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Rambalh, c'est un pot pourri de mes lectures, un blog pour partager mes coups de coeur et de gueule. Rambalh signifie Bordel en Occitan et c'est un peu le cas de ce blog. Il est surtout né de mon besoin de garder une trace de mes lectures. Retrouvez-moi aussi sur Accros & Mordus de Lecture.

jeudi 29 septembre 2011

Legend Institut Tome 1 : Les Protecteurs de Légendes d'Eric Talard

Paru en 2010 aux Editions Mogador. J'ai acheté ce livre lors de l’événement Aux Chapiteaux du Livre au Domaine de Bayssan et j'ai donc pu faire dédicacer mon exemplaire par l'auteur ! 235 pages.



Quatrième de Couverture
La LEGEND INSTITUT est une organisation secrète qui s'occupe de protéger les légendes à travers la planète. Le Professeur Beaumont, un professeur de renom spécialiste des légendes anciennes et la belle Katia Lerner, une jeune médium croqueuse d'hommes, sont recrutés par l'un des hauts dignitaires de l'institut afin qu'ils deviennent des protecteurs de légendes. Sans se connaître, ils vont découvrir les rouages d'un système chargé d'administrer un monde imaginaire des plus réels, et ceci dans le seul but qu'ils ne remettent jamais en question les grands équilibres historiques et religieux de notre planète. Sauront-ils faire face à cette nouvelle réalité, aux nombreux dangers qui les guettent et aux mystérieux Arkans, d'anciens membres dissidents qui connaissent tout de l'organisation et vendent leurs secrets aux plus offrants ? Pour leur entrée en matière, ils vont se voir confier la plus surprenante des missions... De l'action, de l'aventure et du suspense, cette nouvelle réalité dépasse totalement notre imagination. Alors, découvrez cette mystérieuse organisation qui gère un monde irréel et nous plonge au cœur même de nos rêves les plus lointains. Ce roman a obtenu le Prix du Scénario au Concours International de Los Angeles en 2008.


Mon avis
Le professeur Beaumont, breton d'origine, est spécialiste en matière de légendes. Katia Lerner, elle, vit une vie assez spéciale, arrondissant ses fins de mois en contant la bonne aventure à qui le souhaite. Ces deux-là n'auraient jamais du se rencontrer et pourtant... Ils ont été choisis pour entrer dans le secret... Celui qui concerne la Legend Institut : une organisation dont le but est de protéger les légendes et mythes afin de préserver l'ordre mondial. Seulement, comment exécuter une mission lorsqu'on n'a rien demandé à personne ? Comment s'engager dans une lutte lorsqu'on a du mal à croire en ces légendes ? Et surtout, comment s'en sortir lorsqu'on est envoyé en mission d'urgence sans aucune préparation au préalable ? On se fie à son instinct et ses talents... Que diriez-vous si on vous apprenez que la lampe d'Aladdin existait bel et bien et qu'elle n'était qu'une bombe à retardement actuellement ?

Etant une grande adepte de légendes et mythes en tous genres, je ne pouvais qu'aimer l'histoire de base. De plus, il y a une touche totalement scientifique et qui donne à ce roman un aspect des plus attractifs : la science mêlée aux mythes est LE cocktail qui me fait fondre à coup sûr. On se laisse prendre dans l'intrigue, on lit attentivement les explications que donnent le professeur Senka aux deux nouvelles recrues de l'institut comme si nous étions à leur place, on imagine parfaitement le laboratoire, la superbe bibliothèque qui renferme plus que des livres normaux. On voyage à travers le Moyen Orient, on goûte un peu de la Bretagne, on visite au fil des pages la superbe Cathédrale de Notre-Dame... C'est un régal.

Le duo Beaumont/Lerner est détonnant et il rappelle les deux protagonistes de la série Sydney Fox avec un Beaumont plus attractif bien sûr. J'ai beaucoup aimé leur relation : il n'y a pas d’ambiguïté banale, rien de commun par rapport à d'autres bouquins. L'auteur insiste sur le côté séducteur de Katia et l'admiration que peut lui porter Beaumont mais en aucun cas, cela n'est poussé comme ça peut l'être dans d'autres romans où il faut toujours que les héros soient attirés l'un par l'autre. Là, ça n'est pas le cas et ça permet de rappeler que les êtres humains ne sont pas que des animaux après tout. Beaumont a ce côté sympathique et attirant qui sort des pages pour venir atteindre directement le lecteur : on rigole de ses stupéfactions et on attend avec impatience le moment où il va nous étaler toute sa science ! Pour ce qui est de Katia... Elle me tape un peu sur le système : on a l'impression que sa seule motivation est de ne pas être vue comme une lâche. Il y a tellement plus derrière ça, avec toute cette histoire, que c'est agaçant de la voir se préoccuper uniquement de son image et de son statut de femme émancipée : avoir besoin de prouver sans cesse que l'on est indépendante justement est une marque d'un problème de dépendance au regard des autres justement... Mais une fois dans le feu de l'action, elle oublie cet aspect d'elle-même pour se jeter à corps perdu dans l'action et elle est faite pour ça. Son côté tête brulée est par contre exagéré selon moi, mais ça colle avec son tempérament. Senka et Mélanie sont des personnages qui, je l'espère, seront approfondis par la suite car ils semblent eux aussi former une sorte d'équipe de choc qui promet des répliques animées. Il y a aussi le petit Max qui semble cacher au fond de lui pas mal de mystères... Les personnages à qui l'auteur a donné vie ont absolument tout pour plaire !

En tant que premier tome, ce roman était une mise en bouche : on a surtout vécu l'entrée des deux nouveaux membres dans l'organisation et on a eu droit à quelques rouages. Cet aperçu me donne envie de lire la suite : je veux plonger la tête la première dans les légendes les plus ancrées dans notre culture mais aussi dans toutes les cultures à travers le monde. Je veux de l'histoire, de la science, de l'action et je suis certaine que la suite va m'offrir tout ça ! Je regrette simplement une petite chose dans le style d'Eric Talard : j'ai l'habitude d'en apprendre plus sur les personnages à travers leurs pensées et leurs réflexions mais l'auteur privilégie l'action aux descriptions passives. Cependant, on s'y fait très vite ! Une agréable découverte, une histoire passionnante et une suite qui promet d'être totalement addictive !

C'est parti pour le tome 2 !

mardi 27 septembre 2011

Terrienne de Jean-Claude Mourlevat



Quatrième de Couverture
Tout commence sur une route de campagne...
Après avoir reçu un message de sa soeur, disparue depuis un an, Anne se lance à sa recherche et... passe de « l'autre côté ». Elle se retrouve dans un monde parallèle, un ailleurs dépourvu d'humanité, mais où elle rencontrera cependant des alliés inoubliables. Pour arracher sa soeur a ce monde terrifiant, Anne ira jusqu'au bout, au péril de sa vie.
Et se découvrira elle-même : Terrienne.
Vous ne respirerez plus jamais de la même manière.
« On entre dans un roman de Jean-Claude Mourlevat comme dans un rêve. » Lire
« Jean-Claude Mourlevat, cet immense auteur, cet enchanteur. » Anna Gavalda, Elle


Mon avis
Terrienne, c'est l'histoire d'Anne, une adolescente presque femme qui décide de tout mettre en oeuvre pour retrouver sa soeur dès qu'elle a entre les mains un indice, une preuve du fait qu'elle est toujours en vie. Elle va alors devoir entrer dans un monde qui n'est pas le sien et qui va lui montrer à quel point être Terrienne est une bénédiction, à quel point son monde a à offrir. Sa route va croiser celles de personnes complètement différentes d'elle mais qui vont se révéler surprenantes et sans qui, elle ne pourrait atteindre son but... C'est l'histoire de la vie.

Comme à chaque fois, je me laisse littéralement absorbée par l'écriture de JC Mourlevat. il a le don de transmettre avec précision les émotions de ses personnages et c'est réellement beau. C'est sa plume qui fait qu'on s'attache aux protagonistes et qu'on vit littéralement cette histoire. Comme Anne, on tente de cacher notre respiration dès que la situation est critique, comme elle, on sent à quel point ce souffle de vie nous anime et nous est nécessaire, comme elle on prend conscience que notre monde nous offre bien plus que ce qu'on peut espérer. Je suis à chaque fois émerveillée par l'univers que crée Mourlevat, par ses descriptions si prenantes qui me permettent de tout reconstruire au détail près dans mon esprit. Je m'étonne à chaque fois de constater à quel point je m'attache aux personnes et surtout, je me laisse prendre toujours au même piège : mon personnage préféré ne s'en sort pas, j'en pleure mais je trouve ça beau ! J'aime cet aspect, qui me rappelle à quel point la mort de Milos dans le combat d'Hiver m'avait retournée, à quel point j'avais été triste mais aussi à quel point j'avais aimé voir que tout n'est jamais raison, même si l'histoire finit bien...

Anne est un personnage fort qui n'est pas comme tout le monde, elle a un truc, un petit quelque chose que son premier acolyte, Etienne, l'écrivain, perçoit dès qu'elle pénètre dans voiture. Il est le premier à nous dévoiler qui est Anne, ou du moins une partie de ce qui fait son essence... Et les autres suivent cette route : Anne se révèle à travers ses actes, ses paroles, ses pensées mais surtout à travers les autres ! Ils ne l'aident pas pour rien, ils l'aident parce que ça se sent, c'est évident : cette fille se bat pour beaucoup plus que la liberté de sa soeur, elle se bat pour la vie et elle est une personne qui mérite qu'on suive son exemple. Tout au long de cette épreuve, elle prend conscience de son monde, le monde terrien qui fait ce qu'elle est et qui détonne avec l'univers dans lequel elle pénètre. Tout ce silence la perturbe en même temps qu'il nous perturbe, toute cette pression dans l'air, tous ces non-dits, ces réserves, tout cela nous oppresse tandis qu'Anne étouffe à force de devoir cacher sa respiration. Cette métaphore de la respiration est belle, elle est tellement remplie de sens qu'elle en devient le thème du livre : respirer pour se libérer, remplir ses poumons en grand pour profiter de la vie, absorber le tout pour tout rendre et le partager avec les autres. Il y a Mme Stormiwell qui symbolise les traces d'humanité dans ce monde superficiel, sans âme... Elle est l'incarnation de cette marque indélébile laissée malgré les générations, cette résistance du genre humain en elle. Il y a Bran qui est ce peuple libéré par Anne et ses compagnons, il y Gabrielle, cette soeur perdue par qui tout commence. Il y a Etienne surtout, qui incarne la découverte d'Anne à travers cette histoire : cet écrivain qui s'ennuyait dans son monde au point de n'écrire que sur des mondes irréels, des histoires hors de l'humanité et qui grâce à une adolescente retrouve le sens de l'humanité et la joie d'être un être humain dans un monde aussi peu banal que la Terre.

Le message de ce livre est fort et il nous percute sans ménagement, nous secoue dans tous les sens et nous renvoie dans notre si banale vie humaine avec un sourire béat imprimé sur le visage. C'est l'effet Mourlevat, tout simplement. C'est la première fois que l'auteur tente le coup de la Terre dans son oeuvre et c'est un pari plus que réussit puisqu'il transforme notre univers qui nous lasse en une chose précieuse qu'on ne veut plus laisser de côté une fois Terrienne achevé. Voilà ce qui fait d'un excellent roman un chef d'oeuvre : il nous pousse à réfléchir sur nous et nous fait comprendre de nombreuses choses. C'est en cela qu'il est beau : il s'adresse à tout le monde et personne ne peut rester indifférent face à ça. Merci pour tout ça !


A quand le prochain chef d'oeuvre ?

dimanche 25 septembre 2011

Le Blog du moment : Muti et ses livres !


Et c'est reparti pour un tour ! voici mon nouveau coup de ♥ de la toile : Muti et ses livres, blog de Mutinelle (comme l'indique le nom, n'est-ce pas ?). J'aime beaucoup ce que fait Muti, je suis même inscrite sur Morsures & Sortilèges depuis peu alors que je ne lis plus tellement le style de livres abordé sur le forum : pourtant, tout ça me redonne envie de m'y plonger ! En fait, c'est plus qu'un blog coup de ♥, je pense que c'est une lectrice coup ♥ pour cette session.

Enjoy it !

samedi 24 septembre 2011

L'Eté d'Albert Camus

Il s'agit d'extraits de l'oeuvre Noces suivi de L’Été aux éditions folio.



Quatrième de Couverture
Qu'il suive le fil d'Ariane sur les traces du Minotaure pour évoquer Oran et ses alentours, qu'il revisite le mythe de Prométhée à la lumière de la violence du monde moderne, ou qu'il rêve à la beauté d'Hélène et de la Grèce, Albert Camus nous entraîne tout autour de la Méditerranée et ses légendes.


Mon avis
Le résumé que l'on peut trouver en quatrième de couverture est légèrement trompeur puisque ce n'est pas une sorte de recueil de légendes mais plutôt un recueil de souvenirs. Camus livre ici un essai philosophique autour des lieux qui ont marqué sa vie, entre Oran et Alger.

Je suis assez mitigée sur cet ouvrage dans le sens où je ne suis pas très passionnée par les essais, préférant de loin les romans et nouvelles. Certains passages m'ont donc perdue au milieu de pensées assez abstraites de l'auteur. Heureusement, le style de Camus est là et plusieurs passages ont réussi à accrocher mon attention et même à me séduire par leur beauté accessible à la lectrice amatrice que je suis.

Deux passages m'ont particulièrement marquée, à un tel point que j'ai même osé corner les pages pour pouvoir les relire. L'un parle des mythes et du fait que nous les faisons vivre en y croyant, nous les aidons à traverser les siècles en nous y retrouvant, quelle que soit notre époque. C'est en pointant cet aspect de la légende que Camus a réussi à mettre des mots sur ce que je ressens face aux mythes dont je raffole. Le second passage parle d'un fait qui me plait particulièrement au sujet de l'écriture : le fait que le propre du bon écrivain est de pouvoir écrire sur autre chose que lui-même, de pouvoir sortir complètement de son "ego" pour pouvoir créer un personnage qui ne lui ressemble en rien. Il a pris un exemple marquant : Sophocle a-t-il eu besoin de tuer son père et de commettre un inceste pour écrire ? Non. C'est là que je ne peux que saluer le talent immense de Camus qui m'avait déjà convaincue à travers L’Étranger.

Je n'ai sûrement pas saisi toute la subtilité de l'auteur, mais les passages qui m'ont interpellée ont su me toucher.

Un changement de vision agréable !

vendredi 23 septembre 2011

Tess d'Urberville de Thomas Hardy

Paru en 1891. Editions Livres de Poche, 480 pages.



Quatrième de Couverture
Jeune paysanne innocente placée dans une famille, Tess est séduite puis abandonnée par Alec d'Urberville, un de ses jeunes maîtres. L'enfant qu'elle met au monde meurt en naissant.
Dans la puritaine société anglaise de la fin du xixe siècle, c'est là une faute irrémissible, que la jeune fille aura le tort de ne pas vouloir dissimuler. Dès lors, son destin est une descente aux enfers de la honte et de la déchéance.
Thomas Hardy (1840-1928) signe avec cette oeuvre pessimiste, où la richesse des tableaux rustiques du Wessex ne fait que souligner la noirceur de l'univers social, un des chefs-d'oeuvre du roman anglais, magnifiquement porté à l'écran par le cinéaste Roman Polanski.


Mon avis

Ce roman relate la tragique histoire de Tess Durbeyfield, née dans une famille d'ouvriers et dont le père est le descendant d'une ancienne famille noble d'Angleterre, les d'Urberville. A l'annonce de cette nouvelle, les parents de Tess décident de l'envoyer chez la vieille dame du nom de d'Urberville qui vit non loin de chez eux. C'est son fils qui accueille Tess : Alec D'Urberville. Ils ne sont pas apparentés car le père d'Alec n'est pas un vrai d'Urberville, il était juste un homme riche et puissant qui voulait se faire un nom. Tess, trompée par l'innocence de ses seize ans, est séduite malgré elle par Alec. Elle retourne chez ses parents mais le mal est fait : elle met au monde un enfant qui malheureusement, ne survivra pas à une fièvre. On la suit alors à travers ses épreuves, sous le poids de la marque qui lui a été faite. Elle décide de partir pour supporter son fardeau seule, sans que personne n'en subisse les conséquence. Seulement, elle rencontre l'amour, le vrai... Angel Clarke et son amour suffiront-ils à chasser les tours du destin qui semble vouloir faire de la vie de Tess un enfer ? Non, car après tout, son histoire est l'illustration même de la tragédie...

Cela faisait un bon moment que j'avais ce bouquin dans ma PAL et j'en repoussais la lecture pour attendre le moment où j'allais me replonger à fond dans cette passion... Et j'ai bien fait ! J'ai littéralement dévoré ce livre : dans mon lit, tous les jours dans le tram, entre les cours, parfois même en cours... Bref, j'étais absorbée par l'histoire de la douce Tess et par ses malheurs du début à la fin sans avoir une seule fois l'envie de faire une pause. Ce livre confirme mon amour pour la vieille littérature anglaise : après Austen et les soeurs Brontë, Hardy a su me maintenir dans cet amour.

Tess est un personnage si pur, si simple, si bon qu'on se pose une question du début à le fin : pourquoi elle ? Tout son entourage aurait pu mériter ce qu'elle a vécu alors qu'elle non et c'est une sensation terrible. Elle accepte les épreuves, se laisse dévorer de l'intérieur en silence pendant que de notre côté, on a envie de hurler sa souffrance, d'évacuer tous ses maux à sa place. Elle est dotée d'une grande intelligence et sait, malgré le milieu où elle est née et ses lacunes, tirer le meilleur de ce qu'elle apprend au cours de sa vie. Elle a tout d'une grande dame mis à part la naissance et l'éducation : elle aurait du naître à la hauteur de ce qu'elle est intérieurement. C'est un peu la transposition de son histoire : elle est l'un des personnages les plus bons de ce roman mais elle connait plus de malheurs que tous réunis. Elle pense aux autres avant de penser à elle, elle se sacrifie à plusieurs reprises et ne sait pas comment prendre le bonheur quand il lui tend les bras car elle sait que tôt ou tard, elle va devoir la payer bien plus cher que les autres, sa toute petite part de bonheur. Ce n'est vraiment qu'à la fin qu'elle ouvre une brèche dans son bon coeur et qu'elle écrase réellement son innocence : mais même là, on a du mal à considérer ses actes comme mauvais. Elle est une héroïne qui marque l'esprit, qui touche l'âme et qui reste pour tous un modèle, un martyr. Les autres personnages ne sont en fait que des causes du malheur de la pauvre Tess. En premier lieu, ce sont ses parents qui, par leur bêtise et leur envie de reconnaissance, vont la pousser dans la gueule du loup : sa mère voulait qu'elle séduise d'Urberville, elle espérait un mariage. Vient Alec, le mal incarner, la tentation, la cause ultime de la décadence de Tess : par son acte immoral, il brise sa vie, la souille aux yeux des moeurs de l'époque et réapparait dans sa vie alors qu'un espoir se profilait à l'horizon. Il est son bourreau, son signe funeste qui, du jour où il entre dans son champ de vision, la coule vers la fin... Angel, lui, est le rayon de lumière de la vie de Tess et en même temps, il est celui qui trébuche, un peu comme Orphée : il fait une erreur et il provoque le retour de Tess aux Enfers. Il l'aime sincèrement mais ce qu'il pense savoir de la vie le pousse à la rejeter lorsqu'elle lui avoue avoir eu un enfant avec un autre. Son départ provoque le dernier pas vers la fin pour Tess : elle l'attend, l'attend encore mais son passé revient vers elle, comme une vague lui rappelant sa destinée. Quand Angel comprend la réalité des choses et qu'il sait que le passé ne vaut rien, il est trop tard. C'est un personnage sympathique mais voir souffrir Tess tout au long de leur séparation nous pousse à être satisfaits de savoir qu'il va souffrir sur une plus longue durée qu'elle...

Ce roman peint à merveille la société de cette époque, la différence entre le petit peuple, les bourgeois et les gens de castes élevées, les difficultés de vivre une vie respectable alors que rien n'est fait pour... Tess est l'incarnation de la personne innocente qui, uniquement à cause de l'acte immonde d'un homme, se retrouve prise dans un tourbillon de malheurs alors qu'elle n'est pas responsable. Ou alors si : elle est responsable d'être née avec une physionomie agréable. Les descriptions sont intenses, autant dans les paysages que dans les ressentis des personnages. Le style de Thomas Hardy est fluide, très agréable, accrocheur. Il a su écrire l'histoire d'une femme victime de son rang et de son sexe alors qu'il était lui-même un homme dans un monde où la femme n'était pas estimée à sa juste valeur. Dans ce tour là, il a sur se placer en maître, il a su montrer les inégalités entre les deux sexes comme lorsqu'Angel n'accepte pas l'impureté de Tess alors qu'il a lui-même succombé à la tentation. Je suis réellement convaincue par cet auteur et c'est une lecture dont je me souviendrai longtemps et si je sens qu'elle s'effrite dans mon esprit, je m'empresserai de rouvrir mon bouquin pour m'imprégner à nouveau de la beauté de cette histoire...

Tragiquement agréable !