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Rambalh, c'est un pot pourri sur la littérature, un blog pour partager mes coups de coeur et de gueule. Rambalh signifie Bordel en Occitan et c'est un peu le cas de ce blog : de tout et surtout tout moi. Le bordel de mes goûts, de ma vie livresque, toujours en lien avec Accros & Mordus de Lecture.

samedi 31 décembre 2011

Swap de Noël : merci Mutinelle !

Je me suis inscrite sur le forum Morsures & Sortilèges en septembre pour son côté attirant et ses membres : je connaissais Mutinelle via mon forum A&M et j'avais été très impressionnée par son blog, ses chroniques. Du coup j'ai sauté le pas et je ne le regrette pas ! Ne pouvant réellement contribuer au forum avec mes lectures du moment qui n'étaient pas en accord avec le thème, j'ai décidé de m'inscrire au swap de Noël pour poser ma patte : Mutinelle a gentiment accepté d'être en binôme avec moi ! J'ai appris à la connaître par ce biais et je ne le regrette pas car c'est une personne en or ! Son blog est même le tout premier partenaire du mien ! Allez faire un tour sur Muti et ses livres ! Mais pour l'heure, passons au coli !



J'ai ouvert le carton si vite que j'en ai oublié de prendre une photo ! J'ai envoyé le mien avec un peu de retard et j'ai absolument voulu attendre que Mutinelle l'ai reçu avant d'ouvrir le sien : résultat, le coli est resté plusieurs jours au pied de mon sapin, plusieurs jours de torture mais ça en valait la peine !




Côté bouquins, j'ai eu droit à Hush Hush de Becca Fitzpatrick(que j'ai dévoré le lendemain pour la peine !) et Ephémère, Tome 1 de Lauren De Stefano ! Je les voulais, Muti a tapé juste !



J'ai eu aussi la petite carte de Noël : elle est vraiment trop mignonne ! Il est a croqué ce petit ours ! J'ai aussi eu un marque-page en forme de chat que Mutinelle a pris à une association : elle a un coeur immense, c'est moi qui vous le dis ! En tout cas, ce marque-page m'a accompagnée dans la lecture de Hush Hush !



Enfin, la partie gourmande... Du chocolat ! Bon sang ce qu'il est bon ! J'en ai gardé un peu pour le plaisir de pouvoir en remanger mais ça a été dur ! Un délice ! Et la petite guirlande de Noël en forme de coeur orne déjà le sapin familial ! C'est superbe !

Bref, Mutinelle a su taper pile là où il le fallait, elle m'a fait de supers cadeaux et franchement, je ne regrette en rien d'avoir fait ce swap avec elle ! Merci aux deux fora qui nous ont permis de nous rencontrer et merci à Morsures & Sortilèges surtout pour m'avoir permis de faire cet échange avec elle !

Merci Mutinelle *.*

vendredi 23 décembre 2011

Le Goût des pépins de pomme de Katharina Hagena

Der Geschmack von Apfelkernen est l'oeuvre de Katharina Hagena, publiée pour la première fois en 2008. Le Livre de Poche a publié le roman en 2011. 285 pages.



Quatrième de Couverture
A la mort de Bertha, ses trois filles et sa petite-fille, Iris, la narratrice, se retrouvent dans leur maison de famille, à Bootshaven, dans le nord de l'Allemagne, pour la lecture du testament. A sa grande surprise, Iris hérite de la maison. Bibliothécaire à Fribourg, elle n'envisage pas, dans un premier temps, de la conserver. Mais, à mesure qu'elle redécouvre chaque pièce, chaque parcelle du merveilleux jardin, ses souvenirs font resurgir l'histoire émouvante et tragique de trois générations de femmes. Un grand roman sur le souvenir et l'oubli.


Mon avis
Ce roman, c'est avant tout pour moi l'histoire d'une maison dont chaque recoin ravive les souvenirs de chaque protagoniste. Une maison qui a vu se succéder Bertha et Anna, deux sœurs dont l'une meurt trop tôt, qui a vu les filles de Bertha et ses petite-filles où encore une fois, l'une meurt trop tôt. Trois générations qui ont leurs secrets et leurs silences, qui ont su se soustraire aux confidences aussi longtemps que possible et dont toutes les vérités occultées par la narratrice sont retrouvées ensemble. Elle ouvre les yeux là où la famille avait coutume de les fermer et le choc est tel que finalement, elle ne sait plus ce qu'elle veut, qui elle est vraiment, et qui elle deviendra finalement.

La première chose à savoir sur ce roman, c'est qu'il est long. Long parce qu'il est fait de beaucoup de descriptions et de très peu d'action alors il ne peut pas plaire à tout le monde. Il faut vraiment aimer la description et les sensations créées grâce à de simples mots pour pouvoir lire ce livre. Si on préfère l'action, l’enchaînement de situations rocambolesques ou prenantes, il ne faut peut-être pas tenter l'expérience. Par contre, pour les amateurs du genre... Foncez ! C'est un peu comme Le Parfum de Süskind : encore un auteur allemand qui réussit grâce à ses mots à nous faire sentir les odeurs de cette maison, à nous faire entendre ses bruits typiques. On voit clairement les paysages avec une bonne part de liberté laissée à notre imagination... Bon, la comparaison avec Süskind est bien sûr juste là pour comprendre la naissance des sensations parce qu'il faut le dire, Patrick Süskind est un maître, pas Katharina Hagena qui se débrouille bien mais où on sent un manque de naturel dans son texte (peut-être du à la traduction) : l'auteur se perd souvent dans des suites d'idées mais ça sent vraiment l’enchaînement trop calculé, pas suffisamment spontané selon moi, comme lorsqu'on s'amuse à utiliser des mots compliqués pour donner un « genre » à une phrase. Heureusement, cet aspect n'enlève pas de plaisir à la lecture.

Les personnages sont étranges, notamment Max dont l'arrivée d'Iris semble être la seule chose qui manquait à sa vie : peut-être une touche de romance exagérée à l'extrême mais nécessaire à l'auteur pour argumenter son épilogue... Iris, elle, est simplement la narratrice. Elle est une femme de cette famille si touchée par les drames et la vie mais elle est surtout la moins intéressante du lot : celle dont le caractère est le moins fort, celle qui se retrouve avec toute l'histoire de ces trois générations de femmes sur le dos, celle qui a la clé de cette maison chargée d'histoires. Elle n'est pas intéressante mais bizarrement, c'est ce qui fait d'elle un personnage utile et stable par rapport aux histoires des autres femmes qu'elle nous raconte. La vie des autres femmes n'est pas non plus tellement creusée:les faits marquants sont racontés mais le mystère reste et c'est ce qui fait tout le charme de ce roman, de cette famille.

J'avoue que j'ai aussi aimé ce roman à cause de son côté campagne, nature, ancien. J'aime les vieilles histoires de famille sortir des fonds de tiroirs, j'aime les grands espaces, les vieilles pierres, le côté apaisant d'un lieu familier. Ce roman avait tout pour me plaire même si, je dois le dire, la description est un frein à la vitesse de lecture : il m'a fallu plus de temps qu'un roman normal à cause de la longueur des chapitres et de mes moments lectures se limitant aux transports pour aller en cours. Je le conseille à ceux qui aiment les thèmes abordés et les romans descriptifs, à ceux qui aiment lesromans familiaux, les romans générateurs de sensations. Mais aussi à ceux qui veulent s'essayer à tout ça parce que franchement, c'est agréable à lire. Les critiques m'avaient prévenue de la longueur des descriptions et du peu d'action alors je n'ai pu que profiter du reste et franchement, ce qui reste est vraiment riche.

Un moment chargé d'histoire et de sensations.

mardi 13 décembre 2011

Les Revenants Tome 4 : Le Parfum du Ruban Vert

Et voilà ! Je ne voulais pas que ça arrive mais tanpis... J'ai tellement laissé trainer cette chronique dans ma cervelle que certaines de mes remarques au moment de ma lecture se sont mystérieusement évaporées... Damn ! Ce tome est le dernier de la tétralogie Les Revenants de Jean Molla que j'ai décidé de reprendre. Publié en 2009 aux Editions Rageot, 303 pages.



Quatrième de Couverture
"Violaine ouvrit le coffret et en retira le mince ruban de velours vert qu'il renfermait. Du pouce, elle en savoura la douceur et le porta à ses narines pour en respirer le parfum.
Un léger arôme de fleurs séchées et de fruits mûrs s'en éleva. C'était désormais son seul lien avec Quentin, le fil fragile qui le conduirait jusqu'à elle..."



Mon avis
Cette fois, la quête touche à sa fin. Quentin et ses amis sont plus que jamais sur leurs gardes car Azaël se rapproche dangereusement de son but et les graines de discorde qu'il a semées tout au long des trois premiers tomes commencent à germer... Cette fois, il est tant pour nos protagonistes d'explorer d'autres mondes : Azael se sert lui de la physique et des recherches d'un labo français alors que les autres sont aidés par les Passeuses. Il ne reste que les mains à retrouver... Les mains qui sont à Gayian, un monde similaire au notre durant le Moyen Âge... Seulement, les Passeuses ne peuvent aider les compagnons de Quentin à arriver tous au même endroit : ils vont devoir d'abord se retrouver avant de pouvoir récupérer les mains qui font partie du tyran du monde de Gayian...

Ce tome rattrape mon ennui ressenti dans le tome 3 : c'est sûrement parce qu'on explore enfin un autre monde, qu'on quitte notre petit cocon terrien pour s'aventurer dans un lieu qui fait de ce tome un roman d'heroic fantasy... Et puis c'est sûrement parce que l'enchainement de l'action a réussi à éclipser les sentiments entre Quentin et Anne, les sentiments de Violaine, ... Toutes ces choses qui sont un peu lourdes au final.

L'histoire du tyran de Gayian est belle. Ce n'est pas le premier mot qui vient quand on la découvre mais au final, même si elle est teintée d'horreurs, elle a quelque chose de beau dans le sacrifice plus ou moins valeureux : tuer son frère parce qu'on sait qu'on sera un tyran moins "tyrannique", c'est quand même fort je trouve. Contrairement aux autres personnages, lui sait vivre avec une part de la statue. L'auteur ne le développe pas mais ce personnage est sûrement l'un des plus forts de ce bouquin rien que pour ça. Alors oui, je ne dis pas que le personnage est bénéfique, le mieux aurait été comme tous les autres avant lui de se débrouiller pour tenir les mains hors de portée des autres mais je ne sais pas, je comprends son geste (geste que je ne comprendrais cependant pas s'il s'avérait être fait dans notre réalité, allez savoir).
Violaine est dépassée... Il était temps ! Il était temps que son amour la dévore au point de flancher, au point d'aller trop loin et surtout, au point de causer du tort à Anne (elle est agaçante celle-là, c'est fou). Je pense que c'est le personnage d'Anne qui est au centre de tous les points négatifs que je soulève : elle est insupportable, elle niaise malgré les efforts de l'auteur pour lui offrir une personnalité... Comme Quentin. J'en reviens à ma conclusion de la dernière fois : les héros choisis par Jean Molla ne sont pas les personnages les plus intéressants.

Je n'ai pas été surprise par le dénouement concernant Violaine : les indices semés par l'auteur sont trop parlants à mon goût pour rater ce qu'il va se passer. Par contre, je ne m'attendais pas à ce que les autres personnages aient cette issue, et que Nicolas soit au final le gardien du secret... Je n'en dis pas plus pour ceux qui voudraient lire la saga mais la fin, même si elle m'a surprise, reste bateau quelque part.

Pour conclure sur la saga entière, je pense que l'auteur a placé la barre très haut avec le premier tome et qu'il a eu du mal à développer correctement ses personnages... Quentin et Anne sont devenus inintéressants pour moi alors qu'ils revenaient sans cesse au fil des pages. Les personnages "secondaires", eux, méritaient beaucoup plus. Mais en éclipsant les soucis à ce niveau, ça reste une très bonne tétralogie qui nous permet d'être transporté dans le temps mais aussi dans les mondes de l'univers en seulement quatre tomes : chapeau ! Je le conseille aux fans du genre.

Une bonne saga qu'il était temps de terminer !

jeudi 1 décembre 2011

Nouvelle tenue pour une saison déjà bien entamée !

Je profite de ma grosse pause net du jour pour enfin installer le design automne qui traîne sur mon petit ordi depuis des semaines : Halloween, c'est bien, mais ça commençait à faire peur quand même ! On reste dans les tons mais avec une touche plus douce, plus calme dans un monde de brute !



Ce nouveau design, c'est l'occasion de me filer un grand coup de pied au derrière et de me dire qu'une fois mes exams passés, je vais pouvoir remettre en route mon petit blog qui se sent abandonné en ce moment. Je l'entends pleurer dès que mes yeux se posent sur lui, pas vous ?

Pour toi petit blog !

mercredi 30 novembre 2011

Les Revenants Tome 3 : Le Puits des Âmes Perdues

Ce tome est donc le troisième de la tétralogie Les Revenants de Jean Molla que j'ai décidé de reprendre. Publié en 2008 aux Editions Rageot, 329 pages.



Quatrième de Couverture
" Quentin se pencha sur le puits et perçut sous la surface frémissante d'une eau lointaine et noire une lente pulsation. On aurait dit un cœur battant au ralenti. A cet instant, un coup plus puissant que les autres retentit.
De longs doigts avides s'insinuèrent dans l'esprit de Quentin. Sa vue se brouilla et il se sentit glisser... "



Mon avis
La quête de nos héros s'accélère et il est surtout l'heure pour eux de commencer à comprendre qu'ils vont s'y brûler les ailes : on ne manipule pas tant de pouvoirs sans se frotter aux conséquences, même avec les intentions les plus pures. Certains vont choisir leur camp, définitivement...

Ce tome ne m'a pas forcément emballée plus que les autres : on poursuit la quête, on poursuit la recherche des morceaux de la statue du Seigneur des Mouches et on vit au rythme des deux bords : le côté Azael et le côté Quentin. Seulement, les deux camps s'étiolent et c'est là que ça devient intéressant.
L'action ne donne pas forcément envie de poursuivre la lecture, la quête est soutenue, tire en longueur alors que tout se déroule très vite (trop vite même) et les épreuves sont assez facilement passées. Ce qui fait l'attraction de ce tome, c'est la psychologie des personnages, ou plutôt, la façon dont ils sont mis à l'épreuve. Notamment Anne et Simon qui commencent à prendre conscience que leurs pouvoirs les conduisent à la perte de leur humanité. Simon réussit à faire entendre raison à Anne et on a enfin la confirmation que son allégeance à Azael n'est réelle que pour la protection de son amie. Il est au fond le personnage que j'aime le plus, le moins hypocrite, le plus fidèle à lui-même du début à la fin.

Les nouveaux personnages qui interviennent sont eux aussi attachants et ils prennent largement le pas sur les héros qui s'effritent à mes yeux : plus j'avançais dans la lecture, moins leur vie m'intéressait. C'est peut-être à cause du pseudo triangle amoureux créé entre Anne Quentin et Violaine qui selon moi est tiré par les cheveux parce qu'on ne tombe pas amoureux comme Anne et Quentin en quelques jours. La relation Violaine Quentin est plus probable mais dérangeante car non politiquement correcte alors il fallait une solution, Anne. J'ai été exaspérée par cette histoire, exaspération qui a continué dans le dernier tome...

Enfin, ce tome nous fait toucher du doigt le côté fantasy de la quête avec des créatures mystiques, des lieux et des époques différentes. On plonge encore un peu au coeur de l'histoire et les passages relatant le passé sont les plus attractifs de ce tome.

Je suis finalement un peu déçue par ce tome parce que j'ai perdu mon excitation et mon envie. Les héros ne me touchent plus et les personnages qui me plaisent sont relégués au second plan ou sont tués... Heureusement qu'il y a cette touche de fantasy au milieu !

Plus qu'un !

samedi 5 novembre 2011

Les Revenats Tome 2 : La Tentation de l'Ombre de Jean Molla

Ce tome est donc le second de la tétralogie Les Revenants de Jean Molla que j'ai décidé de reprendre. Sans regrets d'ailleurs ! Publié en 2007 aux Editions Rageot, 310 pages.



Quatrième de Couverture
" Anne s'assit sur le bord du tombeau dans un bruissement de soie. Sa robe glissa, dévoilant une épaule ronde sur laquelle un tatouage se détachait : une chauve-souris noire comme la nuit !
Un entêtant parfum de fleurs monta aux narines de Quentin.
- Je t'attendais depuis toujours, murmura-t-elle, et te voilà enfin. "



Mon avis
On retrouve instantanément Quentin : même jour que dans la fin du premier tome. Nicolas s'est laissé envoûter par le démon de la pierre et il sait comment le libérer : il lui faut un sacrifice de sang ! Il se sert de sa mère... Quentin intervient attend mais c'est trop tard: l'âme de Nicolas est à son tour enfermée dans la pierre et Azael, le démon, possède désormais l'enveloppe charnelle de l'aîné des Daurevilly... Il peut alors commencer à préparer le retour de son maître et il a besoin d'alliés, ou plutôt de pions pour ça.

Dans ce tome, l'auteur nous précise les origines d'Azael, son histoire. On en apprend plus sur le périple de la pierre de sang mais aussi et surtout, sur la statut de Baalzébuth, et ce qu'elle est devenue... On navigue un peu plus à travers les personnes qui ont été liées de près ou de loin à la pierre ou la statut, on comprend quels étaient et quels sont encore les effets dévastateurs qu'elles peuvent produire sur les gens. On est face à des drames, des histoires de personnes ordinaires confrontés à leurs côtés les plus obscurs...
Nos protagonistes principaux n'y échappent pas : Violaine a droit à son lot d'épreuves, entre révélation et voyage dans le temps, elle ne peut qu'affaisser encore ses épaules sous le poids de la culpabilité et surtout, de la fatalité. Quentin, lui, voit son jeune âge et surtout son côté adolescent lui semer des embûches : deux nouvelles têtes apparaissent, Simon et Anne... Anne qui ne laisse pas le sorcier indifférent : elles va lui causer beaucoup de tourment et le déconcentrer bien trop souvent. Oublierait-il sa mission à l'importance capitale ? Heureusement pour lui, il est aidé de petits créatures nées de la technologie au coeur du réseau internet... Cela pourra lui être très utile par la suite à mon avis.

Ce tome est aussi celui où l'on découvre avec Quentin l'étendue des connaissances léguées par Jacques : on comprend l'impact et la puissance du sort d'éternité. Il se rend compte au fil des épreuves qu'il sait un nombre incalculable de choses et qu'il est surtout capable d'exécuter de puissants sortilèges. Le voir trouver des connaissances qui lui sont offertes par réincarnation reste quelque chose d'extraordinaire.

L'intrigue reste agréablement prenante, la jeunesse de Quentin nous tape sur le système mais pas en mal : au moins, on à affaire à un vrai héros de 15 ans qui, contrairement à ce que l'on peut voir dans de nombreux livres mettant en scène des ados, n'est pas suffisamment mature pour agir sagement à tous les coups. Ses hormones lui jouent des tours à cause de Anne, sa naïveté enfantine le pousse à croire qu'elle et Simon sont aux côtés d'Azael par manque d'informations... On a envie de le secouer et de lui donner un bon coup de pied au derrière... Mais ça me plait !
Le côté moins positif, c'est qu'on perd l'un des attraits du premier tome : on n'alterne plus entre le présent et le passé. Ce n'est certes plus utile mais j'aimais bien ce côté, on pouvait comparer la Violaine d'hier à la Violaine d'aujourd'hui, on pouvait comparer Jacques et Quentin, sa réincarnation.

Et de 2 !

jeudi 3 novembre 2011

Partenaire : Muti et ses livres

Vous vous souvenez de Muti et ses livres, l'un de mes premiers blogs coup de ♥ ? Et bien aujourd'hui, Mutinelle et moi avons décidé de lier nos deux blogs pour sceller notre partenariat qui est pour Rambalh le tout premier ! N'est-ce pas logique de finir par conclure un partenariat avec un coup de coeur ? Je pense que si ! Surtout que comme je l'avais précisé, ça avait été plus qu'un coup de ♥ blog, c'était aussi un coup de ♥ lectrice et c'est encore vrai aujourd'hui.

rambalh


Le blog de Mutinelle, c'est quoi ? C'est d'abord une lectrice qui a décidé de partager avec nous ses lectures à travers des chroniques littéraires, comme beaucoup. Seulement, cette lectrice, je la trouve spéciale, différente des autres : elle lit de tout, varie les thèmes abordés et, comme moi, a toujours un livre dans son sac et le nez plongé dedans dans les transports en commun (elle le dit elle-même sur son blog !). La lectrice, donc, nous offre des articles qui, franchement, me plaisent : j'aime sa façon de parler des livres qu'elle a lus. Elle y met vraiment du sien et réussit à facilement transmettre ses émotions : ce n'est pas donné à tout le monde. Elle ne s'encombre pas de blabla inutile et j'aime ça !

Le petit plus ? Elle a partagé des photos de sa bibliothèque récemment et j'en suis dingue ! Vous trouvez que je m'emballe ? Pas du tout, allez y jeter un coup d'oeil, vous verrez par vous-même ! C'est par là.

Ah oui ! N'hésitez pas à aller sur son forum si vous êtes fans de bit-lit et autres douceurs du genre !

A consommer sans modération !

mercredi 2 novembre 2011

Le Blog du Moment : Book and Cook


On fête le mois de novembre qui commence avec un nouveau blog coup de ♥ : Book and Cook, blog de Kathy qui est elle aussi membre du forum Le sanctuaire de la lecture des A&M. A croire que le forum ne réunit que de très bons bloguers ! Moi ? Lancer des fleurs aux membres ? C'est juste une idée ça ! Bref, pourquoi ce blog est-il un coup de coeur ? Parce que j'aime ce qu'écrit Kathy. Elle a des lectures variées, ne tourne pas autour d'un seul genre et propose des avis toujours clairs et franchement utiles pour la lectrice que je suis. En plus de ça, on a droit à quelques recettes de cuisine avec photos et commentaires à l'appui : moi je dis chapeau ! J'aime y fureter et discuter avec elle, que ce soit sur son blog ou le mien !

Enjoy it !

mardi 1 novembre 2011

Les Revenants Tome 1 : Le Sort d'Eternité de Jean Molla

Cette lecture est en fait une relecture. J'avais eu ce bouquin en troisième il me semble, alors que j'avais été choisie pour participer au prix littéraire des collégiens de mon département. Ça date (Le Combat d'Hiver de Mourlevat avait gagné d'ailleurs et on avait pu le rencontrer ainsi que Pierre Bottero, journée inoubliable soi-dit en passant !) Comme il s'agit d'une tétralogie, la sortie s'était fait en décalée du coup je n'avais pas eu le temps de reprendre du début. Je n'ai lu que les deux premiers tomes alors je reprends tout pour mon plus grand plaisir ! Publié en 2006 aux éditions Rageot, 279 pages.



Quatrième de Couverture
" Nicolas posa la main à plat sur le visage sculpté de pierre et en suivi du doigt les contours. Sous la surface rugueuse, il perçut une pulsation lointaine mais régulière. Un cœur battait quelque part. Très loin. Un cœur qu'on avait tenté de pétrifier, voilà des siècles. En vain "


Mon avis
La famille Daurevilly voit sa vie bouleversé lorsque le père meurt dans un accident de voiture. Jeanne décide de changer de cadre de vie et emmène ses deux enfants, Nicolas l'aîné et Quentin le cadet, dans la région de Bordeaux pour les vacances, dans un village médiéval où un membre de la famille possède une vielle maison. Seulement, aucun des trois n'imagine dans quoi ils vont tomber, surtout Quentin, qui ressemble mystérieusement à un habitant du village qui y a vécu il y a presque 600 ans... Et s'il y avait de la sorcellerie dans l'air ? Et si la pierre de sang ancrée dans la cave de la bâtisse était bien trop dangereuse pour eux ?

On est plongés dans une histoire qui dépasse tout ce que l'on peut croire : les chapitres alternent entre présent et passé pour nous expliquer en quoi Quentin Daurevilly, un jeune garçon qui semble tout à fait normal, est lié à Jacques Guernière, officiellement drapier, officieusement maître sorcier ayant vécu au XVe siècle. On touche à la réincarnation, à la démonologie, à Satan, à l'Histoire, aux liens familiaux, à l'amour à travers le temps, à la faiblesse humaine, à l'usage du pouvoir avec modération... Des tas de thèmes sont abordés avec agilité et grâce pour donner un tout délicieux !

J'avais gardé un bon souvenir de cette lecture qui m'avait passionnée quand j'avais 14/15 ans et j'ai retrouvé cet attrait ! Cette seconde lecture n'a en rien altéré le coup de coeur que j'avais eu à l'époque et je pense que c'est un point important : on peut être séduit à tout âge ! Une histoire de sorcellerie qui se passe en France, qui utilise des faits historiques, bien ancrés dans notre culture ça vaut de l'or et quand c'est bien écrit, c'est encore meilleur !

Les personnages sont intrigants, ils ont tous leur petit quelque chose qui fait qu'ils sont si spéciaux. J'aime beaucoup Violaine, son côté encore gamine sous sa peau de vieille dame. Quand elle voit Quentin qui possède les mêmes traits que Jacques, son maître qu'elle a tant aimé et qu'elle aime toujours, on ressent sa jeunesse d'esprit, son amour encore puissant, ses remords aussi. Elle a été faible et se reproche encore la mort de Jacques qui s'est sacrifié pour elle : elle n'est pas la seule fautive mais ça lui importe peu. Quentin lui aussi, est surprenant : la mort de son père l'a fait grandir d'un coup et il prend tout ça avec un calme apparent époustouflant : même si intérieurement c'est un peu le bordel, il réussit à se maîtriser, à garder son calme et à réfléchir posément. Le voir découvrir peu à peu ce dont il est capable est juste grisant. Nicolas attire ma sympathie : il est brisé lui aussi mais n'a pas la force de son cadet, il est donc une proie facile, trop facile... Et Jacques, même si on ne le voit que dans le passé, je l'aime ! Il est humain, Vilaine le lui fait remarquer dès le départ, dès leur seconde rencontre, quand il tue les trois voyous : il aurait pu les épargner et les faire payer grâce à son savoir mais il s'est laissé emporter par la rage et le désir de justice immédiat. Ces faiblesses chez les personnages m'attirent toujours bien plus que les forces.

Je ne vais pas trop en dire car il ne s'agit que du premier tome et je me souviens du second tome (que je relis avec envie). Franchement, c'est une excellente série que je conseille aux passionnés d'occulte, d'histoire et de belles aventures !

Revenir sur ses pas !

Le Cas étrange du Dr Jekyll et de M. Hyde de Robert Louis Stevenson

Roman célèbre. Mon édition est une édition spéciale pour le collège (je n'ai pas honte, non !) donc elle est accompagnée de notes, d'explications, d'exercices, d'extraits en anglais... 184 pages. Le livre a été écrit en 1885 (publié en 1886 il me semble) suite à un rêve effrayant fait par l'auteur.



Quatrième de Couverture
Dans le calme de son bureau londonien, au cour de l’Angleterre puritaine du XIXe siècle, le respectable Dr Jekyll assiste à un spectacle effroyable dont il est à la fois le responsable et la victime. Progressivement, la peau de sa propre main se dessèche, se couvre de poils ; nous sommes au tout début de la métamorphose.
Cet incontournable roman de Stenvenson, modèle de littérature fantastique, plongera les élèves dans la problématique du dédoublement de personnalité. Le texte intégral en français est accompagnés de plusieurs passages en anglais.

Niveau 2 : recommandé pour les classes de cinquième et de quatrième.
"Le Cas étrange du Dr Jekyll et M. Hyde" figure dans les documents d’accompagnement des programmes officiels de l’Éducation Nationale.


Mon avis
Le Docteur Jekyll est un scientifique respecté, aimé de ses amis. Seulement, depuis quelques temps, il est aux abonnés absents : il se terre chez lui. Ses amis s'inquiètent pour lui car il fréquente un homme décrié, mauvais, irrespectueux, violent, dangereux même... Mister Hyde...

On est confronté au cas de la lutte entre le conscient et l'inconscient : c'est un peu ce qui effrayait l'auteur et ce qui a fait qu'il a choisi d'aborder ce thème. Il faut savoir que c'était avant Freud & co cette petite histoire. Ici, le Docteur Jekyll craint tellement pour sa réputation qu'il décide d'extérioriser ses mauvais penchants en changeant de forme corporelle... Seulement, c'est un autre lui, c'est son inconscient qui prend le pas sur lui et ça ne donne rien de bon... Il est plus fort, incontrôlable et il prend le dessus. Jekyll se réveille en Hyde. Il avait initialement besoin d'une potion pour sa transmutation mais à la fin, c'est pour retrouver son lui conscient qu'il a besoin de cette potion : Hyde est devenant son visage dominant... Sa seule solution est donc la mort...

J'ai eu beaucoup de mal à lire ce livre. Le texte est long, je n'ai pas réussi à m'y plonger et je me suis laissée distraire par la moindre petite chose. Une fois l'action terminée, quand le corps de Jekyll est retrouvé, on passe à une partie épistolaire qui correspond à l'explication que le docteur donne : ma lecture s'est faire en diagonale.
L'écriture ne m'a pas plu, les personnages ne m'ont pas touchée, rien ne me donnait envie d'aller jusqu'au bout en fait. Après, le thème en lui-même est riche et très intéressant : aborder l'inconscient de cette façon est franchement bon. Le fait d'avoir besoin d'une potion pour la transmutation et la prise de pouvoir de Hyde à la fin donne vraiment une dynamique à l'histoire : sans ça et mon besoin maladif de finir un livre, je n'aurais pas pris la peine d'aller jusqu'au bout.

Une histoire intéressante mais je n'ai pas réussi à accrocher... Ceux qui aiment le genre devraient y trouver leur compte. Il faut vraiment pouvoir se plonger dedans sans quoi, c'est dur de finir.

Dr Jekyll ou Mr Hyde ?

Nuits d'Enfer au Paradis _ Recueil de Nouvelles



Quatrième de Couverture
Quelle fille n'a jamais rêvé d'être la reine du bal de fin d'année ? Une robe vaporeuse, un cavalier élégant et amoureux, une musique entêtante...
Les histoires de ce recueil réunissent des héroïnes qui ont tout pour accéder au podium.
Malheureusement, c'est sans compter sur les vampires, démons et autres morts-vivants qui s'invitent a la fête...
Alors, prêtes à danser avec le Diable ?

LES PLUS GRANDES AUTEURES AMÉRICAINES VOUS ENTRAÎNENT DANS UNE DANSE AUSSI ENVOÛTANTE QUE MACABRE !


Mon avis
On se retrouve là face à 5 nouvelles traitant toute d'un même thème : le bal de promo. Enfin, un bal de promo pas comme les autres... Toutes ces nouvelles mettent en scène des lycéens confrontés à des situations paranormales, fantastiques. Rien ne se passe comme prévu, tout dérape, chacun perd ses repères...

J'ai ce recueil dans ma bibliothèque depuis sa sortie. Je l'avais commencé mais j'ai très vite décroché... Je crois que j'en avais pas claque à l'époque des histoires de vampires, de supers héroïnes qui ont tout et surtout tout cuit dans le bec. J'ai donc décidé d'attendre d'avoir à nouveau l'envie de ce genre d'univers. J'ai bien fait car j'ai pu profiter des bonnes choses de ce recueil et laisser de côté les choses moins intéressantes...

La première nouvelle est celle de Stephenie Meyer, L'Enfer sur Terre. Je ne peux être déçue : après tout, Twilight n'était pas d'un niveau de génie et d'imagination élevé. Du coup, je reste sur mon avis en ce qui concerne l'auteur : un bon style d'écriture mais une imagination qui ne me séduit pas. On retrouve Gabi, un jeune garçon qui ne peut s'empêcher d'aider les autres et Sheba, qui elle, enfonce chaque personne de la soirée... C'est son boulot : elle travaille pour l'Enfer et le fait bien. Seulement, elle n'est pas au bout de ses peines... Ce qui m'exaspère chez Meyer, c'est ça façon de faire triompher le bien sans difficulté et de classer chaque chose soit en noir, soit en blanc. Là sérieusement, la chute est tout simplement effarante de simplicité. Je n'adhère pas, dommage car l'idée pouvait donner quelque chose de bien...

La seconde nouvelle est celle de Meg Cabot, La Fille de l'Exterminateur... Là aussi, un scenario qui pourrait fonctionner mais qui reste plat par son côté girly trop poussé. Pourtant, je suis une fan de Cabot ! Une fille chasse un vampire dont sa copine un peu simplette est éprise (envoûtée la fille, bien sûr : ce sont toujours les filles faibles qui le sont, c'est trop facile) : elle est miraculeusement aidée par un beau gosse qu'elle n'avait jamais vraiment remarqué et qui ne semble pas surpris par une histoire de vampire, de chasseuse de vampire, de gamine au destin incroyable... Là, c'est juste naze dès que le type entre en scène et qu'il se met en tête de faire équipe avec la chasseuse de vampires... C'est mielleux à souhait et franchement, ça en est presque écœurant à la fin : pourtant, le romantisme ne me rebute pas. C'est vrai que ça reste de la nouvelle donc un univers à construire en peu de page mais bon... c'est facile.

Viens ensuite Le Bouquet de Lauren Myracle... J'ai juste envie de lire la nouvelle dont elle s'est inspirée pour voir si c'est l'auteur qui n'a pas su me tenir en haleine ou si c'est son histoire. Pourtant, tout était réuni : une bande d'amis, un objet ensorcelé, la possibilité de faire un vœu... Et surtout, de devoir assumer les conséquences auxquelles on ne pense jamais ! Et bien franchement, j'ai été déçue : j'ai été appâtée vilement et on ne m'a rien donné pour combler ma faim grandissante. Le garçon est prévenu mais il se jette dans le truc tête baissée : c'est juste improbable quand, comme on le ressent vis à vis de ses actes, on croit en la puissance des prédictions. Et puis franchement, la pseudo héroïne à un quelque chose d'insupportable : pile le genre d'enfant gâtée impertinente qui ne se gêne pas pour manquer de respect aux autres. Une réelle déception sur cette nouvelle. Un point positif : le thème abordé est lui un thème que j'aime beaucoup, dommage qu'il soit si mal rendu.

On tombe après sur une nouvelle de Kim Harrison, Madison Avery et l'Ange des Ténèbres. Je comptais sur cette nouvelle pour me faire mon idée sur l'auteur mais je pense que j'irai plus loin en tentant de lire autre chose pour être sûre parce que je n'ai pas été séduite. Madison Avery vient d'atterrir dans un bled paumé au fin fond des USA et elle doit se rendre au bal de promo avec le fils du patron de son père... Insupportable. Comme par hasard, un beau jeune homme lui propose de la raccompagner après l'avoir embrassée : elle ne le connait pas mais accepte parce qu'elle veut clouer le bec à son cavalier de base... Celui-ci l'averti de ses réticences au sujet de l'inconnu mais elle s'en contre-fiche, elle le suit et... meurt. Seulement, des anges sont à sont chevet à la morgue et leurs amulettes lui permettre de ne pas être réellement morte. Compliqué mais sympa comme idée en creusant bien. Seulement, le thème de la peur de la mort est abordé avec facilité, simplicité. Ça pourrait être n'importe quel roman sur le sujet, rien ne dénote, n'attire le regard, l'envie. Et puis la fin... Décevante aussi. Cependant, j'aime la façon dont c'est écrit d'où mon envie de tenter autre chose de la part de l'auteur.

On termine avec Baisers Divins de Michelle Jaffe. Je pense que c'est celle qui m'a le plus intéressée dans le sens où elle est drôle et où pour une fois, les personnages centraux ont quelque chose d’intéressant, surtout la gamine légèrement tarée qui veut embrasser tous les garçons qu'elle croise. On se retrouve avec une pseudo Wonder Woman qui cependant n'a rien de l'héroïne bien sous tout rapport agaçante : elle est pleine de failles et ça, c'est cool; et elle est accompagnée d'une prophétesse des temps modernes qui, avec ses baisers compulsifs rappelle quand même les femmes de l'Antiquité : certaines entraient en état de transe via le sexe par exemple. Là c'est soft puisque le public visé est jeune et je trouve que ça passe plutôt bien. On les suit à travers une fuite de quelques heures et c'est franchement drôle. Bon la fin ne m'a pas surprise mais je suis conquise donc ça me suffit.

Je ne regrette pas d'avoir lu ce recueil, je pense que le réel problème est le suivant : tout le monde n'excelle pas dans la nouvelle. Mon soucis avec la plupart des nouvelles (Meyer, Cabot et Harrison pour ne pas citer les auteurs) est que ce ne sont pas de vraies nouvelles mais plutôt des prologues de romans. Les chutes n'en sont pas à mon sens, l'univers est trop développé et prend trop de place, les personnages sont des personnages qui ne collent pas à la nouvelle. Pour Lauren Myracle, c'est vraiment le soucis de pertinence dans l'attitude des personnages et l'héroïne qui m'ont déplu et pour Michelle Jaffe, et bien je suis fan en fait donc rien à redire ! Je le conseille aux fans de scènes romantiques à l'excès, de vampires, d'anges et démons. Je le conseille à ceux qui veulent voir ces auteurs tenter autre chose avec le risque important d'être déçus.

Une bonne surprise sur cinq, ça vaut le coup, non ?

Tristan et Iseult de René Louis

Il s'agit de la version de la légende écrite par René Louis. Il écrit lui-même dans sa préface qu'il s'est inspiré de l'oeuvre de Joseph Bédier, son mentor. Il ne prétend pas avoir reconstituer au mieux l'oeuvre, la légende qui a traversé les siècles, il espère juste avoir réussi à faire des textes historiques un roman agréable à lire et surtout capable de transmettre cette histoire. 304 pages, paru en 1972 aux éditions Livre de Poche mais la première publication est, me semble-t-il, plus ancienne.



Quatrième de Couverture
Tristan conduit Iseult la Blonde vers son futur époux, le roi Marc. A bord du navire, avant que les côtes de Cornouaille ne soient en vue, ils boivent un philtre qui les unit l'un à l'autre, pour trois ans, d'un amour indissoluble. Mais les noces d'Iseult et du roi seront célébrées et de l'amour les amants ne connaîtront que la souffrance. Racontée mille et une fois, cette vieille légende celte s'était déformée. S'inspirant des manuscrits du XIIE et XIIIE siècle, René Louis a rendu à ce conte sauvage, bercé par la mer et le vent de la forêt, la force de ses origines. L'intrépide Iseult n'a jamais été la victime d'un sortilège, elle boit le vin herbé de son plein gré, pour se donner tout entière à l'amour. Et Tristan, " héros invincible et tueur de monstres " est vaincu non par le destin mais par la femme aimée à laquelle il sacrifie sa vie.

Version en français moderne de René Louis, Texte intégral.


Mon avis
Tristan a tout du bon chevalier : il est droit, courageux, honnête, bon, loyal. Il décide de rejoindre les terres de son oncle le roi Marc en Cornouailles mais ne veut lui révéler son identité : il veut se faire apprécier de son roi non pas par son sang mais par ce qu'il est. Il y parvient sans peine et révèle sa filiation à son roi et oncle alors que l'ennemi irlandais menace les terres de Cornouailles. Il réussit à terrasser le géant irlandais et remporte la liberté du peuple. Il est mortellement blessé par un poison et décide de s'embarquer seul sur les flots pour se laisser porter par la chance. C'est en Irlande qu'il atterrit, auprès de la soeur et de la nièce du géant qu'il a vaincu. Il est soigné mais ne révèle pas son identité. Il rencontre alors pour la première fois Iseult la blonde, la nièce du géant. Il rentre dans sa patrie et est nommé héritier du roi Marc... C'est là que la jalousie des fidèles de Marc l'emporte : le roi est poussé à se marier pour concevoir un héritier. Il ne le veut pas et trouve un cheveu d'or : il déclare qu'il épousera la fille à qui appartient ce cheveu... Tristan connait cette chevelure : c'est celle de Iseult la blonde. Il part donc en quête de celle qui sera la future femme de son oncle... D'autres épreuves l'attendent avant de pouvoir ramener la jeune femme qui tombe sous le charme du chevalier. La servante de celle-ci scelle alors leurs destins en leur faisant boire un philtre magique qui les mènera à de tristes aventures...

René Louis a su mettre à notre portée une légende datant du Moyen Âge : le langage utilisé nous permet de nous plonger dans l'histoire comme si elle datait de notre époque et c'est agréable de ne pas avoir à se creuser la tête pour comprendre. Certains sont déçus par ce texte en prose, personnellement, il m'a permis de ne pas rater certains passages et de saisir le contenu de l'oeuvre. Il tente de rester fidèle mais ce n'est pas chose facile : il existait déjà deux versions différentes au Moyen Âge qui exposait deux points de vue. René Louis a choisi de ne pas victimiser Iseult la blonde : elle prend dans cette version le breuvage magique en âme et conscience et d'ailleurs, sa servante ici ne fait pas d'erreur. Elle prend consciemment le vin et le donne à Iseult à qui, même si elle ne dit pas clairement quel est le contenu de la coupe, elle laisse entendre ce qu'il en est.
Iseult est en quelques sortes blessées de voir que Tristan refuse sa main pour la donner à son oncle alors qu'il est celui qui a triomphé des maux et qui mérite donc de l'épouser. Elle est sous son charme et ne regrette à aucun moment d'être liée magiquement à lui. D'ailleurs, elle en reste éprise même une fois que le charme cesse d'agir. Tristan, lui, est bien trop intègre et respectueux de ses promesses pour se laisser aller à prendre Iseult pour lui : c'est bien le philtre qui fait qu'il succombe. Il était sûrement sous le charme de la jeune princesse mais son sens de l'honneur était plus fort. C'est cet aspect de la romance qui m'a légèrement déçue : j'avais toujours cru que les deux amants avaient été très vite épris l'un de l'autre et que le philtre n'avait fait que les empêcher de se séparer. En réalité, il est la cause réelle de leur amour si grand en plus d'empêcher leur séparation physique.

L'aspect qui m'a plus dans cet amour, c'est de voir comment il se transforme une fois la magie du philtre estompée. Malgré son amour pour Iseult, Tristan ne rechigne pas à la partager avec son oncle. Il sait que c'est sa couche qu'elle partage, que c'est à lui qu'elle appartient mais il n'en éprouve aucune jalousie. Il n'est pas non plus jaloux de ses courtisans. Pour lui, le fait que le coeur d'Iseult lui appartienne est suffisant : partager le corps de celle qu'il aime est nécessaire. Cet aspect de l'amour pour cette époque m'a surprise par son modernisme. Est-ce que c'était une vision normale au Moyen Âge ou non ? Je n'en ai pas la moindre idée mais je trouve que c'est un sujet qui pousse à la réflexion. Une fois le charme estompé cependant, la jalousie fait son apparition. En ce qui concerne le roi, elle n'est pas présente, ou très peu. Par contre, Tristan doute sans cesse de l'amour que lui porte Iseult, il en souffre, il commet des erreurs dans leur secret commun à cause de ça, il est sans cesse tourmenté. Il en est de même pour Iseult. Tristan se mari à une autre Iseult mais ne consomme jamais son amour : il aime une femme et ne peut en aimant charnellement une autre. Là aussi, on se pose des questions : pourquoi Iseult en est-elle capable ? Est-ce parce qu'Iseult a été mariée sous l'emprise du philtre et que ce n'est pas le cas pour Tristan ? C'est possible mais rien n'est moins sûr.

Les obstacles que rencontrent le couple sont dressés par des personnes viles, vénales, avides de pouvoir et de reconnaissance. Sans ces personnes, le roi aurait vécu heureux, sans porter le moindre doute sur Iseult et Tristan. On a envie tout le long de régler leur compte à ces types là mais Tristan s'en charge à la perfection et c'est agréable, presque grisant (non, nous ne sommes pas malsains !) La fin m'a touchée. Cette histoire d'amour reste une tragédie et le dénouement me semble cruel dans le sens où, encore une fois, c'est Tristan qui souffre. La reine Iseult a eu une existence riche, agréable. Lui, il a du vivre reclus dans les bois pour ne pas s'éloigner d'elle. Il a souffert plus qu'elle n'a souffert. Il est resté fidèle et c'est cette fidélité qui lui a été fatale. Le pire ? Il est mort en pensant avoir perdu l'amour de sa chère Iseult... Espérons qu'ils se soient enfin retrouvés dans le monde des morts pour vivre ce qu'ils méritent, ce qui lui mérite surtout...

Mon avis est donc positif, c'est un super moyen pour se plonger au coeur d'une légende celtique ancrée dans la culture, l'histoire. Le léger manque de romantisme de cette histoire d'amour au départ est vite rattrapé sur la fin et Tristan est juste un héros qu'on aime du début à la fin.

A découvrir ou redécouvrir !

vendredi 28 octobre 2011

Frères de Sang de Richard Price

Ce roman a été publié pour la première fois en 1976 aux Etats-Unis. Il est paru pour la première fois aux éditions 10/18 en septembre 2011. 390 pages. J'ai gagnée ce livre à l'un des concours organisés par la maison d'édition.



Quatrième de Couverture
Dans la famille De Coco, la violence est partout, prête à exploser : brutalité, sexe, alcool. Stony, le fils parfait, rêve d’une vie plus large que celle à laquelle la tradition familiale le destine. Mais pourra t-il échapper à ses origines ? Véritable tragédie de l’ordinaire, Richard Price brosse un tableau sans concession du passage à l’âge adulte.

« Richard Price est chez lui dans le Bronx : il a beaucoup regardé, noté, senti ce concentré humain en version panoramique. »
Christine Ferniot, Télérama


Mon avis
On entre au coeur de la famille De Coco composée du père et de l'oncle, électriciens, fêtards et tout sauf fidèles; des enfants du cadet, Albert, enfant de 8 ans anorexique et effrayé par sa mère légèrement tarée, et Stony, 17 ans, fraîchement diplômé, amoureux d'une fille ne voulant pas s'engager et paumé en ce qui concerne son avenir. On est plongés au coeur du Bronx, le Bronx où les filles ne vivent pas dans le besoin... Ça ne signifie absolument pas que tout est rose, loin de là.

On plonge petit à petit au coeur d'une famille qui, au fil des pages, montre ses sombres secrets. Au départ, on ne comprend pas bien en quoi les De Coco ont des problèmes : violences, tromperies, alcool... Pour une famille des seventies, ça reste dans la norme. On ne sait pas non plus qui sera le personnage du livre qui va être réellement suivi... Et puis on comprend qu'en fait, Stony, l'adolescent qui devient un homme, est le personnage central, mais que les autres ne sont pas mis du tout au second plan. Les femmes ne sont pas dans le lot, on se penche réellement sur les deux fratries : Albert et Stony, Tommy (le père) et Chubby (l'oncle).
Stony est un jeune touchant. On comprend ses interrogations, ses doutes. Il est à peine plus jeune que moi ce qui m'a permis de transposer mes questions face à l'avenir aux siennes. Il est violent mais bon. La violence, il a grandi avec donc c'est en quelques sortes sa façon de résoudre les problèmes : son père et son oncle ont souvent régler des différents avec leurs poings. Chubby est un homme doux, gentil mais il pète souvent des plombs sans retour en arrière : si on le pousse à bout, il devient un autre, une sorte de bête. Le passage où il vient sauver la mise à Stony est effrayant : on ressent la surprise et l'inquiétude de son neveu quand Chubby frappe sans s'arrêter. Tommy a du mal à être tendre avec ses enfants. Il hait sa femme, elle est horripilante et on le comprend. Seulement, il met des œillères et vit sa vie sans se soucier de ce qu'il se passe entre sa femme et Albert... Albert qui est incapable de manger sans vomir et qui subit la pression de sa mère pour qu'il avale toujours quelque chose : elle s'acharne, elle ne l'aide pas mais l'enfonce dans sa façon de faire et se fait passer pour la victime. Quand Albert fait une crise et est hospitalisée, Stony pète un plomb et tape sur sa mère... On ne peut s'empêcher de se dire qu'elle le mérite sans pour autant cautionner la violence : en se mettant à la place de ce jeune qui vit dans les coups, on se dit que c'est une réaction normale à ses yeux même s'il s'en veut. Il s'en veut non pas d'avoir frapper sa mère mais de s'être laissé emporter. On souhaite à Stony de réussir à se défaire de sa famille et de leurs attentes pour enfin pouvoir choisir son avenir et faire ce qu'il aime et surtout ce en quoi il est doué !

Ce roman est poignant. Je ne pensais pas autant accrocher, surtout qu'il est classé dans le domaine policier qui n'est pas mon genre favoris. Seulement, j'ai été prise dans l'histoire de suite. Le langage cru ne m'a pas gênée, il m'a au contraire permis de mieux m'immerger dans tout ça et surtout, de calquer sur une réalité : franchement, est-ce qu'on s'exprime clairement et surtout poliment dans la vie de tous les jours à chaque instant surtout entre copains? Pour ma part, non. Et là, c'était un moyen comme un autre se se laisser aspirer par l'époque et l'ambiance du quartier. Certaines scènes sont explicites (scènes de sexe) et d'autres plus choquantes (scènes de violence poussées) mais ce n'est pas un mal selon moi, bien au contraire : on est plus touchés par ces images, ces détails, ces précisions.
Cette famille m'a touchée, enfin, surtout les enfants et Chubby. Ils sont cassés de l'intérieur mais ne s'en plaignent pas. Ils prennent la vie comme elle vient et tentent d'en profiter autant que possible : seulement, ils restent meurtris et leurs failles donnent des résultats dévastateurs...
Je ne regrette absolument pas cette lecture, bien au contraire. Si je n'avais pas gagné ce concours, je n'aurais jamais lu ce livre et j'aurais raté quelque chose de grand et de beau. Je le conseille à un public averti qui veut se pencher sur un quartier sensible comme le Bronx.

Merci pour ce cadeau !

lundi 24 octobre 2011

La Petite Histoire : Halloween envahit le blog et nous révlève sa véritable histoire !

J'ai eu une subite envie de déguiser le blog pour la fête d'Halloween. Je me suis amusée à créer une petite bannière pour l'occasion. Le seul truc qui foire vraiment, c'est l'espèce de cadre orange pâle autour des messages mais je ne trouve pas comment le virer. Tant pis, ça restera comme ça.



Pour cette occasion, je vous propose d'en découvrir plus sur la fête païenne qui est à l'origine de la fête d'Halloween... J'ai toujours été fasciné par ces rites et croyances ancestraux sûrement parce que je trouve que les anciennes civilisations sont bien plus riches que la notre et qu'elles ont encore beaucoup à nous apprendre sur l'espèce humaine.

Halloween n'est donc qu'une manifestation inspirée de Samain, que l'on peut retrouver sous diverses orthographes (Samhain, Samonios, ...), qui est une fête aux origines celtiques et qui célébrait une nuit où la frontière entre le monde des morts et le monde des vivants se faisaient très mince, si mince que la communication était possible. Pourquoi cette frontière est-elle si mince ? Tout simplement parce que cette nuit là marque la fin d'une année et le début d'une autre sans appartenir à aucune des deux. Il faut savoir que les festivités s'étalaient sur plusieurs jours et étaient commencées trois jours avant la date fatidique.



Cette nuit du 31 octobre de notre calendrier, les morts étaient censés pouvoir revenir et la tradition voulait qu'on laisse les portes entrouvertes ainsi qu'une place à la table pour eux. On les guidait avec des lumières déposées le long des chemins (ceci relève plus du folklore de la réalité selon moi). Cette tradition perdure dans la fête commerciale d'aujourd'hui grâce au vieux conte irlandais de Jack O'Lantern.

Comme chaque fête païenne, Samain n'a pas échappé à sa christianisation : le pape Grégoire IV décide, en 840, de faire du 1 er novembre, le jour de tous les saints. Noël aussi est une fête d'origine païenne (je ferai sûrement un point sur le sujet si cet article vous plait).

Il faut savoir que certaines religions célèbrent toujours Samain, notamment les religions liées à la sorcellerie. Samain est de l'ordre des Sabbats et est l'une des célébrations les plus importantes de ces religions païennes. Les personnes pratiquantes ont pour habitude de récolter des graines, de ramasser des feuilles tombées des arbres aux couleurs de l'automne (qui sont donc les couleurs officielles de cette fête). Il est d'usage de décorer son autel avec tout ça et d'allumer un feu pour permettre de protéger et réchauffer le foyer pour l'année à venir. La tradition de notre nouvel an consistant à se débarrasser de pensées impures et de faire des listes de bonnes résolutions est aussi valable même si elle est plus complexe : il s'agit de se purifier par des rituels chez certains et tout ce qui va avec. Je ne crois pas au surnaturel ayant un esprit bien trop cartésien pour ça, mais ces religions peuvent être rapprochées des pratiques liées au développement personnel et à la méditation selon moi : on peut s'y pencher sans y croire et y découvrir des choses fascinantes et reposantes. Personnellement, j'aime apprendre de petites choses sur le sujet sans réellement savoir pourquoi.

Cet article est une nouveauté qui peut être rapproché de la littérature dans le sens où on trouve des sources innombrables dans pas mal de bouquins. Pour les amateurs de Wicca/Magye Blanche/Sorcière/Sweep de Cate Tiernan par exemple, ça peut vous donner un aperçu du folklore. Je suis bien tenté de faire régulièrement des points histoire, de revenir sur des anecdotes. Seulement pour ça, j'aimerais avoir votre avis sur ce premier billet histoire de voir ce que ça donne et comme vous le voyez !

Happy Halloween !

jeudi 20 octobre 2011

L'ange gardien de Marie-Claire George

Recueil publié pour la première fois en 2010 aux Editions partenaires du forum des Accros & Mordus de Lecture, reçu suite à un partenariat. Composé de 194 pages regroupant 25 nouvelles.



Quatrième de Couverture
Marie-Claire George a longtemps enseigné le français, en Afrique et dans la région du Centre.
Elle se consacre aujourd'hui à l'écriture, mêlant dans ce recueil des textes aux tonalités variées dont la tendresse est le fil conducteur.

« A votre âge, Arthur, vous pouvez prendre vos responsabilités. Je vous laisse quarante-huit heures pour découvrir une nouvelle vie à accompagner. Hâtez-vous, nous n’avons que faire d’anges oisifs. Le monde est aujourd’hui d’un danger ! Croyez-moi, il y a de l’ouvrage pour tout le monde au paradis ! »


Mon avis
L'ange gardien est un recueil offrant 25 histoires toutes différentes, abordant des thèmes, des personnages et des époques variées. Que ce soit par l'humour, par l'émotion ou par la dureté de la vie, Marie-Claire George fait passer des messages à travers des histoires du quotidien ou encore à travers des histoires que l'on pensait connaître mais que l'on redécouvre sous sa plume. Chaque nouvelle est intéressante, chacune d'elles est unique en son genre et mérite qu'on s'y attarde.

L'écriture de Marie-Claire George est surprenante : on croit saisir sa façon d'écrire une fois une nouvelle terminée mais en fait, elle nous surprend dès la suivante en changeant de point de vue, d'usage des temps, de vocabulaire, de rythmique... Elle est telle un caméléon de la plume qui s'adapte à sa propre imagination, qui réussit à vivre pleinement ses histoires en choisissant le mot juste, la phrase qui fait qu'on plonge dans le coeur d'un personnage, le style qui nous aide à mieux nous immerger dans l'univers.

On aborde la vie quotidienne de personnes comme nous, ou presque. La nouvelle qui a donné son nom au recueil, L'ange gardien, aborde par exemple l'histoire d'Arthur, un ange, qui cherche un nouveau protégé... Il va alors jusqu'en Amérique Latine et trouve un jeune Arturo à prendre sous son aile... Seulement, Arturo est peut-être déjà l'ange gardien de toute sa famille depuis que ses parents ne sont plus là. A travers L'or de Xoliswa, c'est le combat d'une femme, une femme qui, fille d'ouvriers, a su gravir la vie en la défiant et qui s'impose désormais à la tête de l'équipe dans laquelle ses ancêtres ont travaillé.

On touche aussi du doigt le destin extraordinaire qui peut se cacher derrière le sourire courtois d'une personne. C'est l'une de mes nouvelles préférées du recueil d'ailleurs, Le sourire d'Emilie, dans laquelle une vieille dame seule se retrouve hospitalisée. C'est sa jeune voisine qui se charge alors de lui rapporter de son appartement les vêtements nécessaires... Seulement, elle ne s'attend pas à trouver tant de choses surprenantes dans l'appartement de la vieille dame : mais qui était donc l'extraordinaire Emilie Beauprès ? C'est la vieille femme elle-même qui va lui conter son histoire, une histoire qui même pour notre époque, détonne, fait rêver.

Une nouvelle m'a touchée, il y en a toujours une dans le lot qui tente de me tirer quelques larmes... C'est Il est tard et je m'en vais... On assiste aux heures qui suivent la mort d'un vieil homme : il ne regrette pas d'être mort, il regrette simplement la presque froideur avec laquelle ses filles règlent les détails. Il les regarde, aimerait bien leur donner quelques conseils avant de partir... Seulement, lorsque l'une de ses filles parle de mettre Spirou, le vieux compagnon de leur père, à la SPA parce qu'il est désormais un "poids encombrant", le vieil homme mort sent presque son corps frémir... L'issue est touchante, je dois avouer que c'est une nouvelle que j'ai relu une fois le recueil terminé, juste pour pouvoir laisser mes émotions s'exprimer alors que ma première lecture avait été faite dans les transports en commun. Marie-Claire George manie aussi bien l'humour que l'émotion sans doutes possibles.

D'autres nouvelles m'ont réellement arraché plusieurs grands sourires comme Ronchon chat d'exception avec une chute drôle et inattendu. C'est l'innocence de la chute qui est touchante : on sent réellement les paroles et le regard neuf des enfants. La fin du recueil est teinté de nouvelles plus engagées, plus orientées vers la différence et la tolérance : encore une preuve de la merveilleuse polyvalence de l'auteur. Mémoires est touchante : elle permet de rendre la vie à un être dont la puissance a été bafouée.

Enfin, un point extrêmement plaisant du recueil, les nouvelles historiques... Elles reprennent un point d'histoire à partir d'un point de vue inédit, un point de vue qui, pour une fois, change le héros de place, le méchant aussi. Marie-Claire George nous invite là à voir plus loin que les préjugés, elle nous invite à creuser sous la surface pour obtenir la vérité, pour comprendre. Ainsi, elle permet à Caïn, le premier fils, de ne plus être l'homme égoïste, violent et mauvais que la bible dévoile. Il est à travers sa plume un homme travaillant dur qui, sur un coup de sang, n'a pu retenir un geste violent face à un frère oisif et sans cervelle. Louis XVI est aussi revisité : avant d'aller vers la mort, on pénètre ses pensées pour comprendre à quel point l'homme n'était pas mauvais, à quel point il a voulu bien faire, à quel point ses tentatives de compréhensions ont été interprétées comme du désintérêt...

Ce recueil est réellement bon. Je ne regrette absolument pas cette lecture et remercie encore une fois la maison d'édition Chloé des Lys ainsi que Marie-Claire George pour cette lecture teintée de bonheur, de rires, de larmes, de voyage... Je me vois bien comme Emilie Beauprès, partir à l'aventure, vivre de belles rencontres, des tas de passions ! Je me vois comme Xoliswa gravir des montagnes pour atteindre mes buts, pour me faire une place... Je me vois bien fusiller du regard les voisins de mademoiselle Crédence, donner une leçon de vie aux filles du maître de Spirou... Ou encore observer les arbres du jardin de mes parents durant des heures en pensant à ce vieux chêne qui a désormais retrouvé son ami le coucou... Merci de m'avoir donné tant d'envies à travers quelques histoires qui pourraient sembler banales mais qui sont tout le contraire !

Pour casser le quotidien avec des histoires de tous les jours !

En passant par Israël de Mireille Pierson

Roman publié pour la première fois en juin 2011 aux Editions partenaires du forum des Accros & Mordus de Lecture, reçu suite à un partenariat. Composé de 164 pages et relatant une histoire vraie.



Quatrième de Couverture
Ce livre relate l'histoire de la vie d'une jeune fille qui depuis sa naissance cherche le chemin de la Vérité, le chemin de l'Amour. Elle veut comprendre le sens de sa vie. Après la mort de son père, Laura va entreprendre des voyages. A travers ses aventures et ses rencontres, elle va pouvoir faire ses expériences, mieux se connaître et arriver à son but qui est finalement l'épanouissement dans sa vie actuelle. La Terre d'Israël a été pour elle la source, la base de toute son évolution intérieure. Malgré les embûches et les difficultés, elle réussira à trouver ce qui est bon pour elle.
Elle va commettre des erreurs, ce qui est normal car la vie n'a pas de " recette magique. " Il faut persévérer, apprendre à se connaître et être soi-même sans avoir peur du regard des autres. Rechercher la lumière qui est en nous et la faire briller.

Il faut persévérer, apprendre à se connaître et être soi-même sans avoir peur du regard des autres. Rechercher la lumière qui est en nous et la faire briller.

"Le plus grand bien que nous puissions faire aux autres n'est pas de leur communiquer notre richesse mais de leur révéler la leur." Louis Lavelle

Ce livre décrit Israël ainsi que les autres pays à l'époque où Laura s'y est rendue et selon son témoignage.



Mon avis
Avant de parler du livre, j'ai envie d'aborder la rencontre avec l'auteur. Mireille Pierson vit dans le même village que moi et c'est une amie de ma famille qui m'a parlé de son roman. Mireille m'a alors invitée chez elle et m'a expliqué tout son périple lié à cette fabuleuse histoire : elle m'a parlé de sa quête de maison d'édition, de l'histoire de Laura, son amie, qu'elle a couché sur papier, j'ai même pu voir à quoi ressemble l'héroïne et je peux affirmer que la description du roman est fidèle : une beauté forte, au visage marquée. Suite à cette rencontre, j'ai contacté la maison d'édition Chloé des Lys pour leur proposer un partenariat avec Accros & Mordus : j'ai parlé de ma rencontre avec Mireille et de l'envie qu'elle m'avait donnée de lire son roman et de découvrir d'autres auteurs comme elle. C'est ainsi que la maison d'édition nous a envoyé son ouvrage...

On suit Laura, une jeune femme suisse depuis sa naissance jusqu'à ce qu'elle aboutisse enfin à une sorte de paix intérieure. C'est une jeune femme qui, dès son arrivée au sein de sa famille, va vivre des instants terribles, beaucoup plus nombreux et horribles que ceux que la plupart des hommes vivent à commencer par un père joueur, dépressif qui va se suicider alors qu'elle est adolescente, en pleine période de Noël. Elle va affronter sa vie, la fuir souvent, la vivre à travers des voyages, des aventures, des rencontres. Ces nouveaux horizons s'offrant à elle vont lui permettre d'avancer, de se reconstruire, de grandir et de trouver la force d'affronter les obstacles pour ne retenir que le meilleur.

Ce roman est un de mes coups de coeur de cette fin d'année. Une histoire simple, sans prétention, vraie, poignante et captivante. La plume de Mireille Pierson est simple, pas d'enrobages inutiles, pas de guimauve autour du malheur de Laura pour faire passer la pilule : c'est brut, c'est direct et ça permet de donner une bonne claque au lecteur.
Laura est une femme qui détonne par sa capacité à aller de l'avant malgré ses fuites régulières : au départ, elle a besoin de voyager pour s'échapper de sa vie, de son quotidien, de ses problèmes mais lorsqu'elle finit par aller mieux, ses voyages ne sont plus que sa passion de l'inconnu, du nouveau et renouveau. J'ai passé chaque page à me soucier de Laura, à vouloir l'aider à ouvrir les yeux sur l'horrible Djon, à essayer de lui dire de cesser de courir, à lui dire qu'elle n'était pas seule... C'est cette capacité à nous faire plonger dans cette histoire comme ça qui fait de ce roman un bon roman : on est touché, on veut aider Laura et la protéger pour qu'elle puisse enfin souffler et avoir droit à sa part de bonheur largement méritée. Elle a un coeur immense, elle partage et donne même le peu qu'elle a sans rien attendre en retour et c'est ce qui fait de Laura une véritable héroïne.

Grâce à Laura, on voyage, on découvre de nouvelles cultures mais surtout, on apprend à accepter et à vouloir s'immerger dans ces découvertes. Lorsqu'elle arrive dans un pays, ce n'est pas pour y faire bêtement du tourisme mais bien pour y vivre. En Israël, elle travaille, elle traverse le pays, elle apprend à vivre au rythme des israéliens, elle prend un peu de cette culture pour commencer sa reconstruction. Elle vit comme eux : elle entend les bombes mais ne reste pas cloitrée, à quoi bon ? Elle a la chance de ne pas vivre de scènes de guerre et de connaître l'Israël autrement que de par son conflit.
Son année aux Etats-Unis marque en quelques sortes le dernier voyage de la construction des nouvelles fondations de sa vie. Là aussi, elle a eu droit à son lot de malheurs mais encore une fois, elle ne garde que le meilleur : les rencontres, les découvertes, les pas en avant. Elle y fait d'ailleurs un grand pas dans le périple du développement personnel puisque c'est là qu'elle commence à y prendre goût. Elle continuera d'ailleurs une fois rentrée chez elle, en Suisse, auprès de sa mère et de ses soeurs.

J'avoue qu'arrivée à la fin du roman, je voulais en savoir plus. Laura finit par se réconcilier avec son existence et je voulais voir ce que ça donnait... Mais en y réfléchissant, je préfère ne pas savoir : elle a accepté de partager une grosse partie de son intimité à travers la plume de Mireille Pierson et il est normal qu'on ne plonge pas dans la suite de cette intimité... Cependant, Mireille m'a quand même soufflé que les voyages de Laura ne s'étaient pas arrêtés, bien au contraire, et que la fin du roman prend son sens pour la suite des aventures de Laura :

« Quand on ose franchir certaines portes, la magie de la synchronie ouvre d'autres portes pour nous aider. alors persévérons même si parfois c'est difficile.
Oui, osons faire de belles choses, combattre la honte et le regard des autres.
Soyons toujours sourds quand quelqu'un nous dit que l'on ne peut pas réaliser nos rêves. »


Elle a déverrouillé des portes et les a franchies, Mireille Pierson nous transmet son témoignage et nous ne pouvons qu'espérer être capables de faire la même chose. J'ai lu ce roman en plus d'une semaine, non pas parce que ce fut dur mais plutôt parce que j'ai pris le temps de réfléchir à travers les aventures de Laura : ses voyages, ses aventures, ses belles rencontres... Tout ça donne une irrésistible envie de bouger, de s'évader et de partir comme elle, avec un sac à dos, de bonnes chaussures et surtout une soif de découverte. Même le plus petit détail peut donner envie : Mireille Pierson m'a confiée avoir demandé à ce que les pages de ce roman soient faites de papier recyclé... Je trouve que ce genre d'initiatives marque clairement les choix que l'on peut faire, les engagements que l'on peut prendre afin de faire de sa vie la plus belle chose qu'il soit.

Je remercie les Editions Chloé des Lys pour ce partenariat, je remercie Mireille Pierson d'avoir couché une si belle histoire sur le papier et de me l'avoir fait découvrir et surtout, je remercie Laura d'avoir partagé des moments si intimes de sa vie... J'ai tellement aimé ce livre que je me suis ruée à la séance de dédicaces qui se déroulaient à côté de chez moi pour me le procurer officiellement et le faire découvrir à ma mère.

Voyager pour se reconstruire... A méditer !

mardi 18 octobre 2011

Le Blog du Moment : Les Chroniques d'Arwen


Et on recommence avec un nouveau coup de ♥ : Les Chroniques d'Arwen, blog d'Arwen (logique, non ?). Arwen est elle aussi membre du forum Le sanctuaire de la lecture des A&M et c'est par ce biais que j'ai pu mettre le doigt sur son petit bijou. On y retrouve des chroniques de livres tous plus intéressants les uns que les autres, dans des univers variés qui cassent avec notre quotidien. Le design du blog est aussi à tomber par terre, vraiment, foncez et admirez le tout !

Enjoy it !

mercredi 12 octobre 2011

Les Sorcières de Salem de Arthur Miller

Pièce de théâtre écrite en 1952 et jouée en janvier 1953. Miller y reprend la tragique histoire de la ville de Salem à l'époque où une véritable chasse aux sorcières s'engage aux USA avec la peur du communisme et la montée du maccarthysme. 4 actes & 239 pages.



Quatrième de Couverture
La Commission des activités antiaméricaines du parlement des États-Unis connut son heure de gloire au début des années cinquante lorsque le sénateur Joseph McCarthy en devint le président et pourchassa militants et simples sympathisants communistes notamment dans les rangs de l'intelligentsia (Dashiell Hammett, Bertold Brecht, la fameuse liste noire des «dix de Hollywood»). Interrogé lui-même par cette commission, Arthur Miller s'est inspiré de cette époque de «chasse aux sorcières» pour écrire Les Sorcières de Salem. Il y met en scène un autre épisode célèbre de l'histoire américaine : le procès homonyme qui, en 1692, ébranla une petite communauté de la Nouvelle-Angleterre gagnée par une crise d'hystérie puritaine et se solda par la condamnation de nombreuses personnes soupçonnées de pratiques sataniques et par vingt-cinq exécutions. Mise en scène à Paris en 1955, dans une adaptation de Marcel Aymé, la pièce interprétée par le couple Simone Signoret-Yves Montand connut un véritable triomphe.
Les Sorcières de Salem illustre de façon magistrale comment peut être facilement franchie - et en tout temps - la frontière entre raison et folie, justice et fanatisme.


Mon avis
Quand une petite ville des USA s'embrase en 1692 pour une sombre affaire de sorcellerie, les esprits sont marqués et pas seulement pour une génération mais bien pour des siècles. Aujourd'hui encore, la triste histoire de Salem est connue, adaptée, étudiée, utilisée, ... Comment un groupe d'adolescentes a-t-il pu être à l'origine de la mort de tant de personnes ? Pourquoi personne n'a rien vu ? Arthur Miller nous propose une vision de l'histoire qui finalement, montre qu'à son époque, les chasses aux sorcières continuent, à la nôtre aussi...

J'avais déjà lu cette pièce il y a quelques années de ça, étant fascinée par ce qui s'est produit dans une petite ville du Massachusetts, et j'ai pris un réel plaisir à la relire. Je sais que cette lecture ne sera pas la dernière parce que c'est une oeuvre qui se laisse portée par l'horreur de cette réalité qui est toujours d'actualité. Dans sa version, Miller ne parle pas de l'hypothèse de la farine de seigle qui pourrait être la responsable d'hallucination, il a choisi de mettre toute cette sordide affaire sur le compte du fanatisme religieux, de l'orgueil mais surtout, de la cruauté de quelques gamines, et d'une en particulier, Abigaïl Williams...

Les préjugés permettent à cette fille de régler ses comptes avec les habitants de Salem : elle met en scène des hallucinations, des visions d'horreur, des scène violentes qu'elle et quelques unes de ses amies sont les seules à voir... A inventer surtout. Elle n'a en fait qu'un but : faire tuer sa rivale et pour ça, elle condamne toutes les personnes qu'elle ne porte pas dans son coeur. Les juges et les hommes d'église boivent ses paroles, ils la vénèrent, l'érigent et croient tout ce qu'elle dit. Les condamnations pleuvent et seuls les habitants sensés comprennent qu'il ne s'agit que d'une machination, John Proctor le premier, qui a succombé à la tentation avec elle et qui le regrette amèrement depuis. C'est sa femme la cible et il le comprend vite... Mais il est déjà trop tard.

L'orgueil et la vanité des juges n'autorisent pas leur remise en question : quelle honte ce serait d'affirmer officiellement qu'ils ont été trompés par une gamine ! Alors ils foncent, tête baissée, et tuent à tour de bras. Les filles entrainées par Abigaïl n'osent revenir en arrière, la seule qui le fait le regrette si vite qu'elle retombe dans la machination pour ne pas finir pendue. Le rouage est de toute façon lancé, seul ceux qui avouent le crime de sorcellerie peuvent être sauvés et ils sont quelques uns à avouer pour ne pas mourir : c'est suffisant à la cours pour affirmer qu'il y a bien eu sorcellerie...

En se plaçant dans l'époque de Miller, on comprend bien que cette peur du communisme a forcément été profitable à certains politiciens : il était facile de donner une étiquette communiste à celui qui devenait gênant pour l'écarter de la voie du pouvoir. C'est une allégorie qui est pleine de sens et qui à mon avis a bien marqué les esprits. En tout cas, elle a marqué le mien.

L'intemporalité de cette pièce en fait une oeuvre importante du théâtre selon moi. De plus, le style est réellement agréable et on est transporté très vite au coeur de l'action. Les personnages sont attachants - pas les menteurs bien sûr - et on espère qu'une chose : que ce soit Abigaïl Williams qui finisse sur le bûcher. Malheureusement, la justice ne triomphe pas toujours et ce sont les meilleurs d'entre nous qui en pâtissent. Le meilleur personnage est celui de Gilles Corey qui, dans la fiction comme dans la réalité, malgré son âge avancé, a tenu tête aux oppresseurs jusqu'au bout. Il l'a payé de sa vie mais surtout, il a eu droit à la fin la plus horrible : écrasé par des pierres posées une à une sur son torse. La phrase finale que lui donne Miller est tellement puissante qu'elle m'a fait sourire "Encore une", encore une pierre avant de pousser son dernier soupir. Courageux jusqu'au bout, fidèle à la justice et à ses valeurs. Qu'il paye pour son honnêteté nous révolte mais fait en même temps de lui une exemple à suivre du haut de ses quatre-vingt ans dépassés.

Je l'affirme une nouvelle fois : une merveilleuse pièce que je suis heureuse d'avoir enfin achetée et que je relirai encore et encore, pour me rappeler que la justice vaut mieux que le mensonge...

"Encore une.."

Legend Institut Tome 2 : La Corne d'Immortalité d'Eric Talard

Paru en Mai 2011 aux Editions Mogador. J'ai acheté ce livre lors de l’événement Aux Chapiteaux du Livre au Domaine de Bayssan et j'ai donc pu faire dédicacer mon exemplaire par l'auteur ! 262 pages.



Quatrième de Couverture
Lors d’une visite touristique sur la muraille de Chine,un groupe de touristes japonais est pris de violentes convulsions et certains s’écrasent même au pied de la bâtisse. Le Professeur Beaumont et la belle Katia Lerner,membres officiels de la LEGEND INSTITUT, arrivent sur les lieux. À côté d’un des cadavres, Beaumont découvre un mystérieux disque en pierre, brisé en deux et une corne de Licorne, dont les propriétés permettraient d’allonger l’espérance de vie de plusieurs centaines d'années. Mais un morceau de la corne a disparu. De là tout s'enchaine...Et si un laboratoire pharmaceutique peu scrupuleux était derrière tout cela et mettait sur le marché un médicament pouvant rallonger la vie des populations ? Pire encore, ce mystérieux disque n'a jamais été répertorié par l'organisation et pourrait bien être la réponse à la naissance de la LEGEND INSTITUT voilà près de 12000 ans. L'aventure continue pour nos deux héros, mais à quel prix ?


Mon avis
Beaumont et Katia ont tout juste le temps de commencer à bien intégrer leur nouveau statut que déjà, une mission s'avère plus délicate que d'autres... Une corne de licorne est en jeu. Seulement, elle a été coupée et le bout manquant sert actuellement à la fabrication de mystérieuses pilules rallongeant l'espérance de vie... Ils s'engagent alors dans cette nouvelle quête qui marque un réel tournant pour le duo : entre révélations sur la vie et doutes sur l'autre, les choses sont loin d'être simples.

J'étais impatiente de retrouver les aventures de Beaumont et Katia... Et je n'ai pas été déçue, j'ai même été agréablement surprise d'ailleurs ! Ce tome m'a apporté tout ce qu'il manquait au premier : de la description, l'approfondissement des personnages et une fluidité agréable. La mise en page est aussi beaucoup plus travaillée et plus engageante à la lecture. J'ai adoré plonger au coeur des protagonistes, principaux ou non, pour enfin commencer à réellement m'attacher à eux. L'auteur dévoile petite à petit les secrets de son oeuvre (et on sent qu'il laisse filtrer tout ça au compte goutte) et ça donne une dynamique au tout absolument super.

Encore une fois, on est plongés en plein coeur de légendes extraordinaires que l'auteur rend réelles et qui nous font voir notre monde actuel sous un autre angle : on se prend à se poser le subtil "et si... ?" à tout va, comme si la fiction voulait se mêler à notre réalité. C'est en ça qu'Eric Talard est bon : la façon dont il lie l'univers des légendes à notre monde fait rêver, fait réfléchir. On aimerait même que ses écrits prennent forme et qu'ils nous révèlent en fait la clé de bien des mystères. L'histoire de ces disques, de la corne, des êtres que possède le jeune adolescent vivant à l'institut... Toutes ces merveilles nous donnent envie, envie d'aller plus loin et de rêver sous la plume l'auteur.
La touche qui fait de ce roman une oeuvre qui détonne ? Pour une fois, quand le doute est créé auprès des personnages, l'issue ne parait pas aussi évidente. En général, on se dit "ok, c'est du bluffe, ça se sent". Là, je suis restée sur le qui-vive jusqu'au dénouement : après tout, nous ne savions pas grand chose des personnages au tome précédent et en plus, l'échelle de temps n'est pas précise... combien de temps s'est-il réellement écoulé entre les deux missions ? Le temps nécessaire pour certains revirements ? Le mystère reste entier jusqu'au bout et ça, c'est un excellent point. On ne tombe pas dans un suspense à deux francs, bien au contraire et en plus de ça, on ressent bien l'angoisse des personnages qui, comme nous, ne savent pas à quoi s'en tenir... Et si ... ?

Sans dévoiler le coeur de l'intrigue, on peut dire que ce tome est un peu la transformation de l'essai marqué avec le premier tome : tout se met en place, on approfondit les personnages, les légendes, le fonctionnement de l'institut, la réalité des gouvernements sur le sujet, la façon dont sont vus les Arkans, la vision des Arkans eux-mêmes sur le monde et ses mystères... Tous ces petits verrous commencent à sauter et que dire si ce n'est : vivement la suite !

Essai transformé pour Eric Talard ! !

lundi 10 octobre 2011

Le Blog du Moment : Les Divagations de Jade


Il était grand temps que je passe à mon nouveau coup de ♥ de la toile : Les Divagations de Jade, blog de Pierre de Jade. Cette fille est en plus ma petite correspondante que je commence à apprendre à connaître et je peux dire que je suis tout sauf déçue de cette rencontre orchestrée par le forum Le sanctuaire de la lecture des A&M. Le blog de Pierre de Jade est jonché de petites pépites littéraires mais pas seulement : le premier article que j'ai lu là-bas était une superbe critique de film qui est désormais dans ma pile à voir. Bref, allez-y, ça vaut le détour !

Enjoy it !

jeudi 29 septembre 2011

Legend Institut Tome 1 : Les Protecteurs de Légendes d'Eric Talard

Paru en 2010 aux Editions Mogador. J'ai acheté ce livre lors de l’événement Aux Chapiteaux du Livre au Domaine de Bayssan et j'ai donc pu faire dédicacer mon exemplaire par l'auteur ! 235 pages.



Quatrième de Couverture
La LEGEND INSTITUT est une organisation secrète qui s'occupe de protéger les légendes à travers la planète. Le Professeur Beaumont, un professeur de renom spécialiste des légendes anciennes et la belle Katia Lerner, une jeune médium croqueuse d'hommes, sont recrutés par l'un des hauts dignitaires de l'institut afin qu'ils deviennent des protecteurs de légendes. Sans se connaître, ils vont découvrir les rouages d'un système chargé d'administrer un monde imaginaire des plus réels, et ceci dans le seul but qu'ils ne remettent jamais en question les grands équilibres historiques et religieux de notre planète. Sauront-ils faire face à cette nouvelle réalité, aux nombreux dangers qui les guettent et aux mystérieux Arkans, d'anciens membres dissidents qui connaissent tout de l'organisation et vendent leurs secrets aux plus offrants ? Pour leur entrée en matière, ils vont se voir confier la plus surprenante des missions... De l'action, de l'aventure et du suspense, cette nouvelle réalité dépasse totalement notre imagination. Alors, découvrez cette mystérieuse organisation qui gère un monde irréel et nous plonge au cœur même de nos rêves les plus lointains. Ce roman a obtenu le Prix du Scénario au Concours International de Los Angeles en 2008.


Mon avis
Le professeur Beaumont, breton d'origine, est spécialiste en matière de légendes. Katia Lerner, elle, vit une vie assez spéciale, arrondissant ses fins de mois en contant la bonne aventure à qui le souhaite. Ces deux-là n'auraient jamais du se rencontrer et pourtant... Ils ont été choisis pour entrer dans le secret... Celui qui concerne la Legend Institut : une organisation dont le but est de protéger les légendes et mythes afin de préserver l'ordre mondial. Seulement, comment exécuter une mission lorsqu'on n'a rien demandé à personne ? Comment s'engager dans une lutte lorsqu'on a du mal à croire en ces légendes ? Et surtout, comment s'en sortir lorsqu'on est envoyé en mission d'urgence sans aucune préparation au préalable ? On se fie à son instinct et ses talents... Que diriez-vous si on vous apprenez que la lampe d'Aladdin existait bel et bien et qu'elle n'était qu'une bombe à retardement actuellement ?

Etant une grande adepte de légendes et mythes en tous genres, je ne pouvais qu'aimer l'histoire de base. De plus, il y a une touche totalement scientifique et qui donne à ce roman un aspect des plus attractifs : la science mêlée aux mythes est LE cocktail qui me fait fondre à coup sûr. On se laisse prendre dans l'intrigue, on lit attentivement les explications que donnent le professeur Senka aux deux nouvelles recrues de l'institut comme si nous étions à leur place, on imagine parfaitement le laboratoire, la superbe bibliothèque qui renferme plus que des livres normaux. On voyage à travers le Moyen Orient, on goûte un peu de la Bretagne, on visite au fil des pages la superbe Cathédrale de Notre-Dame... C'est un régal.

Le duo Beaumont/Lerner est détonnant et il rappelle les deux protagonistes de la série Sydney Fox avec un Beaumont plus attractif bien sûr. J'ai beaucoup aimé leur relation : il n'y a pas d’ambiguïté banale, rien de commun par rapport à d'autres bouquins. L'auteur insiste sur le côté séducteur de Katia et l'admiration que peut lui porter Beaumont mais en aucun cas, cela n'est poussé comme ça peut l'être dans d'autres romans où il faut toujours que les héros soient attirés l'un par l'autre. Là, ça n'est pas le cas et ça permet de rappeler que les êtres humains ne sont pas que des animaux après tout. Beaumont a ce côté sympathique et attirant qui sort des pages pour venir atteindre directement le lecteur : on rigole de ses stupéfactions et on attend avec impatience le moment où il va nous étaler toute sa science ! Pour ce qui est de Katia... Elle me tape un peu sur le système : on a l'impression que sa seule motivation est de ne pas être vue comme une lâche. Il y a tellement plus derrière ça, avec toute cette histoire, que c'est agaçant de la voir se préoccuper uniquement de son image et de son statut de femme émancipée : avoir besoin de prouver sans cesse que l'on est indépendante justement est une marque d'un problème de dépendance au regard des autres justement... Mais une fois dans le feu de l'action, elle oublie cet aspect d'elle-même pour se jeter à corps perdu dans l'action et elle est faite pour ça. Son côté tête brulée est par contre exagéré selon moi, mais ça colle avec son tempérament. Senka et Mélanie sont des personnages qui, je l'espère, seront approfondis par la suite car ils semblent eux aussi former une sorte d'équipe de choc qui promet des répliques animées. Il y a aussi le petit Max qui semble cacher au fond de lui pas mal de mystères... Les personnages à qui l'auteur a donné vie ont absolument tout pour plaire !

En tant que premier tome, ce roman était une mise en bouche : on a surtout vécu l'entrée des deux nouveaux membres dans l'organisation et on a eu droit à quelques rouages. Cet aperçu me donne envie de lire la suite : je veux plonger la tête la première dans les légendes les plus ancrées dans notre culture mais aussi dans toutes les cultures à travers le monde. Je veux de l'histoire, de la science, de l'action et je suis certaine que la suite va m'offrir tout ça ! Je regrette simplement une petite chose dans le style d'Eric Talard : j'ai l'habitude d'en apprendre plus sur les personnages à travers leurs pensées et leurs réflexions mais l'auteur privilégie l'action aux descriptions passives. Cependant, on s'y fait très vite ! Une agréable découverte, une histoire passionnante et une suite qui promet d'être totalement addictive !

C'est parti pour le tome 2 !

mardi 27 septembre 2011

Terrienne de Jean-Claude Mourlevat



Quatrième de Couverture
Tout commence sur une route de campagne...
Après avoir reçu un message de sa soeur, disparue depuis un an, Anne se lance à sa recherche et... passe de « l'autre côté ». Elle se retrouve dans un monde parallèle, un ailleurs dépourvu d'humanité, mais où elle rencontrera cependant des alliés inoubliables. Pour arracher sa soeur a ce monde terrifiant, Anne ira jusqu'au bout, au péril de sa vie.
Et se découvrira elle-même : Terrienne.
Vous ne respirerez plus jamais de la même manière.
« On entre dans un roman de Jean-Claude Mourlevat comme dans un rêve. » Lire
« Jean-Claude Mourlevat, cet immense auteur, cet enchanteur. » Anna Gavalda, Elle


Mon avis
Terrienne, c'est l'histoire d'Anne, une adolescente presque femme qui décide de tout mettre en oeuvre pour retrouver sa soeur dès qu'elle a entre les mains un indice, une preuve du fait qu'elle est toujours en vie. Elle va alors devoir entrer dans un monde qui n'est pas le sien et qui va lui montrer à quel point être Terrienne est une bénédiction, à quel point son monde a à offrir. Sa route va croiser celles de personnes complètement différentes d'elle mais qui vont se révéler surprenantes et sans qui, elle ne pourrait atteindre son but... C'est l'histoire de la vie.

Comme à chaque fois, je me laisse littéralement absorbée par l'écriture de JC Mourlevat. il a le don de transmettre avec précision les émotions de ses personnages et c'est réellement beau. C'est sa plume qui fait qu'on s'attache aux protagonistes et qu'on vit littéralement cette histoire. Comme Anne, on tente de cacher notre respiration dès que la situation est critique, comme elle, on sent à quel point ce souffle de vie nous anime et nous est nécessaire, comme elle on prend conscience que notre monde nous offre bien plus que ce qu'on peut espérer. Je suis à chaque fois émerveillée par l'univers que crée Mourlevat, par ses descriptions si prenantes qui me permettent de tout reconstruire au détail près dans mon esprit. Je m'étonne à chaque fois de constater à quel point je m'attache aux personnes et surtout, je me laisse prendre toujours au même piège : mon personnage préféré ne s'en sort pas, j'en pleure mais je trouve ça beau ! J'aime cet aspect, qui me rappelle à quel point la mort de Milos dans le combat d'Hiver m'avait retournée, à quel point j'avais été triste mais aussi à quel point j'avais aimé voir que tout n'est jamais raison, même si l'histoire finit bien...

Anne est un personnage fort qui n'est pas comme tout le monde, elle a un truc, un petit quelque chose que son premier acolyte, Etienne, l'écrivain, perçoit dès qu'elle pénètre dans voiture. Il est le premier à nous dévoiler qui est Anne, ou du moins une partie de ce qui fait son essence... Et les autres suivent cette route : Anne se révèle à travers ses actes, ses paroles, ses pensées mais surtout à travers les autres ! Ils ne l'aident pas pour rien, ils l'aident parce que ça se sent, c'est évident : cette fille se bat pour beaucoup plus que la liberté de sa soeur, elle se bat pour la vie et elle est une personne qui mérite qu'on suive son exemple. Tout au long de cette épreuve, elle prend conscience de son monde, le monde terrien qui fait ce qu'elle est et qui détonne avec l'univers dans lequel elle pénètre. Tout ce silence la perturbe en même temps qu'il nous perturbe, toute cette pression dans l'air, tous ces non-dits, ces réserves, tout cela nous oppresse tandis qu'Anne étouffe à force de devoir cacher sa respiration. Cette métaphore de la respiration est belle, elle est tellement remplie de sens qu'elle en devient le thème du livre : respirer pour se libérer, remplir ses poumons en grand pour profiter de la vie, absorber le tout pour tout rendre et le partager avec les autres. Il y a Mme Stormiwell qui symbolise les traces d'humanité dans ce monde superficiel, sans âme... Elle est l'incarnation de cette marque indélébile laissée malgré les générations, cette résistance du genre humain en elle. Il y a Bran qui est ce peuple libéré par Anne et ses compagnons, il y Gabrielle, cette soeur perdue par qui tout commence. Il y a Etienne surtout, qui incarne la découverte d'Anne à travers cette histoire : cet écrivain qui s'ennuyait dans son monde au point de n'écrire que sur des mondes irréels, des histoires hors de l'humanité et qui grâce à une adolescente retrouve le sens de l'humanité et la joie d'être un être humain dans un monde aussi peu banal que la Terre.

Le message de ce livre est fort et il nous percute sans ménagement, nous secoue dans tous les sens et nous renvoie dans notre si banale vie humaine avec un sourire béat imprimé sur le visage. C'est l'effet Mourlevat, tout simplement. C'est la première fois que l'auteur tente le coup de la Terre dans son oeuvre et c'est un pari plus que réussit puisqu'il transforme notre univers qui nous lasse en une chose précieuse qu'on ne veut plus laisser de côté une fois Terrienne achevé. Voilà ce qui fait d'un excellent roman un chef d'oeuvre : il nous pousse à réfléchir sur nous et nous fait comprendre de nombreuses choses. C'est en cela qu'il est beau : il s'adresse à tout le monde et personne ne peut rester indifférent face à ça. Merci pour tout ça !


A quand le prochain chef d'oeuvre ?

dimanche 25 septembre 2011

Le Blog du moment : Muti et ses livres !


Et c'est reparti pour un tour ! voici mon nouveau coup de ♥ de la toile : Muti et ses livres, blog de Mutinelle (comme l'indique le nom, n'est-ce pas ?). J'aime beaucoup ce que fait Muti, je suis même inscrite sur Morsures & Sortilèges depuis peu alors que je ne lis plus tellement le style de livres abordé sur le forum : pourtant, tout ça me redonne envie de m'y plonger ! En fait, c'est plus qu'un blog coup de ♥, je pense que c'est une lectrice coup ♥ pour cette session.

Enjoy it !

samedi 24 septembre 2011

L'Eté d'Albert Camus

Il s'agit d'extraits de l'oeuvre Noces suivi de L’Été aux éditions folio.



Quatrième de Couverture
Qu'il suive le fil d'Ariane sur les traces du Minotaure pour évoquer Oran et ses alentours, qu'il revisite le mythe de Prométhée à la lumière de la violence du monde moderne, ou qu'il rêve à la beauté d'Hélène et de la Grèce, Albert Camus nous entraîne tout autour de la Méditerranée et ses légendes.


Mon avis
Le résumé que l'on peut trouver en quatrième de couverture est légèrement trompeur puisque ce n'est pas une sorte de recueil de légendes mais plutôt un recueil de souvenirs. Camus livre ici un essai philosophique autour des lieux qui ont marqué sa vie, entre Oran et Alger.

Je suis assez mitigée sur cet ouvrage dans le sens où je ne suis pas très passionnée par les essais, préférant de loin les romans et nouvelles. Certains passages m'ont donc perdue au milieu de pensées assez abstraites de l'auteur. Heureusement, le style de Camus est là et plusieurs passages ont réussi à accrocher mon attention et même à me séduire par leur beauté accessible à la lectrice amatrice que je suis.

Deux passages m'ont particulièrement marquée, à un tel point que j'ai même osé corner les pages pour pouvoir les relire. L'un parle des mythes et du fait que nous les faisons vivre en y croyant, nous les aidons à traverser les siècles en nous y retrouvant, quelle que soit notre époque. C'est en pointant cet aspect de la légende que Camus a réussi à mettre des mots sur ce que je ressens face aux mythes dont je raffole. Le second passage parle d'un fait qui me plait particulièrement au sujet de l'écriture : le fait que le propre du bon écrivain est de pouvoir écrire sur autre chose que lui-même, de pouvoir sortir complètement de son "ego" pour pouvoir créer un personnage qui ne lui ressemble en rien. Il a pris un exemple marquant : Sophocle a-t-il eu besoin de tuer son père et de commettre un inceste pour écrire ? Non. C'est là que je ne peux que saluer le talent immense de Camus qui m'avait déjà convaincue à travers L’Étranger.

Je n'ai sûrement pas saisi toute la subtilité de l'auteur, mais les passages qui m'ont interpellée ont su me toucher.

Un changement de vision agréable !

vendredi 23 septembre 2011

Tess d'Urberville de Thomas Hardy

Paru en 1891. Editions Livres de Poche, 480 pages.



Quatrième de Couverture
Jeune paysanne innocente placée dans une famille, Tess est séduite puis abandonnée par Alec d'Urberville, un de ses jeunes maîtres. L'enfant qu'elle met au monde meurt en naissant.
Dans la puritaine société anglaise de la fin du xixe siècle, c'est là une faute irrémissible, que la jeune fille aura le tort de ne pas vouloir dissimuler. Dès lors, son destin est une descente aux enfers de la honte et de la déchéance.
Thomas Hardy (1840-1928) signe avec cette oeuvre pessimiste, où la richesse des tableaux rustiques du Wessex ne fait que souligner la noirceur de l'univers social, un des chefs-d'oeuvre du roman anglais, magnifiquement porté à l'écran par le cinéaste Roman Polanski.


Mon avis

Ce roman relate la tragique histoire de Tess Durbeyfield, née dans une famille d'ouvriers et dont le père est le descendant d'une ancienne famille noble d'Angleterre, les d'Urberville. A l'annonce de cette nouvelle, les parents de Tess décident de l'envoyer chez la vieille dame du nom de d'Urberville qui vit non loin de chez eux. C'est son fils qui accueille Tess : Alec D'Urberville. Ils ne sont pas apparentés car le père d'Alec n'est pas un vrai d'Urberville, il était juste un homme riche et puissant qui voulait se faire un nom. Tess, trompée par l'innocence de ses seize ans, est séduite malgré elle par Alec. Elle retourne chez ses parents mais le mal est fait : elle met au monde un enfant qui malheureusement, ne survivra pas à une fièvre. On la suit alors à travers ses épreuves, sous le poids de la marque qui lui a été faite. Elle décide de partir pour supporter son fardeau seule, sans que personne n'en subisse les conséquence. Seulement, elle rencontre l'amour, le vrai... Angel Clarke et son amour suffiront-ils à chasser les tours du destin qui semble vouloir faire de la vie de Tess un enfer ? Non, car après tout, son histoire est l'illustration même de la tragédie...

Cela faisait un bon moment que j'avais ce bouquin dans ma PAL et j'en repoussais la lecture pour attendre le moment où j'allais me replonger à fond dans cette passion... Et j'ai bien fait ! J'ai littéralement dévoré ce livre : dans mon lit, tous les jours dans le tram, entre les cours, parfois même en cours... Bref, j'étais absorbée par l'histoire de la douce Tess et par ses malheurs du début à la fin sans avoir une seule fois l'envie de faire une pause. Ce livre confirme mon amour pour la vieille littérature anglaise : après Austen et les soeurs Brontë, Hardy a su me maintenir dans cet amour.

Tess est un personnage si pur, si simple, si bon qu'on se pose une question du début à le fin : pourquoi elle ? Tout son entourage aurait pu mériter ce qu'elle a vécu alors qu'elle non et c'est une sensation terrible. Elle accepte les épreuves, se laisse dévorer de l'intérieur en silence pendant que de notre côté, on a envie de hurler sa souffrance, d'évacuer tous ses maux à sa place. Elle est dotée d'une grande intelligence et sait, malgré le milieu où elle est née et ses lacunes, tirer le meilleur de ce qu'elle apprend au cours de sa vie. Elle a tout d'une grande dame mis à part la naissance et l'éducation : elle aurait du naître à la hauteur de ce qu'elle est intérieurement. C'est un peu la transposition de son histoire : elle est l'un des personnages les plus bons de ce roman mais elle connait plus de malheurs que tous réunis. Elle pense aux autres avant de penser à elle, elle se sacrifie à plusieurs reprises et ne sait pas comment prendre le bonheur quand il lui tend les bras car elle sait que tôt ou tard, elle va devoir la payer bien plus cher que les autres, sa toute petite part de bonheur. Ce n'est vraiment qu'à la fin qu'elle ouvre une brèche dans son bon coeur et qu'elle écrase réellement son innocence : mais même là, on a du mal à considérer ses actes comme mauvais. Elle est une héroïne qui marque l'esprit, qui touche l'âme et qui reste pour tous un modèle, un martyr. Les autres personnages ne sont en fait que des causes du malheur de la pauvre Tess. En premier lieu, ce sont ses parents qui, par leur bêtise et leur envie de reconnaissance, vont la pousser dans la gueule du loup : sa mère voulait qu'elle séduise d'Urberville, elle espérait un mariage. Vient Alec, le mal incarner, la tentation, la cause ultime de la décadence de Tess : par son acte immoral, il brise sa vie, la souille aux yeux des moeurs de l'époque et réapparait dans sa vie alors qu'un espoir se profilait à l'horizon. Il est son bourreau, son signe funeste qui, du jour où il entre dans son champ de vision, la coule vers la fin... Angel, lui, est le rayon de lumière de la vie de Tess et en même temps, il est celui qui trébuche, un peu comme Orphée : il fait une erreur et il provoque le retour de Tess aux Enfers. Il l'aime sincèrement mais ce qu'il pense savoir de la vie le pousse à la rejeter lorsqu'elle lui avoue avoir eu un enfant avec un autre. Son départ provoque le dernier pas vers la fin pour Tess : elle l'attend, l'attend encore mais son passé revient vers elle, comme une vague lui rappelant sa destinée. Quand Angel comprend la réalité des choses et qu'il sait que le passé ne vaut rien, il est trop tard. C'est un personnage sympathique mais voir souffrir Tess tout au long de leur séparation nous pousse à être satisfaits de savoir qu'il va souffrir sur une plus longue durée qu'elle...

Ce roman peint à merveille la société de cette époque, la différence entre le petit peuple, les bourgeois et les gens de castes élevées, les difficultés de vivre une vie respectable alors que rien n'est fait pour... Tess est l'incarnation de la personne innocente qui, uniquement à cause de l'acte immonde d'un homme, se retrouve prise dans un tourbillon de malheurs alors qu'elle n'est pas responsable. Ou alors si : elle est responsable d'être née avec une physionomie agréable. Les descriptions sont intenses, autant dans les paysages que dans les ressentis des personnages. Le style de Thomas Hardy est fluide, très agréable, accrocheur. Il a su écrire l'histoire d'une femme victime de son rang et de son sexe alors qu'il était lui-même un homme dans un monde où la femme n'était pas estimée à sa juste valeur. Dans ce tour là, il a sur se placer en maître, il a su montrer les inégalités entre les deux sexes comme lorsqu'Angel n'accepte pas l'impureté de Tess alors qu'il a lui-même succombé à la tentation. Je suis réellement convaincue par cet auteur et c'est une lecture dont je me souviendrai longtemps et si je sens qu'elle s'effrite dans mon esprit, je m'empresserai de rouvrir mon bouquin pour m'imprégner à nouveau de la beauté de cette histoire...

Tragiquement agréable !