas sa nouvelle condition de vampire comme la seconde chance promise : tous se méfient d’elle et beaucoup sont persuadés qu’elle va apporter le malheur sur le « Covent ». Et ce malheur dont on va la juger coupable n'est autre que la mort de leur Maître, mort dont elle n’est pas responsable et qui lui rappelle ironiquement l’affaire qui avait détruit sa vie humaine…

Ce roman, comme tant d’autres, se déroule au sein d’un groupe de vampires avec ses règles, sa hiérarchie, ses caractéristiques. Seulement, Vampires d’une nuit de printemps possède quelque chose de différent, un petit plus novateur qui fait que je n’ai pas eu l’impression de lire un énième roman traitant des suceurs de sang.  Ici, pas d’ambiance sombre ou grave au premier plan : toute l’originalité du livre tient dans la façon qu'a l'auteur de traiter l’univers vampirique. Les bases communes à la bit-lit sont réunies, mais la narration tranche avec ce que j’ai pu lire auparavant : l’héroïne est notre guide dans cette histoire et sa vision des événements rend l’ambiance plus guillerette (ou presque) qu’autre chose. Adieu descriptions obscures et funestes ! Évidemment, il est possible que les lecteurs trop attachés au style gothique aient du mal à accrocher à cette nouvelle vision offerte par l’auteur mais, personnellement, j’ai trouvé cela plutôt agréable. J’aime être surprise et me laisser guider hors des sentiers battus.

Lia Fáil est donc le moyen employé par Lia Vilorë pour obtenir ce résultat différent : cette héroïne a une vision bien étrange de son nouveau monde et c’est à cette vision que l’on s’accroche du début à la fin du roman. Lia Fáil est agaçante, parfois immature, complètement à côté de la plaque, perplexe, drôle, dotée d’un caractère à la limite du supportable… Et ce sont tous ces traits de caractère qui permettent d’obtenir une vision originale de l’histoire. Lia Fáil a la vilaine manie de tout tourner en dérision, surtout lorsqu’elle commence à perdre pied, et c’est cette façon de faire de l’humour sur tout et n’importe quoi qui offre au lecteur du changement. En effet, les héros sont en général plutôt graves, dotés d’une mission ô combien dangereuse et noble ; ils sont l’incarnation parfaite du personnage maudit… Et bien Lia Fáil est tout sauf modelée selon cet archétype : imparfaite, insupportable, vilain petit canard… Une héroïne que l’on ne supporterait sûrement pas au quotidien, mais qui permet de lire une aventure très rafraichissante !
Je dois l’avouer, j’ai eu du mal à supporter les traits d’humour du personnage jusqu’au bout. Cependant, il faut faire la différence entre l’humour agaçant d’un personnage et l’humour agaçant d’un livre : ici, c’est bien le personnage qui joue avec notre patience et non pas l’histoire. J’ai donc apprécié, étrangement, le fait d'avoir envie de tordre le cou de Lia Fáil plus d’une fois pour qu’elle se taise enfin : est-ce que cela ne signifie pas que c’est un personnage des plus réalistes ? Pour moi, si. Certains trouveront sûrement que le réalisme perd de son éclat au moment où la jeune vampire fait encore de l’humour alors qu’une personne normalement constituée se tairait enfin : ces lecteurs-là ont alors la chance de ne pas avoir à côtoyer des personnes comme notre héroïne, qui continuent inlassablement de faire des blagues.
Au-delà de Lia Fáil, de nombreux autres personnages interviennent, mais ils sont moins approfondis. Là aussi, c’est encore dû à notre protagoniste : elle ne connait pas sa nouvelle « famille » et, surtout, se laisse guider uniquement par ses premières impressions. Tant que Lia Fáil ne cherche pas à connaître ses camarades, nous ne savons rien de bien concret à leur sujet.

La quatrième de couverture est trompeuse : on s’attend à un roman où le meurtre du Maître prend toute la place alors qu’en réalité le livre se découpe en deux parties distinctes. La première traite de l’intégration de Lia Fáil dans le monde des vampires et la seconde, elle, nous offre l’enquête qui va de paire avec la mort du Maître. Cette organisation de l’histoire rend l’enquête trop rapide et si on choisit de lire ce roman parce que l'on est attiré par l’histoire de meurtre, je pense que l’on ne peut qu’être déçu. Pour ma part, c’est la promesse d’un livre traitant le vampirisme avec humour plutôt que de manière obscure qui m’a attirée : j’ai trouvé ce que j’attendais de cette lecture dans les pages de ce roman.

L’écriture fluide et tout sauf alambiquée de Lia Vilorë m’a permis de passer un bon moment en compagnie de ses personnages. Vampires d’une nuit de printemps est un one shot bien maîtrisé selon moi : les détails nécessaires à la compréhension de l’histoire sont présents, il n’y a pas de superflu. Lia Vilorë a su construire son ouvrage de façon adéquate et capter mon attention.

Je remercie les Editions du Petit Caveau et le forum Accros & Mordus de Lecture pour cette sympathique découverte. Comme à chacune de mes lectures, cette maison d’édition me permet de renouer avec les histoires de vampires !

jeudi 13 mars 2014

L'Empereur, Tome 1 : Le Roi de Liane Silwen

Voici ma chronique du premier tome de L'Empereur découvert via un partenariat A&M fait avec l'auteur. Merci à Lolly pour cette correction !



Quatrième de Couverture
On raconte souvent des aventures qui forgent les héros. Pour Enjan, c'est différent : il n'a pas le choix, il est déjà le héros, la Lumière tant attendue qui doit sauver Nadane ! A l’âge de dix-sept ans, il monte sur le trône et représente le dernier espoir de la population de Codée pour retrouver une vie paisible. Car depuis les Grandes Guerres, les relations entre les peuples sont fragiles, les tensions politiques palpables, des bandits infestent les terres et les conflits internes minent les gouvernements... Comment se comportera-t-il face à la tâche qui l'attend ? Saura-t-il survivre à son devoir ? Au cœur des intrigues, en qui placer sa confiance ? Face à cette situation délicate, Enjan compte sur l’appui de ses amis et de conseillers peu ordinaires afin de régler les choses à sa manière, par des méthodes qui surprendront autant ses ennemis que ses alliés. Le Roi est le premier tome des aventures d’Enjan, au fur et à mesure desquelles il découvre que la vie d’un souverain n’est pas de tout repos et que la tâche qui l’attend est plus dangereuse que prévue.

Mon avis
Le premier tome de L’Empereur porte bien son nom : Le Roi. C’est ainsi que commence cette saga, par le façonnement d’un chef d'État, Enjan qui, dès sa naissance porte en lui l’espoir de tout un peuple. Il grandit avec ce poids sur les épaules, avec cette étrange prophétie qui raconte qu’il est La Lumière. Enjan accepte le rôle qu’on lui impose dès son premier cri et, lorsque son père meurt, il prend le titre de roi. Un jeune roi de dix-sept ans succédant à des souverains qui n’ont pas su tenir la tête du pays hors de l’eau, qui n’ont pu que laisser le fossé se creuser entre le peuple et les hautes sphères de la cour. Enjan, lui, a été éduqué par des personnes qui espèrent que les choses vont changer et il est bien déterminé à suivre la voie qu’on lui a tracée malgré ses doutes et son inexpérience.

L’Empereur est une saga prometteuse, façonnée par les intrigues politiques qui régentent un royaume. Mais c’est, dans un premier temps, un univers inédit qui est décrit avec précision dès les premières pages. Ce n’est pas simple de tout assimiler, mais l’auteur a fait un choix qui s’avère efficace : si cela peut être laborieux de commencer avec de nombreuses explications et nouvelles notions, Liane Silwen réussit à nous embarquer dans ce milieu qui nous est inconnu. Je regrette d’ailleurs que la longue explication sur la création des mondes ne soit pas réutilisée au cours du tome ; cela laisse une impression de bases qui restent à exploiter. Mais rien n’est terminé et la suite nous apportera sûrement quelques informations supplémentaires.

Les mécanismes politiques détaillés tout au long du tome ont su titiller mon intérêt : j’ai apprécié le fait d'avoir droit à un héros qui, pour une fois, a d’autres obligations que de devoir triompher, tel un guerrier trop-beau-trop-fort dans une bataille. Ici, le jeune roi doit se frayer un chemin jusqu’au respect de son peuple, un chemin parsemé d’embûches, de traîtres et de gens dont l’esprit est aussi ouvert qu’une ville en état de siège. Enjan est le symbole du changement et il l’assume en innovant dès le jour de son couronnement. Certains n’apprécieront pas de voir autant de stratagèmes mais, pour les amateurs, c’est un régal. Rien n’est laissé au hasard, Enjan ne peut mériter sa place qu’en portant le titre de roi. Il doit s’imposer, lui à qui on offre un royaume en perdition.

Ce roi, justement, est un personnage qui, ayant tout apprendre, nous permet de suivre son évolution de A à Z et l’on commence avec sa naissance. L'auteur nous laisse découvrir quelques pans de son enfance qui nous permettent de nous familiariser avec lui avant de réellement nous plonger dans son histoire dès son couronnement. C’est un personnage qui se découvre en même temps que l’on apprend à le connaître, qui commence son évolution sous nos yeux et qui est creusé au fil des pages. Les oppositions entre le jeune âge d'Enjan et la sagesse que l'on attend de lui fait, entre son manque flagrant d'expérience et les décisions qui doivent être prises en prenant en compte les événements passés, font qu'on s'attache au personnage qui est poussé à grandir trop vite. Le héros nous touche par sa maturité forcée, par les trop lourdes responsabilités qu’il acquiert trop vite. Il hésite, toujours, et se force à ne pas le montrer. La narration nous permet de voir le contraste entre le combat intérieur qu’il mène et le masque qu’il tente de revêtir face à ses sujets : cela le rend plus humain, le met à notre portée.

Les autres personnages du livre sont eux aussi peu à peu développés : ses amis proches évoluent avec lui, mais aussi de leur côté, en cherchant leur place, en acceptant à leur tour leurs propres responsabilités. Seiren et Khalan ne sont encore qu'esquissés, mais leur parcours, dévoilé peu à peu, nous promet deux personnages d’importance pour la suite de cette saga. Enfin, il y a Wen, être énigmatique, au-dessus des autres de par sa nature d’elfe, mais aussi de par sa longue vie. On n’en sait que peu sur elle, mais il est certain que les tomes à venir nous permettront d’en savoir davantage à son sujet. Pour l’instant, on ne s’y attache pas ; on doute sans cesse d’elle, tout comme Enjan, et c’est frustrant de se poser des questions, de chercher à comprendre. On est certain que ses intentions sont bonnes, mais il reste ce doute infime, cette part de doutes qu’Enjan nous communique et qui nous donne envie d’en savoir toujours plus.

Cette saga commence bien : les personnages sont intéressants, l’intrigue pique notre intérêt et l’univers développé nous happe sans trop de difficultés. L’écriture est fluide, les mots de l’auteur sont bien choisis et permettent de ne pas avoir à réfléchir trop longtemps pour comprendre où elle veut en venir. Seulement, il y a des détails qui montrent qu’une amélioration est à attendre. J’ai pris du plaisir à lire ce livre, mais il n’est pas parfait. L’auteur veut montrer que son héros doute et, parfois, cela manque de naturel ; cette mesure qui permet aux émotions des personnages de couler de source fait défaut au livre. Certains doutes sont exagérés ; j'ai ressenti cela comme une petite maladresse dans l’envie de faire ressentir certains aspects au lecteur. Ce n’est heureusement rien qui gêne la lecture, et je pense sincèrement que l’auteur saura rectifier le tir dans ses prochains tomes en prenant plus d’aisance avec ses personnages ainsi que son univers.
Quelques maladresses dans certains choix d’écriture à mon sens, mais qui ne portent pas préjudice à la qualité de l’ouvrage.

Le choix des attributs d'un des personnages m'a tout de même dérangée : le sang d’un ange qui permet de guérir n’importe quel poison m’a paru être une chose bien trop facile pour la suite. L’épisode de l’infirmerie m’a, du coup paru, se dérouler comme une promenade de santé alors que ce n’est en réalité pas le cas. Bien que je comprenne parfaitement ce qu’a voulu transmettre l’auteur avec ce passage, cela n’a pas fonctionné avec moi et j’en suis un peu déçue. J’aurais aimé avoir plus de difficultés, que cela ne me paraisse pas trop facile. C’est un ressenti réellement personnel ; je suis sûrement trop friande d’épreuves difficiles à surmonter et je n’ai pas eu la dose de complications promise.

Liane Silwen nous offre les débuts d’une saga qui ne peut que prendre son envol et nous surprendre par la suite. Les bases posées sont prometteuses, les maladresses peuvent être rectifiées sans problème et le plaisir procuré par la lecture suffit à gommer ce qui peut déranger une fois le livre refermé. J’ai apprécié ma lecture et je compte bien ne pas m’arrêter là ; j’espère simplement ne pas placer la barre trop haut pour la suite en attendant une amélioration dans les aspects qui m’ont dérangée, mais je ne m’inquiète pas trop. L’auteur a réussi à m’entraîner dans son univers dès les première pages. C’est toujours rafraichissant et agréable de suivre les aventures de personnages imparfaits, qui apprennent de leurs erreurs et ne sont pas sans peur et sans reproche. Rien que pour cela, je suis conquise.

Merci à Liane Silwen de m’avoir permis de découvrir sa plume et sa création à travers le forum. Je ne regrette pas le temps passé à tourner les pages du premier tome de L’Empereur.

mercredi 12 mars 2014

L'Ouroboros d'Argent d'Ophélie Bruneau

Une petite pépite des Editions du Chat Noir découverte via un partenariat A&M. Merci à Michiko pour cette correction !



Quatrième de Couverture
Axel est généreux. Axel est amoureux. Axel est trop gentil. Aujourd'hui, il doit traverser la France pour acheminer un héritage. Célia est fière. Célia est implacable. Célia est un loup-garou. Aujourd'hui, secondée par deux jeunes de sa meute, elle doit retrouver l'objet responsable d'une vieille malédiction.

À la croisée des chemins, le piège se referme dans le Massif Central. Prête à tout pour mener à bien sa mission, Célia n'hésitera pas à détruire la vie d'Axel s'il le faut. Le jeune homme a de la résistance à revendre et des amis prêts à l'aider. Pourtant, cette fois, il pourrait bien finir broyé au nom de l'Ouroboros d'argent.

L'artefact vaut-il seulement tous ces sacrifices ?

Mon avis
L’Ouroboros d’Argent d’Ophélie Bruneau est un roman de bit-lit qui se lit sans prise de tête et qui, pourtant, se savoure. A la mort d’un loup-garou qui n’a jamais fait l’unanimité au sein de son espèce, les représentants de deux clans se lancent à la poursuite d’un objet qui lui appartenait, un objet important aux yeux de Célia, amenée à devenir la dominante du clan de Dijon. En effet, l’histoire de son grand-père a été marquée par l’ouroboros. Ce dernier est un objet que doit retrouver Axel, envoyé par la meute de Nantes, s’il veut pouvoir sortir du traquenard dans lequel il est tombé : Célia est persuadée que l'ouroboros fait partie de l'héritage promis au dominant de Nantes.
Les événements s’enchaînent alors à une vitesse folle, les personnages mêlés à l’affaire se retrouvent pris dans une spirale où l’on se laisse entraîner avec eux. Pas de blanc ou de noir ici, juste des personnages avec leurs propres intérêts et aux méthodes complètement opposées mais surtout des personnages qui suivent les mêmes règles, celles des garous. Personne ne contacte la police : les humains n'ont pas à se mêler des affaires des garous, et personne ne cherche à échapper à son devoir : chacun accomplit ce que l'on attend de lui, quelles que soient les réticences qui pourraient se faire sentir.

Je ne suis pas une grande fan de bit-lit même si j’en lis et là, j’ai été conquise. Le mythe du loup-garou est revisité avec brio, Ophélie Bruneau a fait un choix risqué mais récompensé. J’ai complètement adhéré à sa vision des choses. L’histoire est courte mais haletante du début à la fin : une fin abrupte qui nous coupe littéralement dans notre élan et nous fait regretter de ne pas avoir plus. C’est toujours dans ces moments-là que je sais que j’ai aimé un livre : quand je veux plus, quand je veux une suite, retrouver les personnages, suivre une nouvelle fois leurs aventures !
Le monde des créatures magiques est revisité : on reste évidemment sur une base commune à tous les romans du genre avec des garous, des sorciers, des êtres féériques… Mais l’impression de renouveau reste présente du début à la fin du roman et c’est rafraîchissant. Je regrette d’ailleurs de ne pas avoir pu en savoir plus sur les petites fées qui se baladent, invisibles aux yeux de tous. C’est vil de ne donner que si peu !

Les personnages sont nombreux et ont tous une personnalité propre, bien développée pour un roman de cette taille. Axel, le chevalier en armure qui n’a rien demandé à personne et dont la vie bascule d’un seul coup, est le personnage qui ressemble le plus à un héros sans peur et sans reproche mais qui possède ses failles et qui lui aussi fait des erreurs aux conséquences dramatiques. Célia est l’incarnation du personnage mauvais et pourtant, elle n’est pas le stéréotype du personnage noir (avouons que souvent, dans les romans de bit-lit, le méchant est mauvais uniquement parce qu’il en faut un et que les raisons passent souvent à la trappe) et n’a pas des intentions moins nobles que d’autres. La garou est agaçante, ses méthodes sont tout sauf subtiles, ses réactions me semblaient un peu exagérées parfois pour paraître réalistes, mais Célia est développée et possède un réel caractère, pas simplement quelque chose de survolé pour feindre de donner le change. D’autres personnages apparaissent évidemment dans ce roman : Léonie, dont la spontanéité et la générosité ont su m’enchanter, Capucine dont la fragilité et la douceur m’ont touchée, Dérénik dont le comportement marginal semble si naturel que c’est un plaisir de voir qu’il existe encore des auteurs capables de faire preuve de cohérence, le fils du défunt qui, malgré sa nature humaine, fait tout pour aider les « camarades » de son père… Aucun personnage mêlé à l’action n’est bâclé, chacun a sa pierre à apporter à l’édifice, chacun possède son utilité propre. Un panache de personnalités qui offre un roman à la hauteur, voire plus : je ne pensais pas prendre autant de plaisir en lisant ce livre.

Evidemment, l’écriture y est aussi pour quelque chose. Les citations qui introduisent chaque chapitre peuvent paraître superflues et pourtant, j’ai à chaque fois pris le temps de les savourer. Certaines m’ont même complètement surprise : je ne m’attendais pas à retrouver La Rue Kétanou dans un roman de bit-lit par exemple. Me laisser surprendre par une simple citation n’a fait qu’ajouter une part de plaisir à ma lecture sans que je ne sache expliquer pourquoi et je ne chercherai pas à comprendre : à trop décortiquer les émotions, on finit par perdre le ressenti brut.
Le style de l’auteur n’est pas transcendant mais il colle parfaitement au roman : les mots sont justes et permettent de comprendre les émotions des personnages, de visualiser les décors, de plonger sans problème dans l’histoire. La spontanéité de Léonie a, par exemple, été très bien retranscrite à travers les dialogues et c’est une chose qui n’est pas aisée : son humour a atteint son but.

Il y a tant de choses à dire sur des détails de l’histoire, sur l’ouroboros et ce qu’il en advient à la fin, sur le dénouement de l’affaire, sur ce qu’il arrive aux personnages… Mais trop s’étaler reviendrait à dévoiler des clés du livre que je préfère garder pour ne pas gâcher la lecture de ceux qui se laisseraient tenter par cette aventure. Ce n’est pas un livre époustouflant, il ne révolutionnera pas le genre mais du moment qu’il se savoure, pourquoi s’embarrasser de longs discours ? J’ai aimé et cela me suffit amplement.

Je remercie les Editions du Chat Noir ainsi que le forum Accros & Mordus de Lecture pour cette découverte. J’espère secrètement pouvoir un jour passer de nouveaux bons moments avec les garous du roman, ou au moins de nouveaux personnages sortis de l’imagination d’Ophélie Bruneau.

mercredi 19 février 2014

Fées à la chaîne de Philippe H. Besancenet

Gros coup de ♥ aux Editions P'tit Golem via un partenariat A&M. Merci à lolly pour cette correction (encore et toujours ma petite lolly ♥).



Quatrième de Couverture
Lyse est di-fée-rente. Elle préfère les dragons aux licornes, rêve à des endroits sombres fuis par ses semblables et s’enthousiasme pour bien pire encore. Aussi quand elle reçoit une lettre de l’Ambassade l’invitant à rejoindre ses rangs, la surprise pour les siens est de taille. Car l’Ambassade se trouve dans l’autre monde, celui des hommes. Elle regroupe l’excellence du monde magique… Pourtant tout n’est pas rose (sa couleur préférée) pour Lyse. Celle-ci espérait retrouver Aryse dans la vénérable institution, mais sa sœur aînée a disparu.

Le mot de l'éditeur :
Fées à la chaîne, de Philippe H. Besancenet, s’adresse plus particulièrement à un public de jeunes adultes. Ce roman entraîne ses lecteurs dans une fantasy urbaine et féerique aux accents steampunk, où toute ressemblance avec notre propre monde serait très certainement voulue. L’humour de l’auteur vient graisser les rouages de son histoire pour parler de « fées à la Maude », de règlements « de compte de fées » et de licornes pétomanes

Mon avis
Fées à la chaîne, ou comment renverser la base d’un conte. Voilà la première chose qui me vient à l’esprit pour parler de ce livre.

Lyse est la seconde de trois sœurs fées. Elle est la sœur insouciante, naïve, parfois bête mais, surtout, elle est la sœur qui prend la vie comme elle vient. Et quand la vie l’entraîne au sein de l’Ambassade de son monde sur les terres des humains, elle en est heureuse. Elle se retrouve alors confrontée à une réalité qui est tout sauf réjouissante et son tempérament haut en couleurs détonne complètement dans le tableau qu’elle découvre. La jeune fée déchante vite quand tout semble vouloir faire taire sa jovialité et écraser sa curiosité mal placée.

Si l’histoire semble tout à fait légère en apparence, en réalité, il n’en est rien. L’auteur, à travers une héroïne naïve, nous fait découvrir le monde des humains de la façon la plus négative qu’il soit. Les hommes sont profondément mauvais, les créatures magiques ne les apprécient pas, mais travaillent avec eux pour maintenir des relations cordiales. Lyse, dont le caractère tranche complètement avec le monde qu’elle découvre, pourrait baisser les bras plus d’une fois, mais elle possède cette force, ce petit quelque chose d’optimiste qui fait qu’elle persiste. Et, à son contact, nombreux sont ceux qui commencent à voir la vie autrement. Elle apporte une touche de couleur (rose, s’il vous plaît) à ce monde si terne. Elle s’attire la sympathie des autres tout en générant, évidemment, de grandes inquiétudes chez le grand méchant de l’histoire (que je ne nommerai pas car il faut que vous lisiez ce livre).

Les personnages sont originaux, touchants, agaçants, drôles (surtout Lyse qui ne se fait pas prier pour sortir des énormités à la pelle), plus complexes que ce qu’annoncent les premières pages. Un vrai régal. Et l’univers décrit est tout simplement plaisant. L’Ambassade a tout ce qu’il y a de plus malsain, avec ses attractions pour humains en manquent d’occupations. De de quoi se demander ce que donnerait un Disneyland si nos personnages de contes de fées étaient réels, comment seraient son marché, ses règles. Et, malgré le portrait négatif que nous dresse l’auteur sur les êtres humains, il sait jouer de nuances en ne tombant pas dans l’uniformité : certains humains sortant du lot, comme certaines créatures magiques, sont différentes. L'originalité ou tout ce que j’aime dans un livre !

L’intrigue m’a agrippée et transportée du début à la fin, même si le dénouement m’a paru un poil trop complexe. Un trop plein d’informations en quelques lignes seulement m’a forcée à relire le passage une seconde fois pour tout bien saisir. Mais relire n’est pas un problème quand on accroche à l’histoire.

Ce livre est un coup de cœur, que ce soit pour son histoire, pour l’univers ou encore pour les personnages. Lyse est le genre d’héroïne que j’aimerais croiser plus souvent dans mes lectures, un petit bout de fée qui part avec de grands handicaps dans la vie et qui, pourtant, en fait des forces. Cette jeune fille qui ne se laisse pas démonter, non pas parce que c’est l’héroïne du livre, mais parce que c’est dans son caractère : elle est douce, naïve, voit le bien partout et, même si elle le paie souvent cher, ses actes sont toujours justifiés. C’est un vrai régal de trouver un personnage qui reste fidèle à lui-même du début à la fin.

Je ne peux que remercier les Éditions P’tit Golem de m’avoir permis de découvrir un auteur tel que Philippe Besancenet. Je suis conquise par son style et par son univers. Je suis amoureuse de ses personnages et, après avoir déjà lu un seconde conte de son cru, je ne compte pas m’arrêter là.

La Fée de la Mousse de Philippe H. Besancenet

Passons maintenant aux Editions P'tit Golem, découvertes avec ce conte épatant via A&M. Merci à lolly pour cette correction.



Quatrième de Couverture
Bienvenue au Royaume de Gwann ! Avec son monstre ravisseur de princesse, ses momies tueuses, sa fée sans baguette, son festival folk et des bains de boue à volonté, vous vous sentirez vite à l’aise. Ici, rien n’est comme il paraît être. On y trouve la gloire comme la mort, les ennuis comme l’amour.
"Dans le marais, personne ne vous entend crier."

Les Princesses, tout le monde le sait, attendent leur champion au sommet d’une haute tour. On oublie un peu vite les chevaliers qui doivent défaire les monstres au bas dudit édifice. C’est une sombre tradition, dans l’ordre des choses de ce royaume, qui a néanmoins le mérite d’empêcher le premier venu de ravir les demoiselles. Une telle quête ne s’improvise pas !

Le mot de l'éditeur :

La Fée de la Mousse est un court roman qui s'inspire des contes classiques mais les détourne avec humour. La lutte contre les préjugés, la préservation de la nature, sont deux de ses principaux messages. Il intéressera les jeunes adultes et tous ceux qui pensent que quelque part, les fées existent encore.

Mon avis
La Fée de la Mousse m’a attirée par sa quatrième de couverture qui annonce un conte de « Fées » différent et léger. Finalement, une fois la lecture terminée, je me suis rendu compte que ce n’était pas une histoire si légère que ça, mais plutôt profonde et touchante, une histoire à laquelle je ne m’attendais pas, mais qui m’a énormément touchée.

Ódla est une jeune fée naïve et pleine de bonté, qui s’est promis d’accomplir son travail de fée à sa majorité, à savoir, aider les autres, comme dans les récits. Mais, sans guide, cette mission s’annonce compliquée. C’est en rencontrant un prince dénué de la prestance stéréotypée des histoires féériques qu’elle se lance dans sa première aventure. Pour le meilleur comme pour le pire.

La construction du livre mêle deux histoires en parallèle dont le lien n’est pas évident au premier abord. Pourtant, à aucun moment, je n’ai été gênée par ce style et c’est sans surprise que la logique de ce choix arrive à la fin. Ces deux histoires qui n’en sont au final qu’une m’ont tout de suite arrachée à mon quotidien et j’ai pris un grand plaisir à lire ce livre. La légèreté apparente masquant en réalité une histoire plutôt dure rajoute du charme à la lecture et j’ai été séduite, autant par le fond que par la forme. L’auteur écrit bien, mène avec brio son histoire ainsi que ses personnages.

Parlons d’eux, justement. Ódla est rafraichissante : toute mignonne, naïve, plus forte que ce qu’on peut croire, elle m’a touchée dès le départ. Amaury, le prince, a lui aussi su me séduire : son côté non stéréotypé et complètement perdu constitue ce qui me plaît : l’inattendu. J’aime lorsqu’un livre me surprend par son originalité et, ici, c’est le cas. Les autres personnages sont bien construits, quel que soit leur rôle. Je ne vais pas m’étaler sur le sujet pour ne pas trop en dire mais je suis tout de même obligée d’aborder le cas de l’homme-cerf. Ce personnage m’a émue, ses regrets, sa honte, ce qu’il a vécu… Tout en lui a su me conquérir. Son souci de préserver les siens sans y parvenir, sa peur d’affronter les gens qu’il aime et d’avoir à avouer la faute qu’il n’a commise que parce qu’il était sous l’emprise d’une sorcière, les drames qui se sont ensuite enchaînés… Philippe Besancenet a créé des personnages exquis en tous points ! Même les plus étranges, comme les hommes bruns, ont une histoire étonnante et accrocheuse. Vraiment, je ne peux que saluer ce travail de maître.

L’écriture, l’histoire, les personnages, les rebondissements ; tout, dans ce livre, vise juste. Les contes pour enfants m’ont toujours plu et ce conte pour plus grands me conforte dans l’idée qu’il n’y a pas d’âge pour aimer les fées, les princesses et les princes. Les défauts qu’on ne leur voyait pas en étant plus jeunes font leur force quand on grandit. Je crois que c’est par ses faiblesses que j’aime le héro d’un livre et, ici, les faiblesses des personnages les mettent en valeur à merveille.

Merci aux Éditions P’tit Golem ainsi qu’au forum A&M pour cette lecture rafraîchissante et touchante. Et merci à Philippe Besancenet d’avoir partagé une nouvelle fois un peu de son univers avec ses lecteurs : j’ai été conquise par Fées à la chaîne et cette nouvelle lecture confirme mon avis sur le talent de cet auteur.

A l'ombre des falaises de Chloé Bourdon

Nouvelle chronique, encore via un partenariat A&M. C'est toujours un plaisir de lire les ouvrages des Editions du Petit Caveau. Merci à Chouquette pour cette correction.



Quatrième de Couverture
Nous sommes en 1901, dans un petit village des Cornouailles. Elisabeth vient de perdre son père et accepte difficilement la froideur de sa mère.

L’été où elle quitte l’enfance, elle comprend que derrière les apparences d’une petite bourgeoisie provinciale obsédée par la peur du scandale, se dissimulent des drames insoupçonnables, et des monstres qui rôdent, les soirs de pleine lune, dans l’ombre des falaises.

Mon avis
A l’ombre des falaises de Chloé Bourdon nous entraine dans les événements qui ont marqué à jamais la vie de l’héroïne, Elisabeth. Tout n’est qu’apparence, secrets, et la jeune Elisabeth se retrouve plongée au cœur d’une sombre affaire dont elle est finalement un protagoniste important.

N’étant pas une grande passionnée des histoires de vampires pour cause d’overdose de romans médiocres sur le sujet, je commence toujours les livres reprenant le mythe vampirique en restant sur mes gardes. Heureusement, les Editions du Petit Caveau savent sélectionner le meilleur des livres du genre, comme j’avais déjà pu le constater avec une précédente lecture vampirique de cette maison d’édition. Pour résumer, j’ai aimé cette lecture. Le vampire n’y est pas caricaturé, Dracula de Bram Stoker est abordé et surtout, la vision que l’auteur nous offre des vampires à quelque chose de plus scientifique que fantastique : il n’en fallait pas plus pour conquérir mon cœur d’amoureuse des sciences.

L’histoire se développe en très peu de pages et, même si la lecture m’a paru trop rapide une fois le livre achevé, le choix de l’auteur est le bon. On ne suit pas toute la vie d’Elisabeth, on vit simplement avec elle le passage marquant de sa vie, celui qui la fait basculer dans le monde des adultes, celui qui ébranle ses croyances, celui qui la construit finalement. Une fois le livre terminé, on en veut plus tout en sachant pertinemment qu’on a eu l’essentiel. Les premiers chapitres m’ont paru lents, on suit la monotonie de la vie de la jeune héroïne, la narration interne y étant pour beaucoup, et tout s’accélère, on sent l’emballement qui s’empare d’Elisabeth, qui s’empare de nous aussi, pauvres lecteurs aussi perdus et avides de savoir qu’elle.

L'évolution du personnage principal est très bien agencée, si tout se passe rapidement, la transformation en femme de la petite fille des premières pages est sensée. Et cette cohérence donne plus de puissance encore à l’histoire. Les autres personnages de l’histoire sont effleurés sans que cela ne m’ait dérangée : on apprend l’essentiel et, l’histoire étant contée par Elisabeth, en savoir plus n’est pas nécessaire. Je regrette simplement de ne pas avoir pu en savoir davantage sur les démons intérieurs de la mère de l’héroïne : la plume de l’auteur mêlée aux souffrances du personnage aurait donné un résultat superbe.

Parlons justement du style de l’auteur car, à mon sens, c’est ce qui fait la plus grande force de ce livre. Chloé Bourdon possède une plume qui m’a ravie dès les premières pages. A aucun moment je ne me suis lassée de ses phrases, de ses descriptions, de son texte dans son ensemble. Et je pense pouvoir affirmer que sans cette écriture, le livre ne m’aurait pas plu. Parfois, quand l’écriture n’est pas à la hauteur, je me surprends à lire plus vite, moins attentivement, en me concentrant uniquement sur l’histoire. Là, ce fut tout le contraire, j’ai passé ma lecture à m’abreuver du texte dans sa forme, ce qui a fait que j’ai pu en apprécier pleinement le fond. Le style n’est pas pompeux mais il colle bien à l’époque où se déroule l’histoire ; les descriptions ne sont pas gorgées de détails inutiles tout en étant parfaitement posées ; les dialogues semblent réalistes et surtout, les pensées ainsi que l’évolution d’Elisabeth sont décrites avec brio. Même si le style n’est pas comparable aux grands auteurs classiques, j’ai trouvé ce texte très beau et prenant. Je me suis finalement plus laissée prendre par l’écriture que par l’histoire, sûrement parce que j’ai été agréablement surprise de la qualité de la plume.

Enfin, sans trop en révéler sur la fin de l’histoire, j’ai aimé ce qu’il advient d’Elisabeth une fois sa vie transformée. Les amateurs de grandes histoires d’amour romantiques seront peut-être un peu déçus mais moi pas. Pourquoi ? Tout simplement parce que le choix de l’auteur donne une passion qui ne s’effrite pas avec le temps, qui ne sombre pas dans la monotonie et qui se vit intensément ponctuellement. Je trouve ça tellement plus intéressant dans ce genre d’histoire que, là aussi, mon cœur de lectrice difficile à satisfaire en matière d’histoires d’amour a été conquis.

A l’ombre des falaises est ainsi le genre de roman vampirique qui me permet de me dire que, oui, il est encore possible de lire des histoires de vampires sans avoir envie de s’arracher les cheveux à chaque passage improbable, à chaque réflexion d’une héroïne sans saveur, à chaque fait détruisant brique par brique l’édifice de la vraie base des suceurs de sang. Merci aux Editions du Petit Caveau de m’avoir permis une nouvelle fois d’apprécier une lecture comme celle-là et merci à l’auteur d’avoir partagé sa plume à travers ce livre.

Zoanthropes, Tome 1 : La Métamorphose de Matthias Rouage

Bigre ! J'oublie de mettre à jour ce blog depuis des mois ! C'est donc le moment de poster tout ce qui traine et on commence par une chronique issue d'un partenariat via A&M. Merci à lolly pour cette correction.



Quatrième de Couverture
Dans un futur flou, le monde humain doit faire face à la menace des zoanthropes, des hommes ayant la capacité de se changer en hybrides, mi-hommes, mi-animaux. Ces créatures redoutées inspirent la terreur. Shina Sirkis, jeune humaine, découvre que son destin est lié à une ancienne guerre. Découvrant sa zoanthropie, elle finira traquée par son propre pays, ainsi que par une organisation mystérieuse, les Aletis.
Dès lors, Shina part en quête de son identité. Forcée de découvrir le monde des hommes-bêtes et victime d’un passé qui n’est pas le sien, elle devra déjouer les plans des Aletis.
Aidée de ses nouveaux pouvoirs et ses amis zoanthropes, Shina comprend qu’elle ne voit que la partie émergée de l’iceberg. L’Histoire telle qu’elle la connaît n’est peut-être pas celle qu’on a bien voulu lui raconter.

Mon avis
La Métamorphose est le premier tome de la saga Zoanthropes de Mathias Rouage, jeune auteur des Éditions Scrineo Jeunesse. L’histoire prend place dans un monde futuriste où le genre humain a évolué et où certains naissent hybrides, mi-hommes, mi-bêtes. Les humains rejettent, traquent et tuent les zoanthropes, ces hybrides qui sont considérés comme des bêtes sanguinaires. Évidemment, rien n’est aussi simple, tout n’est pas noir ou blanc et c’est la nuance que tente de nous offrir cette histoire.

Je ne vais pas y aller par quatre chemins. Ce livre ne m’a pas plu et ce, pour plusieurs raisons, malgré ses points positifs. L’histoire de fond est bien choisie : à une époque où la génétique possède une place importante dans nos têtes, imaginer un tel futur ne peut que nous pousser à réfléchir, à vivre ce roman pleinement. Le cadre spatio-temporel est bien maîtrisé, du moins pour les bases de l’histoire. Ensuite, cela se complique mais je vais y revenir plus tard.

Mon principal problème vient des personnages. À aucun moment je n’ai réussi à rentrer dans leur tête, à trouver leurs paroles ou leurs actes « naturels ». À mes yeux, ils ont sonné faux durant tout le roman. On retrouve les stéréotypes des proches de l’héroïne : la petite fouine intellectuelle (qui, en plus, a le droit d’être tête en l’air et naïve au possible), la spécialiste de la réflexion avec sang-froid qui possède également des bases en arts martiaux, la directrice qui cache des choses à l’héroïne pour ensuite capituler sans broncher à la moindre question, l’ami d’enfance qui, en une fraction de seconde, se transforme en ennemi lobotomisé, la personne en qui l’on place sa confiance et qui, finalement, nous porte le coup de grâce… Si la base de l’histoire pouvait promettre un peu d’originalité, j’ai eu l’impression d’être dans un roman lambda à cause de ces personnages clichés. Alors oui, c’est le schéma type des romans, oui il faut bien trouver des amis et des ennemis, mais je pense sincèrement qu’on peut toujours parvenir à faire du différent avec un peu de recul. Shina, l’héroïne, ne m’a pas touchée une seule fois et quand aucun des personnages secondaires ne me plaît pour rattraper le coup, cela donne une lecture laborieuse. J’ai lu ce livre rapidement, mais sans y prendre le plaisir auquel je m’attendais.

Les personnages ne sont pas les seuls en cause. Il y a plusieurs petits soucis de cohérence à mes yeux, comme l’ami lobotomisé transformé en ennemi (ceci n’est pas un spoiler, il s’agit du début du roman). Dans le contexte, les êtres humains sont élevés dans la peur de la possibilité d’être zoanthrope. Le test génétique s’effectue avant l’entrée à l’université (je reste encore sceptique sur ce choix, mais passons) et l’image des zoanthropes véhiculée par le monde humain est tout sauf flatteuse. Ainsi, on est jeune, on déteste les zoanthropes tout en ayant peur de l’être. Lorsque les résultats tombent, on est soit soulagé, soit traqué. Seulement, jusqu’au dernier moment, on vit dans le doute. Comme son voisin. Je voudrais donc savoir pourquoi l’auteur a décidé d’abrutir ses figurants (comme l'ennemi lobotomisé) en les faisant détester immédiatement leurs amis d’enfance qui se retrouvent d’un seul coup zoanthropes alors que même eux n’étaient pas certains d’être humains ! Personnellement, si un test me dit que je suis une personne possédant le gène de la sympathie, mais que mon ami d’enfance possède celui de l’être exécrable sur le papier, eh bien je ne vais pas changer d’avis d’un coup ; je vais me dire « oh là là, le pauvre » et, oui, si son gène se réveille à moment donné, je vais sûrement finir par avoir envie de lui en coller une, mais ce ne sera pas immédiat dans ma tête. Bon, peut-être ne suis-je pas moi-même lobotomisée ?

Cette parenthèse "grosse incompréhension" terminée, je vais revenir au cadre spatio-temporel. Le roman s’étale sur plusieurs mois et, malheureusement, j’ai trouvé le découpage un peu maladroit. Il y a forcément de nombreuses ellipses et je ne les ai pas toutes trouvées judicieusement choisies. C’est peut-être aussi une des raisons pour lesquelles j’ai eu du mal à me faire aux personnages : leur évolution est, elle aussi passée parfois sous silence et, sans transition, il est plus difficile de trouver le tout cohérent.

Enfin, mon dernier gros bémol : la fin. Si elle se veut percutante et mystérieuse tout en offrant quelques révélations, je n’ai pas accroché au côté « révélation de la traîtrise ». La suite apportera sûrement plus d’informations sur ce sujet, mais cela n’a fait que me conforter dans mon ressenti vis-à-vis de ce livre, à savoir qu’il ne m’a pas plu. Mon côté amoureuse des explications logiques et des rebondissements originaux explique sans aucun doute que mon avis sur ce livre n’est pas très bon.

Au-delà du négatif, je ne peux évidemment pas oublier ce qui fait quand même que ce livre n’est pas mauvais (parce que, oui, un livre qui ne me plaît pas n’est pas un mauvais livre, qui suis-je pour juger de la qualité d’un ouvrage ?). Mathias Rouage écrit bien, il a su constituer un univers futuriste intéressant et offrir une vision déplorable de l’humanité qui est très réaliste. Sa façon de montrer que notre société a le potentiel d’évoluer dans la mauvaise direction est maîtrisée et, comme je suis une pessimiste en ce qui concerne la condition humaine, je ne peux qu’aller dans son sens. Les rouages politiques, la manipulation de la population, le conditionnement de l’homme par la technologie, l’usage de l’identité génétique au détriment des êtres humains… Tout cela constitue des thèmes que l’auteur a su exploiter. Si, à mon sens, le fond n’a pas su être sublimé par l’histoire, il y a matière à faire une suite intéressante. Je ne sais pas encore si je vais avoir envie de la lire, le recul fera son œuvre, mais pour ceux qui ont été séduit ou le seront, il est clair que poursuivre l’aventure est de mise.

Malgré tout, je remercie les Éditions Scrineo Jeunesse pour cette découverte qui m’a permis de mieux cerner ce qui fait qu’un livre me plaît ou non. Et merci à l’auteur pour les moments de réflexion sur notre espèce. J’aime quand un livre, quel que soit mon avis, me fait cogiter sur l’avenir.

mercredi 18 septembre 2013

Le cycle des âmes déchues, T3 : Coeur de Ténèbres de Stéphane Soutoul

C'est la rentrée et je suis enfin de retour ! On commence par une chronique issue d'un partenariat avec A&M. Merci à lolly pour cette correction.



Quatrième de Couverture
Certains amours s’épanouissent dans la passion, d’autres dans la souffrance…

Béatrice de Lacarme est l’héritière d’une prestigieuse lignée d’experts en paranormal. Sa nature est unique. Moitié humaine, moitié vampire, elle se voit écartelée entre les préceptes de la raison et ses instincts prédateurs.

Chasseuse solitaire, âme torturée, la jeune femme est abstinente des plaisirs charnels. Mais la providence s’en mêle lorsqu’à l’occasion d’un voyage en Suisse, Béatrice apprend à mieux connaître Léandre Wasker. Malgré sa réticence, le châtelain au mystérieux passé ne manque pas de la déstabiliser et sème le trouble en elle. L’homme l’intrigue, l’agace… la séduit.

Hélas, le destin peut parfois se montrer cruel. Alors que Béatrice effleure un bonheur inespéré, une implacable machination se met en marche contre elle et ceux qu’elle aime. Animée par les pires convoitises, une adepte de cultes démoniaques et ses complices vont tout faire pour s’approprier son corps immortel. La plus néfaste des conspirations aura-t-elle raison des sentiments ? Ou bien l’appel du cœur se révèlera-t-il plus fort que la soif de sang ?

Ténèbres et lumière s’affrontent dans ce troisième et dernier volet du cycle des âmes déchues.

Mon avis
Dernier tome de la trilogie Le cycle des âmes déchues, Cœur de Ténèbres nous entraîne dans le sillage de Béatrice de Lacarme, hybride étonnante en raison de sa force mêlée à une grande fragilité. L’enquête de sa vie se joue entre les pages de ce troisième tome, une vie qu’elle n’a pas choisie mais qu’elle mène aussi bien que possible, entre obstacles et victoires en demi-teinte.

Une nouvelle fois, je me suis lancée dans une lecture d’un tome d’une saga sans en avoir lu les ouvrages précédents après qu’on m’ait assuré que je pourrais comprendre l’intrigue malgré quelques lacunes. Sur ce point-là, les Éditions du Petit Caveau ont encore vu juste : je me suis facilement plongée dans l’histoire sans être gênée un seul instant, sans avoir l’impression de manquer d’informations capitales. Ce troisième tome peut donc se lire indépendamment des autres, même si, forcément, la lecture des romans précédents doit constituer un bagage utile à la compréhension.

L’histoire est bien ficelée, démarrant par la première pierre qui constitue l’édifice de l’intrigue, puis déviant vers notre héroïne. On découvre peu à peu Béatrice, son entourage, son travail de chasseuse de vampires (et autres créatures en tout genre) malgré sa propre condition d’hybride. Petit à petit, l’auteur nous replonge dans l’intrigue principale du roman. S’ensuit alors une accélération du rythme qui nous prend sans qu’on ne s’en aperçoive. Si la lecture des premières pages s’est faite doucement, une fois la machine démarrée, je n’ai pu que dévorer le livre pour arriver enfin au bout de cette histoire. C’est donc un rouage bien huilé qui trouve preneur chez son lecteur.

Je vais d’abord parler du gros hic de ce roman, de ce qui a fait que cet ouvrage n’est pas un coup de cœur malgré sa qualité. À aucun moment je ne me suis attachée aux personnages principaux. Seuls Suzanne et Alexandre, protagonistes secondaires plus facilement positionnés en victimes que les autres, m’ont marquée. Et je regrette donc de ne pas avoir eu droit à plus de lignes les concernant. Béatrice est une femme complexe qui a son charme, mais voilà, l’alchimie n’a pas fonctionné avec moi, tout comme pour Léandre. Je suis toujours un peu frustrée lorsque cela m’arrive et, même si cela n’a en rien gâché ma lecture, je regrette mon manque d’implication dans leurs émotions. Je suppose que je commence à me lasser des personnages principaux torturés, qui se remettent sans cesse en question. Les dernières lignes concernant Béatrice ont aussi dû jouer un grand rôle dans ce sentiment de désintérêt pour elle et Léandre. La transition entre la femme décrite tout au long du roman et sa dernière évocation ne m’a pas semblé si évidente que cela. Sans trop en dire, j’ai trouvé qu’il manquait une petite étape à son évolution finale.
Un bon point cependant pour l’image du vampire offerte dans le livre : c’est tellement plaisant de ne pas avoir à supporter des vampires made in littérature jeunesse sans saveur. Ici, le vampire prend son sens de damné, de monstre devant tuer pour survivre et j’aime !

En ce qui concerne la forme du roman, l’écriture de Stéphane Soutoul est un délice. Le vocabulaire est riche, la description juste comme je l’aime et, si certaines phrases sont un peu lourdes, l’ensemble m’a ravie. Je regrette simplement les fautes de français que j’ai pu rencontrer à certains endroits : je n’y peux, rien, je tique dessus dès que j’en vois une. Il me semble d’ailleurs que c’est la première fois que j’en remarque à ce point dans un roman de cette maison d’édition. Encore une fois, cela n’a pas suffi à gâcher ma lecture. Ceci étant dit, la forme épistolaire des dernières pages m’a, par contre, ennuyée. Je n’ai pas réussi à me laisser transporter par ce changement de style, aussi bien dans le fond que sur la forme. Mais que sont quelques pages moins appréciées quand le reste du roman se lit avec plaisir ? Une broutille.

Enfin, je vais finir sur une petite remarque concernant l’époque : merci à l’auteur ! Les quelques détails parsemés dans l’ouvrage concernant les années 30, je les ai appréciés. J’aime me plonger dans ce genre de livre qui fait voyager le lecteur.

En somme, un bon roman mené avec brio par l’auteur. Si les personnages principaux ne m’ont pas touchée, la qualité de l’écriture a réussi à me conquérir. Merci aux Éditions du Petit Caveau et au forum A&M pour cette nouvelle découverte !

lundi 24 juin 2013

Les Damnés de Dana, T1 : La Dame Sombre d'Ambre Dubois

Je lis mes amis ! Je lis, je peux vous le jurer ! J'en ai même la preuve ! Voici une chronique publiée via A&M dans le cadre d'une lecture proposée par Ambre Dubois, l'auteur de la saga. Merci à Chouquette pour la correction de cette chronique !



Quatrième de Couverture
Au pied d'un cercle de menhirs, une jeune femme aux cheveux et aux yeux couleur corbeau se réveille. Qui est elle? Elle l'ignore. Ou se trouve-t-elle? Elle va bientôt le découvrir…
En plein territoire picte, résistant aux envahisseurs romains, une tribu celte recueille la mystérieuse femme. Rapidement, elle va se trouver mêlée au quotidien de ce peuple, à ses légendes, à ses mystères et à ses désespoirs.
Le cercle de pierres sera-t-il la clef qui lui rendra son identité? A moins que ce ne soit le vampire qui la surveille dans l'ombre...

Mon avis
Le premier tome de la saga Les Damnés de Dana, La Dame Sombre nous transporte au cœur du folklore celte, au IIème siècle, époque durant laquelle Hadrien dirige Rome. C’est d’ailleurs Hadrien qui met fin au désir d’expansion de l’Empire et qui, pour protéger ses terres des « barbares », décide d’ériger un mur en Bretagne, connu sous le nom de « mur d’Hadrien ». C’est dans ce contexte historique que nous suivons Mévéa, jeune femme qui se réveille au sein d’un sanctuaire celte, sans aucun souvenir. Elle ne sait rien d’elle-même mais est sûre d’une chose, elle est celte : malgré ses attributs qui la font passer pour une romaine, elle connait la culture celte. Ce premier tome est donc l’introduction du personnage au sein d’une tribu, de croyances, d’une guerre à venir aussi.

Je me suis laissée happer par l’histoire contée dans ce livre. Grande amatrice de l’histoire des celtes, je n’ai pas été déçue par son approche. Ambre Dubois a su exploiter comme il le fallait le folklore et en faire une histoire percutante. Là où certains se seraient contentés de ne s’intéresser qu’aux celtes, l’auteur a impliqué les romains, ce que j’ai beaucoup apprécié. La base historique est respectée ce qui permet de rendre l’intrigue fantastique du roman plus accrocheuse à mon sens. Un très bon point donc par cet aspect du roman.

La mythologie utilisée est très intéressante mais surtout osée : les druides, les vates, les dieux celtes ont leur place dans le folklore, mais la présence de vampires est une prise de risques. On retrouve le mythe du vampire dans la mythologie celtique mais pas sous la forme qu’on nous sert à outrance dans la littérature actuellement et c’est appréciable. Il est revisité, adapté à l’univers du roman et a réussi à me séduire. Les incubes et succubes sont associés aux vampires chez les celtes, ce qui est abordé dans le livre, et l’intégration de la créature m’a peu à peu paru très naturelle. La seule chose que j’ai regrettée est l’utilisation du terme « vampire » qui, si je ne me trompe pas, est un terme âgé de quelques siècles seulement.

L’intrigue du roman tient la route même si j’ai mis un nom un peu trop vite à mon goût sur le traître de l’histoire. Pour un premier tome, j’ai été agréablement surprise de voir que je ne me suis pas ennuyée : il m’arrive souvent de perdre rapidement mon intérêt pour une histoire lorsque les informations ne sont pas assez nombreuses ou lorsqu’on essaie de garder une part de mystères trop importante en pensant appâter le lecteur, et je n’ai pas eu ce problème avec ce livre. La couleur de la suite de l’histoire est annoncée, que ce soit au niveau de l’intrigue principale ou même des intrigues secondaires, et j’ai eu suffisamment de matière pour avoir envie de lire la suite.

La plume de l’auteur m’avait déjà séduite avec Marquise des Ténèbres et c’est avec un grand plaisir que j’ai retrouvé un style fluide, agréable à lire et toujours aussi efficace.

Le seul problème réel que j’ai eu avec le livre se situe au niveau des personnages. Je les ai appréciés, j'ai aimé les découvrir au fil des pages mais certaines de leurs réactions répétitives m’ont un peu gênée. La relation entre Mévéa et Galen ne m’a pas paru suffisamment naturelle. Certes, l’allusion au lien qui existe entre eux justifie leur proximité mais leurs réactions mutuelles déconnectées de la réalité ont effrité mes émotions à leur sujet. Galen qui est un grand guerrier apprécié des jeunes femmes, qui est sûr de lui, charismatique, drôle, attachant et qui… Est vierge, et bien ça n’a pas fonctionné pour moi. Surtout lorsque Mévéa se dit qu’il est un « excellent amant » après leurs premiers ébats : ce manque de réalisme m’a perdue sur le chemin de l’amour entre les deux personnages. Certaines réactions de l’héroïne m’ont aussi parue moins naturelle, comme lorsqu’elle se tient face au Père, ou encore lorsqu’elle n’accepte pas la méfiance de Rydec : elle-même doute de qui elle est réellement, le dit et pourtant, elle ne comprend pas que les autres ne lui fassent pas confiance en un battement de cils. Au-delà de cela, les personnages sont creusés et pas simplement survolés ce qui permet de mieux plonger dans le roman. J’ai beaucoup aimé Brannos et Lennia et espère en apprendre plus sur eux et notamment sur leur relation. La reine du clan de l’Ours est un personnage secondaire qui m’a beaucoup intriguée : mystérieuse, aliénée- et à raison – détenant sûrement des informations qui seront utiles dans les prochains romans.

Ce premier tome est donc un très bon livre, bien documenté, avec une histoire qui s’annonce solide et des personnages intéressants. Le petit bémol que représente la relation entre Galen et Mévéa n’a pas entaché mon intérêt et c’est avec plaisir que je lirai la suite. Comme lors de ma première aventure dans son univers, Ambre Dubois a su me captiver. Je la remercie donc pour cette lecture via le forum A&M.

Un petit air de Bretagne ♥

dimanche 25 novembre 2012

Le pays creux de Williams Morris

Mes lectures stagnes et surtout, tous les livres que j'aimerais pouvoir lire sont chez mes parents. Il va falloir que je patiente encore un peu je pense pour retrouver mon petit rythme de lecture adoré. En attendant, voici une chronique publiée que A&M dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Aux Forges de Vulcain. Il s'agit d'un roman de fantasy considéré comme l'un des premiers du genre. Merci à lolly pour la correction de cette chronique !



Quatrième de Couverture
Alors qu’il est jeune garçon, Florian de Liliis assiste à une cérémonie au cours de laquelle son frère Arnald, à la suite d’une maladresse, est humilité et frappé violemment par la future reine Swanhilda. Les deux frères jurent vengeance, mais ce n’est que seize ans plus tard qu’ils décident de prendre les armes pour réparer cet affront et ôter la couronne à cette reine, haïe de son peuple à cause de sa tyrannie et de sa perfidie. Débute alors une autre histoire de vengeance, celle d’Harald le Rouge, fils de Swanhilda. Lors du combat qui oppose les frères de la maison des Lys et Harald, Florian tombe dans un précipice qui le conduit au Pays Creux, lieu de passage entre la Terre et l’Au-delà. Guidé par Margaret, il débute sa quête de la rédemption.

Publié en 1856, ce texte est considéré comme le premier roman de fantasy. Encore assez méconnu, il constitue pourtant un moment fondateur de ce genre fictionnel qui donnera naissance aux œuvres de Tolkien et de C.S. Lewis.

« Savez-vous où il se trouve – le Pays Creux ? Depuis longtemps, maintenant, j’en suis à la recherche, j’essaie de le retrouver – le Pays Creux – car c’est là que j’ai vu mon amour pour la première fois. Je veux d’abord vous dire comment je l’ai trouvé ; mais je me fais vieux, et ma mémoire me trahit : il vous faut patienter et me laisser réfléchir si d’aventure je puis vous dire comment c’est arrivé. Oui, à mes oreilles résonne un bruit de trompettes qui retentissent dans des landes désolées, de mes yeux et mes oreilles, je vois, j’entends le choc et le fracas des sabots de chevaux, le son et l’éclat de l’acier ; des lèvres retroussées, des dents serrées, des cris, des hurlements, et des imprécations. »

William Morris (1834-1896) fut imprimeur, poète, écrivain, peintre, conférencier, dessinateur, architecte et activiste socialiste.

Mon avis
Le Pays Creux renferme l'histoire de la vie de Florian de Lilis, un homme élevé selon un code d'honneur que l'on peut aisément comparer, au sein de la littérature, au code d'honneur des Chevaliers de la Table Ronde. Le sens de la famille prime face à toutes choses et sa quête a pour but de venger son frère. Il découvre sans le vouloir Le Pays Creux où il rencontre son Unique Amour. Il vit en ces terres une vie de plénitude et cet avant-goût de paradis le force, une fois un âge avancé atteint, à vouloir y retourner pour finir sa vie.

Le Pays Creux tient plus du conte que du roman de fantasy à mes yeux. On suit le parcours initiatique d'un héros qui, mortel, commet de nombreuses erreurs. Son principal faux pas réside dans son désir de rendre justice lui-même. En prenant ainsi la place de Dieu, il outrepasse son statut de simple être humain et s'attire la foudre du destin. Cet ouvrage est imprégné de la culture chrétienne, des croyances des hommes. Il s'agit d'une épopée teintée de religion que nous offre ici William Morris. Seulement, on peut tout de même considérer que l'oeuvre est effectivement du domaine de l'heroic fantasy ; notre héros est un chevalier évoluant dans un monde inspiré du Moyen-Âge, il affronte une Reine qui semble osciller entre la créature qui le pousse à la faute et celle dont la mort l'oblige à se repentir toute sa vie durant. Le mélange entre fantasy et religion est assez habile ; il permet de séduire un type de lecteurs qui se serait laissé facilement effrayer par un conte tournant uniquement autour de la religion chrétienne pure et dure. Je fais partie de ce groupe-là et j'ai été surprise de ne pas être rebutée par la présence constante de la religion.

Les personnages sont très peu explorés, mais cela semble naturel. On se retrouve tellement pris dans les pensées du héros, dans ses réflexions, que ce n'est qu'une fois la lecture terminée que l'on se demande pourquoi on sait si peu de choses sur qui il est, tout en connaissant la quasi-totalité de son histoire. L'homme que Florian de Lilis cherche à retrouver est présenté comme un être malfaisant tout au long de la quête et, lorsqu'il apparait à la fin, on se rend compte qu'il n'y a pas de personnes bonnes ou mauvaises ici, mais plutôt des personnes ayant suivi ce qu'elles pensaient être juste. Des personnes qui ont dû passer leur vie entière à chercher le pardon pour leurs erreurs.

Notre héros retrouve enfin le Pays Creux lorsqu'il a terminé sa quête de rédemption. Un avant-goût lui avait été offert afin qu'il puisse trouver un sens à sa vie, sens qu'il a découvert après de nombreuses épreuves. On retrouve là tout le processus dicté par la religion, mais qui colle à nouveau à la quête d'un héros de roman de fantasy.

Malgré la construction habile du conte, je n'ai pas réussi à entrer complètement dans cette lecture. Le vocabulaire employé n'est pas celui que je côtoie habituellement et cet aspect m'a plu, mais cela n'a pas suffi. Je n'arrive pas réellement à définir ce qui n'a pas fonctionné avec moi ; peut-être le fait que, finalement, 52 pages se lisent bien trop vite pour avoir le temps de plonger la tête la première au coeur de l'histoire. Cela peut aussi tenir dans le côté flou de l'organisation des événements : le récit est celui d'un vieil homme contant sa vie, un homme qui prévient celui qui l'écoute que sa mémoire peut se révéler être défaillante. J'ai peut-être été perdue dans cette défaillance du personnage.

Le Pays Creux est un conte agréable à lire pour qui n'a pas peur de se retrouver face à un langage plus soutenu qu'à notre époque. J'ai réussi à lire facilement ce livre, à apprécier ce qu'il avait à apporter, mais ce n'est pas un ouvrage qui m'a réellement marquée. Peut-être ai-je aussi eu du mal à saisir tout ce qu'il avait à m'offrir.

Je remercie les éditions Aux Forges de Vulcains pour m'avoir permis de découvrir l'un des tous premiers ouvrages de fantasy.

Long est le chemin du repentir

vendredi 24 août 2012

Les Fragments Divins, Tome 1 : L'Eveil de S.Jr.Germain

Mes lectures de l’été se sont résumées à… Très peu de choses. Toujours en vadrouille, je n’ai pas réussi à tenir le cap de mes objectifs : résultat, au lieu de réduire ma PAL, je n’ai fait que la nourrir. La fin des vacances pointant le bout de son nez, je reprends peu à peu mes bonnes vieilles habitudes et je suis venue à bout du premier tome de la saga Les Fragments Divins, L’éveil. J’ai lu ce livre via un partenariat avec le forum A&M et je remercie l’auteur, S.Jr.Germain pour avoir offert au forum cette opportunité. Le livre est paru en janvier 2012 aux Editions du Yin et du Yang. Il est composé de 478 pages. Merci à lolly pour la correction !



Quatrième de Couverture
La quête du divin?

Esprit cartésien gouverné par la raison et la logique, Lorin Whitley est un homme de sciences, spécialisé dans le domaine de l’anthropologie. Ses convictions sont toutefois mises à l’épreuve à partir du moment où son meilleur ami disparaît dans des circonstances nébuleuses.

L’univers de Lorin, ainsi que celui de la Terre entière, bascule à tout jamais lorsqu’il apprend qu’il serait l’élu d’une prophétie vieille de plusieurs milliards d’années. Confronté à sa destinée, les événements se bousculent alors qu’il tente désespérément de trouver les réponses nécessaires avant qu’il ne soit trop tard. Son chemin l’amènera à faire la rencontre d’alliés inusités ainsi que de redoutables ennemis, mais plus important encore, il tentera de trouver un sens à sa vie.

Chaque choix comporte son lot de conséquences, mais jusqu’où Lorin sera-t-il prêt à aller pour défendre ses idéaux? Deviendra-t-il le sauveur de la race humaine ou bien le catalyseur de son asservissement?

Lorsque tout espoir semble anéanti, aura-t-il le courage d’accomplir le sacrifice ultime?

Cette ambitieuse odyssée aux proportions épiques explore les fondements de ce qui constitue l’essence même de notre humanité, ébranlant nos conceptions les plus solidement ancrées. Action, fantaisie, fiction, religion, philosophie, sciences et métaphysique se marient à un niveau encore jamais exploité. Il s’agit d’un véritable hymne à la vie et aux mystères de la Création.

Mon avis
Le premier tome de la saga Les Fragments Divins suit les aventures de Lorin Whitley, un anthropologue aux talents cachés et des personnes qu’il rencontre au fil du roman. Lorin se retrouve, suite à la disparition de son meilleur ami, Martin, confronté à des idées qui dépassent son entendement et qui le poussent à revoir sa vision du monde. Au détour d’aides inattendues et de rencontres improbables, il va apprendre qu’il n’est pas un être humain comme les autres et qu’une autre destinée à été choisie pour lui…

La couverture du livre est intrigante et fait très vite son petit effet. L’illustration est superbe et elle nous prépare à un ouvrage très tourné vers de la science-fiction. La quatrième de couverture n’en révèle pas trop, juste ce qu’il faut : c’est ce qu’on attend d’une mise en bouche. Dans l’ensemble, la mise en page est bonne, la police agréable pour les yeux. Le problème du livre dans sa forme vient des nombreuses fautes que l’on peut y trouver : elles sont assez récurrentes et elles m’ont régulièrement sortie de ma concentration.

La trame de fond est plutôt intéressante : mêler les sciences à l’occulte et surtout dépasser les certitudes humaines est un bon pari. On voit rarement des livres qui allient les divinités à notre univers et son fonctionnement. Ici, nous avons droit à des dieux, des démons, des humains modernes et des extraterrestres maîtres en matière de connaissances scientifiques. Le risque est pris avec succès.

Malheureusement, une très bonne idée ne suffit pas toujours. Ce premier tome contient trop d’informations qui perdent vite le lecteur. De plus, l’auteur ne met pas seulement en avant le personnage principal, mais tous les personnages qui tiennent un rôle dans le tome et on perd facilement le fil des choses au milieu de tous ces noms à retenir, de toutes ces idéologies et de tous les actes de chacun. Avec autant de personnages, on ne réussit pas à s’attacher à un en particulier, même le héros n’a pas trouvé grâce à mes yeux.
Le personnage principal est agaçant : il a réponse à tout, est doté d’une sagesse à toute épreuve, possède une technique de combat sans faille et trouve sans difficultés tous ses alliés ainsi que les armes qui vont lui permettre de venir à bout de ses ennemis. Ses paroles sonnent faux, de tels discours ne semblent pas accordés avec la situation qu’il traverse. Jennifer, la première personne en qui il trouve de l’aide, passe de la jeune femme amoureuse et réservée dans ses sentiments à une combattante hors pair au passé trouble. On comprend mieux sa réserve, mais certaines de ses réactions sont exagérées : d’abord pleine de ressources, elle devient une hystérique qui ne sait pas se tenir alors qu’avec ses antécédents, elle devrait être capable de se contenir. Lumina, l’ange, est le personnage qui m’a laissée le plus perplexe. Lorin et Jennifer sont des êtres humains, on comprend leurs émotions, leurs réactions, mais Lumina est un ange, elle est conçue sur un modèle plus divin et, tout au long de sa présence dans le roman, elle passe pour plus faible qu’un simple humain. Elle est happée par des sentiments, elle ressent du remord à mentir à des gens qu’elle connaît à peine mais, par contre, elle vit très bien le fait de voir sa foi s’ébouler sous elle et, surtout, elle n’a pas de remords à trahir les siens… J’ai eu du mal à concevoir cette idée, à me faire au fait qu’une personne non humaine qui n’a été guidée que par sa dévotion à sa déesse se retrouve à mettre ses convictions profondes de côté en côtoyant tout simplement deux êtres humains sceptiques durant quelques jours. Selon moi, ça va bien trop vite, de trop nombreuses étapes sont brûlées. David est aussi un personnage pour qui tout va trop vite : il est profondément marqué par son histoire personnelle et il aurait fallu plus de temps, à mon sens, pour qu’il réussisse à passer outre ses problèmes de rigidité émotionnelle. Les quatre protagonistes cités sont parmi les plus importants, mais ils ne sont pas exploités au maximum à cause de l’éparpillement de l’auteur : il y a encore de nombreux personnages qui apparaissent et dont la psychologie n’est malheureusement qu’effleurée.

L’auteur du roman a voulu mettre trop de détails dans son premier tome et, même si c’est nécessaire, cela gâche une bonne partie de la lecture. Certaines descriptions sont superflues, elles n’aident pas le lecteur à mieux comprendre, mais le perdent plutôt dans des paragraphes qui cassent le rythme du récit, comme lorsque des termes scientifiques sont trop détaillés ou lorsque les pensées et les actes des personnages sont décortiqués sans alors permettre au lecteur de s’interroger ou de faire ses propres hypothèses. Les combats sont bien décrits mais trop longs aussi, certaines descriptions des impacts ou des esquives cassent le rythme de l’action et les scènes ont ainsi souvent perdu de leur cachet. D’ailleurs, au cours de ces combats, j’ai été dérangée par la facilité avec laquelle deux humains, un cyborg et un ange pouvaient venir à bout de tous leurs ennemis. Je suis une inconditionnelle des difficultés, des coups reçus et des obstacles qui se dressent devant les héros mais là, je n’ai pas eu énormément d’épreuves à me mettre sous la dent. Tout s’enchaîne trop vite, trop facilement : la formation du groupe, la découverte d’armes qui font quasiment tout le travail toutes seules… J’aurais réellement aimé plus de difficultés, de chutes, de sang… La facilité n’est pas mon fort.

La chronologie utilisée est aussi surprenante. Il se passe énormément de choses en moins de dix jours, puis plus rien n’arrive les dix jours suivants. Les démons se replient, les attaques cessent. Seule la ville de Boston est touchée et nos héros ne croisent personne : ni démons, ni extra-terrestres, ni forces de l’ordre. Ces dix jours de flottement sont d’autant plus étranges qu’ils servent à concrétiser l’attirance de Lumina et Lorin et transforment ce lien récent et fin en un amour fort et fusionnel. Sur un fond de guerre avec un personnage comme Lorin qui fait preuve de sagesse et de détachement, c’est un peu énorme, mais si on ajoute à cette situation le fait que Lumina est un ange, c’est encore plus surprenant. Je suis une partisane des relations qui mettent du temps à se construire et les histoires d’amour faciles ne trouvent jamais grâce à mes yeux.

En somme, l’auteur possède une bonne idée de base, mais il se perd dans le temps restreint qu’il donne à son histoire, dans la complexité des relations entre les différents personnages dont il a besoin et dans toutes les révélations qui lui sont nécessaires pour que les lecteurs puissent comprendre ce qu’il se passe. Selon moi, il aurait fallu faire un choix entre une action de quelques jours seulement et des personnages aux liens forts. J’ai beaucoup aimé voir l’humanité réduite à très peu de chose, la voir impuissante face au combat de titans qui se prépare. J’ai été particulièrement agacée par les monologues de Lorin qui découlaient tous, sans exception, sur une admiration sans bornes de la part de ses interlocuteurs alors qu’en tant que lectrice, je n’ai rien ressenti du tout. Ce n’est pas le premier roman où le héros me déplaît fortement et j’espère vraiment que l’auteur saura mettre plus en valeur les personnages secondaires, comme Jennifer, car ils sont plus humains et largement plus intéressants. Je pense poursuivre l’aventure parce que, lorsque je commence une saga, je ne peux que rarement m’arrêter en chemin.

Je tiens à remercier le forum et surtout l’auteur qui a placé sa confiance entre mes mains. J’espère sincèrement que mon avis sera perçu non pas comme une mauvaise critique mais bien comme une chronique visant à mettre en lumière les points forts et les failles de l’œuvre.

Un bon mélange de religion et de sciences !

mercredi 8 août 2012

Monstres ! Anthologie dirigée par Jacques Fuentealba

Et dire que j'avais prévu de profiter de mon été pour lire encore et encore ! finalement, je passe plus de temps à faire la fête qu'autre chose... Je me rattraperai à la rentrée je pense !

Monstres ! est une anthologie des éditions Céléphaïs que j’ai eu l’occasion de lire grâce à un partenariat avec le forum A&M. Elle a été publiée en 2012 et est composée de 308 pages. Cette anthologie est dirigée par Jacques Fuentealba.Merci encore une fois à Michiko pour sa correction sur le forum !

Auteurs
Lewis Shiner, Bill Congreve, Jeffrey Thomas, Alan Baxter, Lavie Tidhar, Steve Rasnic Tem, Kaaron Warren, Pablo Dobrinin, Fermín Moreno, Carlos Gardini, Pedro Escudero, Marc R. Soto, Nuria C. Botey, David Pierru, Yohan Vasse, Celia Deiana, Nelly Chadour, Timothée Rey, Marija Nielsen, Leonor Lara, Marc-Olivier Aiken.



Quatrième de Couverture
Des eaux troubles de l’océan aux pistes des cirques les plus étranges, de l’apparente normalité de demeures anonymes aux villes cauchemardesques ou fantasmatiques, du passé légendaire aux futurs post-apocalyptiques, voyagez aux côtés de monstres du folklore (vampires, loups-garous, fantômes, Léviathan), de phénomènes de foire comme d’abominations échappant à toute classification. Tour à tour proches de nous, miroirs déformants ou hideuse altérité, les créatures qui peuplent cette anthologie vous convieront à un tour du monde de la littérature fantastique, à travers vingt-et-une nouvelles d’auteurs d’origine américaine, australienne, israélienne, espagnole, argentine, uruguayenne ou française.

Ecrire reste une aventure.

Mon avis
L’anthologie Monstres ! regroupe vingt-et-une nouvelles de fantasy, fantastique et science-fiction abordant le thème du monstre et toutes ses définitions. Que ce soit la monstruosité humaine, la monstruosité engendrée par les autres ou les monstres d’autres espèces, rien n’est oublié.

La couverture de l’anthologie annonce clairement la couleur avec ses petits monstres exposés dans des bocaux. La qualité du papier est là, la présentation et surtout les dessins sont très soignés. La mise en page permet une lecture agréable et le petit texte, précédent chaque nouvelle, qui présente l’auteur est bien pensé. Comme toujours, j’ai lu l’avant-propos une fois ma lecture terminée pour ne pas en savoir trop à l’avance et me forcer à me creuser les méninges : Jacques Fuentealba a su trouver une organisation bien pensée pour classer ces textes.

La première chose qu’il faut souligner dans cette anthologie est la diversité culturelle des textes qu’on peut trouver. Les auteurs viennent du monde entier et c’est une opportunité rare. Je n’ai pas pour habitude de lire d’autres auteurs que les auteurs français, les auteurs anglais, les auteurs américains car ils sont les plus communs dans les commerces. Pouvoir retrouver des auteurs espagnols ainsi que d’Amérique Latine dans ce recueil m’a permis d’élargir mes horizons littéraires. J’y ai découvert des auteurs que mes lectures habituelles ne m’auraient pas présentés et j’ai désormais quelques nouveaux noms dans ma liste d’auteurs à suivre.

Tous les aspects du monstre sont abordés et cela nous permet de revoir notre propre définition du mot monstre. Est-ce qu’un monstre est une bête qui hante nos cauchemars d’enfant ? Ou est-ce qu’un monstre est tout simplement le nom que l’on donne à celui qui ne nous ressemble pas et ne pense pas comme nous ? Ou même, est-ce que le monstre n’est tout simplement pas celui que l’on voit dans le miroir ? Le recueil commence par la monstruosité divine et retrace plutôt bien cette sorte de fascination qu’elle exerce chez l’homme. On passe ensuite à des nouvelles qui abordent la Mort, j’ai d’ailleurs beaucoup aimé Fantômes de Carlos Gardini qui parle du deuil de façon différente. Les nouvelles suivantes abordent les monstres qui m’ont le plus perturbée (du bon côté), les nouvelles qui abordent les travers humains et la monstruosité de notre espèce. Mes nouvelles préférées de ce recueil sont celles-là. Altera in alteram ou encore Les meilleurs partent les premiers sont délicieusement horribles, Mater Insania est à la fois triste et terrible, tous les aspects de la nature humaine abordés ici nous poussent à réfléchir et c’est ce qu’on attend d’un écrit. Les deux nouvelles qui viennent ensuite abordent les monstres qui hantent nos plus sombres cauchemars et je les ai trouvées extrêmement bien écrites. Elles sont touchantes, elles poussent les personnages à se dépasser et les détruisent peu à peu. On se sent proches des personnages et on compatit pleinement à leur malheur. Ensuite, viennent deux nouvelles parlant du monstre suprême de l’enfance : le loup, aussi effrayant que dangereux. Les dernières nouvelles abordent monstres marins, monstres du futur, tous plus horribles les uns que les autres. On termine sur une nouvelle des plus troublantes, qui suit l’évolution d’un homme dont le physique est monstrueux, dont les actes sont en apparences ceux d’un monstre mais qui, au final, n’est un monstre qu’aux yeux de ceux qui en ont peur et ne cherchent pas à creuser plus loin. Un peu comme nous tous, non

Les auteurs sont tous différents, ils ont chacun leur vision du monde mais une chose leur est commune : le talent. Ils ont tous été capables de me transporter dans leur univers. J’ai eu un peu de mal avec Zombie Revenge Psyché et Lanjnoir à cause du côté science-fiction mais, même là, j’ai réussi à suivre et à me poser des questions intéressantes. Ce recueil fait partie de ceux où je fais une pause à chaque nouvelle pour pouvoir réfléchir à ce que je viens de lire. Les sens de ces nouvelles ne sont pas forcément cachés et à trouver soi-même mais ils poussent à se poser des questions sur le monde, sur le thème, sur les personnages… En préparant le pot-au-feu par exemple, ne demande par forcément de se creuser les méninges pour comprendre le sens de la nouvelle mais j’ai reposé le recueil parce que je n’ai pu m’empêcher d’imaginer la suite pour la mère du petit garçon… C’est ce que j’ai aimé dans ce recueil. Les textes n’ont pas été choisis au hasard : il n’y a que du très bon au cœur de ces pages. Les différentes plumes sont excellentes et peuvent plaire à différents types de lecteurs. Cette diversité est une bonne chose.

Monstres ! est donc un recueil qui permet d’abord le thème du monstre sous toutes ses coutures à travers des auteurs aux styles différents et très intéressants. On passe de personnages en personnages sans jamais se lasser car ils ont tous quelque chose d’attachant ou d’attractif et finit par en vouloir plus. C’est un recueil qui saura trouver ses lecteurs du côté des fans de fantasy et de fantastique ainsi que de science-fiction. Il plaira à tous ceux qui veulent faire travailler leur imagination et qui n’ont pas peur de se frotter à des images peu appétissantes ou à des histoires déroutantes.

Je remercie les éditions Céléphaïs pour cette découverte et le forum A&M pour m’avoir permis de mettre le doigt sur ce petit bijou. Et un grand merci à Michiko pour la correction de ma chronique !

Qui est vraiment le monstre ?