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Rambalh, c'est un pot pourri de mes lectures, un blog pour partager mes coups de coeur et de gueule. Rambalh signifie Bordel en Occitan et c'est un peu le cas de ce blog. Il est surtout né de mon besoin de garder une trace de mes lectures. Retrouvez-moi aussi sur Accros & Mordus de Lecture.

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dimanche 17 août 2025

Mechanism of the Heart, Tome 1.5 : Will you stay ? / The Wish d'Alicia Garnier

Je n'ai que trois ans de retard sur mes chroniques mais, au moins, en refaisant le tour de la saga Mechanism of the Heart d'Alicia Garnier je suis pile dans l'actualité littéraire : le réédition du premier tome sort à la fin du mois chez Hugo Roman dans la collection New Romance, si ça c'est pas un super timing !



Quatrième de Couverture
De retour à Wilmington, Dawn et Garrett apprennent à se redécouvrir. Les quatre années passées loin l’un de l’autre ont laissé des cicatrices qu’ils n’avaient pas soupçonnées. Alors qu’ils préparent leur premier Noël ensemble, des doutes ne tardent pas à s’immiscer. Et s’ils faisaient une erreur ? Entourés par leurs proches, ils vont devoir faire face à la réalité et assumer leurs choix plus tôt qu’ils ne le pensent…
Le soir du 24 décembre les bouleversera à jamais.

Mon avis
The Wish est un court tome de transition dans la saga Mechanism of the Heart qui permet de clore le chapitre de Garrett et Dawn avant de glisser vers celui de Derek. Alicia Garnier nous entraîne quelques mois après les retrouvailles entre Garrett et Dawn pour nous permettre de voir comment ils reconstruisent leur relation.

Durant les quatre années où ils ont évolué chacun de leur côté, ils ont changé, évolué. Ils doivent donc se redécouvrir mais surtout finir de panser les dernières blessures qu’ils se sont infligées. Ce tome met ainsi l’accent sur l’introspection, sur le pardon et le lâcher-prise. Pour les lecteurs qui veulent en savoir plus sur Dawn et Garrett, c’est une bonne opportunité. Personnellement, la conclusion du tome 1 m’avait suffi et j’aurais pu me passer de cette petite suite. Cependant, ce tome de transition permet aussi de servir de prologue au tome 2 en mettant en lumière Derek, le frère de Garrett, qui est au centre du tome suivant, The Void. Le fil conducteur qui tisse l’intrigue à venir est assez bien mis en place et m’a donné envie de plonger dans la suite.

Mechanism of the Heart Tome 1
Les avis des Accros & Mordus de Lecture

samedi 15 mars 2025

Mechanism of the Heart, Tome 1 : Will you play ? d'Alicia Garnier

Décembre 2022 a été une période de nostalgie côté lecture puisque j'ai poursuivi mes lectures qui me permettaient de replonger dans la vieille époque du Booktube. J'ai donc continué ma découverte d'Alicia Ganier en commençant sa saga Mechanism of the Heart. La romance n'est vraiment pas mon genre de prédilection mais, de temps en temps, je me dis qu'on peut être surpris.



Quatrième de Couverture
Les règles sont faites pour être brisées...

Alors que sa carrière de galeriste démarre à peine, Dawn rencontre l’homme idéal. Celui qui va l’aimer, la faire se sentir unique et combler toutes ses attentes. Sauf qu’en trouvant l’amour, elle a l’impression d’avoir perdu Garrett, son meilleur ami. Celui qui a grandi à ses côtés, qui partageait avec elle le goût du danger, des paris insensés, et qui apportait le brin de folie qui donnait du sens à sa vie…
Garrett n’en revient pas. Dawn en couple ? Avec ce type ? Monsieur Parfait a beau cocher toutes les cases, il n’a pas la moindre idée du diamant brut qu’est sa meilleure amie... Mais si Dawn ne voit pas que ce type est fade et banal, que peut-il y faire ? Rien. À part trouver, lui aussi, une copine. De préférence une qui causera à Dawn la même peine que celle qu’il ressent… Car tout ça n’est qu’un jeu, non ?

Mon avis
Dawn et Garrett sont amis depuis des années. Ils ne se sont jamais quittés et adorent se lancer des défis du genre Cap ou pas Cap ? depuis l’enfance. Leur relation commence doucement à se détériorer lorsqu’ils entrent dans l’âge adulte et construisent leurs vies avec d’autres personnes…

Will you play ? est une romance que j’ai lue pour poursuivre ma découverte des écrits d’Alicia Garnier (nostalgie du Booktube d’il y a quinze ans). La romance, ici dans le sous-genre New Romance, n’est toujours pas un genre qui me plait. J’aime bien en lire de temps en temps lorsque je me laisse avoir par la popularité d’un livre mais je ne pourrais pas en lire plusieurs à la suite sans m’ennuyer ferme.

Alicia Garnier écrit bien. Elle explore progressivement la psychologie des personnages qu’elle a construit et ça fonctionne plutôt bien. J’ai bien aimé suivre l’histoire de Dawn et Garrett sans avoir envie de m’identifier un instant à eux : preuve que le style fonctionne bien même sur une lectrice dont ce n’est clairement pas la came.

J’ai lu ce livre il y a trèèèès longtemps et je n’ai pas d’énormes souvenirs des détails de l’intrigue mais je garde en tête une impression de lecture agréable, qui reste qualitative et qui a su me couper du monde le temps de quelques pages.

A lire si vous aimez la New Romance ou si vous voulez la découvrir.

Les avis des Accros & Mordus de Lecture

lundi 3 mars 2025

The Wicked Deep - La Malédiction des Swan Sisters de Shea Ernshaw

Petite pause dans les lectures de Noël avec un retour à la littérature mi-fantastique mi-fantasy avec une pointe de girl power, le tout dans une ambiance bien poisseuse comme on l'aime : The Wicked Deep de Shea Ernshaw, clairement choisi au départ pour sa superbe couverture.



Quatrième de Couverture
C’est une histoire de vengeance... Il y a près de deux siècles, Marguerite, Aurora et Hazel Swan, trois jeunes femmes belles, libres et indépendantes, furent accusées de sorcellerie par les habitants de la ville de Sparrow. Des pierres accrochées aux chevilles, les trois sœurs furent noyées. Exécutées. Depuis ce jour, chaque année au mois de juin, les sœurs Swan sortent des eaux de la baie pour choisir trois jeunes filles, trois hôtes. Dans le corps de ces adolescentes, Marguerite, Aurora et Hazel reviennent se venger. Et cette année encore, Penny le sait, alors que les touristes afflueront, on retrouvera des cadavres de jeunes hommes sur la plage… Car cette malédiction, rien ne semble pouvoir l’arrêter.

Une fiction d’une force envoûtante aux frontières de la sorcellerie et de la magie. Êtes-vous prêts à rencontrer les "Swan Sisters" ?

Mon avis
Chaque année, la ville de Sparrow est frappée par de tragiques noyades. Elles ne touchent que de jeunes hommes toujours à la même période. Les habitants savent qu’il s’agit de la malédiction des Soeurs Swan. Depuis deux siècles, elles viennent venger leur propre mort par noyade.

The Wicked Deep nous plonge dans un huis clos poisseux à l’air chargé de sel et d’humidité. Même si l’histoire a lieu au début de l’été, sous un ciel bleu, c’est une ambiance brumeuse qui nous écrase tout au long de la lecture. Le mystère qui étreint les lieux nous enferme dans un brouillard métaphorique qui se mêle à la métaphore générale tissée autour de l’eau.
Au coeur de cette ambiance humide, la ville de Sparrow s’ouvre sous nos yeux à travers un paradoxe particulier. Tous les ans, la malédiction des Soeurs Swan vient inlassablement prendre la ville dans son étau et, pourtant, le tragique permet à la ville de prospérer : le tourisme explose à cette période de l’année et les habitants jouissent économiquement de leurs propres malheurs. Finalement, que sont quelques sacrifices par an, qui peuvent même être incarnés par des touristes, face à ces richesses ?
Il en va de même pour les jeunes femmes de la ville qui oscillent entre l’envie d’être possédées par l’âme de l’une des Soeurs Swan et la peur d’être châtiées pour la possession d’un tel pouvoir. On en revient à la pression mise sur les femmes, le pouvoir qu’on leur prête sur les hommes et qu’on cherche sans cesse à leur faire payer alors, qu’en réalité, ce sont les hommes qui cherchent simplement à punir les femmes pour le simple fait d’exister par elles-mêmes…

À travers le regard de Penny, habitante de Sparrow, et Bo, jeune homme étranger à la ville qui vient pour en apprendre plus sur la malédiction étrange qui frappe la ville, on suit le déroulé de ces quelques jours de l’année où les Soeurs Swan viennent prendre la vie de quelques jeunes hommes. J’ai mis le doigt sur le plot twist avant qu’il ne se dévoile et ce n’est pas une mauvaise chose : il y a toujours quelque chose de satisfaisant à comprendre les rouages d’un mystère, aussi simple soit-il. Le basculement régulier entre passé et présent se fait de façon assez fluide et le style d’écriture colle plutôt bien à l’ambiance voulue. La clôture de l’intrigue est plutôt réussie, je n’ai par contre pas accroché au choix fait pour les personnages une fois la fin écrite, je ne suis pas convaincue.

J’ai aimé ma lecture pour son côté page turner, pour le caractère particulier des personnages et surtout pour le décor planté tout au long des pages. The Wicked Deep n’est pas un roman inoubliable mais il permet de passer un bon moment de lecture et de soulever des questions qui vont au-delà de la simple fiction et c’est ce que je demande à un livre.

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mercredi 19 février 2025

La Passeuse de Mots, Tome 1 d'Alric et Jennifer Twice

Parce que quand on est du côté de Montpellier, il est difficile de passer à côté du phénomène La Passeuse de Mots.



Quatrième de Couverture
Dans le royaume de Hélios, les mots ont un pouvoir. Celui de créer, d’équilibrer, puis de détruire le monde. Lorsqu’on les prononce, aucun retour en arrière n’est possible.

Arya, une jeune fille de la capitale, est passionnée de livres. Elle en dévore chaque mot. Mais elle est loin de se douter qu’elle est la clé pour sauver son royaume, le seul qui ait restreint l’utilisation de la magie grâce à un traité. Un traité qui ne plaît pas aux rebelles, prêts à tout pour l’éradiquer.

À l’aube des changements qui s’annoncent, les Mots se réveillent pour établir l’ordre dans le chaos, la vérité dans l’illusion.
Ils attendent leur Appel. Celui de la Passeuse de Mots.

Mon avis
Arya, apprentie pâtissière, voit sa vie prendre un tournant lors de l’attaque de la capitale du royaume d’Hélios. Fuyant la ville dans l’espoir de retrouver sa famille, Arya va devoir affronter de nombreuses épreuves, aidée par de nouveaux compagnons croisés sur sa route. Dans un monde où la magie a été bannie, le destin d’Arya ne serait-il pas finalement hors norme ?

La Passeuse de Mots propose ce qu’on attend d’une saga fantasy : une héroïne qui sort du lot, un prince, un voleur mystérieux, un gentil soldat, une créature de la nuit, une grande catastrophe, une lourde menace, une famille disparue… Tout au long des sept cent pages, les codes sont respectés, on coche méthodiquement chaque case du bingo d’un premier tome fantasy. C’est presque trop : trop attendu, trop d’épreuves qui s’enchaînent, trop de détails dans un univers trop bien construit… On sent l’envie des auteurs de présenter l’ensemble de ce qu’ils ont imaginé mais un poil de mesure ne m’aurait pas dérangé. Au-delà de ça, on se laisse facilement prendre au jeu et on plonge sans problème dans l’histoire.

Et le style d’écriture facilite la lecture, il est assez plaisant et facile à digérer. C’est plutôt la construction de l’intrigue et le rythme général qui m’ont dérangée. On sent que ce premier tome a fait ses armes sur Wattpad : les chapitres sont très courts, ornés de cliffhanger, ce qui colle au format d’origine pour accrocher le lecteur et le faire revenir… Mais au format roman, ça a fini par me lasser. L’aspect page turner du départ a pris un tournant saccadé et, si je comprends que c’est un format qui fonctionne très bien aujourd’hui, ce n’est pas ce qui me rend une lecture agréable. J’ai quand même passé un bon moment, preuve que l’histoire et le style ont quand même su me garder sur la route de la lecture.

Ce premier tome permet de se lancer dans la fantasy française qui est riche et trop souvent oubliée au profit de la fantasy britannique ou américaine. Et rien que pour ça, lire La Passeuse de Mots est une bonne idée !

C’est pas la saga du siècle mais elle a droit à une campagne marketing qui lui permet de sortir du lot. Certes, ça se lit très bien mais si on est adepte de fantasy, on a déjà lu la même chose ailleurs.

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mercredi 12 février 2025

Zizi Cabane de Bérengère Cournut

On est toujours en 2022, au coeur de mes vieilles lectures que je n'ai pas toutes oubliées, comme Zizi Cabane de Bérengère Cournut !



Quatrième de Couverture
Odile a disparu, laissant derrière elle son mari Ferment et leurs trois enfants : Béguin, Chiffon et la jeune Zizi Cabane. Tante Jeanne arrive à la rescousse, Marcel Tremble surgit de nulle part. Chacun doit s’inventer une nouvelle vie, mais rien ne se passe comme prévu dans la grande maison. D’étranges phénomènes se produisent, les chagrins roulent sur des pentes inattendues…

Mon avis
Bérengère Cournut nous offre un spectacle merveilleux fait de vers libres et de cascades d’images particulières. À travers les étapes complexes du deuil, de la disparition brutale de la mère, le roman nous plonge au coeur des rouages d’une famille pas comme les autres. Odile est partout et nulle part à la fois. Elle est dans cette maison qui prend l’eau, dans ses enfants qui attendent en vain son retour et dans le souffle de vie qui anime le récit.

Lire du Bérengère Cournut, c’est toujours une aventure particulière. C’est poétique, fin, ça explose en bouche et on ne sait jamais sur quel arôme on va tomber… On sait simplement que ça ne va ressembler à rien de ce que l’on a déjà goûté, ou alors un peu à notre enfance, un peu à un voyage, un peu à un rêve…

Zizi Cabane c’est doux, c’est fort, ça brusque mais ça câline aussi. C’est beau et ça me conforte dans l’idée que j’aime vraiment bien le style de Bérengère Cournut, surtout lorsqu’il me sort de ma zone de confort.

Je suis sortie de moi – il faisait frais, il faisait jour
Je pouvais couler entre les graviers, caresser l’herbe et mouiller la terre
Je pouvais serpenter, dévaler, tout emporter – si je le voulais
” p36


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dimanche 9 février 2025

Billie's Blues de John Harvey

Parce que, parfois, j'aime bien piocher dans les boîtes à livres qui croisent ma route !



Quatrième de Couverture
Un ange. Ce fut la première image qui lui vint à l'esprit. En voyant de quelle façon elle gisait sur le dos, les bras écartés, comme un ange tombé dans la neige. Les pans de son manteau ouverts, les pieds nus, une tache sombre au centre de sa robe, les doigts recroquevillés. Quelques flocons indolents se posèrent un bref instant sur son visage et ses cheveux. Une peau de porcelaine. Avec une température pareille, elle pouvait être morte depuis plusieurs heures ou plusieurs jours. Le médecin légiste saurait le dire.
Se redressant, Resnick jeta un coup d’œil à sa montre. Trois heures quarante-cinq, à peine plus d'une demi-heure depuis que l'appel leur était parvenu.

Une nouvelle inédite de John Harvey extraite du recueil Now's the Time.

Mon avis
Le corps d’une jeune prostituée est retrouvé et l’enquête est confiée à l’inspecteur Charles Resnick. Le témoin qui a découvert le corps n’est pas un inconnu pour Resnick.
Dans cette nouvelle, John Harvey propose une petite enquête qui s’insère dans la saga Charles Resnick.

Je n’avais jamais lu John Harvey, je ne connaissais évidemment rien de Charles Resnick mais j’ai trouvé Billie’s Blues dans une boîte à livres et je me suis dit que ça faisait bien longtemps que je n’avais pas lu de polar (vraiment, vraiment longtemps).

Le polar n’est clairement pas mon genre de prédilection mais le format court m’a poussé à sortir de ma zone de confort sans prendre trop de risques. Et c’est tant mieux : la lecture a été agréable, très fluide, le style d’écriture m’a beaucoup plu et le sordide de l’affaire m’a rapidement happée.
Et si ça a marché, c’est parce que John Harvey est très fort pour planter rapidement le décor ainsi que ses personnages sans trop en dire pour ne pas être redondant auprès de ses fidèles lecteurs mais en dosant parfaitement l’information pour réussir à garder l’attention des novices comme moi. Je ne connaissais rien de la saga Charles Resnick et ça n’a en rien gêné ma lecture.

Si un jour j’ai envie de me plonger dans une série de polar, je sais que je peux sans hésiter me plonger dans l’oeuvre de John Harvey qui a su me plaire avec cette petite nouvelle.


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samedi 8 février 2025

Moi, Tituba sorcière... de Maryse Condé

Après une longue année de pause, me voilà de retour avec un nouvel avis lecture. Moi, Tituba sorcière... de MAryse Condé, je l'ai lu il y a plus de deux ans (mon retard chroniques, et comme je suis assez bornée, je compte bien rattraper un jour ce retard). J'avais de longues heures d'avion à tuer à l'époque et je ne les ai pas vues passer en me plongeant dans ce roman.
Dans cet avis, je cite Daily Debby, une lectrice dont j'aime beaucoup suivre les vidéos sur Youtube et que je vous conseille de découvrir si ce n'est pas déjà fait !



Quatrième de Couverture
Fille de l'esclave Abena violée par un marin anglais à bord d'un vaisseau négrier, Tituba, née à la Barbade, est initiée aux pouvoirs surnaturels par Man Yaya, guérisseuse et faiseuse de sorts.
Son mariage avec John Indien l'entraîne à Boston, puis au village de Salem au service du pasteur Parris. C'est dans l'atmosphère hystérique de cette petite communauté puritaine qu'a lieu le célèbre procès des sorcières de Salem en 1692. Tituba est arrêtée, oubliée dans sa prison jusqu'à l'amnistie générale qui survient deux ans plus tard. Là s'arrête l'histoire. Maryse Condé la réhabilite, l'arrache à cet oubli auquel elle avait été condamnée, et, pour finir, la ramène à son pays natal, la Barbade au temps des Nègres marrons et des premières révoltes d'esclaves.

Mon avis
Tituba, connue comme l’une des victimes de la Chasse aux Sorcières de Salem, trouve sous la plume de Maryse Condé une véritable histoire. Avant d’être au service du Pasteur Parris, elle est née à La Barbade, elle a vécu mille histoires, mille souffrances, mille amours.

Moi, Tituba sorcière… est une superbe adaptation de l’histoire de Tituba par la grande Maryse Condé. Uniquement connue comme l’esclave bouc émissaire dans l’histoire de Salem, Tituba devient une personne à part entière et complète sous la plume de Maryse Condé. De sa naissance à sa mort, rien ne lui est épargné et Tituba traverse les épreuves avec une force folle, une détermination que peu auraient eu à sa place.
La beauté de l’écriture de Maryse Condé contraste avec la violence omniprésente dans le livre : si Tituba est une femme qui aime l’amour, et s’y perd souvent, l’autrice nous rappelle sans cesse que le monde est cruel et que Tituba ne peut être épargnée.

Beaucoup d’émotions contradictoires naissent de cette lecture, notamment parce que Tituba est une héroïne humaine, tout autant forte que faillible, pétrie d’orgueil, aussi attachante qu’agaçante. Maryse Condé a su faire d’un simple nom dans une liste de victimes un personnage entier, marquant et percutant.

Si ce livre est mon premier Maryse Condé, il ne sera clairement pas le dernier. Je l’ai traîné pendant dans années dans ma PàL et l’ai enfin lu il y a deux ans, sûrement grâce à Daily Debby qui ne rate jamais une occasion de faire la promo de Maryse Condé. Je conseille vivement d’aller découvrir ses recommandations et son amour pour Maryse Condé. Le Tome 1 de Ségou est d’ailleurs dans ma PàL et Debby me donne envie de l’en sortir très vite !

Et un petit lien vers un article de Debby parce qu'elle le vaut bien.

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lundi 5 février 2024

Les Sorcières de Hollow Cove, Tome 1 : La Sorcière de l’Ombre de Kim Richardson

Parfois, le régressif prend le dessus. J’ai eu envie de lire un peu d’urban fantasy, comme il y a 10/15 ans, une petit saga qui se lit vite, qui n’a rien de complexe, qui mélange quotidien et magie. La saga n’est pas exceptionnelle, même pas bonne en vrai, mais elle m’a permis de passer le temps quand je n’ai eu que ma liseuse à portée de main.



Quatrième de Couverture
Prêts pour votre prochaine aventure magique ?
Alors voilà, j’ai des ennuis. De gros ennuis. Je suis fauchée. Pire encore, mon copain vient de me larguer après cinq ans.
Que me reste-t-il à faire ? Emménager avec mes trois tantes excentriques dans leur maison de famille, le Manoir Davenport. C’est un endroit charmant, sauf que cette immense ferme adore dévorer les hommes. Oui, vous avez bien lu.
Si j’étais une humaine normale, je m’enfuirais en prenant mes jambes à mon cou. Mais comme je suis une sorcière... je ne fais absolument rien. Après tout, ils l’ont peut-être mérité, qu’est-ce que j’en sais ?

Je suis de retour à Hollow Cove, la communauté paranormale haute en couleur où les nymphes, les loups-garous, les trolls, les métamorphes, les sorcières et autres êtres hors du commun vivent en paix loin des regards humains. Alors que je prends mes marques dans ma nouvelle vie, je décide d’accepter la proposition de mes tantes et de rejoindre l’entreprise familiale : une société de surveillance chargée de protéger la ville et de tuer tous ceux qui chercheraient à lui nuire.
Mais ça fait un bout de temps que j’ai quitté le monde paranormal et mes pouvoirs magiques sont un peu rouillés. Pour tout dire, ils sont pratiquement invisibles.
La situation ne tarde pas à empirer quand les membres de notre communauté commencent à tomber comme des mouches. Et lorsque des démons débarquent à Hollow Cove, je sais qu’il est grand temps de prendre les choses en main et de leur régler leur compte. Une bonne fois pour toutes.

Ça va saigner. Je le sens.
Préparez-vous pour cette aventure magique palpitante et à hurler de rire !

Mon avis
Tessa Davenport revient à Hollow Cove, ville magique, après avoir été trahie par son mec. C’est une sorcière au caractère bien trempé, maladroite et qui a le don de se mettre dans des situations un poil trop complexes. Hollow Cove subit dans le même temps une vague de meurtres et Tessa va épauler ses tantes loufoques pour résoudre ce mystère.

Je n’ai que peu de souvenir de l’intrigue (bonjour lecture de 2022) mais, côté impressions, j’en garde une traduction moyenne, une intrigue légèrement bancale mais une lecture plutôt drôle et légère. C’est un tome qui n’est pas tellement bien écrit mais ça se lit vite, c’est léger, on rigole et, en creusant, les idées qui façonnent l’univers sont intéressantes. Les créatures qui peuplent Hollow Cove sont variées et montrent que la cohabitation n’est pas toujours simple. Cette petite ville magique se transpose facilement à la vie de tous les jours : commérage, jalousie, entraide, liens entre les générations… Il y a de l’idée, ce n’est pas bien mis en forme mais, en même temps, ce n’est pas ce que je demandais à ce livre en le lisant : je voulais du 12ème degré, du rire, un peu de magie et de la légèreté.

Je ne recommande pas cette lecture mais j’y ai trouvé mon compte et, un tome de temps en temps, ça détend et permet de débrancher le cerveau à chaque fois. Quand la fatigue mentale est trop forte pour réussir à se concentrer, ça me permet d’avoir quelque chose à lire !

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samedi 27 janvier 2024

L'ensorcelée de Salem de Katherine Howe

Voilà encore un livre qui a intégré ma PàL parce qu’il y avait Salem dans le titre. C'était un one shot à l'origine mais il semblerait qu'une suite soit sortie aux USA.



Quatrième de Couverture
Le pouvoir de cette sorcière a traversé le temps et la mort.
Qui retrouvera le livre auquel elle a confié ses secrets ?

En entrant dans la maison de sa grand-mère défunte, la jeune Connie n’imaginait pas que toute sa vie allait changer. Dans la bibliothèque qu’elle est chargée de vider, elle découvre un livre mystérieux avec, à l’intérieur, une clé et un nom dissimulé, à peine lisible : «Deliverance Dane ». Deliverance, l’une des jeunes femmes condamnées lors de la tristement célèbre chasse aux sorcières de Salem. Qui était-elle vraiment ?
Dès que Connie commence son enquête avec l’aide de son petit ami, l'intrépide Sam, les événements inquiétants se multiplient : sa maison est vandalisée et Sam tombe très gravement malade… Connie doit se rendre à l’évidence : sa découverte n’est pas seulement historique, mais magique. Et c’est désormais à elle de trouver la formule qui permettra de sauver son premier amour.

Entre révélations historiques et magie noire, une inoubliable histoire de sorcières, d’amour et d’aventures.

Mon avis
Spécialiste de l’Amérique coloniale, Connie doit trouver quel sujet de thèse elle souhaite développer. Dans le même temps, sa mère lui demande de se rendre dans une petite ville du Massachusetts pour vider et remettre en état la maison de sa défunte grand-mère. Là-bas, Connie va découvrir ses origines ainsi que son avenir. À travers l’Histoire mais aussi des phénomènes bien étranges, une menace semble planer au-dessus de Connie et ses proches. Son ancêtre est une des victimes de la chasse aux sorcières de Salem et elle va devoir enquêter sur cette histoire pour se préserver du danger qui la guette.

L’ensorcelée de Salem de Katherine Howe est présenté comme un thriller ésotérique mais les amateurs du genre seront déçus s’ils se lancent dans cette lecture. Il n’y a aucune surprise, aucun rebondissement inattendu, aucune subtilité dans l’écriture. Tout est prévisible du début à la fin et c’est bien dommage. L’intrigue est plate, convenue et sans réelle saveur. Les chapitres alternant entre présent et passé sont aussi très conventionnels. Les personnages eux-mêmes n’ont rien d’exceptionnels et l’enquête ne surprend jamais.

Si j’ai lu ce livre, ce n’est clairement pas pour sa qualité historique ou encore pour son scénario. Là où j’ai trouvé mon compte, c’est dans la description d’une petite ville, dans la mise en lumière d’une vieille maison et dans l’ambiance mystique mise en place. Et c’est tout. C’est un bilan bien maigre et je ne recommande pas cette lecture.

Heureusement, c’est un livre qui se lit très vite et les quelques heures de lecture que j’y ai passées m’ont permis de me vider la tête.

Les avis des Accros & Mordus de Lecture

samedi 20 janvier 2024

Briséïs, Tome 1 : La Citadelle intemporelle de Tiphaine Siovel

De temps en temps, je me laisse tenter par l’auto-édition. C’est rare uniquement parce que la plupart de mes lectures sont dénichées dans des bacs de livres d’occasion, le meilleur moyen que j’ai trouvé pour me laisser surprendre par un livre que j’achète au hasard. C’est grâce à la chaîne youtube de Christelle Lebailly que ce livre a atterri entre mes mains.



Quatrième de Couverture
Ses moindres gestes sont épiés.
Peut-elle vaincre seule la force ténébreuse qui a juré de la tuer ?

À dix-huit ans, Briséïs rêve d’échapper à son existence ennuyeuse de lycéenne. Quand son père physicien retrouve ses esprits après sept ans de catatonie, elle ne peut refuser l’expérience dangereuse qu’il lui propose. Mais après s’être réveillée dans une forteresse au savoir infini, choisie comme élève d’une élite secrète, Briséïs ne saurait dire si elle vit un rêve ou un cauchemar.

Piégée dans cette Citadelle oppressante, elle doit découvrir la vérité pour survivre. Mais ses actions sont surveillées et le temps lui joue des tours. Sa seule chance d’échapper à la forteresse pourrait être de rejoindre un groupe de rebelles…

Briseïs pourra-t-elle triompher de l’obscurantisme qui domine le monde ?

Mon avis
Briséïs ne rentre pas dans le moule et les perspectives d’avenir qu’on lui demande de tracer ne l’enchantent pas. Lorsque son père sort d’une léthargie de plusieurs années, son monde vacille : il l’envoie dans un autre monde, au sein de la Citadelle, où sont formées les élites du monde. Le savoir infini qui y est renfermé semble alléchant mais, peu à peu, la Citadelle se transforme en une cage aussi dorée qu’angoissante. Là-bas, le moule ne semble toujours pas fait pour Briséïs.

La Citadelle intemporelle réunit tous les ingrédients qu’on attend d’un premier tome de fantasy : une héroïne en quête de sens, un élément déclencheur, un tout nouvel univers à découvrir et l’apparition progressive d’obstacles et de mystères à franchir.

Nous découvrons peu à peu la Citadelle aux côtés de Briséïs et, comme elle, nous sentons rapidement que quelque chose ne tourne pas rond. Comme elle, on se sent très vite enfermés, perdus et peu enthousiastes face aux promesses que les gens autour essaient de lui offrir. Comme elle, on bute sur les faits imposés, sur la ligne directrice à suivre. Comme elle… Comme elle tout.
Ce premier tome a eu le travers de m’imposer la moindre réflexion. À aucun moment je n’ai eu l’occasion d’explorer par moi-même l’intrigue, les personnages, les lieux. L’univers est dense, semble bien construit, réfléchi, travaillé mais je n’ai pas eu la possibilité d’y voyager seule. Tiphaine Siovel déborde du descriptif nécessaire à la mise en place d’un univers vers un explicatif sans laisser place à l’imagination ou la nuance. Les éléments historiques utilisés sont intéressants, l’idée de départ est bonne mais la mayonnaise ne prend pas. Il manque selon moi une certaine finesse dans l’écriture : il faut savoir laisser croire au lecteur qu’il a son rôle à jouer à travers sa compréhension progressive de l’intrigue et, ici, aucune place ne m’a été laissée. Et, sans stimulation intellectuelle, sans possibilité de réflexion, je me suis ennuyée. Tout m’a été imposé et j’ai rapidement perdu l’intérêt qu’avait su faire naître en moi le résumé de la saga.

Le découpage de l’intrigue n’a pas su non plus me garder sur les rails : à peine commence-t-on à découvrir la Citadelle que tout s’arrête et on passe à un autre pan de l’intrigue. Je pense que ça vient là aussi du point faible de l’écriture : nous mener d’un point A à un point B sans nous laisser le temps de savourer l’instant, de réfléchir, de se fondre dans l’intrigue. Cette faiblesse d’écriture est un point qui peut largement s’améliorer par la suite, qui se travaille, mais je n’irai pas plus loin de mon côté. Les personnages sont eux aussi teintés du même travers : les nuances sont manquantes et la réflexion à leur sujet n’est pas permise.

Si je ne devais garder qu’une chose de cette lecture, ce serait le prologue qui m’a beaucoup plu et a su éveiller ma curiosité immédiatement. J’aurais aimé retrouvé cet effet-là tout au long de ma lecture.

La Citadelle intemporelle peut plaire aux lecteurs qui aiment se laisser guider de A à Z mais, si comme moi, vous avez besoin de liberté et de stimulation intellectuelle, ce premier tome risque de ne pas vous happer.

Les avis des Accros & Mordus de Lecture

samedi 11 novembre 2023

Lance-pierre de Mercedes Helnwein

Lance-pierre de Mercedes Helnwein a terminé dans ma PàL grâce à ma passion pour l’achat de livres d’occasion : un moyen d’acheter sur un coup de tête des livres au pif et de faire de belles découvertes. Ici, ça a fait mouche !



Quatrième de Couverture
À quinze ans, Grace Welles s’est résignée à sa solitude de fille singulière dans un pensionnat de seconde zone perdu au fin fond de la Floride. Son père vit en Californie, où il a une famille légitime, et sa mère vit... sur une autre planète peuplée de licornes. Tout bascule cependant le jour où Grace sauve un nouvel élève de sa classe sur le point de se faire tabasser : d’un seul tir de son lance-pierre, elle fait exploser pour toujours la monotonie de sa vie d’adolescente. Grâce à ce Wade Scholfield qu’elle n’a pas vu venir, sa vie ne sera plus jamais la même.

Avec lui, Grace découvre qu’une autre existence est possible, où les règles du lycée ne sont pas si tragiques et où une simple conversation sur les tunnels spatio-temporels peut conduire à des baisers passionnés capables de mâter son cerveau toujours en ébullition. Alors, pourquoi diable se retrouve-t-elle à briser en mille morceaux le cœur de Wade ? Et que peut-elle faire en comprenant enfin que l’univers ne tourne pas autour d’elle et que, sous ses airs désinvoltes, Wade cache un lourd secret ? Se pourrait-il qu’elle soit finalement la seule à pouvoir l’aider ?

Ce récit acide et sensible raconte avec justesse et sensibilité l’histoire de deux êtres qui se trouvent et se déchirent, puis grandissent. Le portait d’un premier amour flamboyant sur fond d’amitié, de poésie, de bouillonnement hormonal et de fous rires.

Mon avis
Grace est une adolescente dont les préoccupations semblent à des lieux de celles de ses camarades : garçon, vêtements, ragots, popularité… Tout cela ne l’intéresse pas. Elle préfère capter l’attention de son professeur préféré, se repaître de ses pensées torturés à travers ses poèmes et écouter les Smashing Pumpkins. Puis elle rencontre Wade qu’elle ne réussit pas à effrayer comme les autres jeunes de son lycée. Pire, il s’intéresse à elle et la perce rapidement à jour, lui faisant ressentir de toutes nouvelles émotions. Mais il n’est pas facile de composer avec les premiers émois adolescents, surtout quand on le moindre faux pas peut se transformer en chaos émotionnel sans nom.

Lance-pierre est un roman qui m’a frappée sans que je m’y attende. Il fait partie de ces livres où les personnages adolescents sont écrits avec une telle justesse qu’ils nous touchent en plein cœur. Ce roman est l’incarnation de tout ce que j’aime dans les œuvres qui traitent de l’adolescence avec talent : retranscrire sans fausse note la tempête d’émotions qui touche les jeunes lorsqu’ils se découvrent à travers le regard des autres. Lance-pierre est un roman frétillant d’émotions, c’est l’adolescence à l’état brut, ça pique les yeux et l’âme.

Grace découvre progressivement qu’elle n’est pas si différente de ses camarades et que ça ne lui enlève aucune profondeur. Marquée par l’histoire particulière de ses parents, elle a simplement érigé des barrières autour d’elle pour ne pas ressembler à sa mère qui est l’autre femme, qui semble être en suspend toutes les périodes où elle attend que l’homme de sa vie trouve une ouverture pour les rejoindre un trop court instant.

« L’adrénaline me réconfortait. Ou peut-être était-ce la certitude de n’avoir rien à perdre. Quand les gens essayaient d’être sympas, alors j’avais tout à perdre ; quand dès le départ c’étaient des connards, je ne risquais pas d’aggraver la situation. Ça signifiait moins de pression et beaucoup plus de liberté. »

Lorsque Wade vient fracasser ses barrières, Grace commence à perdre pied. Avoir quelque chose à perdre est tout ce qu’elle a cherché à fuir durant sa vie.

Grace grandit dans son rapport aux autres. Elle les découvre, les laisse entrer dans sa vie et apprend à composer avec toutes ces nouvelles émotions qui l’assaillent. Mercedes Helnwein nous montre que chacun est différent et semblable à la fois : certains se démarquent par leurs goûts, leur attitude, leurs choix mais, au fond, ce n’est pas ça qui nous différencie les uns des autres. Le simple fait d’exister fait de nous une espèce plurielle et c’est une des thématiques de ce roman. Grace se sent différente et voit ses camarades faire partie d’un même moule. Pourtant, en s’intéressant et se liant à eux, elle comprend que chacun est différent à sa façon.

Lance-pierre c’est apprendre à gérer ses émotions face à des personnes qui se débattent aussi avec les leurs. C’est grandir, c’est comprendre que les interactions avec les autres sont complexes. C’est accepter de prendre des risques pour vivre et se lier aux autres. C’est comprendre que perdre fait partie du jeu, un jeu qui en vaut souvent la chandelle. C’est user de la capacité des adolescents à ressentir pleinement les émotions souvent trop fortes pour illustrer la dureté du rapport aux autres mais sa nécessité vitale. Un roman touchant, déchirant et magnifique de justesse.

« La vérité, c’est que j’aimais trop Wade pour envisager un seul instant d’être amoureuse de lui. Ou peut-être que c’était au-delà de ça. Peut-être qu’en fait j’avais besoin de lui. Parce qu’il faisait de moi le centre de son univers quand il m’écoutait parler, et parce qu’il me laissait profiter à fond de son énergie et de son imagination colossales. Certains jours, j’avais l’impression de le dépouiller, de lui prendre tout ce que je pouvais pour aller m’en repaître tranquillement dans ma chambre. Je me disais que ça marchait peut-être dans les deux sens. Qu’il se sentait bien grâce à moi comme je me sentais bien grâce à lui, mais je ne comprenais pas vraiment ce que j’avais à lui apporter. Au fond, j’étais persuadée de posséder des pouvoirs occultes qui l’aveuglaient et le liaient à moi malgré lui. C’était la seule explication possible. Et alors ? Je n’avais aucune intention d’annuler un sort que j’avais jeté par accident. »

Les avis des Accros & Mordus de Lecture

jeudi 9 novembre 2023

Les héritiers de Salem, Tome 2 : Le fils oublié de Salem d'Emilie Bonnet

Le premier tome de la saga d’Emilie Bonnet Les héritiers de Salem avait su piquer ma curiosité : je n’avais pas adhéré aux personnages qui étaient trop simplistes à mon goût mais j’avais bien aimé sa personnalisation de l’histoire de Salem et c’est donc sans surprise que je me suis procurée le deuxième tome.



Quatrième de Couverture
Il y a seulement quelques mois, Serena était encore une insouciante adolescente californienne. Aujourd’hui tout a changé. Elle vit avec ses deux frères Jon et Wyatt dans le manoir de Wailing Hill à Salem, ville que leurs parentes ont fui pour les protéger de leur destinée de sorciers. La fratrie a découvert un monde où cohabitent sorciers, vampires et loups-garous. Un monde déchiré par des guerres de pouvoir, où le danger est omniprésent. Après une nuit d’horreur où elle a vu la mort frapper, Serena est dévorée par l’angoisse : où est passé Jullian ? Alors qu’elle espère le voir réapparaître, c’est sa tante Monica qui fait son retour au Manoir accompagnée d’un inconnu, Léon, sorcier vaudou…

Mon avis
Du sang sur les mains, Serena a du mal à reprendre pied. Pour sauver Wyatt, elle a fait appel à un pouvoir qui la dépasse aujourd’hui. Si l’ombre à la tête de porc n’est plus, de nouveaux ennemis semblent prêts à surgir à tout moment pour profiter des dissidences qui font rage au sein de la communauté de Danvers. Serena saura-t-elle garder le contrôle pour faire face à de nouvelles menaces ?

L’intrigue prend un nouveau tournant et met en lumière la fragilité des alliances au sein de Danvers. De nouveaux personnages entrent en piste et nous cherchons à savoir tout au long de la lecture dans quel camp ils jouent. Les pions sont avancés de case en case et le mystère s’épaissit. Emilie Bonnet enrichit encore son univers dans ce tome avec de nouvelles clés et de nouvelles pratiques. Les héritiers de Salem est une saga qui gagne en profondeur dans ce deuxième tome et qui prouve que son potentiel est bien là.

L’autre bonne surprise est l’évolution des personnages. S’ils étaient trop lisses et clichés dans le premier tome, ils gagnent eux aussi en substance, notamment ceux qui sont secondaires. C’est pile ce qui manquait au tome précédent. Serena se construit et les personnages autour d’elles deviennent intéressants. Alors il y a une légère dissonance entre la temporalité décrite et l’évolution parfois un poil rapide de certains personnages mais cela semble nécessaire à l’intrigue.
Concernant Jullian, je n’accroche toujours pas. Son absence au début du tome m’a bien fait plaisir et son retour m’a laissée de marbre. Le fils oublié de Salem est découpé en deux parties : la première est sous le point de vue de Serena et la seconde sous le point de vue de Jullian. Même avec ça, avec ses pensées, son histoire et ses états d’âme, c’est un échec. Jullian ne me plait définitivement pas. Heureusement, il y a Cole. Il est encore dans le spectre du cliché mais il a su capter mon attention et je sens un potentiel certain chez lui.

Je suis contente d’avoir persévéré dans cette saga et d’avoir lu ce deuxième tome qui s’inscrit dans mes lectures divertissantes sur les Sorcières de Salem. J’espère que la suite sera un jour publiée.

Petit information au sujet de cette saga : Les héritiers de Salem a été publié par les éditions Nouvelles Plumes que j’ai pu acheter via France Loisirs (j’ai une carte de membre qui a pas loin de trente ans et un contrat qui me permet d’acheter ce que je veux, quand je veux). La maison d’édition vient de fermer ses portes alors que le troisième tome devait paraître fin 2023 ou début 2024. L’autrice propose actuellement de la contacter par mail pour recevoir une version numérique brute du troisième tome. J’hésite encore à le faire, j’attends de voir si Emilie Bonnet va trouver une nouvelle maison d’édition ou non. De ce que j’ai pu voir en fouillant sur le net, on ne trouve plus le deuxième tome en neuf pour l’instant et il reste quelques copies du premier tome en circulation.

Les héritiers de Salem, Tome 1
Les avis des Accros & Mordus de Lecture

dimanche 5 novembre 2023

Les héritiers de Salem d'Emilie Bonnet

J’ai une tendance, assez proche d’un comportement compulsif, à poser mon regard un peu trop longtemps sur toute œuvre qui comporte le nom de Salem. Tout a sûrement commencé dans ma tendre enfance, à l’époque bénie d’Hocus Pocus et Charmed, a évolué à travers la superbe pièce d’Arthur Miller, les films ou séries sur les sorcières, en passant aussi par le féminisme. C’est ainsi que Les héritiers de Salem d’Emilie Bonnet est arrivé dans ma PàL.



Quatrième de Couverture
À la suite de la mystérieuse disparition de leurs parents, Serena et ses deux frères s'installent à Salem, leur ville natale, auprès de leur tante Monica. Surprise du prestige du manoir familial de Wailing Hill, Serena comprend rapidement que l'évocation de sa famille, l'une des plus anciennes du pays, inspire autant de respect que de crainte. Bientôt des phénomènes étranges se multiplient autour de l'adolescente : une silhouette ornée d'une tête de porc entraperçue un soir de fête, un rêve sanglant qui se révèle prémonitoire, un colis tout aussi morbide... Quels secrets lui cache Salem ? Serena est-elle en danger ? Dans sa quête de vérité, elle peut heureusement compter sur ses frères et ses nouveaux amis, notamment Jullian, un garçon charismatique qui l'intrigue et la fascine...

Mon avis
Après la disparition de leurs parents, Serena, Jon et Wyatt Parris quittent la Californie pour retourner dans leur ville d’origine, Danvers, autrefois nommée la Grande Salem. Recueillis par leur tante, Monica Lewis, ils découvrent une ville où leur nom suffit à leur attribuer une place dans la société. Dans ce nouveau monde, la fratrie Parris va voir ses certitudes vaciller. Elle va devoir se faire une place au sein de la communauté magique à laquelle elle appartient de droit sous la menace pesante de la mystérieuse ombre à la tête de porc.

Les héritiers de Salem est un premier tome qui nous plonge rapidement dans l’intrigue de la communauté de Danvers. S’il n’y a pas de surprise particulière concernant la magie, Emile Bonnet réussit à personnaliser l’histoire de Salem qui a pourtant été vue et revue dans la littérature. On se laisse doucement emporter par l’univers tant connu et pourtant assez bien revisité.

Cette saga s’inscrit dans le genre Young Adult et les codes y sont bien présents tout au long de la lecture : les personnages principaux sont jeunes, innocents et jetés dans la fosse aux lions sans préambule. Les héros sont lisses, prêts pour gagner progressivement en caractère, les faux-semblants à décortiquer sont là, la romance interdite répond elle aussi présente tout comme les amitiés contrariées et l’antagoniste mystérieux à démasquer. La recette est complète pour fonctionner.

Seulement, pour ce premier tome, la recette n’est pas suffisante en tous points. Si l’intrigue et les détails de l’univers qui viennent peu à peu construire le récit sont assez bien choisis, les personnages, eux, ne m’ont pas convaincue. C’est tout mon problème avec le Young Adult : parfois ça passe, parfois ça casse. Dans ce premier tome, les personnages ne sont pas suffisamment explorés à mon goût : ils répondent bien aux codes du genre mais ça s’arrête là et ça manque de développement. Il y a du potentiel mais j’avais besoin de plus. Surtout, c’est la romance qui m’a le plus laissée de marbre : je n’ai senti aucune alchimie entre Serena et Jullian. Serena est un personnage en construction qui découvre un nouveau monde à qui on peut facilement pardonner son manque de profondeur initial mais, Juillian, lui, est bien trop fade à mon goût. Ses obligations qu’il suit sans sourciller ne devraient pas être une excuse à son manque de relief. Je suppose que la relation est une évidence pour l’autrice, évidence qui n’a pour le coup pas été suffisamment transposée par les mots.

J’ai tout de même passé un bon moment lecture : il s’agit d’un premier roman, on le sent, et il y a un réel potentiel dans cette intrigue. Le style d’Emilie Bonnet est aussi très agréable à lire et ses idées font que je n’ai pas hésité à acheter le tome suivant pour poursuivre l’aventure. Tout ce que je peux conseiller est de ne pas s’arrêter au premier tome si on aime les réécritures de l’histoire de Salem.

Les héritiers de Salem, Tome 2
Les avis des Accros & Mordus de Lecture

samedi 21 octobre 2023

Nos jours brûlés, Tome 3 : Le Dernier Feu de Laura Nsafou

Le dernier tome enfin sorti, il ne m'a fallu qu'une relecture des deux premiers avant de me jeter sur cette lecture finale.



Quatrième de Couverture
« À chaque instant, nous devions résister à l’envie d’abandonner, pour nous forger nos propres lueurs d’espoir. »

2053. Elikia, Yander et Diarra ont rejoint l’Ordre diaphane, au côté duquel ils luttent contre l’Être de la Nuit. Après la perte de nombreux guerriers et guerrières, Elikia tente de comprendre l’origine de ses pouvoirs de dragon, tout en faisant face aux divisions qui règnent au sein de la communauté. Mais la lutte finale mettra la loyauté de tous à rude épreuve. La Prêtresse sera-t-elle capable de vaincre la Nuit ? Tandis que l’équilibre des forces est sur le point d’être rompu, Elikia, elle, a choisi son camp…

Mon avis
L’affrontement final approche et Elikia n’a désormais que peu de temps pour comprendre son rôle et ses pouvoirs. Diarra se prépare à défier Guddi tout en transmettant à Elikia un héritage qui pourrait la dépasser. L’espoir s’effrite bien trop vite et les alliances se font de plus en plus incertaines : la fin d’un monde arrive à grands pas, lequel survivra à l’autre ?

Le Dernier Feu, en tant que tome de conclusion, ne déçoit pas. Les questions posées depuis le premier tome trouvent peu à peu leurs réponses, les mystères sont dissipés et nos héros jouent la partition de leur vie. Comme pour les tomes précédents, le rythme du récit joue les montagnes russes faisant monter progressivement la tension jusqu’à son point culminant. Certains passages laissent une sensation hachée mais, dans l’ensemble, les choix temporels fonctionnent toujours aussi bien.

Après avoir appris à s’ouvrir aux autres et à elle-même lors de son retour de mission, Elikia s’enferme désormais dans sa quête finale et se coupe des autres. Elle passe tout son temps auprès de Diarra, obsédée par la Prêtresse et les réponses qu’elle lui apporte et perd peu à peu ses liens avec les autres hybrides. Elle est parfaitement imparfaite, symbole de l’Humanité là où nombreux sont ceux qui voient chez elle un monstre : Elikia est une vraie héroïne de fantasy, bourrée de failles mais aussi de force.

Cette humanité est notre point d’ancrage, le moyen que nous donne Laura Nsafou pour ne pas perdre pied face à une guerre qui oppose des divinités, une guerre qui dépasse notre réflexion. Les Esprits Créateurs, les différents autres Esprits… Ils sont à des lieux de réfléchir comme les Hybrides, si humains finalement. Le contraste est violent entre la vie spatio-temporelle des Esprits et celle des Hybrides et c’est tout un tour de force que de réussir à faire saisir ces subtilités au lecteur. Et, sans trop en dire, l’histoire des Deums qui est le fil conducteur de ces trois tomes à travers Diarra est un concept qui m’a beaucoup plu. Il y a une forte symbolique de la parentalité – légèrement dysfonctionnelle ici – qui donne à réfléchir sur ce tournant où les enfants/élèves coupent le fil de l’éducation pour avancer et vivre par eux-mêmes. Quand on aime la fantasy qui explore l’imaginaire tout en traitant de thème qui résonne avec la réalité, on peut sans problème se lancer dans Nos jours brûlés.

Cette trilogie terminée, j’en garde un excellent moment de lecture. J’ai adoré passer du temps dans l’univers de Nos jours brûlés, et c’est une saga que je relirai avec plaisir.

Nos jours brûlés, Tome 1
Nos jours brûlés, Tome 2
Les avis des Accros & Mordus de Lecture

jeudi 19 octobre 2023

Nos jours brûlés, Tome 2 : Les Flammes ivoire de Laura Nsafou

Après avoir lu le premier tome de Nos jours brûlés je n'ai pas mis bien longtemps à me procurer le deuxième tome tant le début de cette trilogie m'a happée.



Quatrième de Couverture
« J'avais peut-être repris forme humaine, mais je ne comprenais pas pourquoi on m'avait ramenée dans un monde sans soleil. »

2051. Quand Elikia rouvre les yeux, comprend qu'elle est vivante et qu'il fait toujours désespérément noir, la colère la submerge. Cependant, son sacrifice pour ramener le Jour n'a pas été tout à fait vain : Diarra, la deum capable d'inverser le cours des mondes, est de retour. La quête du soleil prend avec elle une ampleur inédite. Pour se montrer à la hauteur du combat qui s'annonce, Elikia devra explorer l'étendue de ses nouveaux pouvoirs... car le dragon en elle n'attend qu'une chose : sortir.

Mon avis
Quand Elikia revient à elle, plusieurs mois se sont écoulés. L’épreuve du réveil de Diarra ne l’a pas tuée mais l’a métamorphosée et Yander a tout fait pour la retrouver. Lorsqu’elle reprend forme humaine, Elikia replonge dans une lutte qu’elle pensait avoir achevée. En rejoignant l’Ordre diaphane, Diarra, Yander et Elikia espèrent trouver des alliés. Si l’arrivée de la Prêtresse est synonyme d’espoir, celle d’une marquée génère surtout de la méfiance. Lorsque trois missions doivent se jouer en même temps, Elikia décide de poursuivre son chemin sans ses compagnons pour découvrir qui elle est devenue.

Ce tome marque une grande évolution d’Elikia. Sa forme de dragon a profondément marqué son être et ses interrogations constantes autour des efforts qu’elle doit fournir pour se maîtriser l’épuisent. Sous sa forme de dragon, elle se sentait libre et apaisée parce qu’elle n’avait pas à lutter contre sa nature. Le tome est construit autour de cette métaphore qui met en scène la lutte et le lâcher-prise dans une danse effrénée. Elikia oscille entre ces deux choix qui ne sont finalement que l’effet miroir l’un de l’autre : lâcher-prise et enfin se sentir « libre » tout en étant soumise à sa nature nocturne ou lutter contre l’emprise de Guddi mais aussi contre elle-même pour conserver son libre-arbitre.

Le récit s’articule autour de l’action mais aussi de l’introspection et s’étale sur une longue durée de temps où les ellipses sont nombreuses : ce choix temporel aurait pu être frustrant mais il permet de rendre l’évolution d’Elikia réaliste. Elle s’apprend seule, découvre l’amitié avec Swodena, ainsi que la perte et découvre aussi une détermination toute nouvelle. Après une longue période à vivre en communauté dans une proximité constante, Elikia retrouve une vie où elle passe de plus en plus de temps seule, où elle prend le temps de vivre à son rythme, à s’écouter mais, surtout, à s’apprécier.

Les Flammes ivoire est un tome qui prend la forme d’un voyage initiatique, ce qui n’est possible que grâce à son choix de se séparer de Yander et Diarra. Lors du premier tome, Elikia était l’élève de Yander, puis Diarra lui a donné de nouvelles clés au début du deuxième tome et, enfin, elle est entrée dans sa propre quête en poursuivant son chemin. En étant livrée à elle-même c’est son apprentissage qu’elle poursuit en découvrant qui elle est.

Si Laura Nsafou nous apporte de nouveaux éléments sur son univers ainsi que sur les mystères de la disparition du Soleil, c’est surtout sur Elikia qu’elle nous éclaire et sur les difficultés de s’accepter avec nos différences. Ce deuxième tome est tout aussi plaisant que le premier et me conforte dans l’idée que Nos jours brûlés est mon coup de cœur de l’année 2022.

Nos jours brûlés, Tome 1
Nos jours brûlés, Tome 3
Les avis des Accros & Mordus de Lecture

dimanche 17 septembre 2023

Nos jours brûlés, Tome 1 de Laura Nsafou

J’ai découvert Laura Nsafou à travers ses posts instagram ainsi que son blog où sa plume et ses réflexions savaient déjà m’embarquer sans difficulté. C’est avec Comme un million de papillons noirs que je suis entrée dans son œuvre de fiction, superbement illustré par Barbara Brun et j’ai donc gravé son nom dans la liste des auteurs à suivre au fil des ans. Évidemment, je n’ai pas pu passer à côté de sa saga Nos jours brûlés.



Quatrième de Couverture
« Ma mère m’a dit que la Nuit n’avait pas toujours été là, qu’il fut un temps où une gigantesque boule de lumière éclairait le monde et révélait ses couleurs. »

2049. Depuis vingt ans, le Jour a disparu, et la raison de ce bouleversement reste un mystère. Si Elikia n’a jamais connu que la Grande Nuit et ses dangers, sa mère, Diba, refuse de d’y résigner. Persuadées que la disparition du soleil est liée à celle de Juddu, une ancienne cité qui aurait abrité des êtres divins, toutes deux sillonnent l’Afrique en quête d’indices et de vestiges. Leur fantastique épopée les conduira jusqu’au cœur de l’Invisible…

Mon avis
Elikia a grandi en Europe au sein d’une nuit éternelle, ne connaissant du soleil que ce que sa mère, Dabi, lui a raconté. Dabi est persuadé que le soleil peut revenir et sa piste débute à Juddu, mystérieuse cité où son père était archiviste. Elikia suit sa mère dans ce périple à travers l’Afrique de l’Ouest, où elles s’enfoncent dans des territoires sombres, peuplés de créatures nocturnes aussi dangereuses que vicieuses. Si Elikia a foi en sa mère, elle est plus réservée concernant les légendes de l’Invisible sans savoir qu’au fond, elle est marquée depuis sa naissance par cette Grande Nuit.

Le premier tome de Nos jours brûlés est une plongée vertigineuse dans un univers où se mêlent des mythes africains et antillais pour former une mythologie vaste et complexe qui se dévoile au fil des pages. D’un point de départ dans notre monde où le soleil a disparu, Laura Nsafou nous guide vers une quête où les conflits divins sont au cœur de l’histoire, où la magie est maîtresse de la situation. À travers Elikia, nous découvrons l’histoire de la Grande Nuit, de Juddu et du dernier Éclaireur, un univers à la fois fascinant et addictif.

Le ton de la narration dans les premiers chapitres conte le début de l’histoire avec recul, côtoie les codes du tragique avec brio et accroche directement le lecteur. L’action y atteint rapidement un point culminant signant le basculement de l’intrigue. Lorsqu’Elikia rencontre Yander, le dernier Éclaireur et seul survivant de la cité de Juddu, elle plonge dans un monde qu’elle ne soupçonnait pas et on la suit avec avidité. Yander la recueille et commence à la former tout en lui donnant les clés de sa nature : Elikia est une Marquée, une hybride dotée par Guddi, la Nuit en personne, vouée à le rejoindre un jour. Yander accepte de l’aider à contrôler sa nature nocturne même si aucun Marqué n’a encore réussi à combattre l’influence de Guddi. Ensemble, ils se préparent à tout tenter pour retrouver la Prêtresse, seule personne capable de tenir tête à Guddi. Ce long apprentissage prend la forme d’un huis-clos où Yander est la seule personne qu’Elikia côtoie au quotidien, où elle apprend, expérimente, comprend et s’interroge chaque jour un peu plus. Le temps s’y écoule lentement, les ellipses apparaissent de manière dosée et l’ensemble du rythme permet de s’imprégner progressivement de l’univers.
La dernière partie, elle, nous lance dans une course effrénée qui nous rappelle que le danger rôde partout, que son apparence peut être trompeuse et que le temps presse. Elikia et Yander doivent à tout prix retrouver la Prêtresse avant que la Grande Nuit ne dévaste tout sur son passage mais, surtout, ils doivent être prêts à en payer le prix.

Ce qui m’a le plus fascinée dans ce tome, au-delà de la découverte d’un univers richement construit, est la description de toutes les nuances sensorielles. Il y a une réelle volonté de Laura Nsafou de forcer le lecteur à utiliser l’ensemble de ses sens grâce à l’imagination pour plonger dans ce monde où la Nuit est omniprésente.
Les descriptions des couleurs, des variations de la nuit, des lieux, des odeurs, des sons, des goûts, des textures… Avec ses mots, Laura Nsafou réussit à faire frétiller l’ensemble de nos sens et c’est un véritable plaisir. Grande amatrice de descriptions, ici, je n’ai pas été déçue. Il y a un excellent dosage puisque c’est un livre jeunesse et l’action y est aussi suffisamment présente pour ne pas perdre les lecteurs. Les couleurs de ce monde sont particulières, elles sont exemptes de la lumière du soleil et c’est tout un exercice au fil de la lecture que d’imaginer les nuances du décor.
Les descriptions des personnages qui s’égrainent au fil des pages sont elles aussi fascinantes : il n’y a encore une fois pas que la vue qui s’exprime mais bien tous les sens à travers de superbes métaphores. Les images y sont fantastiques, bien plus que ce à quoi j’ai été habituée. Je ne saurais dire si c’est le sens du détail de Laura Nsafou qui transpire dans ses mots ou tout simplement l’amour qu’elle voue à ses personnages : parce que c’est l’effet que ça m’a fait, une déclaration d’amour toute en poésie à chaque description.

Elikia évolue énormément au fil du tome. Jeune femme de vingt ans suivant une mère obsédée par une quête fantaisiste au début de l’histoire, elle devient une femme forte prête à affronter sa nature profonde pour poursuivre la quête de sa mère, pour en faire la quête de sa vie.
Au fil du huis-clos, sa relation avec Yander m’a beaucoup touchée : le lien est fort sans tomber dans le pathos. La différence d’âge ne me choque pas puisqu’il n’y a pas d’attraction sexuelle décrite. On est sur une jeune femme qui découvre qui elle est en vivant uniquement avec une personne qui l’aide à comprendre et apprendre. Il n’y a qu’eux deux et Yander ne la traite pas comme sa fille : ça passe naturellement puisque hors des constructions sociales. Elikia est certes, une gamine, mais son vécu en fait une personne plus mâture : on n’est pas sur une relation d’ascendance d’un homme plus vieux sur une frêle jeune femme, c’est là que c’est bien écrit et que ça prouve qu’il est possible de se défaire des concepts patriarcaux. Moi qui n’aime pas les relations jeune femme/homme mûr, ici, c’est la preuve que ça peut marcher quand c’est sans rapport de domination : toute la construction du texte et du personnage d’Elikia montre qu’elle se hisse progressivement sur un pied d’égalité avec Yander et que celui-ci l’y encourage.

Enfin, point intéressant, la difficulté de mettre des mots sur la différence entre des humains et des divinités est là. Comment retranscrire le fait que les Fondateurs ne voient pas les faits ou encore le temps comme les hybrides ? Comment réussir à faire comprendre aux lecteurs que leur vision est à des années lumières de la nôtre ? Laura Nsafou réussit à planter les graines de la compréhension, à nous permettre d’entrevoir le fossé qu’il existe entre les êtres. Les Fondateurs ont tout le temps du monde face à la rapidité du temps tel que nous le concevons. Lorsque Fano, Zanagha et Shen se laissent aller à cette urgence qui anime les hybrides, ils nous ressemblent presque : quand ils aident Yander et Elikia, quand ils placent en eux un espoir. Qu’ont-ils à perdre ? Du temps, non. Mais peut-être des émotions un poil trop humaines qu’ils n’ont pas l’habitude de laisser les habiter. Ce sentiment d’urgence qui les rattrape furtivement les rend intéressants et nous laisse présager quelques thèmes pour la suite de cette saga.

Nos jours brûlés a été une excellente découverte, un premier tome qui donne immédiatement envie de connaître la suite et qui offre des personnages aussi bien construits que l’univers. J’ai aimé me laisser embarquer dans cette histoire aux couleurs sombres et plurielles. J’ai évidemment sauté à pieds joints dans la suite.

Nos jours brûlés, Tome 2
Nos jours brûlés, Tome 3
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dimanche 27 août 2023

Les Jardins de Zagarand d'Éric de Kermel

Encore un livre acheté d’occasion parce que la couverture est sublime. Le marché de la seconde main donne cette possibilité d’acheter un livre sur un coup de tête, de ne pas hésiter sur le contenu des pages et de se dire « bon, si je ne l’aime pas, c’est pas grave ». Spoiler alert : heureusement que l'occasion existe !



Quatrième de Couverture
La légende dit que ceux qui vont à Zagarand n’en reviennent pas. C’est là que se rend Paul, dévasté par la perte de son fils, lorsqu’une lettre de sa sœur Mathilde l’invite à la rejoindre dans cette oasis du bout du monde. À Zagarand, la vie obéit à d’autres lois que celles qu’il connaît. À Zagarand, la nature et l’humain guident les femmes et les hommes qui ont fait le choix d’y vivre. Altérité, responsabilité et amour y sont les maîtres mots. Quelles légendes ont forgé cette utopie ? Avec Mathilde, Mayssa, Elias ou Amiane, des gestes simples, des rituels nouveaux, de puissantes émotions vont bouleverser les certitudes de Paul et lui permettre de réapprendre à vivre.

Mon avis
Paul vient de perdre son fils. Un père ne devrait pas enterrer son enfant, ce n’est pas dans l’ordre des choses. Sur l’invitation de sa sœur Mathilde, Paul va entamer un voyage pour la rejoindre à Zagarand, lieu mystérieux au milieu du désert dont il est dit qu’on ne revient jamais. Ce périple va lui permettre de vivre une aventure bien plus profonde que ce qu’il imaginait.

Les Jardins de Zagarand d’Eric de Kermel fait clairement penser à l’univers de Paulo Coelho à travers sa forme de récit initiatique avec une pointe de conte philosophique. On y retrouve l’élément déclencheur avec la perte de sens, la quête d’une lueur d’espoir, la suspension du temps avec le retour à l’essentiel, la recherche du but de l’existence… Et la comparaison s’arrête ici pour moi : si Coelho réussit à me toucher, ça n’a pas été le cas avec De Kermel.

Zagarand est une cité où chacun peut trouver sa place et son rôle en se laissant aller non pas au but choisi mais au cheminement qui y mène. C’est l’énième illustration de la maxime « Ce n’est pas la destination qui importe mais le voyage qui y mène » qui est souvent traitée dans ce genre littéraire. On y apprend l’humilité, le retour aux essentiels ainsi que la communion avec la nature. On est amené à y redécouvrir le vrai sens des relations aux autres mais aussi à soi. En somme, Zagarand est un beau village utopique qui sert de décors aux messages transmis par l’auteur.

Eric De Kermel écrit bien, ses images sont poétiques, ses messages résonnent avec les préoccupations actuelles qui nous étreignent. Seulement, ses mots ne m’ont pas touchée. Je suis passée à côté de ce livre et, en relisant les passages que j’ai soulignés, je pense que c’est parce que ses belles phrases m’ont paru mécaniques, construites pour générer des émotions et non avec émotion. Ce n’est sûrement pas le cas à l’origine mais c’est ce que j’ai ressenti.
Ce manque de réaction à la lecture est sûrement aussi dû aux personnages qui ne m’ont pas touchée du tout. Le héros ainsi que les autres personnages dont il croise la route m’ont semblé vides d’émotions. Leur flegme m’a plutôt amené à les imaginer comme englué dans une vie plate où la passion n’existe pas, jusqu’à avoir l’impression de voir évoluer des êtres lobotomisés. Zagarand est censé être un lieu où les gens vivent heureux, de manière apaisée non pas parce qu’ils n’ont plus de problèmes mais parce qu’ils ont appris à les surmonter et, pourtant, j’ai eu l’impression d’être face à un village de personnes sans âme. En fait, j’ai eu une sensation d’utopie type Le meilleur des mondes de Huxley alors que je sais que ce n’était clairement pas le but de l’ouvrage : les personnages me semblaient anesthésiés là où ils auraient dû me fasciner.

Et, finalement, intrigue comme personnages ont ce travers : l’auteur a essayé d’implanter dans ses lecteurs exactement ce qu’il voulait qu’on ressente et il n’a pas laissé la place à la pluralité du lectorat, ce qui donne cette impression d’absence d’âme.

« Lorsque nous écrivons, les vagues déposent nos émotions sur la grève tels ces minuscules coquillages qui se mélangent au sable. Auparavant, ils flottaient et roulaient dans nos esprits et voilà que leur course s’achève enfin. »

Eric de Kermel pose son image et l’explique à outrance, imposant sa vision, son but et il ne nous laisse pas de place. C’est un choix stylistique qui se vaut mais qui ne fonctionne pas sur moi. Cette lourdeur a étouffé la moindre petite émotion que j’aurais pu ressentir : si j’aime quand on me guide dans certains ouvrages, ce n’est pas le cas avec les récits initiatiques dont le but est normalement de permettre à l’individualité du lecteur de choisir ce qu’il veut en garder. Ici, tout ce qu’on m’a laissé c’est l’image de hippies défoncés qui ont le luxe de quitter leurs responsabilités même si je reste persuadée que ce n’est pas le but du roman.

Les Jardins de Zagarand est un beau livre, au cœur duquel on retrouve de douces illustrations de Valentine Plessy mais qui n’a pas su venir jusqu’à moi. Il a tout de même su atteindre d’autres lecteurs alors, si ça vous tente, allez-y.

« J’aime l’Izir qui ne fait pas comme tout le monde. J’aime l’idée d’un fleuve qui fait un court passage sur terre et se fait oublier sans lutter avec le désert où il s’unit à la terre. »

Les avis des Accros & Mordus de Lecture

dimanche 20 août 2023

Normal People de Sally Rooney

J’ai lu Normal People après avoir littéralement dévoré la série qui m’a complètement happée. Je ne suis pas particulièrement sensible au 7ème art, notamment par une réelle ignorance sur le sujet, mais tout dans la série m’a touchée : des dialogues aux silences (surtout les silences), des plans larges aux détails ainsi que les différents thèmes explorés. Et comme à chaque fois qu’un livre est à l’origine des images à l’écran, j’ai lu le livre.



Quatrième de Couverture
Connell et Marianne ont grandi dans la même ville d'Irlande. Il est le garçon en vue du lycée, elle est la solitaire un peu maladroite. Pourtant, l'étincelle se produit : le fils de la femme de ménage et l'intello hautaine connaissent ensemble leur premier amour.
Un an plus tard, alors que Marianne s'épanouit au Trinity College de Dublin, Connell s'acclimate mal à la vie universitaire.
Un jour, tout est léger, irrésistible ; le lendemain, le drame pointe et les sentiments vacillent.
Entre eux, le jeu vient tout juste de commencer.
Sally Rooney réussit le tour de force de donner une dimension unique et universelle à cette histoire. Porté par des dialogues saisissants de justesse, Normal People est un roman magistral sur la jeunesse, l'amitié, le sexe, sur les errances affectives et intellectuelles d'une génération qui n'a plus le droit de rêver, mais qui s'entête à espérer.

Mon avis
Marianne et Connell découvrent les hauts et les bas d’une première histoire d’amour à un âge où se construire est la première grande difficulté de la vie. Issus de deux mondes différents, ils se rapprochent à travers leur sensibilité et leur sentiment de ne pas entrer dans le moule que leur offre leur environnement. Au fil des années, ils vont grandir tout en s’accrochant plus que jamais l’un à l’autre à chacune de leurs retrouvailles.

La beauté de cette histoire tient dans la façon qu’a Sally Rooney de montrer la complexité du passage à l’âge adulte dans sa simplicité la plus brute. Marianne et Connell sonnent juste, ils sont à fleur de peau, en proie avec leurs émotions et leurs interrogations qui résonnent avec les lecteurs. On peut facilement s’identifier à leurs doutes, leurs souffrances, leurs épreuves.
À travers un effet miroir, ils s’ancrent l’un à l’autre, faisant pencher la balance de leur relation sans jamais réussir à maintenir l’équilibre suffisamment longtemps pour durant les premières années. Puis, petit à petit, ils réussissent à reprendre leur souffle en même temps après avoir sombré, traversant le miroir pour se tenir côte à côte et se soutenir. Marianne et Connell partagent cette sensation que seuls eux deux peuvent se comprendre dans un monde où les gens autour d’eux sont différents, simples, à la limite de la superficialité.

Et puis, une fois l’histoire terminée, on comprend que le passage à l’âge adulte est terminé, que Marianne et Connell, comme toutes les autres personnes avant eux, ont réussi l’épreuve. On réalise qu’ils n’ont rien de différents du monde qui les entoure, qu’ils ne sont que des « normal people », ce qui les rend plus réalistes encore. Ils se sont accrochés l’un à l’autre comme on le fait avec ses amis lorsqu’on est jeunes et persuadés que personne d’autre ne peut comprendre ce que l’on vit.

Je parle délibérément de « l’histoire » et non du « livre » parce que le livre m’a beaucoup moins touchée que la série. Le style de Sally Rooney est particulier, tant dans la mise en forme du texte que dans le choix des phrases. Ce n’était pas déplaisant à la lecture mais je ne suis pas certaine que j’aurais autant apprécié Normal People si je m’étais contentée du bouquin. J’ai aimé ma lecture non pas à travers la plume de l’autrice mais bien parce que je me remémorais les émotions provoquée par la série. D’ailleurs, les autres livres de Sally Rooney ne me tentent pas pour le moment. D’habitude, je suis bien plus touchée par les mots et la vivacité des émotions que provoquent chez moi les héros de papier alors, qu’ici, j’ai l’impression que la série a apporté ces réactions que le livre n’a pas fait naître chez moi. En lisant, je me projetais sans cesse vers ce que j’avais vu à l’écran. Sur papier, Marianne et Connell semblent plus plats, ils me font penser à une jeunesse désabusée et blasée, limite monotone. À l’écran, on a la sensation de personnages sur le fil, prêts à imploser à chaque seconde, ce qui est plus poignant pour moi.

Si je n’avais qu’un seul conseil à donner sur Normal People ce serait de plutôt regarder la série qui fait réellement de cette histoire quelque chose de beau et de profond.

« Il veut comprendre comment fonctionne son esprit. S’il décide de se taire pendant une conversation, Marianne lui demande : Quoi ? au bout d’une ou deux secondes. Ce “Quoi ?” lui semble contenir tant de choses : non seulement l’attention quasi scientifique à ses silences, qui lui permet de poser cette question, mais un désir de communication totale, le sentiment que tout ce qui n’est pas dit est une rupture malvenue entre eux. »

Les avis des Accros & Mordus de Lecture

vendredi 30 juin 2023

Chroniques homérides, Tome 3 : La marque de Cronos d'Alison Germain

Après le tome 1 et le tome 2, place au dernier tome de cette trilogie. Il est à noter qu'il ne faut pas se fier aux quatrièmes de couverture : elles accentuent toutes la part de la romance dans l'histoire et pas de la meilleure des façons...



Quatrième de Couverture
Hestiapolis est tombée. Nous n’avons pas été assez forts, nous n’avons pas su contrecarrer les plans de Néocles. Aujourd’hui, les Homérides sont dispersés à travers le monde, mais une partie s’est réfugiée dans la rotonde archontide à Athènes, pour tenter de comprendre et se reconstruire.

Car si les murs de la cité gardienne étaient censés nous protéger, peut-être voilaient-ils également la vérité. Ces éléments clefs qui nous font défaut pour démêler les projets de nos ennemis, leur identité, et surtout pour enfin anticiper leur prochain mouvement et contre-attaquer.

Néocles, Moira… aucune de leurs intentions ne sont claires et je ne sais plus à qui me fier. Mon frère, devenu aveugle, lutte contre ses propres cauchemars qui lui soufflent l’existence d’une nouvelle menace. Seul Angus demeure mon ancre, mais lui comme moi restons perdus dans une machination qui nous dépasse mais dont le gain semble être l’héritage d’Homère : le pouvoir des dieux que nous gardions depuis des siècles.

Mon avis
Le chaos se rapproche plus que jamais : Louise a vu son foyer tomber, de nouveaux jamais ne jamais se relever mais elle doit continuer à avancer. Les apparences sont trompeuses, les dangers nombreux et le dénouement tout proche.

La marque de Cronos offre à travers un dernier tome rythmé révélations, affrontements, remises en question et dénouement final. Une fois encore, les codes du genre sont respectés et l’enchaînement des événements s’articule plutôt bien autour de l’intrigue. On retrouve encore de grosses ficelles du genre, comme les retournements de situation qui manquent parfois de finesse mais, dans l’ensemble, ça fonctionne.

Le gros point fort de cette trilogie est la personnalisation de la mythologie : l’histoire des homérides est une idée originale et assez bien menée pour une toute première trilogie. On sent la passion d’Alison Germain et le travail de construction qu’il y a eu derrière son intrigue. Sans trop en révéler, j’ai bien aimé certains des rouages mis en place pour l’histoire des homérides, les tenants et aboutissants ainsi que la grande question du libre-arbitre qui est finalement centrale depuis le premier tome.

Pour une première saga, Alison Germain a su s’en sortir grâce à une idée originale, un style fluide et un rythme bien mené. Les maladresses et les clichés se font rapidement oublier grâce à l’intrigue et la lecture est agréable. Le talent est là et l’expérience mènera sans aucun doute à de prochains ouvrages de qualité. Une bonne découverte.

Chroniques homérides, Tome 1 : Le souffle de Midas
Chroniques homérides, Tome 2 : L'ultime oracle
Les avis des Accros & Mordus de Lecture

samedi 24 juin 2023

Chroniques homérides, Tome 2 : L'ultime oracle d'Alison Germain

Après le tome 1, j'ai directement enchaîné avec le deuxième tome, profitant de quelques jours de congés.



Quatrième de Couverture
Après avoir appris l’existence des Homérides, je suis parvenue, non sans difficultés, à Hestiapolis, havre de paix et de protection pour ce peuple aux dons incroyables, dont je fais désormais partie. Là-bas, je retrouve Ellie, la Pythie, qui voit dans mon destin et les récentes épreuves que j’ai dû surmonter l’accomplissement de sa dernière prophétie. Mais si maintenant un nom peut-être mis sur la menace qui plane, sa compréhension recèle encore beaucoup de zones d’ombre et l’Ordre Homéride n’arrive pas à s’accorder sur le plan d’actions à établir. Pire, il me prive de ma liberté sous prétexte de me protéger. J’ignore tout des coutumes et de l’histoire de mes semblables, mais je vais devoir apprendre vite, car les murs de la cité ne semblent plus être un obstacle suffisant pour arrêter celui qui veut s’accaparer mon pouvoir.

Mon avis
Louise parvient enfin à rejoindre Hestiapolis, foyer des homérides, après avoir échappé à son ennemi. Profondément marquée par cet affrontement, elle se relève doucement, retrouve ses proches et découvre de nouvelles informations sur sa nature profonde. Pour sa protection, elle doit rester cloitrée au sein de la cité, ce qu’elle supporte assez difficilement. Malgré les précautions, l’ennemi se rapproche de plus en plus.

L’ultime oracle nous plonge au cœur de la vie des homérides, de leur diversité et nous permet d’en apprendre un peu plus sur leur histoire et leur nature. On est peu à peu plongé dans des rouages ancestraux et politiques et on progresse aux côtés de Louise dans ces découvertes. L’univers mis en place n’est pas parfait, certains rouages manquent de finesse ou de complexité mais l’idée de base reste intéressante : si, comme moi, on lit de la fantasy issue de la mythologie grecque uniquement de temps en temps, je pense qu’on peut aisément y trouver son compte. Une sorte d’introduction dans ce genre de littérature qui, je pense, ne suffira par contre pas à convaincre les aficionados déjà bien rodés.

Le rythme des chapitres est un point fort du livre : le dosage entre actions et explications est bien géré, on ne se perd pas en longueur inutilement et l’écriture est toujours dynamique. Des points mériteraient d’être un poil plus développés mais ça n’a pas dérangé ma lecture. On sent l’amour d’Alison Germain pour la Grèce Antique dans ses descriptions et son souci du détail pour la cité d’Hestiapolis et le rendu est assez sympa.

Comme je le craignais dans le premier tome, Louise se révèle être l’héroïne stéréotypée qui tend vers le côté badass et tête brûlée de la force et perd en naturel. Elle m’a souvent agacée par son manque de réalisme, notamment dans ses pensées et réactions : son culot est bien trop gros pour sonner juste à mon goût. Il en va de même pour sa relation avec Angus : c’est trop fort, trop vite et le mièvre qui en découle m’a clairement laissée de marbre. La passion des débuts laisse trop vite la place à l’intensité des sentiments… Qu’on n’a même pas eu le temps de voir naître. Ce n’est pas parce que la romance est prévisible qu’il faut l’accélérer. Si le dosage de l’intrigue est bien fait, celui des personnages et de leurs liens, lui, est le gros point faible de ce tome.

L’écriture et les idées de l’autrice restent cependant prometteuse et, malgré les points faibles, cette lecture a été plaisante l’été dernier, allongée à l’ombre d’un arbre, entre deux plongeons dans la piscine.

Chroniques homérides, Tome 1 : Le souffle de Midas
Chroniques homérides, Tome 3 : La marque de Cronos
Les avis des Accros & Mordus de Lecture