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Rambalh, c'est un pot pourri de mes lectures, un blog pour partager mes coups de coeur et de gueule. Rambalh signifie Bordel en Occitan et c'est un peu le cas de ce blog. Il est surtout né de mon besoin de garder une trace de mes lectures. Retrouvez-moi aussi sur Accros & Mordus de Lecture.

mercredi 2 novembre 2011

Le Blog du Moment : Book and Cook


On fête le mois de novembre qui commence avec un nouveau blog coup de ♥ : Book and Cook, blog de Kathy qui est elle aussi membre du forum Le sanctuaire de la lecture des A&M. A croire que le forum ne réunit que de très bons bloguers ! Moi ? Lancer des fleurs aux membres ? C'est juste une idée ça ! Bref, pourquoi ce blog est-il un coup de coeur ? Parce que j'aime ce qu'écrit Kathy. Elle a des lectures variées, ne tourne pas autour d'un seul genre et propose des avis toujours clairs et franchement utiles pour la lectrice que je suis. En plus de ça, on a droit à quelques recettes de cuisine avec photos et commentaires à l'appui : moi je dis chapeau ! J'aime y fureter et discuter avec elle, que ce soit sur son blog ou le mien !

Enjoy it !

mardi 1 novembre 2011

Les Revenants Tome 1 : Le Sort d'Eternité de Jean Molla

Cette lecture est en fait une relecture. J'avais eu ce bouquin en troisième il me semble, alors que j'avais été choisie pour participer au prix littéraire des collégiens de mon département. Ça date (Le Combat d'Hiver de Mourlevat avait gagné d'ailleurs et on avait pu le rencontrer ainsi que Pierre Bottero, journée inoubliable soi-dit en passant !) Comme il s'agit d'une tétralogie, la sortie s'était fait en décalée du coup je n'avais pas eu le temps de reprendre du début. Je n'ai lu que les deux premiers tomes alors je reprends tout pour mon plus grand plaisir ! Publié en 2006 aux éditions Rageot, 279 pages.



Quatrième de Couverture
" Nicolas posa la main à plat sur le visage sculpté de pierre et en suivi du doigt les contours. Sous la surface rugueuse, il perçut une pulsation lointaine mais régulière. Un cœur battait quelque part. Très loin. Un cœur qu'on avait tenté de pétrifier, voilà des siècles. En vain "


Mon avis
La famille Daurevilly voit sa vie bouleversé lorsque le père meurt dans un accident de voiture. Jeanne décide de changer de cadre de vie et emmène ses deux enfants, Nicolas l'aîné et Quentin le cadet, dans la région de Bordeaux pour les vacances, dans un village médiéval où un membre de la famille possède une vielle maison. Seulement, aucun des trois n'imagine dans quoi ils vont tomber, surtout Quentin, qui ressemble mystérieusement à un habitant du village qui y a vécu il y a presque 600 ans... Et s'il y avait de la sorcellerie dans l'air ? Et si la pierre de sang ancrée dans la cave de la bâtisse était bien trop dangereuse pour eux ?

On est plongés dans une histoire qui dépasse tout ce que l'on peut croire : les chapitres alternent entre présent et passé pour nous expliquer en quoi Quentin Daurevilly, un jeune garçon qui semble tout à fait normal, est lié à Jacques Guernière, officiellement drapier, officieusement maître sorcier ayant vécu au XVe siècle. On touche à la réincarnation, à la démonologie, à Satan, à l'Histoire, aux liens familiaux, à l'amour à travers le temps, à la faiblesse humaine, à l'usage du pouvoir avec modération... Des tas de thèmes sont abordés avec agilité et grâce pour donner un tout délicieux !

J'avais gardé un bon souvenir de cette lecture qui m'avait passionnée quand j'avais 14/15 ans et j'ai retrouvé cet attrait ! Cette seconde lecture n'a en rien altéré le coup de coeur que j'avais eu à l'époque et je pense que c'est un point important : on peut être séduit à tout âge ! Une histoire de sorcellerie qui se passe en France, qui utilise des faits historiques, bien ancrés dans notre culture ça vaut de l'or et quand c'est bien écrit, c'est encore meilleur !

Les personnages sont intrigants, ils ont tous leur petit quelque chose qui fait qu'ils sont si spéciaux. J'aime beaucoup Violaine, son côté encore gamine sous sa peau de vieille dame. Quand elle voit Quentin qui possède les mêmes traits que Jacques, son maître qu'elle a tant aimé et qu'elle aime toujours, on ressent sa jeunesse d'esprit, son amour encore puissant, ses remords aussi. Elle a été faible et se reproche encore la mort de Jacques qui s'est sacrifié pour elle : elle n'est pas la seule fautive mais ça lui importe peu. Quentin lui aussi, est surprenant : la mort de son père l'a fait grandir d'un coup et il prend tout ça avec un calme apparent époustouflant : même si intérieurement c'est un peu le bordel, il réussit à se maîtriser, à garder son calme et à réfléchir posément. Le voir découvrir peu à peu ce dont il est capable est juste grisant. Nicolas attire ma sympathie : il est brisé lui aussi mais n'a pas la force de son cadet, il est donc une proie facile, trop facile... Et Jacques, même si on ne le voit que dans le passé, je l'aime ! Il est humain, Vilaine le lui fait remarquer dès le départ, dès leur seconde rencontre, quand il tue les trois voyous : il aurait pu les épargner et les faire payer grâce à son savoir mais il s'est laissé emporter par la rage et le désir de justice immédiat. Ces faiblesses chez les personnages m'attirent toujours bien plus que les forces.

Je ne vais pas trop en dire car il ne s'agit que du premier tome et je me souviens du second tome (que je relis avec envie). Franchement, c'est une excellente série que je conseille aux passionnés d'occulte, d'histoire et de belles aventures !

Revenir sur ses pas !

Le Cas étrange du Dr Jekyll et de M. Hyde de Robert Louis Stevenson

Roman célèbre. Mon édition est une édition spéciale pour le collège (je n'ai pas honte, non !) donc elle est accompagnée de notes, d'explications, d'exercices, d'extraits en anglais... 184 pages. Le livre a été écrit en 1885 (publié en 1886 il me semble) suite à un rêve effrayant fait par l'auteur.



Quatrième de Couverture
Dans le calme de son bureau londonien, au cour de l’Angleterre puritaine du XIXe siècle, le respectable Dr Jekyll assiste à un spectacle effroyable dont il est à la fois le responsable et la victime. Progressivement, la peau de sa propre main se dessèche, se couvre de poils ; nous sommes au tout début de la métamorphose.
Cet incontournable roman de Stenvenson, modèle de littérature fantastique, plongera les élèves dans la problématique du dédoublement de personnalité. Le texte intégral en français est accompagnés de plusieurs passages en anglais.

Niveau 2 : recommandé pour les classes de cinquième et de quatrième.
"Le Cas étrange du Dr Jekyll et M. Hyde" figure dans les documents d’accompagnement des programmes officiels de l’Éducation Nationale.


Mon avis
Le Docteur Jekyll est un scientifique respecté, aimé de ses amis. Seulement, depuis quelques temps, il est aux abonnés absents : il se terre chez lui. Ses amis s'inquiètent pour lui car il fréquente un homme décrié, mauvais, irrespectueux, violent, dangereux même... Mister Hyde...

On est confronté au cas de la lutte entre le conscient et l'inconscient : c'est un peu ce qui effrayait l'auteur et ce qui a fait qu'il a choisi d'aborder ce thème. Il faut savoir que c'était avant Freud & co cette petite histoire. Ici, le Docteur Jekyll craint tellement pour sa réputation qu'il décide d'extérioriser ses mauvais penchants en changeant de forme corporelle... Seulement, c'est un autre lui, c'est son inconscient qui prend le pas sur lui et ça ne donne rien de bon... Il est plus fort, incontrôlable et il prend le dessus. Jekyll se réveille en Hyde. Il avait initialement besoin d'une potion pour sa transmutation mais à la fin, c'est pour retrouver son lui conscient qu'il a besoin de cette potion : Hyde est devenant son visage dominant... Sa seule solution est donc la mort...

J'ai eu beaucoup de mal à lire ce livre. Le texte est long, je n'ai pas réussi à m'y plonger et je me suis laissée distraire par la moindre petite chose. Une fois l'action terminée, quand le corps de Jekyll est retrouvé, on passe à une partie épistolaire qui correspond à l'explication que le docteur donne : ma lecture s'est faire en diagonale.
L'écriture ne m'a pas plu, les personnages ne m'ont pas touchée, rien ne me donnait envie d'aller jusqu'au bout en fait. Après, le thème en lui-même est riche et très intéressant : aborder l'inconscient de cette façon est franchement bon. Le fait d'avoir besoin d'une potion pour la transmutation et la prise de pouvoir de Hyde à la fin donne vraiment une dynamique à l'histoire : sans ça et mon besoin maladif de finir un livre, je n'aurais pas pris la peine d'aller jusqu'au bout.

Une histoire intéressante mais je n'ai pas réussi à accrocher... Ceux qui aiment le genre devraient y trouver leur compte. Il faut vraiment pouvoir se plonger dedans sans quoi, c'est dur de finir.

Dr Jekyll ou Mr Hyde ?

Nuits d'Enfer au Paradis _ Recueil de Nouvelles



Quatrième de Couverture
Quelle fille n'a jamais rêvé d'être la reine du bal de fin d'année ? Une robe vaporeuse, un cavalier élégant et amoureux, une musique entêtante...
Les histoires de ce recueil réunissent des héroïnes qui ont tout pour accéder au podium.
Malheureusement, c'est sans compter sur les vampires, démons et autres morts-vivants qui s'invitent a la fête...
Alors, prêtes à danser avec le Diable ?

LES PLUS GRANDES AUTEURES AMÉRICAINES VOUS ENTRAÎNENT DANS UNE DANSE AUSSI ENVOÛTANTE QUE MACABRE !


Mon avis
On se retrouve là face à 5 nouvelles traitant toute d'un même thème : le bal de promo. Enfin, un bal de promo pas comme les autres... Toutes ces nouvelles mettent en scène des lycéens confrontés à des situations paranormales, fantastiques. Rien ne se passe comme prévu, tout dérape, chacun perd ses repères...

J'ai ce recueil dans ma bibliothèque depuis sa sortie. Je l'avais commencé mais j'ai très vite décroché... Je crois que j'en avais pas claque à l'époque des histoires de vampires, de supers héroïnes qui ont tout et surtout tout cuit dans le bec. J'ai donc décidé d'attendre d'avoir à nouveau l'envie de ce genre d'univers. J'ai bien fait car j'ai pu profiter des bonnes choses de ce recueil et laisser de côté les choses moins intéressantes...

La première nouvelle est celle de Stephenie Meyer, L'Enfer sur Terre. Je ne peux être déçue : après tout, Twilight n'était pas d'un niveau de génie et d'imagination élevé. Du coup, je reste sur mon avis en ce qui concerne l'auteur : un bon style d'écriture mais une imagination qui ne me séduit pas. On retrouve Gabi, un jeune garçon qui ne peut s'empêcher d'aider les autres et Sheba, qui elle, enfonce chaque personne de la soirée... C'est son boulot : elle travaille pour l'Enfer et le fait bien. Seulement, elle n'est pas au bout de ses peines... Ce qui m'exaspère chez Meyer, c'est ça façon de faire triompher le bien sans difficulté et de classer chaque chose soit en noir, soit en blanc. Là sérieusement, la chute est tout simplement effarante de simplicité. Je n'adhère pas, dommage car l'idée pouvait donner quelque chose de bien...

La seconde nouvelle est celle de Meg Cabot, La Fille de l'Exterminateur... Là aussi, un scenario qui pourrait fonctionner mais qui reste plat par son côté girly trop poussé. Pourtant, je suis une fan de Cabot ! Une fille chasse un vampire dont sa copine un peu simplette est éprise (envoûtée la fille, bien sûr : ce sont toujours les filles faibles qui le sont, c'est trop facile) : elle est miraculeusement aidée par un beau gosse qu'elle n'avait jamais vraiment remarqué et qui ne semble pas surpris par une histoire de vampire, de chasseuse de vampire, de gamine au destin incroyable... Là, c'est juste naze dès que le type entre en scène et qu'il se met en tête de faire équipe avec la chasseuse de vampires... C'est mielleux à souhait et franchement, ça en est presque écœurant à la fin : pourtant, le romantisme ne me rebute pas. C'est vrai que ça reste de la nouvelle donc un univers à construire en peu de page mais bon... c'est facile.

Viens ensuite Le Bouquet de Lauren Myracle... J'ai juste envie de lire la nouvelle dont elle s'est inspirée pour voir si c'est l'auteur qui n'a pas su me tenir en haleine ou si c'est son histoire. Pourtant, tout était réuni : une bande d'amis, un objet ensorcelé, la possibilité de faire un vœu... Et surtout, de devoir assumer les conséquences auxquelles on ne pense jamais ! Et bien franchement, j'ai été déçue : j'ai été appâtée vilement et on ne m'a rien donné pour combler ma faim grandissante. Le garçon est prévenu mais il se jette dans le truc tête baissée : c'est juste improbable quand, comme on le ressent vis à vis de ses actes, on croit en la puissance des prédictions. Et puis franchement, la pseudo héroïne à un quelque chose d'insupportable : pile le genre d'enfant gâtée impertinente qui ne se gêne pas pour manquer de respect aux autres. Une réelle déception sur cette nouvelle. Un point positif : le thème abordé est lui un thème que j'aime beaucoup, dommage qu'il soit si mal rendu.

On tombe après sur une nouvelle de Kim Harrison, Madison Avery et l'Ange des Ténèbres. Je comptais sur cette nouvelle pour me faire mon idée sur l'auteur mais je pense que j'irai plus loin en tentant de lire autre chose pour être sûre parce que je n'ai pas été séduite. Madison Avery vient d'atterrir dans un bled paumé au fin fond des USA et elle doit se rendre au bal de promo avec le fils du patron de son père... Insupportable. Comme par hasard, un beau jeune homme lui propose de la raccompagner après l'avoir embrassée : elle ne le connait pas mais accepte parce qu'elle veut clouer le bec à son cavalier de base... Celui-ci l'averti de ses réticences au sujet de l'inconnu mais elle s'en contre-fiche, elle le suit et... meurt. Seulement, des anges sont à sont chevet à la morgue et leurs amulettes lui permettre de ne pas être réellement morte. Compliqué mais sympa comme idée en creusant bien. Seulement, le thème de la peur de la mort est abordé avec facilité, simplicité. Ça pourrait être n'importe quel roman sur le sujet, rien ne dénote, n'attire le regard, l'envie. Et puis la fin... Décevante aussi. Cependant, j'aime la façon dont c'est écrit d'où mon envie de tenter autre chose de la part de l'auteur.

On termine avec Baisers Divins de Michelle Jaffe. Je pense que c'est celle qui m'a le plus intéressée dans le sens où elle est drôle et où pour une fois, les personnages centraux ont quelque chose d’intéressant, surtout la gamine légèrement tarée qui veut embrasser tous les garçons qu'elle croise. On se retrouve avec une pseudo Wonder Woman qui cependant n'a rien de l'héroïne bien sous tout rapport agaçante : elle est pleine de failles et ça, c'est cool; et elle est accompagnée d'une prophétesse des temps modernes qui, avec ses baisers compulsifs rappelle quand même les femmes de l'Antiquité : certaines entraient en état de transe via le sexe par exemple. Là c'est soft puisque le public visé est jeune et je trouve que ça passe plutôt bien. On les suit à travers une fuite de quelques heures et c'est franchement drôle. Bon la fin ne m'a pas surprise mais je suis conquise donc ça me suffit.

Je ne regrette pas d'avoir lu ce recueil, je pense que le réel problème est le suivant : tout le monde n'excelle pas dans la nouvelle. Mon soucis avec la plupart des nouvelles (Meyer, Cabot et Harrison pour ne pas citer les auteurs) est que ce ne sont pas de vraies nouvelles mais plutôt des prologues de romans. Les chutes n'en sont pas à mon sens, l'univers est trop développé et prend trop de place, les personnages sont des personnages qui ne collent pas à la nouvelle. Pour Lauren Myracle, c'est vraiment le soucis de pertinence dans l'attitude des personnages et l'héroïne qui m'ont déplu et pour Michelle Jaffe, et bien je suis fan en fait donc rien à redire ! Je le conseille aux fans de scènes romantiques à l'excès, de vampires, d'anges et démons. Je le conseille à ceux qui veulent voir ces auteurs tenter autre chose avec le risque important d'être déçus.

Une bonne surprise sur cinq, ça vaut le coup, non ?

Tristan et Iseult de René Louis

Il s'agit de la version de la légende écrite par René Louis. Il écrit lui-même dans sa préface qu'il s'est inspiré de l'oeuvre de Joseph Bédier, son mentor. Il ne prétend pas avoir reconstituer au mieux l'oeuvre, la légende qui a traversé les siècles, il espère juste avoir réussi à faire des textes historiques un roman agréable à lire et surtout capable de transmettre cette histoire. 304 pages, paru en 1972 aux éditions Livre de Poche mais la première publication est, me semble-t-il, plus ancienne.



Quatrième de Couverture
Tristan conduit Iseult la Blonde vers son futur époux, le roi Marc. A bord du navire, avant que les côtes de Cornouaille ne soient en vue, ils boivent un philtre qui les unit l'un à l'autre, pour trois ans, d'un amour indissoluble. Mais les noces d'Iseult et du roi seront célébrées et de l'amour les amants ne connaîtront que la souffrance. Racontée mille et une fois, cette vieille légende celte s'était déformée. S'inspirant des manuscrits du XIIE et XIIIE siècle, René Louis a rendu à ce conte sauvage, bercé par la mer et le vent de la forêt, la force de ses origines. L'intrépide Iseult n'a jamais été la victime d'un sortilège, elle boit le vin herbé de son plein gré, pour se donner tout entière à l'amour. Et Tristan, " héros invincible et tueur de monstres " est vaincu non par le destin mais par la femme aimée à laquelle il sacrifie sa vie.

Version en français moderne de René Louis, Texte intégral.


Mon avis
Tristan a tout du bon chevalier : il est droit, courageux, honnête, bon, loyal. Il décide de rejoindre les terres de son oncle le roi Marc en Cornouailles mais ne veut lui révéler son identité : il veut se faire apprécier de son roi non pas par son sang mais par ce qu'il est. Il y parvient sans peine et révèle sa filiation à son roi et oncle alors que l'ennemi irlandais menace les terres de Cornouailles. Il réussit à terrasser le géant irlandais et remporte la liberté du peuple. Il est mortellement blessé par un poison et décide de s'embarquer seul sur les flots pour se laisser porter par la chance. C'est en Irlande qu'il atterrit, auprès de la soeur et de la nièce du géant qu'il a vaincu. Il est soigné mais ne révèle pas son identité. Il rencontre alors pour la première fois Iseult la blonde, la nièce du géant. Il rentre dans sa patrie et est nommé héritier du roi Marc... C'est là que la jalousie des fidèles de Marc l'emporte : le roi est poussé à se marier pour concevoir un héritier. Il ne le veut pas et trouve un cheveu d'or : il déclare qu'il épousera la fille à qui appartient ce cheveu... Tristan connait cette chevelure : c'est celle de Iseult la blonde. Il part donc en quête de celle qui sera la future femme de son oncle... D'autres épreuves l'attendent avant de pouvoir ramener la jeune femme qui tombe sous le charme du chevalier. La servante de celle-ci scelle alors leurs destins en leur faisant boire un philtre magique qui les mènera à de tristes aventures...

René Louis a su mettre à notre portée une légende datant du Moyen Âge : le langage utilisé nous permet de nous plonger dans l'histoire comme si elle datait de notre époque et c'est agréable de ne pas avoir à se creuser la tête pour comprendre. Certains sont déçus par ce texte en prose, personnellement, il m'a permis de ne pas rater certains passages et de saisir le contenu de l'oeuvre. Il tente de rester fidèle mais ce n'est pas chose facile : il existait déjà deux versions différentes au Moyen Âge qui exposait deux points de vue. René Louis a choisi de ne pas victimiser Iseult la blonde : elle prend dans cette version le breuvage magique en âme et conscience et d'ailleurs, sa servante ici ne fait pas d'erreur. Elle prend consciemment le vin et le donne à Iseult à qui, même si elle ne dit pas clairement quel est le contenu de la coupe, elle laisse entendre ce qu'il en est.
Iseult est en quelques sortes blessées de voir que Tristan refuse sa main pour la donner à son oncle alors qu'il est celui qui a triomphé des maux et qui mérite donc de l'épouser. Elle est sous son charme et ne regrette à aucun moment d'être liée magiquement à lui. D'ailleurs, elle en reste éprise même une fois que le charme cesse d'agir. Tristan, lui, est bien trop intègre et respectueux de ses promesses pour se laisser aller à prendre Iseult pour lui : c'est bien le philtre qui fait qu'il succombe. Il était sûrement sous le charme de la jeune princesse mais son sens de l'honneur était plus fort. C'est cet aspect de la romance qui m'a légèrement déçue : j'avais toujours cru que les deux amants avaient été très vite épris l'un de l'autre et que le philtre n'avait fait que les empêcher de se séparer. En réalité, il est la cause réelle de leur amour si grand en plus d'empêcher leur séparation physique.

L'aspect qui m'a plus dans cet amour, c'est de voir comment il se transforme une fois la magie du philtre estompée. Malgré son amour pour Iseult, Tristan ne rechigne pas à la partager avec son oncle. Il sait que c'est sa couche qu'elle partage, que c'est à lui qu'elle appartient mais il n'en éprouve aucune jalousie. Il n'est pas non plus jaloux de ses courtisans. Pour lui, le fait que le coeur d'Iseult lui appartienne est suffisant : partager le corps de celle qu'il aime est nécessaire. Cet aspect de l'amour pour cette époque m'a surprise par son modernisme. Est-ce que c'était une vision normale au Moyen Âge ou non ? Je n'en ai pas la moindre idée mais je trouve que c'est un sujet qui pousse à la réflexion. Une fois le charme estompé cependant, la jalousie fait son apparition. En ce qui concerne le roi, elle n'est pas présente, ou très peu. Par contre, Tristan doute sans cesse de l'amour que lui porte Iseult, il en souffre, il commet des erreurs dans leur secret commun à cause de ça, il est sans cesse tourmenté. Il en est de même pour Iseult. Tristan se mari à une autre Iseult mais ne consomme jamais son amour : il aime une femme et ne peut en aimant charnellement une autre. Là aussi, on se pose des questions : pourquoi Iseult en est-elle capable ? Est-ce parce qu'Iseult a été mariée sous l'emprise du philtre et que ce n'est pas le cas pour Tristan ? C'est possible mais rien n'est moins sûr.

Les obstacles que rencontrent le couple sont dressés par des personnes viles, vénales, avides de pouvoir et de reconnaissance. Sans ces personnes, le roi aurait vécu heureux, sans porter le moindre doute sur Iseult et Tristan. On a envie tout le long de régler leur compte à ces types là mais Tristan s'en charge à la perfection et c'est agréable, presque grisant (non, nous ne sommes pas malsains !) La fin m'a touchée. Cette histoire d'amour reste une tragédie et le dénouement me semble cruel dans le sens où, encore une fois, c'est Tristan qui souffre. La reine Iseult a eu une existence riche, agréable. Lui, il a du vivre reclus dans les bois pour ne pas s'éloigner d'elle. Il a souffert plus qu'elle n'a souffert. Il est resté fidèle et c'est cette fidélité qui lui a été fatale. Le pire ? Il est mort en pensant avoir perdu l'amour de sa chère Iseult... Espérons qu'ils se soient enfin retrouvés dans le monde des morts pour vivre ce qu'ils méritent, ce qui lui mérite surtout...

Mon avis est donc positif, c'est un super moyen pour se plonger au coeur d'une légende celtique ancrée dans la culture, l'histoire. Le léger manque de romantisme de cette histoire d'amour au départ est vite rattrapé sur la fin et Tristan est juste un héros qu'on aime du début à la fin.

A découvrir ou redécouvrir !