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Rambalh, c'est un pot pourri sur la littérature, un blog pour partager mes coups de coeur et de gueule. Rambalh signifie Bordel en Occitan et c'est un peu le cas de ce blog : de tout et surtout tout moi. Le bordel de mes goûts, de ma vie livresque, toujours en lien avec Accros & Mordus de Lecture.

mardi 27 septembre 2011

Terrienne de Jean-Claude Mourlevat



Quatrième de Couverture
Tout commence sur une route de campagne...
Après avoir reçu un message de sa soeur, disparue depuis un an, Anne se lance à sa recherche et... passe de « l'autre côté ». Elle se retrouve dans un monde parallèle, un ailleurs dépourvu d'humanité, mais où elle rencontrera cependant des alliés inoubliables. Pour arracher sa soeur a ce monde terrifiant, Anne ira jusqu'au bout, au péril de sa vie.
Et se découvrira elle-même : Terrienne.
Vous ne respirerez plus jamais de la même manière.
« On entre dans un roman de Jean-Claude Mourlevat comme dans un rêve. » Lire
« Jean-Claude Mourlevat, cet immense auteur, cet enchanteur. » Anna Gavalda, Elle


Mon avis
Terrienne, c'est l'histoire d'Anne, une adolescente presque femme qui décide de tout mettre en oeuvre pour retrouver sa soeur dès qu'elle a entre les mains un indice, une preuve du fait qu'elle est toujours en vie. Elle va alors devoir entrer dans un monde qui n'est pas le sien et qui va lui montrer à quel point être Terrienne est une bénédiction, à quel point son monde a à offrir. Sa route va croiser celles de personnes complètement différentes d'elle mais qui vont se révéler surprenantes et sans qui, elle ne pourrait atteindre son but... C'est l'histoire de la vie.

Comme à chaque fois, je me laisse littéralement absorbée par l'écriture de JC Mourlevat. il a le don de transmettre avec précision les émotions de ses personnages et c'est réellement beau. C'est sa plume qui fait qu'on s'attache aux protagonistes et qu'on vit littéralement cette histoire. Comme Anne, on tente de cacher notre respiration dès que la situation est critique, comme elle, on sent à quel point ce souffle de vie nous anime et nous est nécessaire, comme elle on prend conscience que notre monde nous offre bien plus que ce qu'on peut espérer. Je suis à chaque fois émerveillée par l'univers que crée Mourlevat, par ses descriptions si prenantes qui me permettent de tout reconstruire au détail près dans mon esprit. Je m'étonne à chaque fois de constater à quel point je m'attache aux personnes et surtout, je me laisse prendre toujours au même piège : mon personnage préféré ne s'en sort pas, j'en pleure mais je trouve ça beau ! J'aime cet aspect, qui me rappelle à quel point la mort de Milos dans le combat d'Hiver m'avait retournée, à quel point j'avais été triste mais aussi à quel point j'avais aimé voir que tout n'est jamais raison, même si l'histoire finit bien...

Anne est un personnage fort qui n'est pas comme tout le monde, elle a un truc, un petit quelque chose que son premier acolyte, Etienne, l'écrivain, perçoit dès qu'elle pénètre dans voiture. Il est le premier à nous dévoiler qui est Anne, ou du moins une partie de ce qui fait son essence... Et les autres suivent cette route : Anne se révèle à travers ses actes, ses paroles, ses pensées mais surtout à travers les autres ! Ils ne l'aident pas pour rien, ils l'aident parce que ça se sent, c'est évident : cette fille se bat pour beaucoup plus que la liberté de sa soeur, elle se bat pour la vie et elle est une personne qui mérite qu'on suive son exemple. Tout au long de cette épreuve, elle prend conscience de son monde, le monde terrien qui fait ce qu'elle est et qui détonne avec l'univers dans lequel elle pénètre. Tout ce silence la perturbe en même temps qu'il nous perturbe, toute cette pression dans l'air, tous ces non-dits, ces réserves, tout cela nous oppresse tandis qu'Anne étouffe à force de devoir cacher sa respiration. Cette métaphore de la respiration est belle, elle est tellement remplie de sens qu'elle en devient le thème du livre : respirer pour se libérer, remplir ses poumons en grand pour profiter de la vie, absorber le tout pour tout rendre et le partager avec les autres. Il y a Mme Stormiwell qui symbolise les traces d'humanité dans ce monde superficiel, sans âme... Elle est l'incarnation de cette marque indélébile laissée malgré les générations, cette résistance du genre humain en elle. Il y a Bran qui est ce peuple libéré par Anne et ses compagnons, il y Gabrielle, cette soeur perdue par qui tout commence. Il y a Etienne surtout, qui incarne la découverte d'Anne à travers cette histoire : cet écrivain qui s'ennuyait dans son monde au point de n'écrire que sur des mondes irréels, des histoires hors de l'humanité et qui grâce à une adolescente retrouve le sens de l'humanité et la joie d'être un être humain dans un monde aussi peu banal que la Terre.

Le message de ce livre est fort et il nous percute sans ménagement, nous secoue dans tous les sens et nous renvoie dans notre si banale vie humaine avec un sourire béat imprimé sur le visage. C'est l'effet Mourlevat, tout simplement. C'est la première fois que l'auteur tente le coup de la Terre dans son oeuvre et c'est un pari plus que réussit puisqu'il transforme notre univers qui nous lasse en une chose précieuse qu'on ne veut plus laisser de côté une fois Terrienne achevé. Voilà ce qui fait d'un excellent roman un chef d'oeuvre : il nous pousse à réfléchir sur nous et nous fait comprendre de nombreuses choses. C'est en cela qu'il est beau : il s'adresse à tout le monde et personne ne peut rester indifférent face à ça. Merci pour tout ça !


A quand le prochain chef d'oeuvre ?

4 commentaires:

  1. Tiens tiens... Auteur inconnu pour moi. Ton résumé et ta critique donne envie de le découvrir ! J'y jetterai un coup d'oeil à l'occasion.

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  2. Cet auteur est juste génial ! Il écrit chez Gallimard Jeunesse mais il touche un public beaucoup plus large !

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  3. Ah j'avais déjà entendu du bien de ce livre à sa sortie et j'envisage de l'acheter un jour. je ne connais même pas cet auteur que tu sembles bcp aimer ! Tu as un livre à me conseiller en particulier ? En tout cas celui-ci me donne toujours très envie avec ta chronique !

    Petit PS purement pratique : dans le "dashboard" de mon blog je vois Aurélie 6 commentaires mais je ne peux pas cliquer pour les voir, il y a donc un problème vu que je pense en avoir lu que deux, c'est correct hin ? Je serais triste d'être passée à côté de tes commentaires !

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  4. Moi qui me tâtais à propos de ce livre, je n'hésiterais plus. Dès que l'occasion se présente, je saute dessus ! Merci pour cette critique. (:

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