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Rambalh, c'est un pot pourri de mes lectures, un blog pour partager mes coups de coeur et de gueule. Rambalh signifie Bordel en Occitan et c'est un peu le cas de ce blog. Il est surtout né de mon besoin de garder une trace de mes lectures. Retrouvez-moi aussi sur Accros & Mordus de Lecture.

dimanche 17 août 2025

Mechanism of the Heart, Tome 1.5 : Will you stay ? / The Wish d'Alicia Garnier

Je n'ai que trois ans de retard sur mes chroniques mais, au moins, en refaisant le tour de la saga Mechanism of the Heart d'Alicia Garnier je suis pile dans l'actualité littéraire : le réédition du premier tome sort à la fin du mois chez Hugo Roman dans la collection New Romance, si ça c'est pas un super timing !



Quatrième de Couverture
De retour à Wilmington, Dawn et Garrett apprennent à se redécouvrir. Les quatre années passées loin l’un de l’autre ont laissé des cicatrices qu’ils n’avaient pas soupçonnées. Alors qu’ils préparent leur premier Noël ensemble, des doutes ne tardent pas à s’immiscer. Et s’ils faisaient une erreur ? Entourés par leurs proches, ils vont devoir faire face à la réalité et assumer leurs choix plus tôt qu’ils ne le pensent…
Le soir du 24 décembre les bouleversera à jamais.

Mon avis
The Wish est un court tome de transition dans la saga Mechanism of the Heart qui permet de clore le chapitre de Garrett et Dawn avant de glisser vers celui de Derek. Alicia Garnier nous entraîne quelques mois après les retrouvailles entre Garrett et Dawn pour nous permettre de voir comment ils reconstruisent leur relation.

Durant les quatre années où ils ont évolué chacun de leur côté, ils ont changé, évolué. Ils doivent donc se redécouvrir mais surtout finir de panser les dernières blessures qu’ils se sont infligées. Ce tome met ainsi l’accent sur l’introspection, sur le pardon et le lâcher-prise. Pour les lecteurs qui veulent en savoir plus sur Dawn et Garrett, c’est une bonne opportunité. Personnellement, la conclusion du tome 1 m’avait suffi et j’aurais pu me passer de cette petite suite. Cependant, ce tome de transition permet aussi de servir de prologue au tome 2 en mettant en lumière Derek, le frère de Garrett, qui est au centre du tome suivant, The Void. Le fil conducteur qui tisse l’intrigue à venir est assez bien mis en place et m’a donné envie de plonger dans la suite.

Mechanism of the Heart Tome 1
Les avis des Accros & Mordus de Lecture

samedi 15 mars 2025

Mechanism of the Heart, Tome 1 : Will you play ? d'Alicia Garnier

Décembre 2022 a été une période de nostalgie côté lecture puisque j'ai poursuivi mes lectures qui me permettaient de replonger dans la vieille époque du Booktube. J'ai donc continué ma découverte d'Alicia Ganier en commençant sa saga Mechanism of the Heart. La romance n'est vraiment pas mon genre de prédilection mais, de temps en temps, je me dis qu'on peut être surpris.



Quatrième de Couverture
Les règles sont faites pour être brisées...

Alors que sa carrière de galeriste démarre à peine, Dawn rencontre l’homme idéal. Celui qui va l’aimer, la faire se sentir unique et combler toutes ses attentes. Sauf qu’en trouvant l’amour, elle a l’impression d’avoir perdu Garrett, son meilleur ami. Celui qui a grandi à ses côtés, qui partageait avec elle le goût du danger, des paris insensés, et qui apportait le brin de folie qui donnait du sens à sa vie…
Garrett n’en revient pas. Dawn en couple ? Avec ce type ? Monsieur Parfait a beau cocher toutes les cases, il n’a pas la moindre idée du diamant brut qu’est sa meilleure amie... Mais si Dawn ne voit pas que ce type est fade et banal, que peut-il y faire ? Rien. À part trouver, lui aussi, une copine. De préférence une qui causera à Dawn la même peine que celle qu’il ressent… Car tout ça n’est qu’un jeu, non ?

Mon avis
Dawn et Garrett sont amis depuis des années. Ils ne se sont jamais quittés et adorent se lancer des défis du genre Cap ou pas Cap ? depuis l’enfance. Leur relation commence doucement à se détériorer lorsqu’ils entrent dans l’âge adulte et construisent leurs vies avec d’autres personnes…

Will you play ? est une romance que j’ai lue pour poursuivre ma découverte des écrits d’Alicia Garnier (nostalgie du Booktube d’il y a quinze ans). La romance, ici dans le sous-genre New Romance, n’est toujours pas un genre qui me plait. J’aime bien en lire de temps en temps lorsque je me laisse avoir par la popularité d’un livre mais je ne pourrais pas en lire plusieurs à la suite sans m’ennuyer ferme.

Alicia Garnier écrit bien. Elle explore progressivement la psychologie des personnages qu’elle a construit et ça fonctionne plutôt bien. J’ai bien aimé suivre l’histoire de Dawn et Garrett sans avoir envie de m’identifier un instant à eux : preuve que le style fonctionne bien même sur une lectrice dont ce n’est clairement pas la came.

J’ai lu ce livre il y a trèèèès longtemps et je n’ai pas d’énormes souvenirs des détails de l’intrigue mais je garde en tête une impression de lecture agréable, qui reste qualitative et qui a su me couper du monde le temps de quelques pages.

A lire si vous aimez la New Romance ou si vous voulez la découvrir.

Les avis des Accros & Mordus de Lecture

lundi 3 mars 2025

The Wicked Deep - La Malédiction des Swan Sisters de Shea Ernshaw

Petite pause dans les lectures de Noël avec un retour à la littérature mi-fantastique mi-fantasy avec une pointe de girl power, le tout dans une ambiance bien poisseuse comme on l'aime : The Wicked Deep de Shea Ernshaw, clairement choisi au départ pour sa superbe couverture.



Quatrième de Couverture
C’est une histoire de vengeance... Il y a près de deux siècles, Marguerite, Aurora et Hazel Swan, trois jeunes femmes belles, libres et indépendantes, furent accusées de sorcellerie par les habitants de la ville de Sparrow. Des pierres accrochées aux chevilles, les trois sœurs furent noyées. Exécutées. Depuis ce jour, chaque année au mois de juin, les sœurs Swan sortent des eaux de la baie pour choisir trois jeunes filles, trois hôtes. Dans le corps de ces adolescentes, Marguerite, Aurora et Hazel reviennent se venger. Et cette année encore, Penny le sait, alors que les touristes afflueront, on retrouvera des cadavres de jeunes hommes sur la plage… Car cette malédiction, rien ne semble pouvoir l’arrêter.

Une fiction d’une force envoûtante aux frontières de la sorcellerie et de la magie. Êtes-vous prêts à rencontrer les "Swan Sisters" ?

Mon avis
Chaque année, la ville de Sparrow est frappée par de tragiques noyades. Elles ne touchent que de jeunes hommes toujours à la même période. Les habitants savent qu’il s’agit de la malédiction des Soeurs Swan. Depuis deux siècles, elles viennent venger leur propre mort par noyade.

The Wicked Deep nous plonge dans un huis clos poisseux à l’air chargé de sel et d’humidité. Même si l’histoire a lieu au début de l’été, sous un ciel bleu, c’est une ambiance brumeuse qui nous écrase tout au long de la lecture. Le mystère qui étreint les lieux nous enferme dans un brouillard métaphorique qui se mêle à la métaphore générale tissée autour de l’eau.
Au coeur de cette ambiance humide, la ville de Sparrow s’ouvre sous nos yeux à travers un paradoxe particulier. Tous les ans, la malédiction des Soeurs Swan vient inlassablement prendre la ville dans son étau et, pourtant, le tragique permet à la ville de prospérer : le tourisme explose à cette période de l’année et les habitants jouissent économiquement de leurs propres malheurs. Finalement, que sont quelques sacrifices par an, qui peuvent même être incarnés par des touristes, face à ces richesses ?
Il en va de même pour les jeunes femmes de la ville qui oscillent entre l’envie d’être possédées par l’âme de l’une des Soeurs Swan et la peur d’être châtiées pour la possession d’un tel pouvoir. On en revient à la pression mise sur les femmes, le pouvoir qu’on leur prête sur les hommes et qu’on cherche sans cesse à leur faire payer alors, qu’en réalité, ce sont les hommes qui cherchent simplement à punir les femmes pour le simple fait d’exister par elles-mêmes…

À travers le regard de Penny, habitante de Sparrow, et Bo, jeune homme étranger à la ville qui vient pour en apprendre plus sur la malédiction étrange qui frappe la ville, on suit le déroulé de ces quelques jours de l’année où les Soeurs Swan viennent prendre la vie de quelques jeunes hommes. J’ai mis le doigt sur le plot twist avant qu’il ne se dévoile et ce n’est pas une mauvaise chose : il y a toujours quelque chose de satisfaisant à comprendre les rouages d’un mystère, aussi simple soit-il. Le basculement régulier entre passé et présent se fait de façon assez fluide et le style d’écriture colle plutôt bien à l’ambiance voulue. La clôture de l’intrigue est plutôt réussie, je n’ai par contre pas accroché au choix fait pour les personnages une fois la fin écrite, je ne suis pas convaincue.

J’ai aimé ma lecture pour son côté page turner, pour le caractère particulier des personnages et surtout pour le décor planté tout au long des pages. The Wicked Deep n’est pas un roman inoubliable mais il permet de passer un bon moment de lecture et de soulever des questions qui vont au-delà de la simple fiction et c’est ce que je demande à un livre.

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dimanche 23 février 2025

Noël... Quelle galère ! d'Alicia Garnier

Après Let your heart be Light d'Alison Germain, j'ai enchaîné avec Noël... Quelle galère ! d'Alicia Garnier. À noter que ces deux nouvelles sont issues d'un recueil publié à quelques exemplaires en auto-édition en 2022, Noël autour du monde.



Quatrième de Couverture
Holly ne pouvait pas imaginer pire scénario...

Holly travaille chez Rikke Land depuis très longtemps et elle adore son job. Même si elle sait que tous les ans le mois de décembre est compliqué à cause de la surcharge d’activité. Mais surtout, elle redoute par-dessus tout Noël et ses célébrations; il faut dire qu’elle est loin d’être fan de ces fêtes de fin d’année...
Cependant, il y a une personne qui lui hérisse encore plus le poil que Noël : Reed, son collègue et ennemi de longue date. Pourtant, le destin va leur jouer un drôle de tour quand ils vont se retrouver bloqués, juste tous les deux au bureau.
Cette soirée glaciale s’annonce riche en évènements, prises de bec et révélations !

Holly et Reed n’ont pas fini de vous divertir.

Mon avis
Holly et Reed bossent ensemble et se détestent. Coincés au bureau pour Noël, ils vont devoir se supporter et plus si affinité.

Bon, nul besoin de vous faire un dessin, on est clairement face à une relation où les deux personnages mènent sans cesse une joute verbale, se détestent, mais, évidemment, au fond, s’apprécient au moins physiquement. C’est du vu et revu mais ça marche toujours aussi bien. L’ambiance de Noël y apporte une touche sympathique et c’est assez agréable à lire en période de fêtes.

J’ai découvert la plume d’Alicia Garnier avec cette nouvelle et je n’ai pas été déçue du voyage : les escales et la destination finale correspondaient à ce que j’attendais.

Pour info, la nouvelle s'est transformée en saga Reed & Holly et comporte désormais 4 tomes pour 4 saisons.

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jeudi 20 février 2025

Let your heart be Light d'Alison Germain

Est-ce que lorsqu'on commence à arriver aux lectures de Noël 2022, on ne se rapproche pas enfin de la fin de la mise à jour sur les avis lecture de l'année 2022 ? Et si ! Et j'avais très envie de me mettre dans l'ambiance des fêtes dès le début du mois de décembre cette année-là. J'ai commencé par relire un peu la plume d'Alison Germain avec une nouvelle qu'elle venait tout juste de sortir : Let your heart be Light.



Quatrième de Couverture
Noël, n’est-ce pas le meilleur moment pour avouer ses sentiments ?

Retourner à la Renardière pour les fêtes de fin d’année ? Iris en rêve depuis près de neuf ans. Ce chalet suisse, où elle se rendait chaque année lorsqu’elle était enfant, revêt un charme particulier. L’odeur du sapin, le feu de cheminée, la neige qui tombe au dehors…voilà une atmosphère que notre amoureuse de Noël a hâte de retrouver et de partager avec sa bande d’amis proches pour la première fois.

Oui, mais…

Depuis un slow bouleversant, quelques jours avant le départ, les pensées d’Iris sont accaparées par Achille, son meilleur ami. Ce dernier est bien évidemment du voyage et mettra le cœur indécis de la jeune femme à rude épreuve…

Mon avis
La période des fêtes a quelque chose de perturbant pour Iris cette année : elle se pose de nombreuses questions sur la nature de ses sentiments pour son meilleur ami. Dans une ambiance digne d’un film de Noël, Iris va devoir mettre les choses au clair.

Let your heart be Light est une nouvelle parfaite pour vite plonger dans l’ambiance de Noël et passer un bon moment. L’écriture est sympa, l’histoire digne d’un scénario de téléfilm de Noël et on sait dès le départ vers où on se dirige. Cette nouvelle se lit pour ce qu’on en attend et c’est très bien comme ça. Pas plus, pas moins, ça permet de passer un bon moment, surtout lorsque la période d’y prête (à Noël, vous avez compris).

Alison Germain écrit bien et on sent son envie de se diriger vers la romance après avoir bouclé sa saga Chroniques Homérides que j’avais bien aimée.

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mercredi 19 février 2025

La Passeuse de Mots, Tome 1 d'Alric et Jennifer Twice

Parce que quand on est du côté de Montpellier, il est difficile de passer à côté du phénomène La Passeuse de Mots.



Quatrième de Couverture
Dans le royaume de Hélios, les mots ont un pouvoir. Celui de créer, d’équilibrer, puis de détruire le monde. Lorsqu’on les prononce, aucun retour en arrière n’est possible.

Arya, une jeune fille de la capitale, est passionnée de livres. Elle en dévore chaque mot. Mais elle est loin de se douter qu’elle est la clé pour sauver son royaume, le seul qui ait restreint l’utilisation de la magie grâce à un traité. Un traité qui ne plaît pas aux rebelles, prêts à tout pour l’éradiquer.

À l’aube des changements qui s’annoncent, les Mots se réveillent pour établir l’ordre dans le chaos, la vérité dans l’illusion.
Ils attendent leur Appel. Celui de la Passeuse de Mots.

Mon avis
Arya, apprentie pâtissière, voit sa vie prendre un tournant lors de l’attaque de la capitale du royaume d’Hélios. Fuyant la ville dans l’espoir de retrouver sa famille, Arya va devoir affronter de nombreuses épreuves, aidée par de nouveaux compagnons croisés sur sa route. Dans un monde où la magie a été bannie, le destin d’Arya ne serait-il pas finalement hors norme ?

La Passeuse de Mots propose ce qu’on attend d’une saga fantasy : une héroïne qui sort du lot, un prince, un voleur mystérieux, un gentil soldat, une créature de la nuit, une grande catastrophe, une lourde menace, une famille disparue… Tout au long des sept cent pages, les codes sont respectés, on coche méthodiquement chaque case du bingo d’un premier tome fantasy. C’est presque trop : trop attendu, trop d’épreuves qui s’enchaînent, trop de détails dans un univers trop bien construit… On sent l’envie des auteurs de présenter l’ensemble de ce qu’ils ont imaginé mais un poil de mesure ne m’aurait pas dérangé. Au-delà de ça, on se laisse facilement prendre au jeu et on plonge sans problème dans l’histoire.

Et le style d’écriture facilite la lecture, il est assez plaisant et facile à digérer. C’est plutôt la construction de l’intrigue et le rythme général qui m’ont dérangée. On sent que ce premier tome a fait ses armes sur Wattpad : les chapitres sont très courts, ornés de cliffhanger, ce qui colle au format d’origine pour accrocher le lecteur et le faire revenir… Mais au format roman, ça a fini par me lasser. L’aspect page turner du départ a pris un tournant saccadé et, si je comprends que c’est un format qui fonctionne très bien aujourd’hui, ce n’est pas ce qui me rend une lecture agréable. J’ai quand même passé un bon moment, preuve que l’histoire et le style ont quand même su me garder sur la route de la lecture.

Ce premier tome permet de se lancer dans la fantasy française qui est riche et trop souvent oubliée au profit de la fantasy britannique ou américaine. Et rien que pour ça, lire La Passeuse de Mots est une bonne idée !

C’est pas la saga du siècle mais elle a droit à une campagne marketing qui lui permet de sortir du lot. Certes, ça se lit très bien mais si on est adepte de fantasy, on a déjà lu la même chose ailleurs.

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vendredi 14 février 2025

La Sorcière rousse précédé de La coupe de cristal taillé de F. Scott Fitzgerald

J'avance dans ma rétrospective des lectures de 2022. PArmi elles, il y avait ces deux nouvelles de F. Scott Fitzgerald. En vrai, n'hésitez pas à lire Zelda Fitzgerald que j'ai lue bien avant lui et que j'ai vraiment trouvé plus pertinente dans son écriture !



Quatrième de Couverture
Un amant éconduit a offert à la ravissante Evie Piper «un présent aussi dur, aussi beau, aussi vide, aussi transparent» qu'elle, une coupe en cristal taillé. Mais quelle étrange malédiction pèse sur cette coupe? Merlin Grainger, un libraire new yorkais, est envoûté par une jeune femme «aux cheveux roux ombrés de violet» qui semble toujours surgir aux moments importants de sa vie pour semer le trouble. Qui est-elle vraiment? Le fantôme d'une vie rêvée ?

Deux nouvelles tendres et désenchantées dans l'Amérique des Années folles.

Mon avis
Que ce soit “La coupe de cristal taillé” ou “La Sorcière rousse”, F. Scott Fitzgerald donne une image assez péjorative de la femme. Elle y est forte mais surtout envoûtante, et elle le paye à la fin. Que ce soit Evie Pipier qui finit aussi lacérée par la vie que ce qu’un amant éconduit semble lui avoir reproché ou la mystérieuse Caroline qui est méprisée et crainte par les hommes comme les femmes…
F. Scott Fitzgerald semble avoir une dent contre les femmes, au point de se servir d’elles pour faire passer chacun de ses messages. Et les messages, alors ? Le temps qui passe, le fait de regretter ses actes une fois qu’on en mesure les conséquences, ne pas choisir la liberté quand on en a l’occasion mais plutôt le conformisme, le retour de flamme, … Bref, il y a de quoi faire.
Par contre, si c’est bien écrit, je n’ai pas été convaincue par la gestion des chutes finales. J’aime les nouvelles aux chutes abruptes et surprenantes. Ici, elles sont convenues et plates. Je comprends le but, l’effet désiré mais ce n’est pas à mon goût.

Pour poursuivre, j’irai plutôt lire les nouvelles de Zelda Fitzgerald parce que j’avais beaucoup aimé son roman autobiographique, Accordez-moi cette valse. J’ai sûrement un gros a priori sur F. Scott à cause de ce livre mais j’assume parce que Zelda ♥

Je lirai sûrement Gatsby le Magnifique un jour, pour voir si le génie est justifié ou non.

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mercredi 12 février 2025

Zizi Cabane de Bérengère Cournut

On est toujours en 2022, au coeur de mes vieilles lectures que je n'ai pas toutes oubliées, comme Zizi Cabane de Bérengère Cournut !



Quatrième de Couverture
Odile a disparu, laissant derrière elle son mari Ferment et leurs trois enfants : Béguin, Chiffon et la jeune Zizi Cabane. Tante Jeanne arrive à la rescousse, Marcel Tremble surgit de nulle part. Chacun doit s’inventer une nouvelle vie, mais rien ne se passe comme prévu dans la grande maison. D’étranges phénomènes se produisent, les chagrins roulent sur des pentes inattendues…

Mon avis
Bérengère Cournut nous offre un spectacle merveilleux fait de vers libres et de cascades d’images particulières. À travers les étapes complexes du deuil, de la disparition brutale de la mère, le roman nous plonge au coeur des rouages d’une famille pas comme les autres. Odile est partout et nulle part à la fois. Elle est dans cette maison qui prend l’eau, dans ses enfants qui attendent en vain son retour et dans le souffle de vie qui anime le récit.

Lire du Bérengère Cournut, c’est toujours une aventure particulière. C’est poétique, fin, ça explose en bouche et on ne sait jamais sur quel arôme on va tomber… On sait simplement que ça ne va ressembler à rien de ce que l’on a déjà goûté, ou alors un peu à notre enfance, un peu à un voyage, un peu à un rêve…

Zizi Cabane c’est doux, c’est fort, ça brusque mais ça câline aussi. C’est beau et ça me conforte dans l’idée que j’aime vraiment bien le style de Bérengère Cournut, surtout lorsqu’il me sort de ma zone de confort.

Je suis sortie de moi – il faisait frais, il faisait jour
Je pouvais couler entre les graviers, caresser l’herbe et mouiller la terre
Je pouvais serpenter, dévaler, tout emporter – si je le voulais
” p36


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dimanche 9 février 2025

Billie's Blues de John Harvey

Parce que, parfois, j'aime bien piocher dans les boîtes à livres qui croisent ma route !



Quatrième de Couverture
Un ange. Ce fut la première image qui lui vint à l'esprit. En voyant de quelle façon elle gisait sur le dos, les bras écartés, comme un ange tombé dans la neige. Les pans de son manteau ouverts, les pieds nus, une tache sombre au centre de sa robe, les doigts recroquevillés. Quelques flocons indolents se posèrent un bref instant sur son visage et ses cheveux. Une peau de porcelaine. Avec une température pareille, elle pouvait être morte depuis plusieurs heures ou plusieurs jours. Le médecin légiste saurait le dire.
Se redressant, Resnick jeta un coup d’œil à sa montre. Trois heures quarante-cinq, à peine plus d'une demi-heure depuis que l'appel leur était parvenu.

Une nouvelle inédite de John Harvey extraite du recueil Now's the Time.

Mon avis
Le corps d’une jeune prostituée est retrouvé et l’enquête est confiée à l’inspecteur Charles Resnick. Le témoin qui a découvert le corps n’est pas un inconnu pour Resnick.
Dans cette nouvelle, John Harvey propose une petite enquête qui s’insère dans la saga Charles Resnick.

Je n’avais jamais lu John Harvey, je ne connaissais évidemment rien de Charles Resnick mais j’ai trouvé Billie’s Blues dans une boîte à livres et je me suis dit que ça faisait bien longtemps que je n’avais pas lu de polar (vraiment, vraiment longtemps).

Le polar n’est clairement pas mon genre de prédilection mais le format court m’a poussé à sortir de ma zone de confort sans prendre trop de risques. Et c’est tant mieux : la lecture a été agréable, très fluide, le style d’écriture m’a beaucoup plu et le sordide de l’affaire m’a rapidement happée.
Et si ça a marché, c’est parce que John Harvey est très fort pour planter rapidement le décor ainsi que ses personnages sans trop en dire pour ne pas être redondant auprès de ses fidèles lecteurs mais en dosant parfaitement l’information pour réussir à garder l’attention des novices comme moi. Je ne connaissais rien de la saga Charles Resnick et ça n’a en rien gêné ma lecture.

Si un jour j’ai envie de me plonger dans une série de polar, je sais que je peux sans hésiter me plonger dans l’oeuvre de John Harvey qui a su me plaire avec cette petite nouvelle.


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samedi 8 février 2025

Moi, Tituba sorcière... de Maryse Condé

Après une longue année de pause, me voilà de retour avec un nouvel avis lecture. Moi, Tituba sorcière... de MAryse Condé, je l'ai lu il y a plus de deux ans (mon retard chroniques, et comme je suis assez bornée, je compte bien rattraper un jour ce retard). J'avais de longues heures d'avion à tuer à l'époque et je ne les ai pas vues passer en me plongeant dans ce roman.
Dans cet avis, je cite Daily Debby, une lectrice dont j'aime beaucoup suivre les vidéos sur Youtube et que je vous conseille de découvrir si ce n'est pas déjà fait !



Quatrième de Couverture
Fille de l'esclave Abena violée par un marin anglais à bord d'un vaisseau négrier, Tituba, née à la Barbade, est initiée aux pouvoirs surnaturels par Man Yaya, guérisseuse et faiseuse de sorts.
Son mariage avec John Indien l'entraîne à Boston, puis au village de Salem au service du pasteur Parris. C'est dans l'atmosphère hystérique de cette petite communauté puritaine qu'a lieu le célèbre procès des sorcières de Salem en 1692. Tituba est arrêtée, oubliée dans sa prison jusqu'à l'amnistie générale qui survient deux ans plus tard. Là s'arrête l'histoire. Maryse Condé la réhabilite, l'arrache à cet oubli auquel elle avait été condamnée, et, pour finir, la ramène à son pays natal, la Barbade au temps des Nègres marrons et des premières révoltes d'esclaves.

Mon avis
Tituba, connue comme l’une des victimes de la Chasse aux Sorcières de Salem, trouve sous la plume de Maryse Condé une véritable histoire. Avant d’être au service du Pasteur Parris, elle est née à La Barbade, elle a vécu mille histoires, mille souffrances, mille amours.

Moi, Tituba sorcière… est une superbe adaptation de l’histoire de Tituba par la grande Maryse Condé. Uniquement connue comme l’esclave bouc émissaire dans l’histoire de Salem, Tituba devient une personne à part entière et complète sous la plume de Maryse Condé. De sa naissance à sa mort, rien ne lui est épargné et Tituba traverse les épreuves avec une force folle, une détermination que peu auraient eu à sa place.
La beauté de l’écriture de Maryse Condé contraste avec la violence omniprésente dans le livre : si Tituba est une femme qui aime l’amour, et s’y perd souvent, l’autrice nous rappelle sans cesse que le monde est cruel et que Tituba ne peut être épargnée.

Beaucoup d’émotions contradictoires naissent de cette lecture, notamment parce que Tituba est une héroïne humaine, tout autant forte que faillible, pétrie d’orgueil, aussi attachante qu’agaçante. Maryse Condé a su faire d’un simple nom dans une liste de victimes un personnage entier, marquant et percutant.

Si ce livre est mon premier Maryse Condé, il ne sera clairement pas le dernier. Je l’ai traîné pendant dans années dans ma PàL et l’ai enfin lu il y a deux ans, sûrement grâce à Daily Debby qui ne rate jamais une occasion de faire la promo de Maryse Condé. Je conseille vivement d’aller découvrir ses recommandations et son amour pour Maryse Condé. Le Tome 1 de Ségou est d’ailleurs dans ma PàL et Debby me donne envie de l’en sortir très vite !

Et un petit lien vers un article de Debby parce qu'elle le vaut bien.

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dimanche 18 février 2024

La Logeuse de Roald Dahl

J’ai lu cette nouvelle dans le cadre d’une Lecture Commune sur le forum Accros & Mordus de Lecture, encore une tirée du recueil Kiss Kiss qu’il va finalement falloir que je lise jusqu’au bout !



Quatrième de Couverture
Kiss Kiss
Les histoires qu'invente Roald Dahl, on a envie, après les avoir lues, de courir les raconter à tout le monde. Comme si on les avait vécues ou rêvées soi-même. Au service de cette suite de situations plus ou moins macabres, Roald Dahl met une chatoyante érudition. Qu'il nous parle, juste le temps qu'il faut, de chirurgie, de meubles d'époque, d'apiculture, de musique, de métempsycose ou de braconnage, qu'il emprunte le style " cinéma " ou qu'il pastiche Voltaire, c'est toujours avec le même souci du détail, le même sérieux pince-sans-rire, le même humour noir déguisé.

Mon avis
Billy Weaver cherche une chambre d’hôtel et s’arrête devant ce qui semble être un Bed and Breakfast douillet et étrangement attirant. D’abord satisfait, une désagréable impression s’accroche à lui, dont il ne réussit à se défaire au fil de la soirée.

La logeuse est une nouvelle où l’on sent dès le départ que quelque chose cloche. Les lieux sont étouffants, la propriétaire est malaisante et tout nous mène vers la chute que l’on suppose.
Si ce n’est pas ma nouvelle préférée de Roald Dahl, l’effet escompté est bien là. Ici, on est sûrement face à une tueuse en série au penchant de collectionneuse, qui inverse le rôle habituel du pervers qui piège les jeunes femmes. Les apparences ne sont pas trompeuses ici : c’est transparent, Billy a juste besoin d’être plus attentif pour trouver les indices. Animaux empaillés, attitude de la logeuse, identité des derniers clients, goût du thé… Il suffit d’ouvrir les yeux ! Mais, qui, naturellement, irait se méfier d’une vieille dame ?

C’est cette transparence qui fait de cette nouvelle quelque chose de génial : tout est là, tout est clair mais Billy ne voit rien. Il n’est pas convenu de se méfier d’une vieille dame, de s’inquiéter pour sa vie face à la prévenance d’une telle personne. La logeuse ne devrait pas incarner le danger et c’est ainsi que Billy plonge vers son destin. Il ne voit pas les signaux, il ne fait pas confiance à son instinct qui tente de le prévenir, il ne laisse pas son intuition l’aider.

Roald Dahl nous montre ici que n’importe qui peut cacher un monstre.

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lundi 5 février 2024

Les Sorcières de Hollow Cove, Tome 1 : La Sorcière de l’Ombre de Kim Richardson

Parfois, le régressif prend le dessus. J’ai eu envie de lire un peu d’urban fantasy, comme il y a 10/15 ans, une petit saga qui se lit vite, qui n’a rien de complexe, qui mélange quotidien et magie. La saga n’est pas exceptionnelle, même pas bonne en vrai, mais elle m’a permis de passer le temps quand je n’ai eu que ma liseuse à portée de main.



Quatrième de Couverture
Prêts pour votre prochaine aventure magique ?
Alors voilà, j’ai des ennuis. De gros ennuis. Je suis fauchée. Pire encore, mon copain vient de me larguer après cinq ans.
Que me reste-t-il à faire ? Emménager avec mes trois tantes excentriques dans leur maison de famille, le Manoir Davenport. C’est un endroit charmant, sauf que cette immense ferme adore dévorer les hommes. Oui, vous avez bien lu.
Si j’étais une humaine normale, je m’enfuirais en prenant mes jambes à mon cou. Mais comme je suis une sorcière... je ne fais absolument rien. Après tout, ils l’ont peut-être mérité, qu’est-ce que j’en sais ?

Je suis de retour à Hollow Cove, la communauté paranormale haute en couleur où les nymphes, les loups-garous, les trolls, les métamorphes, les sorcières et autres êtres hors du commun vivent en paix loin des regards humains. Alors que je prends mes marques dans ma nouvelle vie, je décide d’accepter la proposition de mes tantes et de rejoindre l’entreprise familiale : une société de surveillance chargée de protéger la ville et de tuer tous ceux qui chercheraient à lui nuire.
Mais ça fait un bout de temps que j’ai quitté le monde paranormal et mes pouvoirs magiques sont un peu rouillés. Pour tout dire, ils sont pratiquement invisibles.
La situation ne tarde pas à empirer quand les membres de notre communauté commencent à tomber comme des mouches. Et lorsque des démons débarquent à Hollow Cove, je sais qu’il est grand temps de prendre les choses en main et de leur régler leur compte. Une bonne fois pour toutes.

Ça va saigner. Je le sens.
Préparez-vous pour cette aventure magique palpitante et à hurler de rire !

Mon avis
Tessa Davenport revient à Hollow Cove, ville magique, après avoir été trahie par son mec. C’est une sorcière au caractère bien trempé, maladroite et qui a le don de se mettre dans des situations un poil trop complexes. Hollow Cove subit dans le même temps une vague de meurtres et Tessa va épauler ses tantes loufoques pour résoudre ce mystère.

Je n’ai que peu de souvenir de l’intrigue (bonjour lecture de 2022) mais, côté impressions, j’en garde une traduction moyenne, une intrigue légèrement bancale mais une lecture plutôt drôle et légère. C’est un tome qui n’est pas tellement bien écrit mais ça se lit vite, c’est léger, on rigole et, en creusant, les idées qui façonnent l’univers sont intéressantes. Les créatures qui peuplent Hollow Cove sont variées et montrent que la cohabitation n’est pas toujours simple. Cette petite ville magique se transpose facilement à la vie de tous les jours : commérage, jalousie, entraide, liens entre les générations… Il y a de l’idée, ce n’est pas bien mis en forme mais, en même temps, ce n’est pas ce que je demandais à ce livre en le lisant : je voulais du 12ème degré, du rire, un peu de magie et de la légèreté.

Je ne recommande pas cette lecture mais j’y ai trouvé mon compte et, un tome de temps en temps, ça détend et permet de débrancher le cerveau à chaque fois. Quand la fatigue mentale est trop forte pour réussir à se concentrer, ça me permet d’avoir quelque chose à lire !

Les avis des Accros & Mordus de Lecture

samedi 3 février 2024

Gelée royale précédé de William et Mary de Roald Dahl

Ce livre, je l'ai lu en septembre 2022. J'ai donc encore plus d'un an de retard d'avis lecture mais je remonte doucement la liste de ces chroniques en attente (bon, je lis plus vite que ce que je publie, mais, sait-on jamais, peut-être que je finirai par être à jour !).



Quatrième de Couverture
Comment faire grossir un bébé qui refuse de manger ? Son père, passionné d'apiculture, a une idée qui pourrait bien révolutionner l'alimentation des nourrissons ! Comment garder un œil sur sa femme après sa mort ? William Pearl, avec la complicité d'un ami neurochirurgien, tente une expérience inédite. Mais on ne revient pas impunément d'entre les morts...

Plongez dans l'effroi pour éclater de rire à la page suivante - avec Roald Dahl, maître de l'humour noir so british !

Mon avis
Dans mon objectif de piocher dans les livres qui prennent la poussière dans ma PàL depuis trop longtemps mais aussi par une envie de lire des nouvelles, j’ai lu ces deux nouvelles délicieusement tordues extraites du recueil Kiss Kiss de Roald Dahl. J’ai été entraînée dans une expérimentation à double tranchant puis dans le monde merveilleux des abeilles.

Ces deux nouvelles sont mes toutes premières lectures de Roald Dahl et je ne regrette rien. J’avais vaguement l’envie de lire ses écrits, comme la plupart des auteurs qu’on connaît de nom parce qu’ils ont marqué le monde littéraire mais c’était là, latent, dans cette petite liste du « un jour peut-être »… Je n’avais pas idée de ce que je manquais en attendant si longtemps !

À travers un humour bien britannique, Roald Dahl use du fantastique, flirtant presque avec la science-fiction, pour nous proposer deux situations troublantes qui, en quelques pages seulement, nous offrent plusieurs pistes de réflexion tout en nous divertissant avec efficacité. Le fantastique, ce genre littéraire que j’aime retrouver peu à peu, qui nous pousse dans nos retranchements au fil des pages parce qu’on ne sait si la situation est réellement tangible ou non, Roald Dahl le maîtrise et le façonne à sa manière. Il l’use pour mettre en lumière les travers humains qui tendent vers la folie, cette douce folie qui couve finalement en chacun de nous.

Le choix est au cœur de chaque nouvelle, le choix qui entraîne la dérive et qui porte les personnages vers une finalité à laquelle ils ne s’attendaient pas. Finalité bien acceptée… ou non.

Je ne m’arrêterai clairement pas là avec Roald Dahl !

Les avis des Accros & Mordus de Lecture

samedi 27 janvier 2024

L'ensorcelée de Salem de Katherine Howe

Voilà encore un livre qui a intégré ma PàL parce qu’il y avait Salem dans le titre. C'était un one shot à l'origine mais il semblerait qu'une suite soit sortie aux USA.



Quatrième de Couverture
Le pouvoir de cette sorcière a traversé le temps et la mort.
Qui retrouvera le livre auquel elle a confié ses secrets ?

En entrant dans la maison de sa grand-mère défunte, la jeune Connie n’imaginait pas que toute sa vie allait changer. Dans la bibliothèque qu’elle est chargée de vider, elle découvre un livre mystérieux avec, à l’intérieur, une clé et un nom dissimulé, à peine lisible : «Deliverance Dane ». Deliverance, l’une des jeunes femmes condamnées lors de la tristement célèbre chasse aux sorcières de Salem. Qui était-elle vraiment ?
Dès que Connie commence son enquête avec l’aide de son petit ami, l'intrépide Sam, les événements inquiétants se multiplient : sa maison est vandalisée et Sam tombe très gravement malade… Connie doit se rendre à l’évidence : sa découverte n’est pas seulement historique, mais magique. Et c’est désormais à elle de trouver la formule qui permettra de sauver son premier amour.

Entre révélations historiques et magie noire, une inoubliable histoire de sorcières, d’amour et d’aventures.

Mon avis
Spécialiste de l’Amérique coloniale, Connie doit trouver quel sujet de thèse elle souhaite développer. Dans le même temps, sa mère lui demande de se rendre dans une petite ville du Massachusetts pour vider et remettre en état la maison de sa défunte grand-mère. Là-bas, Connie va découvrir ses origines ainsi que son avenir. À travers l’Histoire mais aussi des phénomènes bien étranges, une menace semble planer au-dessus de Connie et ses proches. Son ancêtre est une des victimes de la chasse aux sorcières de Salem et elle va devoir enquêter sur cette histoire pour se préserver du danger qui la guette.

L’ensorcelée de Salem de Katherine Howe est présenté comme un thriller ésotérique mais les amateurs du genre seront déçus s’ils se lancent dans cette lecture. Il n’y a aucune surprise, aucun rebondissement inattendu, aucune subtilité dans l’écriture. Tout est prévisible du début à la fin et c’est bien dommage. L’intrigue est plate, convenue et sans réelle saveur. Les chapitres alternant entre présent et passé sont aussi très conventionnels. Les personnages eux-mêmes n’ont rien d’exceptionnels et l’enquête ne surprend jamais.

Si j’ai lu ce livre, ce n’est clairement pas pour sa qualité historique ou encore pour son scénario. Là où j’ai trouvé mon compte, c’est dans la description d’une petite ville, dans la mise en lumière d’une vieille maison et dans l’ambiance mystique mise en place. Et c’est tout. C’est un bilan bien maigre et je ne recommande pas cette lecture.

Heureusement, c’est un livre qui se lit très vite et les quelques heures de lecture que j’y ai passées m’ont permis de me vider la tête.

Les avis des Accros & Mordus de Lecture

samedi 20 janvier 2024

Briséïs, Tome 1 : La Citadelle intemporelle de Tiphaine Siovel

De temps en temps, je me laisse tenter par l’auto-édition. C’est rare uniquement parce que la plupart de mes lectures sont dénichées dans des bacs de livres d’occasion, le meilleur moyen que j’ai trouvé pour me laisser surprendre par un livre que j’achète au hasard. C’est grâce à la chaîne youtube de Christelle Lebailly que ce livre a atterri entre mes mains.



Quatrième de Couverture
Ses moindres gestes sont épiés.
Peut-elle vaincre seule la force ténébreuse qui a juré de la tuer ?

À dix-huit ans, Briséïs rêve d’échapper à son existence ennuyeuse de lycéenne. Quand son père physicien retrouve ses esprits après sept ans de catatonie, elle ne peut refuser l’expérience dangereuse qu’il lui propose. Mais après s’être réveillée dans une forteresse au savoir infini, choisie comme élève d’une élite secrète, Briséïs ne saurait dire si elle vit un rêve ou un cauchemar.

Piégée dans cette Citadelle oppressante, elle doit découvrir la vérité pour survivre. Mais ses actions sont surveillées et le temps lui joue des tours. Sa seule chance d’échapper à la forteresse pourrait être de rejoindre un groupe de rebelles…

Briseïs pourra-t-elle triompher de l’obscurantisme qui domine le monde ?

Mon avis
Briséïs ne rentre pas dans le moule et les perspectives d’avenir qu’on lui demande de tracer ne l’enchantent pas. Lorsque son père sort d’une léthargie de plusieurs années, son monde vacille : il l’envoie dans un autre monde, au sein de la Citadelle, où sont formées les élites du monde. Le savoir infini qui y est renfermé semble alléchant mais, peu à peu, la Citadelle se transforme en une cage aussi dorée qu’angoissante. Là-bas, le moule ne semble toujours pas fait pour Briséïs.

La Citadelle intemporelle réunit tous les ingrédients qu’on attend d’un premier tome de fantasy : une héroïne en quête de sens, un élément déclencheur, un tout nouvel univers à découvrir et l’apparition progressive d’obstacles et de mystères à franchir.

Nous découvrons peu à peu la Citadelle aux côtés de Briséïs et, comme elle, nous sentons rapidement que quelque chose ne tourne pas rond. Comme elle, on se sent très vite enfermés, perdus et peu enthousiastes face aux promesses que les gens autour essaient de lui offrir. Comme elle, on bute sur les faits imposés, sur la ligne directrice à suivre. Comme elle… Comme elle tout.
Ce premier tome a eu le travers de m’imposer la moindre réflexion. À aucun moment je n’ai eu l’occasion d’explorer par moi-même l’intrigue, les personnages, les lieux. L’univers est dense, semble bien construit, réfléchi, travaillé mais je n’ai pas eu la possibilité d’y voyager seule. Tiphaine Siovel déborde du descriptif nécessaire à la mise en place d’un univers vers un explicatif sans laisser place à l’imagination ou la nuance. Les éléments historiques utilisés sont intéressants, l’idée de départ est bonne mais la mayonnaise ne prend pas. Il manque selon moi une certaine finesse dans l’écriture : il faut savoir laisser croire au lecteur qu’il a son rôle à jouer à travers sa compréhension progressive de l’intrigue et, ici, aucune place ne m’a été laissée. Et, sans stimulation intellectuelle, sans possibilité de réflexion, je me suis ennuyée. Tout m’a été imposé et j’ai rapidement perdu l’intérêt qu’avait su faire naître en moi le résumé de la saga.

Le découpage de l’intrigue n’a pas su non plus me garder sur les rails : à peine commence-t-on à découvrir la Citadelle que tout s’arrête et on passe à un autre pan de l’intrigue. Je pense que ça vient là aussi du point faible de l’écriture : nous mener d’un point A à un point B sans nous laisser le temps de savourer l’instant, de réfléchir, de se fondre dans l’intrigue. Cette faiblesse d’écriture est un point qui peut largement s’améliorer par la suite, qui se travaille, mais je n’irai pas plus loin de mon côté. Les personnages sont eux aussi teintés du même travers : les nuances sont manquantes et la réflexion à leur sujet n’est pas permise.

Si je ne devais garder qu’une chose de cette lecture, ce serait le prologue qui m’a beaucoup plu et a su éveiller ma curiosité immédiatement. J’aurais aimé retrouvé cet effet-là tout au long de ma lecture.

La Citadelle intemporelle peut plaire aux lecteurs qui aiment se laisser guider de A à Z mais, si comme moi, vous avez besoin de liberté et de stimulation intellectuelle, ce premier tome risque de ne pas vous happer.

Les avis des Accros & Mordus de Lecture

samedi 11 novembre 2023

Lance-pierre de Mercedes Helnwein

Lance-pierre de Mercedes Helnwein a terminé dans ma PàL grâce à ma passion pour l’achat de livres d’occasion : un moyen d’acheter sur un coup de tête des livres au pif et de faire de belles découvertes. Ici, ça a fait mouche !



Quatrième de Couverture
À quinze ans, Grace Welles s’est résignée à sa solitude de fille singulière dans un pensionnat de seconde zone perdu au fin fond de la Floride. Son père vit en Californie, où il a une famille légitime, et sa mère vit... sur une autre planète peuplée de licornes. Tout bascule cependant le jour où Grace sauve un nouvel élève de sa classe sur le point de se faire tabasser : d’un seul tir de son lance-pierre, elle fait exploser pour toujours la monotonie de sa vie d’adolescente. Grâce à ce Wade Scholfield qu’elle n’a pas vu venir, sa vie ne sera plus jamais la même.

Avec lui, Grace découvre qu’une autre existence est possible, où les règles du lycée ne sont pas si tragiques et où une simple conversation sur les tunnels spatio-temporels peut conduire à des baisers passionnés capables de mâter son cerveau toujours en ébullition. Alors, pourquoi diable se retrouve-t-elle à briser en mille morceaux le cœur de Wade ? Et que peut-elle faire en comprenant enfin que l’univers ne tourne pas autour d’elle et que, sous ses airs désinvoltes, Wade cache un lourd secret ? Se pourrait-il qu’elle soit finalement la seule à pouvoir l’aider ?

Ce récit acide et sensible raconte avec justesse et sensibilité l’histoire de deux êtres qui se trouvent et se déchirent, puis grandissent. Le portait d’un premier amour flamboyant sur fond d’amitié, de poésie, de bouillonnement hormonal et de fous rires.

Mon avis
Grace est une adolescente dont les préoccupations semblent à des lieux de celles de ses camarades : garçon, vêtements, ragots, popularité… Tout cela ne l’intéresse pas. Elle préfère capter l’attention de son professeur préféré, se repaître de ses pensées torturés à travers ses poèmes et écouter les Smashing Pumpkins. Puis elle rencontre Wade qu’elle ne réussit pas à effrayer comme les autres jeunes de son lycée. Pire, il s’intéresse à elle et la perce rapidement à jour, lui faisant ressentir de toutes nouvelles émotions. Mais il n’est pas facile de composer avec les premiers émois adolescents, surtout quand on le moindre faux pas peut se transformer en chaos émotionnel sans nom.

Lance-pierre est un roman qui m’a frappée sans que je m’y attende. Il fait partie de ces livres où les personnages adolescents sont écrits avec une telle justesse qu’ils nous touchent en plein cœur. Ce roman est l’incarnation de tout ce que j’aime dans les œuvres qui traitent de l’adolescence avec talent : retranscrire sans fausse note la tempête d’émotions qui touche les jeunes lorsqu’ils se découvrent à travers le regard des autres. Lance-pierre est un roman frétillant d’émotions, c’est l’adolescence à l’état brut, ça pique les yeux et l’âme.

Grace découvre progressivement qu’elle n’est pas si différente de ses camarades et que ça ne lui enlève aucune profondeur. Marquée par l’histoire particulière de ses parents, elle a simplement érigé des barrières autour d’elle pour ne pas ressembler à sa mère qui est l’autre femme, qui semble être en suspend toutes les périodes où elle attend que l’homme de sa vie trouve une ouverture pour les rejoindre un trop court instant.

« L’adrénaline me réconfortait. Ou peut-être était-ce la certitude de n’avoir rien à perdre. Quand les gens essayaient d’être sympas, alors j’avais tout à perdre ; quand dès le départ c’étaient des connards, je ne risquais pas d’aggraver la situation. Ça signifiait moins de pression et beaucoup plus de liberté. »

Lorsque Wade vient fracasser ses barrières, Grace commence à perdre pied. Avoir quelque chose à perdre est tout ce qu’elle a cherché à fuir durant sa vie.

Grace grandit dans son rapport aux autres. Elle les découvre, les laisse entrer dans sa vie et apprend à composer avec toutes ces nouvelles émotions qui l’assaillent. Mercedes Helnwein nous montre que chacun est différent et semblable à la fois : certains se démarquent par leurs goûts, leur attitude, leurs choix mais, au fond, ce n’est pas ça qui nous différencie les uns des autres. Le simple fait d’exister fait de nous une espèce plurielle et c’est une des thématiques de ce roman. Grace se sent différente et voit ses camarades faire partie d’un même moule. Pourtant, en s’intéressant et se liant à eux, elle comprend que chacun est différent à sa façon.

Lance-pierre c’est apprendre à gérer ses émotions face à des personnes qui se débattent aussi avec les leurs. C’est grandir, c’est comprendre que les interactions avec les autres sont complexes. C’est accepter de prendre des risques pour vivre et se lier aux autres. C’est comprendre que perdre fait partie du jeu, un jeu qui en vaut souvent la chandelle. C’est user de la capacité des adolescents à ressentir pleinement les émotions souvent trop fortes pour illustrer la dureté du rapport aux autres mais sa nécessité vitale. Un roman touchant, déchirant et magnifique de justesse.

« La vérité, c’est que j’aimais trop Wade pour envisager un seul instant d’être amoureuse de lui. Ou peut-être que c’était au-delà de ça. Peut-être qu’en fait j’avais besoin de lui. Parce qu’il faisait de moi le centre de son univers quand il m’écoutait parler, et parce qu’il me laissait profiter à fond de son énergie et de son imagination colossales. Certains jours, j’avais l’impression de le dépouiller, de lui prendre tout ce que je pouvais pour aller m’en repaître tranquillement dans ma chambre. Je me disais que ça marchait peut-être dans les deux sens. Qu’il se sentait bien grâce à moi comme je me sentais bien grâce à lui, mais je ne comprenais pas vraiment ce que j’avais à lui apporter. Au fond, j’étais persuadée de posséder des pouvoirs occultes qui l’aveuglaient et le liaient à moi malgré lui. C’était la seule explication possible. Et alors ? Je n’avais aucune intention d’annuler un sort que j’avais jeté par accident. »

Les avis des Accros & Mordus de Lecture

jeudi 9 novembre 2023

Les héritiers de Salem, Tome 2 : Le fils oublié de Salem d'Emilie Bonnet

Le premier tome de la saga d’Emilie Bonnet Les héritiers de Salem avait su piquer ma curiosité : je n’avais pas adhéré aux personnages qui étaient trop simplistes à mon goût mais j’avais bien aimé sa personnalisation de l’histoire de Salem et c’est donc sans surprise que je me suis procurée le deuxième tome.



Quatrième de Couverture
Il y a seulement quelques mois, Serena était encore une insouciante adolescente californienne. Aujourd’hui tout a changé. Elle vit avec ses deux frères Jon et Wyatt dans le manoir de Wailing Hill à Salem, ville que leurs parentes ont fui pour les protéger de leur destinée de sorciers. La fratrie a découvert un monde où cohabitent sorciers, vampires et loups-garous. Un monde déchiré par des guerres de pouvoir, où le danger est omniprésent. Après une nuit d’horreur où elle a vu la mort frapper, Serena est dévorée par l’angoisse : où est passé Jullian ? Alors qu’elle espère le voir réapparaître, c’est sa tante Monica qui fait son retour au Manoir accompagnée d’un inconnu, Léon, sorcier vaudou…

Mon avis
Du sang sur les mains, Serena a du mal à reprendre pied. Pour sauver Wyatt, elle a fait appel à un pouvoir qui la dépasse aujourd’hui. Si l’ombre à la tête de porc n’est plus, de nouveaux ennemis semblent prêts à surgir à tout moment pour profiter des dissidences qui font rage au sein de la communauté de Danvers. Serena saura-t-elle garder le contrôle pour faire face à de nouvelles menaces ?

L’intrigue prend un nouveau tournant et met en lumière la fragilité des alliances au sein de Danvers. De nouveaux personnages entrent en piste et nous cherchons à savoir tout au long de la lecture dans quel camp ils jouent. Les pions sont avancés de case en case et le mystère s’épaissit. Emilie Bonnet enrichit encore son univers dans ce tome avec de nouvelles clés et de nouvelles pratiques. Les héritiers de Salem est une saga qui gagne en profondeur dans ce deuxième tome et qui prouve que son potentiel est bien là.

L’autre bonne surprise est l’évolution des personnages. S’ils étaient trop lisses et clichés dans le premier tome, ils gagnent eux aussi en substance, notamment ceux qui sont secondaires. C’est pile ce qui manquait au tome précédent. Serena se construit et les personnages autour d’elles deviennent intéressants. Alors il y a une légère dissonance entre la temporalité décrite et l’évolution parfois un poil rapide de certains personnages mais cela semble nécessaire à l’intrigue.
Concernant Jullian, je n’accroche toujours pas. Son absence au début du tome m’a bien fait plaisir et son retour m’a laissée de marbre. Le fils oublié de Salem est découpé en deux parties : la première est sous le point de vue de Serena et la seconde sous le point de vue de Jullian. Même avec ça, avec ses pensées, son histoire et ses états d’âme, c’est un échec. Jullian ne me plait définitivement pas. Heureusement, il y a Cole. Il est encore dans le spectre du cliché mais il a su capter mon attention et je sens un potentiel certain chez lui.

Je suis contente d’avoir persévéré dans cette saga et d’avoir lu ce deuxième tome qui s’inscrit dans mes lectures divertissantes sur les Sorcières de Salem. J’espère que la suite sera un jour publiée.

Petit information au sujet de cette saga : Les héritiers de Salem a été publié par les éditions Nouvelles Plumes que j’ai pu acheter via France Loisirs (j’ai une carte de membre qui a pas loin de trente ans et un contrat qui me permet d’acheter ce que je veux, quand je veux). La maison d’édition vient de fermer ses portes alors que le troisième tome devait paraître fin 2023 ou début 2024. L’autrice propose actuellement de la contacter par mail pour recevoir une version numérique brute du troisième tome. J’hésite encore à le faire, j’attends de voir si Emilie Bonnet va trouver une nouvelle maison d’édition ou non. De ce que j’ai pu voir en fouillant sur le net, on ne trouve plus le deuxième tome en neuf pour l’instant et il reste quelques copies du premier tome en circulation.

Les héritiers de Salem, Tome 1
Les avis des Accros & Mordus de Lecture

dimanche 5 novembre 2023

Les héritiers de Salem d'Emilie Bonnet

J’ai une tendance, assez proche d’un comportement compulsif, à poser mon regard un peu trop longtemps sur toute œuvre qui comporte le nom de Salem. Tout a sûrement commencé dans ma tendre enfance, à l’époque bénie d’Hocus Pocus et Charmed, a évolué à travers la superbe pièce d’Arthur Miller, les films ou séries sur les sorcières, en passant aussi par le féminisme. C’est ainsi que Les héritiers de Salem d’Emilie Bonnet est arrivé dans ma PàL.



Quatrième de Couverture
À la suite de la mystérieuse disparition de leurs parents, Serena et ses deux frères s'installent à Salem, leur ville natale, auprès de leur tante Monica. Surprise du prestige du manoir familial de Wailing Hill, Serena comprend rapidement que l'évocation de sa famille, l'une des plus anciennes du pays, inspire autant de respect que de crainte. Bientôt des phénomènes étranges se multiplient autour de l'adolescente : une silhouette ornée d'une tête de porc entraperçue un soir de fête, un rêve sanglant qui se révèle prémonitoire, un colis tout aussi morbide... Quels secrets lui cache Salem ? Serena est-elle en danger ? Dans sa quête de vérité, elle peut heureusement compter sur ses frères et ses nouveaux amis, notamment Jullian, un garçon charismatique qui l'intrigue et la fascine...

Mon avis
Après la disparition de leurs parents, Serena, Jon et Wyatt Parris quittent la Californie pour retourner dans leur ville d’origine, Danvers, autrefois nommée la Grande Salem. Recueillis par leur tante, Monica Lewis, ils découvrent une ville où leur nom suffit à leur attribuer une place dans la société. Dans ce nouveau monde, la fratrie Parris va voir ses certitudes vaciller. Elle va devoir se faire une place au sein de la communauté magique à laquelle elle appartient de droit sous la menace pesante de la mystérieuse ombre à la tête de porc.

Les héritiers de Salem est un premier tome qui nous plonge rapidement dans l’intrigue de la communauté de Danvers. S’il n’y a pas de surprise particulière concernant la magie, Emile Bonnet réussit à personnaliser l’histoire de Salem qui a pourtant été vue et revue dans la littérature. On se laisse doucement emporter par l’univers tant connu et pourtant assez bien revisité.

Cette saga s’inscrit dans le genre Young Adult et les codes y sont bien présents tout au long de la lecture : les personnages principaux sont jeunes, innocents et jetés dans la fosse aux lions sans préambule. Les héros sont lisses, prêts pour gagner progressivement en caractère, les faux-semblants à décortiquer sont là, la romance interdite répond elle aussi présente tout comme les amitiés contrariées et l’antagoniste mystérieux à démasquer. La recette est complète pour fonctionner.

Seulement, pour ce premier tome, la recette n’est pas suffisante en tous points. Si l’intrigue et les détails de l’univers qui viennent peu à peu construire le récit sont assez bien choisis, les personnages, eux, ne m’ont pas convaincue. C’est tout mon problème avec le Young Adult : parfois ça passe, parfois ça casse. Dans ce premier tome, les personnages ne sont pas suffisamment explorés à mon goût : ils répondent bien aux codes du genre mais ça s’arrête là et ça manque de développement. Il y a du potentiel mais j’avais besoin de plus. Surtout, c’est la romance qui m’a le plus laissée de marbre : je n’ai senti aucune alchimie entre Serena et Jullian. Serena est un personnage en construction qui découvre un nouveau monde à qui on peut facilement pardonner son manque de profondeur initial mais, Juillian, lui, est bien trop fade à mon goût. Ses obligations qu’il suit sans sourciller ne devraient pas être une excuse à son manque de relief. Je suppose que la relation est une évidence pour l’autrice, évidence qui n’a pour le coup pas été suffisamment transposée par les mots.

J’ai tout de même passé un bon moment lecture : il s’agit d’un premier roman, on le sent, et il y a un réel potentiel dans cette intrigue. Le style d’Emilie Bonnet est aussi très agréable à lire et ses idées font que je n’ai pas hésité à acheter le tome suivant pour poursuivre l’aventure. Tout ce que je peux conseiller est de ne pas s’arrêter au premier tome si on aime les réécritures de l’histoire de Salem.

Les héritiers de Salem, Tome 2
Les avis des Accros & Mordus de Lecture

samedi 21 octobre 2023

Nos jours brûlés, Tome 3 : Le Dernier Feu de Laura Nsafou

Le dernier tome enfin sorti, il ne m'a fallu qu'une relecture des deux premiers avant de me jeter sur cette lecture finale.



Quatrième de Couverture
« À chaque instant, nous devions résister à l’envie d’abandonner, pour nous forger nos propres lueurs d’espoir. »

2053. Elikia, Yander et Diarra ont rejoint l’Ordre diaphane, au côté duquel ils luttent contre l’Être de la Nuit. Après la perte de nombreux guerriers et guerrières, Elikia tente de comprendre l’origine de ses pouvoirs de dragon, tout en faisant face aux divisions qui règnent au sein de la communauté. Mais la lutte finale mettra la loyauté de tous à rude épreuve. La Prêtresse sera-t-elle capable de vaincre la Nuit ? Tandis que l’équilibre des forces est sur le point d’être rompu, Elikia, elle, a choisi son camp…

Mon avis
L’affrontement final approche et Elikia n’a désormais que peu de temps pour comprendre son rôle et ses pouvoirs. Diarra se prépare à défier Guddi tout en transmettant à Elikia un héritage qui pourrait la dépasser. L’espoir s’effrite bien trop vite et les alliances se font de plus en plus incertaines : la fin d’un monde arrive à grands pas, lequel survivra à l’autre ?

Le Dernier Feu, en tant que tome de conclusion, ne déçoit pas. Les questions posées depuis le premier tome trouvent peu à peu leurs réponses, les mystères sont dissipés et nos héros jouent la partition de leur vie. Comme pour les tomes précédents, le rythme du récit joue les montagnes russes faisant monter progressivement la tension jusqu’à son point culminant. Certains passages laissent une sensation hachée mais, dans l’ensemble, les choix temporels fonctionnent toujours aussi bien.

Après avoir appris à s’ouvrir aux autres et à elle-même lors de son retour de mission, Elikia s’enferme désormais dans sa quête finale et se coupe des autres. Elle passe tout son temps auprès de Diarra, obsédée par la Prêtresse et les réponses qu’elle lui apporte et perd peu à peu ses liens avec les autres hybrides. Elle est parfaitement imparfaite, symbole de l’Humanité là où nombreux sont ceux qui voient chez elle un monstre : Elikia est une vraie héroïne de fantasy, bourrée de failles mais aussi de force.

Cette humanité est notre point d’ancrage, le moyen que nous donne Laura Nsafou pour ne pas perdre pied face à une guerre qui oppose des divinités, une guerre qui dépasse notre réflexion. Les Esprits Créateurs, les différents autres Esprits… Ils sont à des lieux de réfléchir comme les Hybrides, si humains finalement. Le contraste est violent entre la vie spatio-temporelle des Esprits et celle des Hybrides et c’est tout un tour de force que de réussir à faire saisir ces subtilités au lecteur. Et, sans trop en dire, l’histoire des Deums qui est le fil conducteur de ces trois tomes à travers Diarra est un concept qui m’a beaucoup plu. Il y a une forte symbolique de la parentalité – légèrement dysfonctionnelle ici – qui donne à réfléchir sur ce tournant où les enfants/élèves coupent le fil de l’éducation pour avancer et vivre par eux-mêmes. Quand on aime la fantasy qui explore l’imaginaire tout en traitant de thème qui résonne avec la réalité, on peut sans problème se lancer dans Nos jours brûlés.

Cette trilogie terminée, j’en garde un excellent moment de lecture. J’ai adoré passer du temps dans l’univers de Nos jours brûlés, et c’est une saga que je relirai avec plaisir.

Nos jours brûlés, Tome 1
Nos jours brûlés, Tome 2
Les avis des Accros & Mordus de Lecture

jeudi 19 octobre 2023

Nos jours brûlés, Tome 2 : Les Flammes ivoire de Laura Nsafou

Après avoir lu le premier tome de Nos jours brûlés je n'ai pas mis bien longtemps à me procurer le deuxième tome tant le début de cette trilogie m'a happée.



Quatrième de Couverture
« J'avais peut-être repris forme humaine, mais je ne comprenais pas pourquoi on m'avait ramenée dans un monde sans soleil. »

2051. Quand Elikia rouvre les yeux, comprend qu'elle est vivante et qu'il fait toujours désespérément noir, la colère la submerge. Cependant, son sacrifice pour ramener le Jour n'a pas été tout à fait vain : Diarra, la deum capable d'inverser le cours des mondes, est de retour. La quête du soleil prend avec elle une ampleur inédite. Pour se montrer à la hauteur du combat qui s'annonce, Elikia devra explorer l'étendue de ses nouveaux pouvoirs... car le dragon en elle n'attend qu'une chose : sortir.

Mon avis
Quand Elikia revient à elle, plusieurs mois se sont écoulés. L’épreuve du réveil de Diarra ne l’a pas tuée mais l’a métamorphosée et Yander a tout fait pour la retrouver. Lorsqu’elle reprend forme humaine, Elikia replonge dans une lutte qu’elle pensait avoir achevée. En rejoignant l’Ordre diaphane, Diarra, Yander et Elikia espèrent trouver des alliés. Si l’arrivée de la Prêtresse est synonyme d’espoir, celle d’une marquée génère surtout de la méfiance. Lorsque trois missions doivent se jouer en même temps, Elikia décide de poursuivre son chemin sans ses compagnons pour découvrir qui elle est devenue.

Ce tome marque une grande évolution d’Elikia. Sa forme de dragon a profondément marqué son être et ses interrogations constantes autour des efforts qu’elle doit fournir pour se maîtriser l’épuisent. Sous sa forme de dragon, elle se sentait libre et apaisée parce qu’elle n’avait pas à lutter contre sa nature. Le tome est construit autour de cette métaphore qui met en scène la lutte et le lâcher-prise dans une danse effrénée. Elikia oscille entre ces deux choix qui ne sont finalement que l’effet miroir l’un de l’autre : lâcher-prise et enfin se sentir « libre » tout en étant soumise à sa nature nocturne ou lutter contre l’emprise de Guddi mais aussi contre elle-même pour conserver son libre-arbitre.

Le récit s’articule autour de l’action mais aussi de l’introspection et s’étale sur une longue durée de temps où les ellipses sont nombreuses : ce choix temporel aurait pu être frustrant mais il permet de rendre l’évolution d’Elikia réaliste. Elle s’apprend seule, découvre l’amitié avec Swodena, ainsi que la perte et découvre aussi une détermination toute nouvelle. Après une longue période à vivre en communauté dans une proximité constante, Elikia retrouve une vie où elle passe de plus en plus de temps seule, où elle prend le temps de vivre à son rythme, à s’écouter mais, surtout, à s’apprécier.

Les Flammes ivoire est un tome qui prend la forme d’un voyage initiatique, ce qui n’est possible que grâce à son choix de se séparer de Yander et Diarra. Lors du premier tome, Elikia était l’élève de Yander, puis Diarra lui a donné de nouvelles clés au début du deuxième tome et, enfin, elle est entrée dans sa propre quête en poursuivant son chemin. En étant livrée à elle-même c’est son apprentissage qu’elle poursuit en découvrant qui elle est.

Si Laura Nsafou nous apporte de nouveaux éléments sur son univers ainsi que sur les mystères de la disparition du Soleil, c’est surtout sur Elikia qu’elle nous éclaire et sur les difficultés de s’accepter avec nos différences. Ce deuxième tome est tout aussi plaisant que le premier et me conforte dans l’idée que Nos jours brûlés est mon coup de cœur de l’année 2022.

Nos jours brûlés, Tome 1
Nos jours brûlés, Tome 3
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