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Rambalh, c'est un pot pourri sur la littérature, un blog pour partager mes coups de coeur et de gueule. Rambalh signifie Bordel en Occitan et c'est un peu le cas de ce blog : de tout et surtout tout moi. Le bordel de mes goûts, de ma vie livresque, toujours en lien avec Accros & Mordus de Lecture.

samedi 21 juin 2014

La bête de Catherine Hermary-Vieille

J'ai encore du retard chronique mais je me rattrape ! Bientôt, je serai à jour et ce sera merveilleux !



Quatrième de Couverture
Dans notre mémoire collective, le Gévaudan demeure le terrain de chasse d'un monstre sanguinaire. Une créature diabolique, qui échappa aux dragons et aux louvetiers de Louis XV. Et nos questions demeurent aujourd'hui encore sans réponse : s'agissait-il d'un loup dote d'une intelligence supérieure ? Ou bien d'un homme retombe dans la sauvagerie ? Avec ce roman envoutant, Catherine Hermary-Vieille apporte une explication iconoclaste et en même temps très enthousiasmante. Dans une chronologie tout a fait véridique, elle introduit un personnage terrifiant : Antoine Chastel, un jeune forestier, qui fuit sa Lozère natale pour s'embarquer a Marseille, avant d'être réduit en esclavage par les pirates barbaresques. Captif a Alger, il parvient a s'évader et a regagner son pays, entre Aubrac et Margeride. Mais il ne revient pas seul... Une plongée vertigineuse jusqu'aux racines du mal et de la folie meurtrière.

Mon avis
La bête est un roman qui m’a tout de suite fait envie : j’aime beaucoup l’histoire si mystérieuse de la bête du Gévaudan et je ne pouvais que me ruer sur cette lecture. Le résultat n’est pas ce à quoi je m’attendais et ce pour deux raisons principales.

On suit l’évolution de l’homme qui, dans cette fiction, devient l’auteur des horribles meurtres commis à l’époque. Ce n’est pas lui qui déchire, dévore les victimes mais c’est lui qui commande la bête, sa précieuse bête, compagne et amie. On entre dans sa tête, on suit l’évolution de sa folie qui, présente dès son plus jeune âge, croit et se magnifie au fil de ses épreuves. Et cet aspect du livre m’a beaucoup plus : on plonge dans la tête de ce tueur, on comprend peu à peu son fonctionnement et on finit par presque s’attacher à lui, ce monstre ignoble. L’auteur a su décrire avec brio les pensées, les pulsions morbides de son personnage et c’est un excellent point. Je ne m’attendais pas à vivre l’histoire avec le point de vue du tueur et ça a été une très bonne surprise.

Seulement, l’histoire de fond n’est pas originale. J’ai eu l’impression de revivre Le pacte des loups avec l’usage de la bête exotiques, de l’homme qui, après un voyage à l’étranger, revient avec son animal. Je ne m’attendais pas à une copie du film et j’ai été déçue de cette impression de manque d’originalité. Je voulais vivre autre chose, plonger dans une fiction différente concerne l’histoire de la bête du Gévaudan et j’ai eu beaucoup de mal à accepter de lire une histoire semblable à celle que je connaissais déjà. C’est le second point qui fait que je me suis retrouvé plongée dans une lecture à laquelle je ne m’attendais pas.

Au-delà de ces deux points, l’histoire est bien menée, l’écriture agréable et le rythme assez intéressant. Le roman est court et pourtant intense mais aussi riche en événements. J’ai été surprise de constater que, finalement, l’action concernant les crimes de la bête du Gévaudan soit moins dense en nombre de pages que le reste mais cette surprise n’est pas mauvaise, au contraire. Quand on suit la logique de l’auteur, on comprend que le but est réellement d’entrer dans les rouages de la création d’un monstre, monstre qui n’est pas La bête à poils mais bien l’Homme, cet homme qui dresse son animal à tuer. Le héros est un amoureux de la nature, l’ami des bêtes. Seulement, malgré tous ses efforts, conscients ou non, pour vivre en harmonie avec les animaux qu’il aime par-dessus tout, il reste un homme contrairement aux apparences. Il vit au milieu des bêtes, les comprend, les aime mais sa cruauté est purement humaine. Il veut tuer. Il a besoin de tuer, de voir le sang, de sentir la chaleur quitter le corps de ses victimes et ça, c’est purement humain. Les animaux tuent pour se nourrir, par instinct. Lui, il tue parce qu’il est un homme, un homme fou, mais surtout un homme. Ce que je retiens de ce livre c’est vraiment cette mise en évidence de la différence entre les hommes et les animaux. Le héros de ce roman, vu comme un animal sauvage par ses comparses, est peut-être finalement le meilleur exemple de ce qui fait la différence entre l’homme et la bête.

Malgré le gros bémol concernant l’histoire trop similaire au film Le pacte des loups, cette lecture a été agréable. L’histoire ne m’a pas transcendée mais la forme a su me séduire. Ce n’est pas une lecture marquante, j’aurai sûrement oublié la moitié de ce que j’ai lu sous peu mais je ne peux que la conseiller : la lecture est rapide et intense, ce qui permet de prendre du plaisir sans problème.

vendredi 13 juin 2014

Meurs bien, à jamais... de Melissa Marr

Ce que j’aime avec les livres d’occasion, c’est le fait d’acheter sans trop se prendre la tête. Là où je vais être plus ou moins raisonnable avec des livres neufs, je suis plus téméraire avec des livres à petit prix et c’est dans ces moments-là que je fais de chouettes découvertes comme avec Meurs bien, à jamais… de Melissa Marr que je ne connaissais pas avant.



Quatrième de Couverture
Rebekkah Barrow n'a jamais oublié l'étrange rituel fait par sa grand-mère lorsque quelqu'un mourait. Quelques gouttes tirées d'un flacon d'argent et ces mots murmurés à l'oreille des défunts: "Dors bien et reste là où je t'ai mis, à jamais."
Après la mort de sa grand-mère, Rebekkah revient sur les lieux de son adolescence. Une plongée dans le passé qui lui fait aussi retrouver l'homme qu'elle aimait, dix ans plus tôt.
La jeune femme découvre que le décès de sa grand-mère n'a rien de naturel. Et que l'étonnant rituel pour les morts possède un réel pouvoir. Car dans la petite ville, les mondes des vivants et des défunts sont dangereusement connectés. Au point que les morts peuvent se relever de leurs tombes...

Mon avis
L’histoire se déroule dans une petite communauté bien étrange où Rebekkah, notre héroïne, semble vite étouffer. Mais peut-être moins qu’ailleurs puisque c’est une femme qui a la  bougeotte, qui ne pose ses valises jamais bien longtemps au même endroit et qui, pourtant, reviens toujours dans la maison de sa grand-mère par alliance, cette maison où elle se sent chez elle. Dès les premières pages, on sent que ce lieu est étrange mais, plus encore, que Rebekkah y est liée bien plus que par son attachement sentimental à sa grand-mère. L’intrigue est plutôt bien ficelée et, surtout, originale. Je me suis complètement plongée dans les mystères de cette communauté et j’ai apprécié le cadre du début à la fin. Ce lien entre le monde des vivants et le royaume des morts, dont l’explication nous est peu à peu transmise, m’a beaucoup plu.

Les personnages ne sont pas tellement attachants, j’ai d’ailleurs pris plus de plaisir à suivre l’intrigue globale que le cheminement de Rebekkah et ses compagnons. Cependant, ce détail n’a en rien gâché ma lecture et c’est, pour moi, ce qui a fait la force du livre. Je n’ai pas eu besoin de me lier aux protagonistes pour apprécier ma lecture. Rebekkah est l’héroïne typique des romans d’aujourd’hui : elle ne veut pas s’attacher, a une histoire familiale chaotique et veut conserver à tout prix son indépendance fictive. Il en va de même pour Byron, son compagnon de voyage qui, lui, est amoureux d’elle et ne sait pas comment faire pour la garder à ses côtés et blablabla… Rien de nouveau sous le soleil mais qu’importe, le reste m’a permis de passer outre ce manque de renouveau.

Le style de l’auteur est agréable, je n’ai eu à aucun moment envie de lever les yeux au ciel comme cela m’arrive régulièrement ces derniers temps. Pas d’enrobage superflu pour montrer à quel point on maîtrise l’art du dictionnaire des synonymes improbables, pas de phrases lourdes et dénuées de sens… Juste une écriture simple et très agréable, qui a su m’emporter dans l’univers de l’auteur.

Cette lecture n’est pas réellement marquante mais elle a le mérite de m’avoir fait passer un bon moment et c’est tout ce que je demande à un livre quand je n’ai pas d’attente précise. Je ne peux que le conseiller à ceux qui veulent passer un moment agréable sans avoir à se prendre la tête.

Les Anges de l'Ombre de Malaïka Macumi

Depuis que j’ai commencé à prendre des partenariats sur A&M, j’ai découvert un tout nouvel aspect du monde de l’édition mais surtout de la littérature française. Désormais, je me fais un devoir (mais surtout un plaisir) d’acheter les livres des petits maisons d’édition que j’apprends à connaître via A&M et c’est ainsi que je me suis procuré Les Anges de l’Ombre de Malaïka Macumi, recueil de nouvelles paru aux Editions du Petit Caveau.



Quatrième de Couverture
Seriez-vous prêts à chatter sur le Net avec un …vampire ? À acheter un cercueil sur un site d’occasions ? Ou bien à goûter une délicieuse soupe préparée par un mort-vivant aux talents culinaires quelque peu inquiétants ?
Succombez à la mystérieuse musique d’un vampire mélomane, le long des falaises battues par les vents et les ténèbres, ou entrez dans les noires pensées d’une goule épuisée par sa propre résurrection… Mais surtout, méfiez-vous des corbeaux aux yeux luisants et des charrettes aux roues geignantes !

Ce sont là quelques-uns des terribles voyages que vous propose ce recueil : treize histoires de vampires mariant effrontément l’horreur absolue à la poésie la plus décadente. Treize nouvelles gothiques au style puissant et macabre, dont les images fortes ne vous laisseront pas indemnes…

Malaïka Macumi nous offre son premier recueil de nouvelles, réunissant des oeuvres inédites ainsi que quelques récits déjà publiés.

Mon avis
Mon avis sur ce recueil est plutôt mitigé. L’auteur a une très belle plume, son style s’adapte d’ailleurs très bien aux différents tons qu’elle veut donner à ses nouvelles mais cela n’a pas suffi à complètement m’entrainer dans son univers. J’ai passé un très bon moment lecture mais qui, malheureusement, ne restera pas inoubliable.

Les nouvelles sont très variées. Elles ne se ressemblent pas, que ce soit dans la forme ou dans le fond. Malaïka Macumi possède un réel talent d’adaptation, talent qui me semble de plus en plus rare de nos jours : nombreux sont les auteurs qui se cantonnent à un seul aspect, un seul style alors qu’ici, c’est tout le contraire. J’ai réellement apprécié ces changements même si je n’ai pas forcément accroché à tous. J’ai eu tout juste le temps de m’adapter au style d’une nouvelle pour qu’ensuite, pouf, celui-ci change avec la nouvelle suivante. Déstabilisant mais grisant !

En ce qui concerne le fond, les personnages dépeint par l’auteur sont eux aussi différents les uns des autres même si, au fond, ils se retrouvent tous liés par les aventures que leur a fait vivre l’auteur. On retrouve le rapport au monstre, à la bête, que ce soit chez le voisin ou directement en nous. On plonge dans des histoires sombres, d’autres plus douces mais sans jamais tomber dans l’ennui.

Les fans du genre apprécieront sans peine l’univers, ou plutôt les différents univers proposés par Malaïka Macumi. Un moment agréable même s’il ne restera pas remarquable pour moi.

Vampires d'une nuit de printemps de Lia Vilorë

Vous n'êtes pas sans savoir que je suis un boulet de premier choix ! Nouvelle preuve : j'ai chroniqué Vampires d'une nuit de printemps pour un partenariat A&M il y a bien longtemps et je viens de me rendre compte que je n'avais même pas transféré ma chronique ici ! Mieux vaut tard que jamais. Merci à Lolly et Michiko pour la correction !



Quatrième de Couverture
Cher journal,

Désormais, mon nom est Fáil, Lía Fáil, et je suis un vampire.
Sans déconner ?
Punaise de pouvoir idiot, et tu réponds à l’écrit en prime !
Ben, depuis le temps, je sais que tu ne sais pas t’empêcher d’écrire tes tracas alors…
Ouais… pas faux…
Alors, vas-y, raconte…
En décembre dernier, je suis devenue un vrai vampire du genre « Kit complet sans les petits inconvénients ». Avec le sexy garde-du-corps écossais en prime.
Tu vas en faire des envieuses !
Ouais… surtout qu’à l’heure qu’il est, c’est le seul à ne pas vouloir ma tête pour un crime que je n’ai pas commis !
Qui est ?
Toute ma nouvelle famille m’accuse d’avoir assassiné notre Maître, celui qui m’a créée. Mais je te jure : j’ai rien fait !
Ça me rappelle quelque chose…
M’en parle pas !

Bourré de références cinématographiques, de traits d’humour et de rebondissements, l’auteur nous propose de suivre les pas de son héroïne, Lia Fáil, dans une enquête qui lui permet de vivre maintes péripéties. un récit moderne et original, teinté d’humour pour le moins mordant!

Mon avis
Vampires d’une nuit de printemps ou comment se réapproprier la littérature vampirique avec un roman qui casse le mythe.

Lia Fáil, notre héroïne, frôle la mort puis est sauvée par un vampire, un vrai, qui la transforme pour la maintenir en "vie". Pour ses proches, elle est bel et bien morte, mais une toute nouvelle vie commence pour elle, avec sa nouvelle famille, au sein d’un « Covent » de vampires. Cette demoiselle dont la vie s’effondrait avant son accident ne perçoit pas sa nouvelle condition de vampire comme la seconde chance promise : tous se méfient d’elle et beaucoup sont persuadés qu’elle va apporter le malheur sur le « Covent ». Et ce malheur dont on va la juger coupable n'est autre que la mort de leur Maître, mort dont elle n’est pas responsable et qui lui rappelle ironiquement l’affaire qui avait détruit sa vie humaine…

Ce roman, comme tant d’autres, se déroule au sein d’un groupe de vampires avec ses règles, sa hiérarchie, ses caractéristiques. Seulement, Vampires d’une nuit de printemps possède quelque chose de différent, un petit plus novateur qui fait que je n’ai pas eu l’impression de lire un énième roman traitant des suceurs de sang.  Ici, pas d’ambiance sombre ou grave au premier plan : toute l’originalité du livre tient dans la façon qu'a l'auteur de traiter l’univers vampirique. Les bases communes à la bit-lit sont réunies, mais la narration tranche avec ce que j’ai pu lire auparavant : l’héroïne est notre guide dans cette histoire et sa vision des événements rend l’ambiance plus guillerette (ou presque) qu’autre chose. Adieu descriptions obscures et funestes ! Évidemment, il est possible que les lecteurs trop attachés au style gothique aient du mal à accrocher à cette nouvelle vision offerte par l’auteur mais, personnellement, j’ai trouvé cela plutôt agréable. J’aime être surprise et me laisser guider hors des sentiers battus.

Lia Fáil est donc le moyen employé par Lia Vilorë pour obtenir ce résultat différent : cette héroïne a une vision bien étrange de son nouveau monde et c’est à cette vision que l’on s’accroche du début à la fin du roman. Lia Fáil est agaçante, parfois immature, complètement à côté de la plaque, perplexe, drôle, dotée d’un caractère à la limite du supportable… Et ce sont tous ces traits de caractère qui permettent d’obtenir une vision originale de l’histoire. Lia Fáil a la vilaine manie de tout tourner en dérision, surtout lorsqu’elle commence à perdre pied, et c’est cette façon de faire de l’humour sur tout et n’importe quoi qui offre au lecteur du changement. En effet, les héros sont en général plutôt graves, dotés d’une mission ô combien dangereuse et noble ; ils sont l’incarnation parfaite du personnage maudit… Et bien Lia Fáil est tout sauf modelée selon cet archétype : imparfaite, insupportable, vilain petit canard… Une héroïne que l’on ne supporterait sûrement pas au quotidien, mais qui permet de lire une aventure très rafraichissante !
Je dois l’avouer, j’ai eu du mal à supporter les traits d’humour du personnage jusqu’au bout. Cependant, il faut faire la différence entre l’humour agaçant d’un personnage et l’humour agaçant d’un livre : ici, c’est bien le personnage qui joue avec notre patience et non pas l’histoire. J’ai donc apprécié, étrangement, le fait d'avoir envie de tordre le cou de Lia Fáil plus d’une fois pour qu’elle se taise enfin : est-ce que cela ne signifie pas que c’est un personnage des plus réalistes ? Pour moi, si. Certains trouveront sûrement que le réalisme perd de son éclat au moment où la jeune vampire fait encore de l’humour alors qu’une personne normalement constituée se tairait enfin : ces lecteurs-là ont alors la chance de ne pas avoir à côtoyer des personnes comme notre héroïne, qui continuent inlassablement de faire des blagues.
Au-delà de Lia Fáil, de nombreux autres personnages interviennent, mais ils sont moins approfondis. Là aussi, c’est encore dû à notre protagoniste : elle ne connait pas sa nouvelle « famille » et, surtout, se laisse guider uniquement par ses premières impressions. Tant que Lia Fáil ne cherche pas à connaître ses camarades, nous ne savons rien de bien concret à leur sujet.

La quatrième de couverture est trompeuse : on s’attend à un roman où le meurtre du Maître prend toute la place alors qu’en réalité le livre se découpe en deux parties distinctes. La première traite de l’intégration de Lia Fáil dans le monde des vampires et la seconde, elle, nous offre l’enquête qui va de paire avec la mort du Maître. Cette organisation de l’histoire rend l’enquête trop rapide et si on choisit de lire ce roman parce que l'on est attiré par l’histoire de meurtre, je pense que l’on ne peut qu’être déçu. Pour ma part, c’est la promesse d’un livre traitant le vampirisme avec humour plutôt que de manière obscure qui m’a attirée : j’ai trouvé ce que j’attendais de cette lecture dans les pages de ce roman.

L’écriture fluide et tout sauf alambiquée de Lia Vilorë m’a permis de passer un bon moment en compagnie de ses personnages. Vampires d’une nuit de printemps est un one shot bien maîtrisé selon moi : les détails nécessaires à la compréhension de l’histoire sont présents, il n’y a pas de superflu. Lia Vilorë a su construire son ouvrage de façon adéquate et capter mon attention.

Je remercie les Editions du Petit Caveau et le forum Accros & Mordus de Lecture pour cette sympathique découverte. Comme à chacune de mes lectures, cette maison d’édition me permet de renouer avec les histoires de vampires !

vendredi 14 mars 2014

Défis A&M : PAL j'aurai ta peau !

Ce weekend, je me lance dans les défis lectures avec le tout premier Défi A&M ! De quoi en profiter pour lire en se fixant des objectifs (les tenir serait bien aussi) !



Ce sera donc un défi PAL et fichtre ce que j'en ai besoin ! J'achète plus de livres que je n'en dévore et le problème commence à être conséquent (mes parents me trouvent envahissantes quand je ramène chez eux mes livres lus pour les empiler dans ma chambre, sur des piles déjà existantes et bancales).

Le principe est donc très simple : s'engager à lire au moins un livre au choix de sa PAL avant la fin du weekend, soit dimanche soir. La coupe du monde de roller derby hommes étant retransmise en direct sur le net, je préfère me concentrer sur la lecture d'un livre : je vais passer beaucoup de temps à stresser devant mon écran en regardant nos chers joueurs français.



Le livre choisi donc : Vampires d'une nuit de printemps de Lia Vilorë, livre issu d'un partenariat A&M que nous avions proposé en tour de lecture. Comme on me l'a remis à la fin du tour, je me dois de le lire et ce weekend sera parfait pour ça !

Des rendez-vous chatbox sont prévus sur le forum pour discuter de l'évolution de ce défi et ça commence ce soir ! Rendez-vous dimanche pour savoir si j'ai réussi ce défi ou si je me suis vautrée (et les résultats de la coupe du monde se glisseront sûrement dans mon post de conclusion) !

jeudi 13 mars 2014

L'Empereur, Tome 1 : Le Roi de Liane Silwen

Voici ma chronique du premier tome de L'Empereur découvert via un partenariat A&M fait avec l'auteur. Merci à Lolly pour cette correction !



Quatrième de Couverture
On raconte souvent des aventures qui forgent les héros. Pour Enjan, c'est différent : il n'a pas le choix, il est déjà le héros, la Lumière tant attendue qui doit sauver Nadane ! A l’âge de dix-sept ans, il monte sur le trône et représente le dernier espoir de la population de Codée pour retrouver une vie paisible. Car depuis les Grandes Guerres, les relations entre les peuples sont fragiles, les tensions politiques palpables, des bandits infestent les terres et les conflits internes minent les gouvernements... Comment se comportera-t-il face à la tâche qui l'attend ? Saura-t-il survivre à son devoir ? Au cœur des intrigues, en qui placer sa confiance ? Face à cette situation délicate, Enjan compte sur l’appui de ses amis et de conseillers peu ordinaires afin de régler les choses à sa manière, par des méthodes qui surprendront autant ses ennemis que ses alliés. Le Roi est le premier tome des aventures d’Enjan, au fur et à mesure desquelles il découvre que la vie d’un souverain n’est pas de tout repos et que la tâche qui l’attend est plus dangereuse que prévue.

Mon avis
Le premier tome de L’Empereur porte bien son nom : Le Roi. C’est ainsi que commence cette saga, par le façonnement d’un chef d'État, Enjan qui, dès sa naissance porte en lui l’espoir de tout un peuple. Il grandit avec ce poids sur les épaules, avec cette étrange prophétie qui raconte qu’il est La Lumière. Enjan accepte le rôle qu’on lui impose dès son premier cri et, lorsque son père meurt, il prend le titre de roi. Un jeune roi de dix-sept ans succédant à des souverains qui n’ont pas su tenir la tête du pays hors de l’eau, qui n’ont pu que laisser le fossé se creuser entre le peuple et les hautes sphères de la cour. Enjan, lui, a été éduqué par des personnes qui espèrent que les choses vont changer et il est bien déterminé à suivre la voie qu’on lui a tracée malgré ses doutes et son inexpérience.

L’Empereur est une saga prometteuse, façonnée par les intrigues politiques qui régentent un royaume. Mais c’est, dans un premier temps, un univers inédit qui est décrit avec précision dès les premières pages. Ce n’est pas simple de tout assimiler, mais l’auteur a fait un choix qui s’avère efficace : si cela peut être laborieux de commencer avec de nombreuses explications et nouvelles notions, Liane Silwen réussit à nous embarquer dans ce milieu qui nous est inconnu. Je regrette d’ailleurs que la longue explication sur la création des mondes ne soit pas réutilisée au cours du tome ; cela laisse une impression de bases qui restent à exploiter. Mais rien n’est terminé et la suite nous apportera sûrement quelques informations supplémentaires.

Les mécanismes politiques détaillés tout au long du tome ont su titiller mon intérêt : j’ai apprécié le fait d'avoir droit à un héros qui, pour une fois, a d’autres obligations que de devoir triompher, tel un guerrier trop-beau-trop-fort dans une bataille. Ici, le jeune roi doit se frayer un chemin jusqu’au respect de son peuple, un chemin parsemé d’embûches, de traîtres et de gens dont l’esprit est aussi ouvert qu’une ville en état de siège. Enjan est le symbole du changement et il l’assume en innovant dès le jour de son couronnement. Certains n’apprécieront pas de voir autant de stratagèmes mais, pour les amateurs, c’est un régal. Rien n’est laissé au hasard, Enjan ne peut mériter sa place qu’en portant le titre de roi. Il doit s’imposer, lui à qui on offre un royaume en perdition.

Ce roi, justement, est un personnage qui, ayant tout apprendre, nous permet de suivre son évolution de A à Z et l’on commence avec sa naissance. L'auteur nous laisse découvrir quelques pans de son enfance qui nous permettent de nous familiariser avec lui avant de réellement nous plonger dans son histoire dès son couronnement. C’est un personnage qui se découvre en même temps que l’on apprend à le connaître, qui commence son évolution sous nos yeux et qui est creusé au fil des pages. Les oppositions entre le jeune âge d'Enjan et la sagesse que l'on attend de lui fait, entre son manque flagrant d'expérience et les décisions qui doivent être prises en prenant en compte les événements passés, font qu'on s'attache au personnage qui est poussé à grandir trop vite. Le héros nous touche par sa maturité forcée, par les trop lourdes responsabilités qu’il acquiert trop vite. Il hésite, toujours, et se force à ne pas le montrer. La narration nous permet de voir le contraste entre le combat intérieur qu’il mène et le masque qu’il tente de revêtir face à ses sujets : cela le rend plus humain, le met à notre portée.

Les autres personnages du livre sont eux aussi peu à peu développés : ses amis proches évoluent avec lui, mais aussi de leur côté, en cherchant leur place, en acceptant à leur tour leurs propres responsabilités. Seiren et Khalan ne sont encore qu'esquissés, mais leur parcours, dévoilé peu à peu, nous promet deux personnages d’importance pour la suite de cette saga. Enfin, il y a Wen, être énigmatique, au-dessus des autres de par sa nature d’elfe, mais aussi de par sa longue vie. On n’en sait que peu sur elle, mais il est certain que les tomes à venir nous permettront d’en savoir davantage à son sujet. Pour l’instant, on ne s’y attache pas ; on doute sans cesse d’elle, tout comme Enjan, et c’est frustrant de se poser des questions, de chercher à comprendre. On est certain que ses intentions sont bonnes, mais il reste ce doute infime, cette part de doutes qu’Enjan nous communique et qui nous donne envie d’en savoir toujours plus.

Cette saga commence bien : les personnages sont intéressants, l’intrigue pique notre intérêt et l’univers développé nous happe sans trop de difficultés. L’écriture est fluide, les mots de l’auteur sont bien choisis et permettent de ne pas avoir à réfléchir trop longtemps pour comprendre où elle veut en venir. Seulement, il y a des détails qui montrent qu’une amélioration est à attendre. J’ai pris du plaisir à lire ce livre, mais il n’est pas parfait. L’auteur veut montrer que son héros doute et, parfois, cela manque de naturel ; cette mesure qui permet aux émotions des personnages de couler de source fait défaut au livre. Certains doutes sont exagérés ; j'ai ressenti cela comme une petite maladresse dans l’envie de faire ressentir certains aspects au lecteur. Ce n’est heureusement rien qui gêne la lecture, et je pense sincèrement que l’auteur saura rectifier le tir dans ses prochains tomes en prenant plus d’aisance avec ses personnages ainsi que son univers.
Quelques maladresses dans certains choix d’écriture à mon sens, mais qui ne portent pas préjudice à la qualité de l’ouvrage.

Le choix des attributs d'un des personnages m'a tout de même dérangée : le sang d’un ange qui permet de guérir n’importe quel poison m’a paru être une chose bien trop facile pour la suite. L’épisode de l’infirmerie m’a, du coup paru, se dérouler comme une promenade de santé alors que ce n’est en réalité pas le cas. Bien que je comprenne parfaitement ce qu’a voulu transmettre l’auteur avec ce passage, cela n’a pas fonctionné avec moi et j’en suis un peu déçue. J’aurais aimé avoir plus de difficultés, que cela ne me paraisse pas trop facile. C’est un ressenti réellement personnel ; je suis sûrement trop friande d’épreuves difficiles à surmonter et je n’ai pas eu la dose de complications promise.

Liane Silwen nous offre les débuts d’une saga qui ne peut que prendre son envol et nous surprendre par la suite. Les bases posées sont prometteuses, les maladresses peuvent être rectifiées sans problème et le plaisir procuré par la lecture suffit à gommer ce qui peut déranger une fois le livre refermé. J’ai apprécié ma lecture et je compte bien ne pas m’arrêter là ; j’espère simplement ne pas placer la barre trop haut pour la suite en attendant une amélioration dans les aspects qui m’ont dérangée, mais je ne m’inquiète pas trop. L’auteur a réussi à m’entraîner dans son univers dès les première pages. C’est toujours rafraichissant et agréable de suivre les aventures de personnages imparfaits, qui apprennent de leurs erreurs et ne sont pas sans peur et sans reproche. Rien que pour cela, je suis conquise.

Merci à Liane Silwen de m’avoir permis de découvrir sa plume et sa création à travers le forum. Je ne regrette pas le temps passé à tourner les pages du premier tome de L’Empereur.

mercredi 12 mars 2014

Swap Marque-Page A&M



J'ai participé au tout nouveau swap A&M et j'ai reçu mes petits marque-pages aujourd'hui ! Enorah avait accepté d'être ma swappée et je ne regrette pas de l'avoir harcelée pour qu'elle fasse ce petit échange avec moi !

Pour la petite histoire, le principe était simple : s'inscrire au swap et s'échanger au moins un marque-page. Avec Enorah, nous étions parties sur une base de quatre marque-pages (évidemment, cette mécréante a rajouté des petites choses dans son paquet une fois que j'ai eu refermé le mien). Une de mes colocataires participe également à ce swap et avec notre troisième colocataire (oui ça fait beaucoup de choses à retenir pour la compréhension), nous avons passons notre samedi après-midi à confectionner de petits MP.


Il faisait beau, il faisait chaud !


Bref, aujourd'hui, j'ai reçu mon beau paquet et, comme à chaque fois, j'étais aussi excitée qu'une gosse le jour de Noël face à une montagne de cadeaux sous le sapin.



Le résultat est juste magique ! J'ai eu cinq marque-pages, des bonbons, une jolie carte faite main et surtout, des petits mots rigolos sur chaque emballage (parce qu'Enorah, elle a absolument tenu à tout emballer).

Enorah, elle est trop forte. Elle a su me faire rire, illuminer ma journée et m'offrir de quoi rendre mes lectures plus chouettes encore ! Je commençais tout juste à réellement la connaître et plus je parle avec elle, plus je l'apprécie. J'suis bien contente d'avoir encore une fois trouvé quelqu'un comme elle sur le forum ! Puis, synchronisation parfaite : elle a elle aussi reçu mon paquet aujourd'hui ! Nous étions faites pour être ensemble lors de ce swap (clin d'oeil à Lolly d'amour).

Merci Enorah ♥

L'Ouroboros d'Argent d'Ophélie Bruneau

Une petite pépite des Editions du Chat Noir découverte via un partenariat A&M. Merci à Michiko pour cette correction !



Quatrième de Couverture
Axel est généreux. Axel est amoureux. Axel est trop gentil. Aujourd'hui, il doit traverser la France pour acheminer un héritage. Célia est fière. Célia est implacable. Célia est un loup-garou. Aujourd'hui, secondée par deux jeunes de sa meute, elle doit retrouver l'objet responsable d'une vieille malédiction.

À la croisée des chemins, le piège se referme dans le Massif Central. Prête à tout pour mener à bien sa mission, Célia n'hésitera pas à détruire la vie d'Axel s'il le faut. Le jeune homme a de la résistance à revendre et des amis prêts à l'aider. Pourtant, cette fois, il pourrait bien finir broyé au nom de l'Ouroboros d'argent.

L'artefact vaut-il seulement tous ces sacrifices ?

Mon avis
L’Ouroboros d’Argent d’Ophélie Bruneau est un roman de bit-lit qui se lit sans prise de tête et qui, pourtant, se savoure. A la mort d’un loup-garou qui n’a jamais fait l’unanimité au sein de son espèce, les représentants de deux clans se lancent à la poursuite d’un objet qui lui appartenait, un objet important aux yeux de Célia, amenée à devenir la dominante du clan de Dijon. En effet, l’histoire de son grand-père a été marquée par l’ouroboros. Ce dernier est un objet que doit retrouver Axel, envoyé par la meute de Nantes, s’il veut pouvoir sortir du traquenard dans lequel il est tombé : Célia est persuadée que l'ouroboros fait partie de l'héritage promis au dominant de Nantes.
Les événements s’enchaînent alors à une vitesse folle, les personnages mêlés à l’affaire se retrouvent pris dans une spirale où l’on se laisse entraîner avec eux. Pas de blanc ou de noir ici, juste des personnages avec leurs propres intérêts et aux méthodes complètement opposées mais surtout des personnages qui suivent les mêmes règles, celles des garous. Personne ne contacte la police : les humains n'ont pas à se mêler des affaires des garous, et personne ne cherche à échapper à son devoir : chacun accomplit ce que l'on attend de lui, quelles que soient les réticences qui pourraient se faire sentir.

Je ne suis pas une grande fan de bit-lit même si j’en lis et là, j’ai été conquise. Le mythe du loup-garou est revisité avec brio, Ophélie Bruneau a fait un choix risqué mais récompensé. J’ai complètement adhéré à sa vision des choses. L’histoire est courte mais haletante du début à la fin : une fin abrupte qui nous coupe littéralement dans notre élan et nous fait regretter de ne pas avoir plus. C’est toujours dans ces moments-là que je sais que j’ai aimé un livre : quand je veux plus, quand je veux une suite, retrouver les personnages, suivre une nouvelle fois leurs aventures !
Le monde des créatures magiques est revisité : on reste évidemment sur une base commune à tous les romans du genre avec des garous, des sorciers, des êtres féériques… Mais l’impression de renouveau reste présente du début à la fin du roman et c’est rafraîchissant. Je regrette d’ailleurs de ne pas avoir pu en savoir plus sur les petites fées qui se baladent, invisibles aux yeux de tous. C’est vil de ne donner que si peu !

Les personnages sont nombreux et ont tous une personnalité propre, bien développée pour un roman de cette taille. Axel, le chevalier en armure qui n’a rien demandé à personne et dont la vie bascule d’un seul coup, est le personnage qui ressemble le plus à un héros sans peur et sans reproche mais qui possède ses failles et qui lui aussi fait des erreurs aux conséquences dramatiques. Célia est l’incarnation du personnage mauvais et pourtant, elle n’est pas le stéréotype du personnage noir (avouons que souvent, dans les romans de bit-lit, le méchant est mauvais uniquement parce qu’il en faut un et que les raisons passent souvent à la trappe) et n’a pas des intentions moins nobles que d’autres. La garou est agaçante, ses méthodes sont tout sauf subtiles, ses réactions me semblaient un peu exagérées parfois pour paraître réalistes, mais Célia est développée et possède un réel caractère, pas simplement quelque chose de survolé pour feindre de donner le change. D’autres personnages apparaissent évidemment dans ce roman : Léonie, dont la spontanéité et la générosité ont su m’enchanter, Capucine dont la fragilité et la douceur m’ont touchée, Dérénik dont le comportement marginal semble si naturel que c’est un plaisir de voir qu’il existe encore des auteurs capables de faire preuve de cohérence, le fils du défunt qui, malgré sa nature humaine, fait tout pour aider les « camarades » de son père… Aucun personnage mêlé à l’action n’est bâclé, chacun a sa pierre à apporter à l’édifice, chacun possède son utilité propre. Un panache de personnalités qui offre un roman à la hauteur, voire plus : je ne pensais pas prendre autant de plaisir en lisant ce livre.

Evidemment, l’écriture y est aussi pour quelque chose. Les citations qui introduisent chaque chapitre peuvent paraître superflues et pourtant, j’ai à chaque fois pris le temps de les savourer. Certaines m’ont même complètement surprise : je ne m’attendais pas à retrouver La Rue Kétanou dans un roman de bit-lit par exemple. Me laisser surprendre par une simple citation n’a fait qu’ajouter une part de plaisir à ma lecture sans que je ne sache expliquer pourquoi et je ne chercherai pas à comprendre : à trop décortiquer les émotions, on finit par perdre le ressenti brut.
Le style de l’auteur n’est pas transcendant mais il colle parfaitement au roman : les mots sont justes et permettent de comprendre les émotions des personnages, de visualiser les décors, de plonger sans problème dans l’histoire. La spontanéité de Léonie a, par exemple, été très bien retranscrite à travers les dialogues et c’est une chose qui n’est pas aisée : son humour a atteint son but.

Il y a tant de choses à dire sur des détails de l’histoire, sur l’ouroboros et ce qu’il en advient à la fin, sur le dénouement de l’affaire, sur ce qu’il arrive aux personnages… Mais trop s’étaler reviendrait à dévoiler des clés du livre que je préfère garder pour ne pas gâcher la lecture de ceux qui se laisseraient tenter par cette aventure. Ce n’est pas un livre époustouflant, il ne révolutionnera pas le genre mais du moment qu’il se savoure, pourquoi s’embarrasser de longs discours ? J’ai aimé et cela me suffit amplement.

Je remercie les Editions du Chat Noir ainsi que le forum Accros & Mordus de Lecture pour cette découverte. J’espère secrètement pouvoir un jour passer de nouveaux bons moments avec les garous du roman, ou au moins de nouveaux personnages sortis de l’imagination d’Ophélie Bruneau.

mardi 4 mars 2014

Le Ballet des Âmes de Céline Guillaume

Tomber sur un livre de sa wishlist à un euro en bouquinerie, c’est toujours une surprise agréable ! Le Ballet des Âmes me faisait envie depuis si longtemps que mon jour de chance était venu !

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Quatrième de Couverture
Voilà une fresque pleine de souffle et d’émotion, en cette aube du XIIIème siècle, celui d’un parcours extraordinaire, celui d’Enora, une simple paysanne orpheline, qui depuis son enfance, porte le poids d’une terrible prophétie.
Comme des enluminures: la pourpre et l’acier des chevaliers, l’envoûtante et mystérieuse Bretagne des Légendes, le ferraillement des tournois et des guerres féodales… suivez ces destins enchevêtrés dont Enora tient les fils.

Mon avis
Depuis que ce livre est sorti, j’entends parler d’une écriture envoûtante, d’une histoire entrainante et d’une lecture inoubliable. Et c’est sûrement à cause de ces éloges que j’ai placé la barre trop haut et que je ressors un peu déçue de cette lecture.

Le Ballet des Âmes nous plonge dans l’histoire d’Enora, jeune orpheline exploitée, qui est dotée d’un destin hors du commun. Une rencontre mystique lui permet de se laisser entrainer par sa destinée et guider par les épreuves qu’elle se doit d’affronter pour accomplir ce que l’on attend d’elle. Trop jeune pour laisser ses questions l’arrêter, elle embrasse ce que la vie met sur sa route et accepte, non sans peine, les souffrances qui vont avec ce qu’elle est. Ce résumé est un peu ce que l’on nous promet au fil des pages, et il n’en est rien. Je n’ai pas réussi à entrer dans l’histoire, à m’approcher des personnages. Je me suis contentée de lire, espérant trouver le détail qui ferait que j’allais enfin plonger dans cette épopée exceptionnelle décrite et pourtant… Il ne s’est rien passé. Une mystérieuse prophétie qui n’aboutit pas, des mystères qui sont découverts bien avant le moment fatidique de la révélation, un contexte sous-développé, des personnages importants qui n’offrent finalement rien… C’est une déception. J’aime les histoires qui prennent leurs racines durant le Moyen-Âge et là, je n’ai eu aucun développement. Je suis friande de littérature celtique et j’attends toujours que l’on me donne ce qui fait que ce livre est classé dans la collection vagues celtiques. Je suis toujours attirée par les ouvrages qui aiment à écraser les dogmes imposés par le Vatican et j’ai été appâtée pour finalement rester sur ma faim. J’en attendais beaucoup à cause des bonnes chroniques que j’avais lues mais pas seulement : les premiers chapitres annoncent de grandes choses eux aussi mais il ne se passe rien.

Le vrai problème que j’ai eu avec ce livre est cette impression de rapidité. Des tas d’éléments sont laissés de côté, minimisés, ou considérés comme acquis sans réel approfondissement. Le développement de l’intrigue est bien trop superficiel et ne m’a à aucun moment permis d’accrocher à cette histoire qui avait pourtant tout pour me séduire. Les personnages ne sont pas creusés. Ils ont un rôle et s’en tiennent à ce rôle sans réelles explications, sans ces clés qui m’auraient permis d’y croire. Enora elle-même ne m’a pas intéressée une seconde : on ne sait pas qui elle est et pourtant, le livre est écrit selon son point de vue. Il est impossible pour moi de connaître un personnage si je n’ai accès qu’à ses réflexions concernant uniquement une histoire de prophétie. J’aurais eu besoin de savoir ce qu’il se passait dans sa tête lors de situations communes, lors de moment de joie, d’ennui, de légèreté. Cette façon d’aborder une histoire n’est pas une méthode qui me convient et j’en suis désolée parce que c’est une histoire où j’aurais réellement aimé pouvoir me perdre.

Au-delà du fond, la forme est exquise, ce qui a fait évidemment croitre ma frustration. La plume de Céline Guillaume est magique : ses mots sonnent justes, ses phrases sont d’une beauté surprenante. J’ai pris du plaisir à lire ses mots, à m’imprégner de son style, à déguster les images qu’elle accepte de partager avec ses lecteurs. Malheureusement, cela n’a pas été suffisant pour me permettre d’apprécier le fond. C’est cependant ce style qui me poussera à ne pas m’arrêter là. Je choisirai sûrement précautionneusement le prochain livre que je lirai de l’auteur pour ne pas me retrouver une nouvelle fois dans cette situation parce que j’en suis certaine, Céline Guillaume a bien plus à offrir que ce qu’elle a fait avec Le Ballet des Âmes. Son intrigue prouve qu’elle a des idées à développer et armée de cette plume enchanteresse, elle ne peut que réussir à me surprendre plus tard.

Certains aimeront sûrement cette histoire floue, ce monde à peine effleuré comme d’autres l’ont déjà aimé mais j’ai besoin de plus. Et j’espère que je trouverai ce petit plus dans d’autres de ses publications.

mardi 25 février 2014

Partenaire : Il était un livre

Depuis que ce blog existe, je n'ai eu qu'une seule partenaire. Seulement, j'ai découvert des tas d'autres univers, des tas d'autres lecteurs et surtout, j'ai appris à connaître Lolly.

Lolly c'est une fille extra, au grand coeur, qui a toujours été là pour partager des projets depuis qu'on se connait. Nos discussions livresques ont toujours été passionnantes, tout comme les conversations complètement différentes qu'on a pu avoir. Et depuis un bon moment déjà, on bosse ensemble sur Accros & Mordus et ça n'est que du bonheur. C'est une correctrice de choc, une chroniqueuse parfaite, une A&M que j'aime d'amour.

Evidemment, si je vous présente Lolly aujourd'hui, ce n'est pas uniquement parce que c'est une personne en or, c'est surtout parce qu'elle a accepté d'être ma partenaire avec son blog Il était un livre.

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J'avais déjà présenté don blog précédent, Les pouvoirs des mots, mais elle a depuis changé d'adresse. Il faut savoir que Lolly est polyglotte : français, anglais, allemand, espagnol... Elle change de langue sans difficulté et lit dans ces quatre langues. Elle avait au départ un blog par langue mais a finalement préféré combiner le tout de façon plus ergonomique (d'où les jolis petits drapeaux en haut de son blog). Et c'est ce qui est magnifique avec Lolly : on voyage à chacune de ses lectures. Elle nous fait découvrir de nouveaux horizons à travers ses chroniques (elle organise d'ailleurs un challenge Travelling the world in books avec sa partenaire Patty pour ceux que ça intéresse) et c'est à chaque fois un délice.

Vous l'aurez compris, Lolly, je l'aime. J'adore sa façon de chroniquer, j'apprécie son univers et j'admire tout ce qu'elle peut faire de son blog. Ce partenariat n'est pas un hasard : son blog vaut vraiment la peine ! N'hésitez pas et faites comme moi : laissez-vous happer par ses mots !

Lolly, c'est aussi une photographe de talent, une innovatrice, une fille douée dans les arts manuels mais ça, ce sera pour la prochaine fois !

Voyagez avec Lolly !

dimanche 23 février 2014

Lady Pirate de Mireille Calmel

Je viens de refermer le second et dernier tome de Lady Pirate de Mireille Calmel. Seconde saga de l’auteur que je lis et cela me conforte dans mon envie de continuer à découvrir son œuvre !

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Quatrième de Couverture
Tome 1 : Elle se prénomme Mary Jane. Dix-sept ans à peine et déjà un destin hors du commun : habillée en garçon depuis son plus jeune âge, maniant aussi bien le fleuret que l'alexandrin, elle a été élevée comme un lord, au nez et à la barbe de sa riche et puissante grand-mère. Mais en cette année 1696, il existe peu de place pour les histoires merveilleuses dans la capitale anglaise : devenue brusquement orpheline, elle-même menacée car détentrice d'un objet menant à un fabuleux trésor, l'intrépide Mary doit s'enfuir, direction Douvres. Après une escale chez une sulfureuse espionne, elle embarque à bord de La Perle, majestueuse frégate corsaire qui va déterminer le reste de sa vie...

Tome 2 : Vengeance ! Tel est le mot qui habite le cœur de Mary Read tandis qu'elle galope sur la route de Venise. Son mari, son grand amour, l'homme pour qui elle avait posé les armes, a été sauvagement assassiné et sa fille, la toute petite Ann, enlevée. Mais Mary est pirate, elle est combattante, elle ne se résigne pas devant le malheur. De nouveau vêtue en homme, la rage au ventre, elle se lance sur les traces de celle qui a brisé sa vie, la diabolique Emma de Mortefontaine. Elle n'a qu'une piste pour la retrouver : un marquis vénitien qui détiendrait des informations capitales sur le trésor convoité par Emma. Plus fougueuse que jamais, rendue plus forte par les épreuves, Mary entre donc dans la folie de Venise, ville de toutes les mascarades et de toutes les intrigues. Dorénavant, sa vie sera faite d'errance, de combats et d'abordages, sur toutes les mers du globe. Inlassablement elle cherche à retrouver sa fille, et à comprendre quel est ce trésor fabuleux qui déchaîne tant de passion...

Mon avis
Lady Pirate, c’est une saga que l’on ne peut résumer : trop de choses se produisent en deux tomes. Mais pour essayer d’en traduire la saveur, je peux vous dire que c’est l’histoire de Mary, née dans la misère, forcée de se faire passer pour un garçon dès son plus jeune âge et qui y prend goût. Mary est surprenante, exceptionnelle quelle que soit le masque qu’elle porte et tous s’en rendent compte à son contact. Ses qualités en font son destin chaotique : on l’aime ou on la déteste, mais si on l’aime, c’est à en crever. Ceux qui ont croisé sa route donnent leur vie pour elle ou veulent prendre la sienne. Il n’y a pas de demi-mesure. Et toutes les épreuves qu’elle traverse en plus de quarante ans sont toujours liées à ces personnes qu’elle croise ou a croisé. Lady Pirate, c’est l’histoire d’une femme qui court après sa liberté et que personne ne peut asservir.

Mireille Calmel a su une nouvelle fois m’entrainer dans son intrigue, avec encore une héroïne attachante et surtout époustouflante. J’ai adoré le premier tome, l’évolution de Mary. Le second tome m’a lui aussi beaucoup plu mais j’ai perdu un peu de mon entrain. L’auteur a choisi de suivre son héroïne sur une quarantaine d’années, ce que j’aime particulièrement dans les sagas en général, seulement, je me suis lassée de certaines répétitions dans les interrogations de Mary, dans la valse de ses prétendants qui allaient et venaient. Heureusement, cela n’a en rien entaché mon engouement pour l’histoire. J’ai adoré malgré cette sensation de lassitude et c’est là que Mireille Calmel est fabuleuse. A quinze pages de la fin du livre, je me suis sentie perdue : j’avais l’impression qu’il restait encore des tas d’étapes à franchir pour Mary alors, qu’au final, les quinze dernières pages étaient suffisantes. J’en ai été étonnée, un peu frustrée de ne pas avoir plus mais, finalement, ce choix était des plus judicieux et la conclusion superbe.

Les personnages sont tous fascinants. Même les plus petits personnages de l’histoire ont su capter mon attention, du plus petit des pions de la terrible Emma de Mortefontaine à des pirates de passage dans la vie de Mary comme Gave-Panse, tous m’ont conquise. J’ai retrouvé le même plaisir que j’avais eu en lisant Le bal des louves. C’est aussi ce qui fait la force des romans de Mireille Calmel : ses personnages, même s’ils n’apparaissent que le temps de quelques pages, sont creusés, ont une sorte d’âme propre qui fait qu’ils nous marquent. J’aime quand il n’y a pas uniquement le personnage principal de creusé. J’aime cette diversité, ces caractères différents, ces modes de vie qui se croisent, se mêlent. Le dépaysement assuré par ces personnages variés est délectable. Même si Mary est au cœur de l’histoire, même si c’est elle que l’on suit constamment dans les livres, elle n’est pas la seule à laisser son empreinte.

Et le dépaysement n’est pas dû qu’aux personnages : en quarante ans d’histoire, Mireille Calmel nous fait découvrir de nombreux pays, nous fait traverser des mers, un océan aussi ! C’est un long voyage haletant qui démarre lorsque l’on commence à parcourir les premières pages de la saga. Son style simple en apparence retranscrit à merveille les sensations, les décors, les odeurs… Mireille Calmel se lit avec aisance et c’est agréable. J’apprécie particulièrement le vocabulaire qu’elle utilise, les particularités de l’époque, les détails techniques. Je me suis plongée dans le monde marin sans difficulté malgré la dose d’informations qu’elle met dans ses lignes. J’ai apprécié chaque description sans m’en lasser. Et ses dialogues sont toujours aussi efficaces : ils sont vivants, chargés de caractère et si bien rythmés qu’à aucun moment, cela n’a sonné faux pour moi. Et pourtant, je suis de plus en plus difficile en matière de dialogues. Bref, cela n’est pas un mystère, j’apprécie énormément l’écriture de l’auteur et sa façon de distiller des termes qui ne sont pas courants en les rendant naturels à la lecture.

Je ne vais pas m’étaler plus parce qu’il est évident que je suis capable de chanter encore et encore les louanges de cette saga. Les répétitions qui m’ont laissées ne sont rien à côté de tout ce qu’offre l’œuvre de Mireille Calmel et, comme je l’avais déjà compris en refermant Le bal des louves, je vais poursuivre ma découverte de ses œuvres. Parce que Mireille Calmel, c’est le dosage parfait entre Histoire, Fiction et une touche de mystère comme je l’aime !

Le Blog du Moment : Entre deux pages


Après une longue pause dans la présentation de mes blogs coup de coeur, je reviens avec une récente découverte, le blog d'une petite A&M qui se fait appeler Enorah, Entre deux pages. Passionnée de cinéma et de lecture, on y retrouve ses avis ciné comme ses avis livresques et j'aime particulièrement son oeil critique. Je vous conseille vivement son blog !

Enjoy it !

mercredi 19 février 2014

Fées à la chaîne de Philippe H. Besancenet

Gros coup de ♥ aux Editions P'tit Golem via un partenariat A&M. Merci à lolly pour cette correction (encore et toujours ma petite lolly ♥).



Quatrième de Couverture
Lyse est di-fée-rente. Elle préfère les dragons aux licornes, rêve à des endroits sombres fuis par ses semblables et s’enthousiasme pour bien pire encore. Aussi quand elle reçoit une lettre de l’Ambassade l’invitant à rejoindre ses rangs, la surprise pour les siens est de taille. Car l’Ambassade se trouve dans l’autre monde, celui des hommes. Elle regroupe l’excellence du monde magique… Pourtant tout n’est pas rose (sa couleur préférée) pour Lyse. Celle-ci espérait retrouver Aryse dans la vénérable institution, mais sa sœur aînée a disparu.

Le mot de l'éditeur :
Fées à la chaîne, de Philippe H. Besancenet, s’adresse plus particulièrement à un public de jeunes adultes. Ce roman entraîne ses lecteurs dans une fantasy urbaine et féerique aux accents steampunk, où toute ressemblance avec notre propre monde serait très certainement voulue. L’humour de l’auteur vient graisser les rouages de son histoire pour parler de « fées à la Maude », de règlements « de compte de fées » et de licornes pétomanes

Mon avis
Fées à la chaîne, ou comment renverser la base d’un conte. Voilà la première chose qui me vient à l’esprit pour parler de ce livre.

Lyse est la seconde de trois sœurs fées. Elle est la sœur insouciante, naïve, parfois bête mais, surtout, elle est la sœur qui prend la vie comme elle vient. Et quand la vie l’entraîne au sein de l’Ambassade de son monde sur les terres des humains, elle en est heureuse. Elle se retrouve alors confrontée à une réalité qui est tout sauf réjouissante et son tempérament haut en couleurs détonne complètement dans le tableau qu’elle découvre. La jeune fée déchante vite quand tout semble vouloir faire taire sa jovialité et écraser sa curiosité mal placée.

Si l’histoire semble tout à fait légère en apparence, en réalité, il n’en est rien. L’auteur, à travers une héroïne naïve, nous fait découvrir le monde des humains de la façon la plus négative qu’il soit. Les hommes sont profondément mauvais, les créatures magiques ne les apprécient pas, mais travaillent avec eux pour maintenir des relations cordiales. Lyse, dont le caractère tranche complètement avec le monde qu’elle découvre, pourrait baisser les bras plus d’une fois, mais elle possède cette force, ce petit quelque chose d’optimiste qui fait qu’elle persiste. Et, à son contact, nombreux sont ceux qui commencent à voir la vie autrement. Elle apporte une touche de couleur (rose, s’il vous plaît) à ce monde si terne. Elle s’attire la sympathie des autres tout en générant, évidemment, de grandes inquiétudes chez le grand méchant de l’histoire (que je ne nommerai pas car il faut que vous lisiez ce livre).

Les personnages sont originaux, touchants, agaçants, drôles (surtout Lyse qui ne se fait pas prier pour sortir des énormités à la pelle), plus complexes que ce qu’annoncent les premières pages. Un vrai régal. Et l’univers décrit est tout simplement plaisant. L’Ambassade a tout ce qu’il y a de plus malsain, avec ses attractions pour humains en manquent d’occupations. De de quoi se demander ce que donnerait un Disneyland si nos personnages de contes de fées étaient réels, comment seraient son marché, ses règles. Et, malgré le portrait négatif que nous dresse l’auteur sur les êtres humains, il sait jouer de nuances en ne tombant pas dans l’uniformité : certains humains sortant du lot, comme certaines créatures magiques, sont différentes. L'originalité ou tout ce que j’aime dans un livre !

L’intrigue m’a agrippée et transportée du début à la fin, même si le dénouement m’a paru un poil trop complexe. Un trop plein d’informations en quelques lignes seulement m’a forcée à relire le passage une seconde fois pour tout bien saisir. Mais relire n’est pas un problème quand on accroche à l’histoire.

Ce livre est un coup de cœur, que ce soit pour son histoire, pour l’univers ou encore pour les personnages. Lyse est le genre d’héroïne que j’aimerais croiser plus souvent dans mes lectures, un petit bout de fée qui part avec de grands handicaps dans la vie et qui, pourtant, en fait des forces. Cette jeune fille qui ne se laisse pas démonter, non pas parce que c’est l’héroïne du livre, mais parce que c’est dans son caractère : elle est douce, naïve, voit le bien partout et, même si elle le paie souvent cher, ses actes sont toujours justifiés. C’est un vrai régal de trouver un personnage qui reste fidèle à lui-même du début à la fin.

Je ne peux que remercier les Éditions P’tit Golem de m’avoir permis de découvrir un auteur tel que Philippe Besancenet. Je suis conquise par son style et par son univers. Je suis amoureuse de ses personnages et, après avoir déjà lu un seconde conte de son cru, je ne compte pas m’arrêter là.

La Fée de la Mousse de Philippe H. Besancenet

Passons maintenant aux Editions P'tit Golem, découvertes avec ce conte épatant via A&M. Merci à lolly pour cette correction.



Quatrième de Couverture
Bienvenue au Royaume de Gwann ! Avec son monstre ravisseur de princesse, ses momies tueuses, sa fée sans baguette, son festival folk et des bains de boue à volonté, vous vous sentirez vite à l’aise. Ici, rien n’est comme il paraît être. On y trouve la gloire comme la mort, les ennuis comme l’amour.
"Dans le marais, personne ne vous entend crier."

Les Princesses, tout le monde le sait, attendent leur champion au sommet d’une haute tour. On oublie un peu vite les chevaliers qui doivent défaire les monstres au bas dudit édifice. C’est une sombre tradition, dans l’ordre des choses de ce royaume, qui a néanmoins le mérite d’empêcher le premier venu de ravir les demoiselles. Une telle quête ne s’improvise pas !

Le mot de l'éditeur :

La Fée de la Mousse est un court roman qui s'inspire des contes classiques mais les détourne avec humour. La lutte contre les préjugés, la préservation de la nature, sont deux de ses principaux messages. Il intéressera les jeunes adultes et tous ceux qui pensent que quelque part, les fées existent encore.

Mon avis
La Fée de la Mousse m’a attirée par sa quatrième de couverture qui annonce un conte de « Fées » différent et léger. Finalement, une fois la lecture terminée, je me suis rendu compte que ce n’était pas une histoire si légère que ça, mais plutôt profonde et touchante, une histoire à laquelle je ne m’attendais pas, mais qui m’a énormément touchée.

Ódla est une jeune fée naïve et pleine de bonté, qui s’est promis d’accomplir son travail de fée à sa majorité, à savoir, aider les autres, comme dans les récits. Mais, sans guide, cette mission s’annonce compliquée. C’est en rencontrant un prince dénué de la prestance stéréotypée des histoires féériques qu’elle se lance dans sa première aventure. Pour le meilleur comme pour le pire.

La construction du livre mêle deux histoires en parallèle dont le lien n’est pas évident au premier abord. Pourtant, à aucun moment, je n’ai été gênée par ce style et c’est sans surprise que la logique de ce choix arrive à la fin. Ces deux histoires qui n’en sont au final qu’une m’ont tout de suite arrachée à mon quotidien et j’ai pris un grand plaisir à lire ce livre. La légèreté apparente masquant en réalité une histoire plutôt dure rajoute du charme à la lecture et j’ai été séduite, autant par le fond que par la forme. L’auteur écrit bien, mène avec brio son histoire ainsi que ses personnages.

Parlons d’eux, justement. Ódla est rafraichissante : toute mignonne, naïve, plus forte que ce qu’on peut croire, elle m’a touchée dès le départ. Amaury, le prince, a lui aussi su me séduire : son côté non stéréotypé et complètement perdu constitue ce qui me plaît : l’inattendu. J’aime lorsqu’un livre me surprend par son originalité et, ici, c’est le cas. Les autres personnages sont bien construits, quel que soit leur rôle. Je ne vais pas m’étaler sur le sujet pour ne pas trop en dire mais je suis tout de même obligée d’aborder le cas de l’homme-cerf. Ce personnage m’a émue, ses regrets, sa honte, ce qu’il a vécu… Tout en lui a su me conquérir. Son souci de préserver les siens sans y parvenir, sa peur d’affronter les gens qu’il aime et d’avoir à avouer la faute qu’il n’a commise que parce qu’il était sous l’emprise d’une sorcière, les drames qui se sont ensuite enchaînés… Philippe Besancenet a créé des personnages exquis en tous points ! Même les plus étranges, comme les hommes bruns, ont une histoire étonnante et accrocheuse. Vraiment, je ne peux que saluer ce travail de maître.

L’écriture, l’histoire, les personnages, les rebondissements ; tout, dans ce livre, vise juste. Les contes pour enfants m’ont toujours plu et ce conte pour plus grands me conforte dans l’idée qu’il n’y a pas d’âge pour aimer les fées, les princesses et les princes. Les défauts qu’on ne leur voyait pas en étant plus jeunes font leur force quand on grandit. Je crois que c’est par ses faiblesses que j’aime le héro d’un livre et, ici, les faiblesses des personnages les mettent en valeur à merveille.

Merci aux Éditions P’tit Golem ainsi qu’au forum A&M pour cette lecture rafraîchissante et touchante. Et merci à Philippe Besancenet d’avoir partagé une nouvelle fois un peu de son univers avec ses lecteurs : j’ai été conquise par Fées à la chaîne et cette nouvelle lecture confirme mon avis sur le talent de cet auteur.

A l'ombre des falaises de Chloé Bourdon

Nouvelle chronique, encore via un partenariat A&M. C'est toujours un plaisir de lire les ouvrages des Editions du Petit Caveau. Merci à Chouquette pour cette correction.



Quatrième de Couverture
Nous sommes en 1901, dans un petit village des Cornouailles. Elisabeth vient de perdre son père et accepte difficilement la froideur de sa mère.

L’été où elle quitte l’enfance, elle comprend que derrière les apparences d’une petite bourgeoisie provinciale obsédée par la peur du scandale, se dissimulent des drames insoupçonnables, et des monstres qui rôdent, les soirs de pleine lune, dans l’ombre des falaises.

Mon avis
A l’ombre des falaises de Chloé Bourdon nous entraine dans les événements qui ont marqué à jamais la vie de l’héroïne, Elisabeth. Tout n’est qu’apparence, secrets, et la jeune Elisabeth se retrouve plongée au cœur d’une sombre affaire dont elle est finalement un protagoniste important.

N’étant pas une grande passionnée des histoires de vampires pour cause d’overdose de romans médiocres sur le sujet, je commence toujours les livres reprenant le mythe vampirique en restant sur mes gardes. Heureusement, les Editions du Petit Caveau savent sélectionner le meilleur des livres du genre, comme j’avais déjà pu le constater avec une précédente lecture vampirique de cette maison d’édition. Pour résumer, j’ai aimé cette lecture. Le vampire n’y est pas caricaturé, Dracula de Bram Stoker est abordé et surtout, la vision que l’auteur nous offre des vampires à quelque chose de plus scientifique que fantastique : il n’en fallait pas plus pour conquérir mon cœur d’amoureuse des sciences.

L’histoire se développe en très peu de pages et, même si la lecture m’a paru trop rapide une fois le livre achevé, le choix de l’auteur est le bon. On ne suit pas toute la vie d’Elisabeth, on vit simplement avec elle le passage marquant de sa vie, celui qui la fait basculer dans le monde des adultes, celui qui ébranle ses croyances, celui qui la construit finalement. Une fois le livre terminé, on en veut plus tout en sachant pertinemment qu’on a eu l’essentiel. Les premiers chapitres m’ont paru lents, on suit la monotonie de la vie de la jeune héroïne, la narration interne y étant pour beaucoup, et tout s’accélère, on sent l’emballement qui s’empare d’Elisabeth, qui s’empare de nous aussi, pauvres lecteurs aussi perdus et avides de savoir qu’elle.

L'évolution du personnage principal est très bien agencée, si tout se passe rapidement, la transformation en femme de la petite fille des premières pages est sensée. Et cette cohérence donne plus de puissance encore à l’histoire. Les autres personnages de l’histoire sont effleurés sans que cela ne m’ait dérangée : on apprend l’essentiel et, l’histoire étant contée par Elisabeth, en savoir plus n’est pas nécessaire. Je regrette simplement de ne pas avoir pu en savoir davantage sur les démons intérieurs de la mère de l’héroïne : la plume de l’auteur mêlée aux souffrances du personnage aurait donné un résultat superbe.

Parlons justement du style de l’auteur car, à mon sens, c’est ce qui fait la plus grande force de ce livre. Chloé Bourdon possède une plume qui m’a ravie dès les premières pages. A aucun moment je ne me suis lassée de ses phrases, de ses descriptions, de son texte dans son ensemble. Et je pense pouvoir affirmer que sans cette écriture, le livre ne m’aurait pas plu. Parfois, quand l’écriture n’est pas à la hauteur, je me surprends à lire plus vite, moins attentivement, en me concentrant uniquement sur l’histoire. Là, ce fut tout le contraire, j’ai passé ma lecture à m’abreuver du texte dans sa forme, ce qui a fait que j’ai pu en apprécier pleinement le fond. Le style n’est pas pompeux mais il colle bien à l’époque où se déroule l’histoire ; les descriptions ne sont pas gorgées de détails inutiles tout en étant parfaitement posées ; les dialogues semblent réalistes et surtout, les pensées ainsi que l’évolution d’Elisabeth sont décrites avec brio. Même si le style n’est pas comparable aux grands auteurs classiques, j’ai trouvé ce texte très beau et prenant. Je me suis finalement plus laissée prendre par l’écriture que par l’histoire, sûrement parce que j’ai été agréablement surprise de la qualité de la plume.

Enfin, sans trop en révéler sur la fin de l’histoire, j’ai aimé ce qu’il advient d’Elisabeth une fois sa vie transformée. Les amateurs de grandes histoires d’amour romantiques seront peut-être un peu déçus mais moi pas. Pourquoi ? Tout simplement parce que le choix de l’auteur donne une passion qui ne s’effrite pas avec le temps, qui ne sombre pas dans la monotonie et qui se vit intensément ponctuellement. Je trouve ça tellement plus intéressant dans ce genre d’histoire que, là aussi, mon cœur de lectrice difficile à satisfaire en matière d’histoires d’amour a été conquis.

A l’ombre des falaises est ainsi le genre de roman vampirique qui me permet de me dire que, oui, il est encore possible de lire des histoires de vampires sans avoir envie de s’arracher les cheveux à chaque passage improbable, à chaque réflexion d’une héroïne sans saveur, à chaque fait détruisant brique par brique l’édifice de la vraie base des suceurs de sang. Merci aux Editions du Petit Caveau de m’avoir permis une nouvelle fois d’apprécier une lecture comme celle-là et merci à l’auteur d’avoir partagé sa plume à travers ce livre.

Zoanthropes, Tome 1 : La Métamorphose de Matthias Rouage

Bigre ! J'oublie de mettre à jour ce blog depuis des mois ! C'est donc le moment de poster tout ce qui traine et on commence par une chronique issue d'un partenariat via A&M. Merci à lolly pour cette correction.



Quatrième de Couverture
Dans un futur flou, le monde humain doit faire face à la menace des zoanthropes, des hommes ayant la capacité de se changer en hybrides, mi-hommes, mi-animaux. Ces créatures redoutées inspirent la terreur. Shina Sirkis, jeune humaine, découvre que son destin est lié à une ancienne guerre. Découvrant sa zoanthropie, elle finira traquée par son propre pays, ainsi que par une organisation mystérieuse, les Aletis.
Dès lors, Shina part en quête de son identité. Forcée de découvrir le monde des hommes-bêtes et victime d’un passé qui n’est pas le sien, elle devra déjouer les plans des Aletis.
Aidée de ses nouveaux pouvoirs et ses amis zoanthropes, Shina comprend qu’elle ne voit que la partie émergée de l’iceberg. L’Histoire telle qu’elle la connaît n’est peut-être pas celle qu’on a bien voulu lui raconter.

Mon avis
La Métamorphose est le premier tome de la saga Zoanthropes de Mathias Rouage, jeune auteur des Éditions Scrineo Jeunesse. L’histoire prend place dans un monde futuriste où le genre humain a évolué et où certains naissent hybrides, mi-hommes, mi-bêtes. Les humains rejettent, traquent et tuent les zoanthropes, ces hybrides qui sont considérés comme des bêtes sanguinaires. Évidemment, rien n’est aussi simple, tout n’est pas noir ou blanc et c’est la nuance que tente de nous offrir cette histoire.

Je ne vais pas y aller par quatre chemins. Ce livre ne m’a pas plu et ce, pour plusieurs raisons, malgré ses points positifs. L’histoire de fond est bien choisie : à une époque où la génétique possède une place importante dans nos têtes, imaginer un tel futur ne peut que nous pousser à réfléchir, à vivre ce roman pleinement. Le cadre spatio-temporel est bien maîtrisé, du moins pour les bases de l’histoire. Ensuite, cela se complique mais je vais y revenir plus tard.

Mon principal problème vient des personnages. À aucun moment je n’ai réussi à rentrer dans leur tête, à trouver leurs paroles ou leurs actes « naturels ». À mes yeux, ils ont sonné faux durant tout le roman. On retrouve les stéréotypes des proches de l’héroïne : la petite fouine intellectuelle (qui, en plus, a le droit d’être tête en l’air et naïve au possible), la spécialiste de la réflexion avec sang-froid qui possède également des bases en arts martiaux, la directrice qui cache des choses à l’héroïne pour ensuite capituler sans broncher à la moindre question, l’ami d’enfance qui, en une fraction de seconde, se transforme en ennemi lobotomisé, la personne en qui l’on place sa confiance et qui, finalement, nous porte le coup de grâce… Si la base de l’histoire pouvait promettre un peu d’originalité, j’ai eu l’impression d’être dans un roman lambda à cause de ces personnages clichés. Alors oui, c’est le schéma type des romans, oui il faut bien trouver des amis et des ennemis, mais je pense sincèrement qu’on peut toujours parvenir à faire du différent avec un peu de recul. Shina, l’héroïne, ne m’a pas touchée une seule fois et quand aucun des personnages secondaires ne me plaît pour rattraper le coup, cela donne une lecture laborieuse. J’ai lu ce livre rapidement, mais sans y prendre le plaisir auquel je m’attendais.

Les personnages ne sont pas les seuls en cause. Il y a plusieurs petits soucis de cohérence à mes yeux, comme l’ami lobotomisé transformé en ennemi (ceci n’est pas un spoiler, il s’agit du début du roman). Dans le contexte, les êtres humains sont élevés dans la peur de la possibilité d’être zoanthrope. Le test génétique s’effectue avant l’entrée à l’université (je reste encore sceptique sur ce choix, mais passons) et l’image des zoanthropes véhiculée par le monde humain est tout sauf flatteuse. Ainsi, on est jeune, on déteste les zoanthropes tout en ayant peur de l’être. Lorsque les résultats tombent, on est soit soulagé, soit traqué. Seulement, jusqu’au dernier moment, on vit dans le doute. Comme son voisin. Je voudrais donc savoir pourquoi l’auteur a décidé d’abrutir ses figurants (comme l'ennemi lobotomisé) en les faisant détester immédiatement leurs amis d’enfance qui se retrouvent d’un seul coup zoanthropes alors que même eux n’étaient pas certains d’être humains ! Personnellement, si un test me dit que je suis une personne possédant le gène de la sympathie, mais que mon ami d’enfance possède celui de l’être exécrable sur le papier, eh bien je ne vais pas changer d’avis d’un coup ; je vais me dire « oh là là, le pauvre » et, oui, si son gène se réveille à moment donné, je vais sûrement finir par avoir envie de lui en coller une, mais ce ne sera pas immédiat dans ma tête. Bon, peut-être ne suis-je pas moi-même lobotomisée ?

Cette parenthèse "grosse incompréhension" terminée, je vais revenir au cadre spatio-temporel. Le roman s’étale sur plusieurs mois et, malheureusement, j’ai trouvé le découpage un peu maladroit. Il y a forcément de nombreuses ellipses et je ne les ai pas toutes trouvées judicieusement choisies. C’est peut-être aussi une des raisons pour lesquelles j’ai eu du mal à me faire aux personnages : leur évolution est, elle aussi passée parfois sous silence et, sans transition, il est plus difficile de trouver le tout cohérent.

Enfin, mon dernier gros bémol : la fin. Si elle se veut percutante et mystérieuse tout en offrant quelques révélations, je n’ai pas accroché au côté « révélation de la traîtrise ». La suite apportera sûrement plus d’informations sur ce sujet, mais cela n’a fait que me conforter dans mon ressenti vis-à-vis de ce livre, à savoir qu’il ne m’a pas plu. Mon côté amoureuse des explications logiques et des rebondissements originaux explique sans aucun doute que mon avis sur ce livre n’est pas très bon.

Au-delà du négatif, je ne peux évidemment pas oublier ce qui fait quand même que ce livre n’est pas mauvais (parce que, oui, un livre qui ne me plaît pas n’est pas un mauvais livre, qui suis-je pour juger de la qualité d’un ouvrage ?). Mathias Rouage écrit bien, il a su constituer un univers futuriste intéressant et offrir une vision déplorable de l’humanité qui est très réaliste. Sa façon de montrer que notre société a le potentiel d’évoluer dans la mauvaise direction est maîtrisée et, comme je suis une pessimiste en ce qui concerne la condition humaine, je ne peux qu’aller dans son sens. Les rouages politiques, la manipulation de la population, le conditionnement de l’homme par la technologie, l’usage de l’identité génétique au détriment des êtres humains… Tout cela constitue des thèmes que l’auteur a su exploiter. Si, à mon sens, le fond n’a pas su être sublimé par l’histoire, il y a matière à faire une suite intéressante. Je ne sais pas encore si je vais avoir envie de la lire, le recul fera son œuvre, mais pour ceux qui ont été séduit ou le seront, il est clair que poursuivre l’aventure est de mise.

Malgré tout, je remercie les Éditions Scrineo Jeunesse pour cette découverte qui m’a permis de mieux cerner ce qui fait qu’un livre me plaît ou non. Et merci à l’auteur pour les moments de réflexion sur notre espèce. J’aime quand un livre, quel que soit mon avis, me fait cogiter sur l’avenir.