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Rambalh, c'est un pot pourri sur la littérature, un blog pour partager mes coups de coeur et de gueule. Rambalh signifie Bordel en Occitan et c'est un peu le cas de ce blog : de tout et surtout tout moi. Le bordel de mes goûts, de ma vie livresque, toujours en lien avec Accros & Mordus de Lecture.

dimanche 16 octobre 2016

A.B.C. contre Poirot d'Agatha Christie

Il me fallait lire un bon bouquin pour me remettre des lectures bancales précédentes... Et c'est chose faite grâce à Agatha Christie !



Quatrième de Couverture
La lettre est arrivée par la poste. Manifestement, l’auteur – un inconnu qui signe ABC – est un peu agacé par l’insupportable fatuité d’Hercule Poirot : « Monsieur le malin, l’énigme que vous aurez à résoudre vous donnera du fil à retordre. Cela se passera le 21 à Andover… »
Poirot qui a décidé de ne s’occuper désormais que de « la crème des crimes » n’a plus qu’à attendre. Et le jour dit, à Andover, le crime a lieu ; mais la victime en est une modeste buraliste, assassinée tout bonnement dans sa boutique, et tout semble accuser le mari, ivrogne notoire et homme violent.
Mais rien n’est jamais si simple. Et d’abord, qui est ce mystérieux ABC ?

Mon avis
Le capitaine Hastings est en Angleterre pour six mois, le temps de régler quelques affaires. Evidemment, il espère pouvoir occuper son temps avec son ami Hercule Poirot : une enquête abracadabrante serait parfaite pour cela. Et son vœu est exaucé quand Hercule Poirot reçoit une mystérieuse lettre. La série de meurtres sur laquelle ils enquêtent est étrange, déroutante. Rien ne relie les victimes, aucune logique dans le mode opératoire ou la victimologie ne transparait. De quoi ravir Poirot et Hastings, pour sûr !

A.B.C. contre Poirot est mon tout premier Agatha Christie et je dois dire que je suis ravie d’avoir enfin poussé la porte de son univers. Elle dépose çà et là des éléments clés pour l’enquête qu’on ne retient pas immédiatement, comme ses personnages. Nous avons en main toutes les informations qui s’offrent à nos enquêteurs et nous essayons de les assembler sans jamais réussir à trouver l’exacte combinaison. J’ai réellement apprécié découvrir des indices, douter sur certains points mais sans jamais toucher du doigt la vérité : je me suis triturer les méninges, je me posais les bonnes questions mais je ne trouvais pas les bonnes réponses. C’est terriblement plaisant de se laisser complètement surprendre à la fin, une fois le voile levé. L’explication était un peu tirée par les cheveux mais, clairement, elle n’était pas incohérente avec tout ce qu’on pouvait lire de l’enquête : certains ouvrages policiers cherchent à surprendre avec des explications sortis de nulle part. Chez Agatha Christie, l’explication est alambiquée mais elle est parfaitement en accord avec tous les éléments disséminés au cœur des pages du livre.

J’ai particulièrement apprécié l’humour mi-anglais, mi-belge et les personnages. Poirot est un comique, à sa manière. Si ses blagues ne font pas toujours rire ses interlocuteurs, cela ne semble pas le déstabiliser le moins du monde et c’est ce que j’aime chez lui. Hastings joue parfaitement son rôle : le type qui cherche à assembler les éléments entre eux, sur qui Poirot a toujours trois tours d’avance et qui ne comprend pas toujours où son ami veut en venir. Hastings, c’est nous : le lecteur qui essaie de démêler le vrai du faux, qui touche du doigt la solution sans parvenir à tout relier et qui a besoin de l’esprit aiguisé de Poirot pour enfin comprendre le pourquoi du comment. C’est très habile de la part d’Agatha Christie de nous faire fusionner avec son narrateur. N’étant pas une habituée du genre policier, je ne sais pas si cette méthode se pratique beaucoup mais je n’en ai pas eu l’impression dans les quelques ouvrages du genre que j’ai lus.

Enfin, le style d’Agatha Christie est juste parfait pour l’histoire. J’ai juste eu un peu de mal vers la moitié de l’histoire avec les répétitions incessantes sur le profil supposé du tueur. Les choses sont répétées inlassablement. Ces répétitions font intégralement partie de l’enquête et elles ont eu l’effet escompté : fatiguer le lecteur sur ce profil pour le forcer à voir plus loin. Au final, c’est un point négatif qui est en fait positif. Du grand art.

J’ai enfin pu comprendre pourquoi Agatha Christie était aussi célèbre dans le milieu du roman policier et pourquoi ses bouquins se sont vendus à millions à travers le monde. Il est certain que je ne m’arrêterai pas à cette enquête et que je pousserai la porte d’autres mystères.

mardi 11 octobre 2016

La 5e Vague, Tome 3 : La dernière étoile de Rick Yancey

J'ai enfin terminé la trilogie La 5e Vague de Rick Yancey. Le bilan est assez moche, je l'avoue. Je crois que je vais attendre avant de me relancer dans un livre jeunesse/young adult à succès parce que, franchement, en ce moment, ce n'est pas brillant...



Quatrième de Couverture
1re vague : Extinction des feux.
2e vague : Déferlante.
3e vague : Pandémie.
4e vague : Silence.
À l'aube de la 5e vague...

Ils sont parmi nous. Ils sont dans leur vaisseau. Ils sont nulle part.
Ils veulent la Terre. Ils veulent qu'elle nous revienne.
Ils sont venus nous exterminer. Ils sont venus nous sauver...

Cassie a été trahie. Ringer aussi. Et Zombie. Et Nugget. Et les 7,5 milliards d'humains qui peuplaient notre planète. Trahis d'abord par les Autres, et maintenant par eux-mêmes.
En ces derniers jours, les rares survivants sur Terre se retrouvent confrontés au dilemme ultime : sauver leur peau... ou sauver ce qui les rend humains.

Mon avis
La fin arrive, la 5e Vague se prépare, ce n’est qu’une question de jours, quatre exactement. Dans quatre jours, les soldats déferleront sur la Terre pour exterminer les derniers résistants. Les bombes raseront les villes, l’Humanité prendra fin. Mais en quatre jours, de nombreuses choses peuvent se passer…

Ce troisième et dernier tome est à la hauteur du second tome : une cacophonie de n’importe quoi, peut-être même plus encore. L’intrigue devient si tortueuse qu’on ne comprend plus rien, même à la fin. Le but final, on le saisit, les moyens, aussi. Mais le tout ? Les Autres ? La vérité ? Rien n’est clair et ce n’est pas un bon effet de style : le lecteur est perdu et décroche. Franchement, il y avait un grand potentiel dans cette histoire, de belles choses pouvaient être faites mais c’est un échec à mes yeux. On sent le problème : l’auteur a bâclé son background pour aller plus vite. Il s’est complètement détaché d’un semblant de cohérence pour atteindre son but et c’est franchement dommage. Comment supposer, qu’encore une fois, l’histoire ne peut que se dénouer sur le sol américain ? A aucun moment on ne parle du reste du monde. Cela pourrait passer si tout l’espoir du monde ne reposait pas entre les mains d’une poignée de gosses perdus aux USA. Et ça, ça m’enquiquine au plus haut point : une héroïne banale, qui n’a pour elle que son humanité, c’est chouette, mais supposer que c’est juste cette fille qui peut tout résoudre… A croire qu’ailleurs dans le monde, on ne pouvait pas avoir d’autres personnes lambdas pour se battre, encore et encore. C’est cet égocentrisme américain, cette capacité à toujours se placer au cœur d’une histoire, quelle qu’elle soit et à résoudre les problèmes qui finit par m’écoeurer et qui écorche plus encore la saga.

Les personnages m’ont encore plus fatiguée que dans les tomes précédents. Plus stéréotypés encore, à l’écoeurement, là aussi. Le stéréotype était bien au début : après tout, on est face à des gosses, des jeunes qui vivent des horreurs et en faire des clichés permettait de mieux saisir l’impact de tout ça. Mais dans ce tome, on atteint le point de non-retour. Ringer, la machine trop douée, Cassie, l’américaine blonde insipide qui représente toute l’humanité, Zombie, le chevalier qui ne survit que pour racheter ses fautes passées, Sam, le petit garçon complètement conditionné et qui fait ce qu’on veut de lui… Trop, c’’est trop, et je ne parlerai pas d’Evan parce que c’est carrément pire. Soyons sérieux.

Plus encore dans ce tome, j’ai trouvé le style de l’auteur insupportable. J’ai encore du mal à saisir comment on peut publier un livre dont le style devrait être travaillé, amélioré. C’est n’importe quoi. Les descriptions d’actions sont ennuyeuses, si floues qu’elles perdent le lecteur. Mais le pire reste Cassie : au début, dans le tout premier tome, il était clair qu’on suivait son journal intime. Puis quand elle n’a plus été seule, j’ai supposé que le journal était laissé de côté pour passer à une narration différente. Et en fait, non. Dans ce troisième tome, on nous rappelle que Cassie tient encore son journal sauf que… C’est totalement mal amené. Il n’y a aucune distinction dans la mise en forme, la description ou même le point de vue narratif qui nous permet de savoir ce qu’il en est. C’est mauvais. Et clairement mal fait. Et ça ne fait que rappeler que l’auteur aurait pu et surtout dû mieux faire. Mais peut-on l’en blâmer ? Si sa maison d’édition a publié le livre tel quel, c’est sûrement parce que rien ne servait de faire mieux puisque les lecteurs achèteraient quand même le livre. Bonnes poires à fric que nous sommes…

Finalement, pour réussir à aller au bout de ma lecture, j’ai laissé de côté l’intrigue et les personnages. J’ai tout abandonné. Je lisais avec un tel détachement que j’ai pu finir ma lecture positivement : en me raccrochant uniquement au message ultime du livre. En oubliant les personnages, le pourquoi du comment et en ne m’intéressant qu’au discours final, j’ai pu tirer profit de ma lecture. Et je vous conseille d’en faire de même si vous comptez aller au bout : concentrez-vous uniquement sur le message d’espoir, sur la description de ce qui fait l’Humanité, sur le fait qu’au fond, c’est réconfortant de se dire qu’un peu d’altruisme peut sauver le monde, ou lui donner au moins un peu de sursis. Surtout par les temps qui courent.

Ainsi, se plonger dans La 5e Vague est possible en faisant abstraction du livre pour se concentrer uniquement sur son message… C’est bête parce que le monde du livre semble oublier une chose essentielle : il existe des auteurs qui, en plus du message, nous offrent un réel plaisir intellectuel à la lecture.

vendredi 7 octobre 2016

Le Blog du Moment : Bibliblog

C'est le retour de la rubrique Le Blog du Moment, où je partage avec vous les blogs sympathiques que je trouve sur la toile !


Bibliblog est un blog mélangeant littérature et voyage. En effet, Sandra fait la part belle à ses deux grandes passions dans la vie et c'est toujours un réel plaisir de naviguer entre ces deux grands thèmes. Son blog est bien construit et il existe même un petit tutoriel pour comprendre tout son fonctionnement. Une vraie pépite que je vous conseille de découvrir au plus vite !

Enjoy it !

jeudi 6 octobre 2016

La Petite fêlée aux allumettes de Nadine Monfils

J'ai découvert Nadine Monfils avec La vieille qui voulait tuer le bon dieu que j'avais adoré. J'ai replongé pour le Challenge A&M Vide ta PAL.



Quatrième de Couverture
Une nuit, dans les rues de Pandore, Nake tombe sur un sale type qui la séquestre. Elle réussit pourtant à s’échapper et se réfugie chez sa grand-mère, une charmante vieille dame qui l’a élevée à la mort de sa mère en la nourrissant de contes de fées pour la protéger des horreurs du monde. Mais la jeune fille la retrouve morte au pied de son lit, une boîte d’allumettes nichée dans le creux de sa main. Nake s’en empare comme un précieux talisman, ayant toujours en mémoire l’histoire de La Petite Fille aux allumettes qui a tant bercé son enfance. Désemparée et seule, elle se met en quête de retrouver son père, disparu à sa naissance. Mais en fouillant dans les affaires de sa grand-mère à la recherche d'indices, Nake déniche de terrifiants secrets de famille. La vieille dame lui a-t-elle menti tout au long de sa vie ou est-elle victime d’un complot ? Que dire aussi de cette vision affreuse qui la bouleverse à chaque fois qu’elle craque une allumette, celle du cadavre d’une fillette déguisée en Blanche Neige ? Mais le pire est à venir lorsque, le lendemain, elle découvre dans le journal la photo de la même petite fille, sauvagement assassinée.

L’inspecteur Cooper et son coéquipier Michou, flic le jour travelo la nuit, vont mener l’enquête avec l’aide inattendue de mémé Cornemuse, l’infernale punaise sans scrupules qui lit dans les lignes de son tricot et voue un culte à Jean-Claude Van Damne…

Mon avis
Nadine Monfils nous entraine une nouvelle fois dans une histoire loufoque avec des personnages plus timbrés les uns que les autres. Mais, cette fois-ci, je n’ai absolument rien compris à l’intrigue. Dans La vieille qui voulait tuer le bon dieu, j’avais réussi à suivre l’intrigue et j’avais surtout pris un pied d’enfer. Là, avec ce roman, j’ai très vite perdu le fil de l’intrigue, impossible de comprendre ou même, finalement, d’avoir envie d’essayer de comprendre. La touche de fantastique m’a surprise et perdue à la fois : le décalage créé entre l’intrigue principale et les aventures de Mémé Cornemuse a été le gros point faible de ma lecture. Finalement, j’ai eu l’impression d’alterner entre deux livres complètement différents tout au long de ma lecture et c’est assez perturbant.

Concernant l’humour, il est toujours présent, évidemment. Il ne peut pas plaire à tout le monde mais j’y adhère. Seulement, là aussi, j’ai été moins emballée que lors de ma première lecture de Nadine Monfils. Le grivois et l’exagération sont les maîtres mots de l’auteur mais là, c’était inefficace par moment. Finalement, le côté déjanté de Mémé Cornemuse faisait moins naturel dans ce livre que dans La vieille qui voulait tuer le bon dieu.

La Petite fêlée aux allumettes est une petite déception, me faisant rire tout en m’agaçant par son côté fouillis. Je n’ai tellement rien compris que je ne sais même pas quoi ajouter de plus. A lire uniquement pour la délicieuse Mémé Cornemuse.

mercredi 5 octobre 2016

La Louve de Brocéliande, Tome 1 : La lai de Bisclavret de Lia Vilorë

Je vous propose aujourd'hui ma chronique pour un SP partagé par l'auteur.



Quatrième de Couverture
De nos jours en Bretagne, peu savent que la légendaire forêt de Brocéliande est le théâtre d’une guerre fratricide entre fées. Victime de fièvres inexplicables lors de la nouvelle et de la pleine lune, la lycéenne Hikira C. Bisclavret fait un jour la connaissance d’Éric Freinet. Un être ambigu qui la fascine et en qui elle trouve un ami inespéré. Éric et Hikira deviennent alors les cibles d’une marraine prête à tout pour les détruire. Une alliance est leur seul espoir de survie. Car découvrir la vérité derrière « Le lai du Bisclavret » ne sera pas sans payer le prix fort. Après tout, les Demoiselles sont aussi merveilleuses que terribles…

Férue de mythologie celtique mais aussi nordique nourrie par le travail de l’elficologue Pierre Dubois, passionnée d’Histoire et de littérature médiévale, et joueuse invétérée de jeux de rôles… Lia Vilorë a commencé dès le collège à écrire des histoires où le destin tragique la magie dangereuse et la féerie noire avaient la part belle.

Mon avis
Hikira Bisclavret estsouvent fiévreuse, mais à un point où un être humain ne devrait pas s’en sortir. Ses sens déraillent quand elle est dans cet état et rien ne peut la calmer. Hantée par des rêves étranges et le souvenir de sa mère morte dans d’étranges circonstances, elle tente de menée une vie normale malgré ses soucis de santé. Eric Freinet, arrivé récemment, devient alors son médecin. Le père d’Hikira, d’abord réticent, voit finalement en Eric la seule personne capable d’aider sa fille à qui il cache une terrible vérité : c’est sur elle que repose la protection de Brocéliande et l’équilibre de la guerre entre les Fées, ces êtres magiques qui sont la balance entre le bien et le mal sur le monde.

Lia Vilorë nous entraine au cœur d’une vieille légende qui entoure la mythique forêt de Brocéliande : celle du lai de Bisclavret de Marie de France. Elle fait de cette légende une histoire pleine de mystères et nous prouve une nouvelle fois qu’elle peut s’approprier des mythes pour en faire une histoire de fantasy actuelle.

Chaque personnage de l’histoire a son rôle à jouer, qu’il soit humain ou plus que ça : la guerre qui s’annonce n’est pas l’affaire que des êtres surnaturels. Hikira est une adolescente instable, complètement à part. Je n’ai pas réussi à m’attacher à elle et c’est sûrement parce qu’elle n’est qu’une marionnette durant la quasi-totalité du tome : c’est Eric qui tient la place la plus importante ici. Cela peut paraître étrange, déroutant, mais ça permet d’intégrer un tout nouvel univers à travers les yeux d’un personnage qui, comme nous, n’a normalement rien à voir avec des histoires surnaturelles. C’est un choix audacieux qui remplit son rôle. Malheureusement, cela empêche de voir en Hikira l’héroïne de l’histoire : ses émotions, ses pensées n’avaient finalement que peu d’intérêt à mes yeux. De plus, c’est une adolescente assez horripilante : son instabilité, ses répliques insolentes et son côté ignorant m’ont ennuyée. Heureusement, j’ai pris le parti de me focaliser uniquement sur l’histoire qui, elle, est riche. Eric est aussi antipathique mais pas de la même façon. Son assurance et son arrogance m’ont agacée mais de la bonne manière : j’aime quand c’est l’essence d’un personnage qui m’agace parce que, comme dans la vie, on n’apprécie pas tous les caractères. Un livre, c’est aussi ça : faire ressentir toutes sortes d’émotions au lecteur en fonction de qui il est.

Les relations entre les personnages ne m’ont pas totalement convaincue : c’est tout le problème d’un premier tome où il y a beaucoup d’informations à partager et une histoire à faire évoluer. Certains liens se créent trop vite à mon goût. J’aime quand les choses se font sur la durée et là, ce n’est pas le cas. Mais c’est un goût très personnel qui ne m’a pas empêchée d’apprécier le background du roman.
Le gros avantage de ce premier tome est de nous présenter une histoire qui n'est pas manichéenne ainsi qu'une autre vision du loup-garou, une vision qui nous évite - enfin - les banalités sur les malédictions vilaines et le côté maléfique de ces créatures.

Beaucoup de mes questions sont restées sans réponse mais j’ai eu suffisamment d’éléments à me mettre sous la dent pour avoir envie d’en savoir plus. Lia Vilorë est restée fidèle à la légende née de Marie de France tout en se l’appropriant pour en faire une histoire à elle. Le point fort de ce premier tome reste son histoire, quand, à mes yeux, le point faible vient des personnages auxquels je n’ai pas su m’attacher.
Je regrette de ne pas avoir retrouvé l’humour mordant de l’auteur que j’avais pu découvrir dans Vampires d’une nuit de printemps mais, soyons honnêtes, on ne peut pas toujours avoir une héroïne si haut perchée qu’elle est un sketch à elle toute seule (Lía Fáil, tu resteras toujours dans mon cœur).

Merci à Lia Vilorë pour m'avoir proposé de lire son ouvrage.

lundi 3 octobre 2016

Carnages de Maxime Chattam

Enfin une chronique pour une lecture toute fraîche ! Il s'agit d'une Lecture Commune A&M.



Quatrième de Couverture
"Harlem Est. 18 novembre. 8h28.
Ils sont tous là, dans le hall de l'entrée du lycée. Plus que quelques minutes avant le début des cours. Parmi les élèves, un adolescent prépare son arme. Le carnage peut commencer...
Quand l'inspecteur Lamar Gallineo arrive sur les lieux, c'est pour découvrir le cadavre du tueur qui a retourné son arme contre lui. L'affaire dépasse rapidement le fait divers : de nouvelles tueries ont lieu dans d'autres établissements.
Lamar doit à tout prix enrayer cette macabre épidémie. Mais les apparences sont trompeuses. Toujours."

Mon avis
Une tuerie de masse, dans un lycée de Harlem. L’adolescent responsable n’a pas de casier judiciaire, son acte reste incompris. Puis d’autres tueries suivent avec un même constat. Qu’est-ce qui peut motiver ces adolescents que rien ne relie à passer à l’acte ?

Carnages est la toute première œuvre de Maxime Chattam que je lis et cette lecture s’inscrit dans le cadre d’une lecture commune A&M. Un thriller sous forme de nouvelle me semblait être le parfait moyen de commencer : une lecture rapide sur un thème qui s’annonçait haletant. Malheureusement, je n’ai pas été conquise du tout. Dès le départ, le dénouement parait évident. Je n’ai pas été surprise une seule fois et je le regrette, surtout dans le cadre d’une nouvelle : j’aime me laisser surprendre et, surtout, tomber la tête la première dans la chute d’une nouvelle. Là, cela n’a pas été le cas. Pire, je ressors un peu blasée de ma lecture.

Où se situe le problème ? Le format, sûrement. La nouvelle n’est pas maîtrisée, l’écriture parait brouillonne. On sent facilement les effets recherchés par l’auteur : le champ lexical autour de l’action de manger au début de l’histoire pour montrer la haine dévorante qui enclenche les actes, les actions qui s’enchainent à une vitesse folle pour accélérer le rythme de l’histoire, dénoncer les idées reçues sur la nature des actes terroristes en ce début de siècle… Oui, on voit où veut en venir l’auteur mais c’est amené sans finesse, presque sans réelle réflexion. Certes, le thème de la nouvelle est violent, mais ce n’était pas une raison suffisante pour violenter le lecteur en lui donnant un brouillon à lire. Ou alors, je n’ai pas su apprécier le but du style abrupt utilisé : peut-être que c’était réellement pour accentuer la violence mais ça ne m’a pas plu.

Pour un premier Chattam, je suis assez déçue. Il était sur ma liste d’auteurs à découvrir et je pense me tourner vers un de ses romans la prochaine fois pour voir si son style ne me plait vraiment pas ou si c’est simplement que je n’aime pas sa façon d’aborder une nouvelle. Si je regrette de ne pas avoir aimé cette nouvelle, je ne regrette pas ma lecture. J’en attendais un peu trop, voilà tout.

samedi 1 octobre 2016

Les Combustibles d'Amélie Nothomb

Aujourd'hui, je vous présente mon tout premier Amélie Nothomb. Ma lecture date d'il y a plusieurs mois mais j'ai encore quelques restes.



Quatrième de Couverture
C'est la guerre et c'est l'hiver.
Deux hommes et une femme sont terrés dans un appartement. Combien de jours leur reste-t-il à vivre ? En attendant, il n'est plus interdit de révéler ses vraies passions. L'amour, le désir, l'intelligence résistent-ils au froid ? A-t-on le droit de consumer ses dernières forces à lire de la mauvaise littérature ? Enfin, à l'heure du choix ultime, quel livre est assez important pour ne pas être mis à l'épreuve du feu ?

Mon avis
Trois personnages sont confinés dans un appartement : Le Professeur (dont le nom n’est jamais cité), Daniel (l’assistant du Professeur) et Marina (amante de Daniel, jeune étudiante). Ils sont enfermés car, dehors, les bombes grondent et le froid de l’hiver se fait plus mordant chaque jour. L’appartement est dépeuplé, vidé de ses biens, chaque objet du quotidien qui peut s’enflammer a été jeté dans le poêle. Il ne reste plus que quelques combustibles : des chaises et une bibliothèque, celle du Professeur. Il va falloir faire un choix : prolonger sa vie de quelques jours en brûlant ce qu’il reste ou mourir de froid tout de suite ?

Les Combustibles est une pièce de théâtre courte, qui va directement à l’essentiel : à quel point l’Humanité peut-elle résister face à la guerre et la peur de mourir ? Et cette Humanité, c’est à travers la culture qu’elle s’exprime, à travers la littérature : tout ce qu’il reste en possession de nos personnages est une collection de livres. Seulement, ils meurent de froid et ils doivent se résoudre à évaluer l’importance d’un livre afin de savoir s’il peut brûler pour les réchauffer ou non. Le thème m’a tout de suite interpelée et c’est pour cela que j’ai choisi de lire cette pièce : quels seraient les livres que je chercherais à sauver à tout prix ? Car ils ne sont plus seulement matériels : la guerre fait rage et sauver un livre pourrait permettre de faire perdurer son enseignement.

Les personnages sont les incarnations de trois grandes tendances : le Professeur incarne cette élite intellectuelle qui juge la culture sur sa qualité et pas seulement sur ce qu’elle peut faire ressentir, Daniel qui malgré son instabilité sentimentale ne faillit jamais dans son amour pour la littérature et serait prêt à mourir pour elle et, enfin, Marina, qui incarne l’instinct de survie, la vie humaine prioritaire face à la connaissance. Ces trois entités s’affrontent tout au long de la pièce. Et l’instinct de survie finit par dominer, par entrainer dans son sillage les deux autres, pour prolonger un peu ces vies qui ne tiennent qu’à un fil.

La métaphore tissée à travers cette bibliothèque qu’il faut brûler est intéressante. On se prend au jeu, on se questionne sur l’intérêt de la connaissance humaine quand, finalement, tout s’effondre. La réflexion à laquelle nous pousse la pièce est finalement la partie la plus intéressante de cette lecture et ce qui m’a le plus plu. Après, la lecture en elle-même est agréable mais je n’ai pas été scotchée. Cette pièce est le premier ouvrage de Nothomb que je lis et il n’est pas suffisant, je pense, pour se faire un avis sur l’auteur. Le thème est intéressant, ce qu’il apporte aussi mais ce n’est pas fantastique. Je m’attendais à une explosion et finalement, ça a été une petite balade tranquille, sans être marquante. Je conseille cependant cette lecture car elle est rapide et parle à tous les amoureux des livres, quelle que soit leur tendance.

dimanche 25 septembre 2016

La 5e Vague, Tome 2 : La mer infinie de Rick Yancey

J'suis en retard dans mes avis lectures, comme toujours. Du coup, je reprends le rythme en passant par une lecture très moyenne et récente, la suite de La 5e Vague.



Quatrième de Couverture
Comment débarrasser la Terre
de ses sept milliards d'habitants ?
Retirez aux hommes leur humanité...

Cassie Sullivan et ses compagnons ont survécu aux quatre premières vagues destructrices lancées par les Autres. Maintenant que l'espèce humaine a été presque entièrement exterminée et que la 5e Vague déferle sur la planète, le groupe se trouve face à un choix : se préparer à affronter l'hiver en espérant le retour rapide d'Evan Walker, ou se mettre en quête d'éventuels survivants avant que l'ennemi ne referme sur eux son impitoyable piège.
Personne ne peut prédire à quels abîmes de cruauté les Autres sont prêts à s'abaisser, ni à quelles hauteurs l'humanité saura se hisser. La bataille finale ne fait que commencer...

Ils connaissent notre manière de penser.
Ils savent comment nous exterminer.
Ils nous ont enlevé toute raison de vivre.
Ils viennent maintenant nous arracher ce pour quoi nous sommes prêts à mourir.


Mon avis
La base a explosé, Cassie a pu extraire son frère des griffes de Vosch et la nouvelle bande se terre dans la ville la plus proche, le temps de reprendre des forces. Mais surtout d’établir un plan. Mais comment se projeter quand on ne comprend rien à ce qu’il se passe ? Quand les éléments de réponse qu’on a pu grappiller ne font que multiplier les nouvelles questions ?

La Mer Infinie est un livre qui a divisé mon opinion en deux parties diamétralement opposées. L’histoire prend un tournant intéressant, on pense se rapprocher du dénouement de l’intrigue mais on se rend compte qu’on s’est fait balader durant tout le premier tome. Les réponses apportées sont plaisantes, logiques et donnent une vision des choses qui colle plutôt bien avec tout ce qu’on a pu apprendre jusque-là. Mais, ça, c’est pour la trame générale, la vision globale. En profondeur, beaucoup de choses sont faciles. Certes, la saga La 5e Vague s’adresse à un public adolescent mais ce n’est pas une raison pour faciliter la vie des personnages : le sang, les larmes, les interrogations, même les morts que l’on compte dans ce tome ne suffisent pas à faire croire que les protagonistes en bavent suffisamment. Ils galèrent, c’est sûr, la vie n’est pas facile, mais on imagine aisément qu’elle devrait être plus compliquée encore. Sans trop en dire, ce que vit Ringer manque de cohérence à mes yeux : les cartes jouées par les ennemis sont bien trop risquées à mon goût. C’est nécessaire pour le but que cherche à atteindre l’auteur mais ça m’embête que les choses se goupillent ainsi.

Le gros problème que j’ai eu avec ce tome vient de deux choses principales : Cassie, l’héroïne de plus en plus insupportable et l’écriture (ou la traduction, dure à dire). Cassie est tout ce que je déteste chez un personnage principal : elle est insipide, a un caractère qui ne colle pas avec l’image que l’auteur veut donner d’elle et prend trop de place dans le livre pour rien. Le côté insipide d’un personnage n’est pas un problème si c’est son but : ici, clairement, l’auteur s’est vautré. Les pensées d’une adolescente comme elle ne sont pas son point fort et il a voulu en faire un personnage phare : grosse erreur. La Cassie du début du premier tome me plaisait bien, elle avait quelque chose d’intéressant à suivre, à découvrir : tout se casse la gueule au moment de l’arrivée d’Evan Walker dans l’histoire et ça ne va pas en s’arrangeant, bien au contraire. Rappeler que c’est une adolescente soumise à ses hormones était une bonne piste à explorer mais je ne suis toujours pas convaincue, après ce tome, que l’exploitation soit efficace. C’est creux, ennuyeux et cela casse tout le reste de l’ambiance. Un pari raté pour moi.
Rajoutons à cela le gros problème d’écriture : Rick Yancey a un don pour me perdre dans ses descriptions de scènes ainsi que de pensées de ses personnages, surtout Cassie. Je perds le fil, je dois relire des passages, je ne comprends pas toujours l’intérêt de certains passages… Cela vient peut-être de la traduction mais ma lecture en est devenue laborieuse. J’aurais finalement préféré avoir moins de description, pour les scènes d’action par exemple, et avoir à imaginer les choses, plutôt que de me retrouver à devoir déchiffrer des descriptions longues, sans poésie et incompréhensibles. Bref, comme pour le tome 1, la plume de Rick Yancey n’est pas convaincante.

Finalement, La 5e Vague a perdu pas mal de son intérêt avec ce tome à mes yeux. L’intrigue est toujours intéressante mais une bonne idée ne fait pas tout. Certaines choses tournent en rond, d’autres sortent d’on ne sait où et l’ensemble est plutôt bancal. Je vais lire le troisième tome mais avec une certaine appréhension : les retours que j’ai eu jusqu’ici confortent mon avis actuel sur la saga, voire sont bien pires… On touche à nouveau le problème de la littérature jeunesse qui, sous prétexte de s’adresser à un public plus jeune, s’attarde moins sur la qualité d’un livre. Et c’est bien dommage, l’âge ne doit en rien entrer en compte dans la qualité d’un livre qu’on vous adresse.

mardi 10 mai 2016

Ma bibliothèque bordélique en images

Je suis un peu à la ramasse côté lecture (période de mémoire = moins de lecture et retard dans mes chroniques) mais j'avais envie de vous faire partager un peu de mon univers. Et comme en ce moment sur Accros & Mordus de Lecture on partage les photos de nos belles bibliothèques, j'me suis dit que je pouvais aussi les mettre ici, bien au chaud sur le blog.



La première chose qu'il faut noter, c'est que ma bibliothèque est divisée en trois morceaux : la plus grosse partie de ma collection se trouve chez mes parents et ma PAL est morcelée en deux, avec une partie sur Marseille (dans mon petit studio) et une partie sur Montpellier (sur une étagère de ma résidence secondaire chez mon copain). Du coup, c'est le bordel, mais je réussis à m'en sortir !

On commence par les quelques bouquins que j'ai à Marseille, donc ma Pile à Lire de base avec mes bouquins de géologie que j'aime d'amour <3 Finalement, il n'y a pas grand chose parce que j'avais arrêté d'acheter des livres et que je comptais me servir uniquement de ma liseuse (mais j'ai failli, évidemment).



Ensuite, on a ma Pile à Lire sur Montpellier, chez mon copain, avec une bonne poignée (de géant, la poignée) de livres. J'ai ma petite étagère pleine (les livres en vrac sur le lit on été rajoutés à la pile du haut). Bref, pas besoin de trimballer ma bibliothèque d'un bout à l'autre du Sud quoi !



Vient maintenant ma bibliothèque dans ma chambre de petite fille, où on retrouve un peu de tout mais surtout mes vieilles lectures. Et ma collection de dico tout en bas avec de superbes Littrés que j'avais récupérés chez ma grand-mère.
D'ailleurs, la théière cache de vieilles éditions de livres comme Jane Eyre en deux tomes qui datent des années 30 je crois. Là aussi, j'avais récupéré ça chez ma grand-mère.



Et enfin, les étagères où c'est l'anarchie, toujours chez mes parents. Il faut comprendre que j'avais plein de livres sur Montpellier avant de déménager, que j'ai tout mis dans des cartons et réexpédié chez mes parents... Où il n'y avait plus de place. Ma maman a donc acheté deux armoires qui sont stockées dans le chalet au fond du jardin et a vidé rapidement les cartons de livres pour qu'ils ne prennent pas l'humidité du sol. Du coup, je n'ai toujours pas eu le temps de les ranger correctement et c'est grave le bordel.



Enfin, je vous épargne la bibliothèque de ma maman où j'ai mis quelques livres à moi (parce que plus de place dans mes quartiers, n'est-ce pas ?)
Et je suis sûre que tout n'est pas là parce qu'il doit encore y avoir un ou deux cartons pleins quelque part. Et il manque tous les livres que j'ai prêtés et que je ne reverrai jamais... (Vous êtes prévenus, c'est la pire trahison qui soit pour moi. Surtout quand mes livres dédicacés ne réapparaissent jamais. Je confectionne des poupées vaudou dans ces cas-là. Faites gaffe).

Je crois que maman n'attend qu'une chose, que j'ai enfin un vrai chez moi pour se débarrasser de tous ces livres : le gain de place sera finalement ENORME.

samedi 16 avril 2016

La 5e Vague, Tome 1 de Rick Yancey

Nouvelle saga au compteur, on peut mieux faire mais ce n'est pas si mal. Par contre, je ne pense pas aller voir l'adaptation...



Quatrième de Couverture
1ère Vague : Extinction des feux
2e Vague : Déferlante
3e Vague : Pandémie
4e Vague : Silence

À l’aube de la 5e Vague, sur une bretelle d’autoroute désertée, Cassie tente de Leur échapper…Eux, ces êtres qui ressemblent trait pour trait aux humains et qui écument la campagne, exécutant quiconque a le malheur de croiser Leur chemin. Eux, qui ont balayé les dernières poches de résistance et dispersé les quelques rescapés…
Pour Cassie, rester en vie signifie rester seule. Elle se raccroche à cette règle jusqu’à ce qu’elle rencontre Evan Walker. Mystérieux et envoûtant, ce garçon pourrait bien être son seul espoir de sauver son petit frère, voire elle-même. Du moins, si Evan est bien celui qu’il prétend…

Ils connaissent notre manière de penser.
Ils savent comment nous exterminer.
Ils nous ont enlevé toute raison de vivre.
Ils viennent maintenant nous arracher
ce pour quoi nous sommes prêts à mourir…


Mon avis
Les Extra-Terrestres débarquent. Tout est mis en place pour établir le contact avec eux mais seul le silence répond à l’humanité… Puis c’est le blackout. Et les catastrophe s’enchaînent, anéantissant plus de quatre-vingt-dix-sept pour cent de l’humanité. Ce n’est pas fini. Les morts s’enchaînent encore, conduisant l’humanité à une fin qui semble certaine… Et, au milieu de toute cette horreur, ce sont les enfants et les adolescents qui tiennent le rôle principal.

La 5e Vague est un phénomène mondial, un livre qui a si bien fonctionné qu’il a été adapté sur les écrans. Que d’éloges sur cette saga… Heureusement, mon ancienne colocataire avait lu le premier tome et m’avait plutôt bien décrit la chose : une histoire sympa, mais rien de nouveau sous le soleil, de quoi passer le temps mais sans émerveillement. Du coup, je n’attendais pas grand-chose de ce livre, tout en ayant envie de le lire, et heureusement : j’ai ainsi pu le prendre tel qu’il est.

La trame n’a rien de novateur mais elle est très bien gérée : une invasion à distance, sans avoir besoin de sortir l’artillerie lourde, juste en abolissant les privilèges techniques, en secouant un peu la Terre et en laissant une terrible pandémie finir le travail. On déblaie le terrain sans trop se salir et ça, c’est bien. Replacer l’être humain plus bas dans l’échelle permet de s’interroger sur l’humanité, ses forces et ses faiblesses. Ensuite, commence la partie la plus terrible pour l’espèce (si si, c’est possible) : savoir à qui se fier et ne pas sombrer dans une folie paranoïaque mortelle. Là est tout l’intérêt du livre selon moi : voir comment les personnages réfléchissent quand ils ne peuvent plus se fier à rien… Et voir comment ils capitulent quand on leur donne un nouveau repère, qu’il soit réel ou complètement distordu.
Là où la trame principale apporte quelque chose de nouveau dans le genre, c’est dans le choix des personnages : enfants et adolescents sont les héros de ce roman. Pourquoi ? Premièrement parce que ce livre s’adresse à un public jeune et deuxièmement parce que, finalement, quoi de plus logique que de ne garder que les humains qui n’ont pas encore atteint l’aboutissement réflexif de l’âge adulte ? Il est plus facile de bousculer les convictions des jeunes que des moins jeunes. Seulement, je me suis rendu compte que j’aurais aimé avoir au moins un point de vue adulte dans ce livre, avoir une opposition entre ces jeunes encore malléables et les plus vieux, plus campés sur leurs positions.

Concernant les personnages, Rock Yancey nous permet d’en suivre plusieurs. Au départ, je pensais ne suivre que Cassie, notre héroïne, la première partie lui étant consacrée et très dense, et j’ai été surprise de passer ensuite à d’autres personnages… J’ai eu du mal au début, puis je m’y suis faite et heureusement !
Nous rencontrons Cassie lorsqu’elle est seule et tente de survivre. Elle s’accroche à un but pour continuer : retrouver son petit frère, emmené par l’armée. Ses réflexions, son évolution, ses craintes m’ont permis de me plonger totalement dans l’ambiance de chaos et de survie. Cassie est très intéressante, elle se construit superbement au fil des pages puis… Tout retombe comme un soufflet quand elle rencontre Evan. Parce qu’elle redevient une adolescente « normale ». Evidemment, cela permet de rappeler qu’elle est humaine et surtout qu’elle est encore jeune, mais toute cette partie avec Evan m’a coupée dans mon élan. J’ai levé les yeux au ciel je ne sais combien de fois et j’ai regretté la partie où elle est seule. Si je comprends qu’elle ne pouvait rester seule et atteindre son but, je reste déçue du résultat.
Comme je le disais, heureusement, on suit d’autres personnages à travers les aventures de Sammy, le petit frère de Cassie, emmené dans un camp d’entraînement où des enfants et des adolescents sont conditionnés pour tuer les Autres. A cinq ans à peine, on vous apprend à tuer. A sept/huit ans, on vous envoie en mission suicide. C’est complètement surréaliste mais, finalement, ça colle avec la logique de l’histoire. Bon, le fait de coller n’a pas suffi à me plaire : voir des gosses de dix ans se transformer en machines de guerre n’a pas complètement atteint son objectif avec moi. Mais ça se défend plutôt bien.

Entre personnages et trame de fond, La 5e Vague est plutôt pas mal. Ce n’est pas le livre du siècle mais la recette permet d’obtenir un plat qui fonctionne plutôt bien en bouche. Maintenant, il faut aimer le genre : personnellement, je pense qu’un livre avec des héros plus âgés me correspondrait plus mais j’ai su apprécié ce que celui-ci avait à m’offrir. Et puis, au fil des pages, l’histoire se complique pour s’éclaircir ensuite, et les choix scénaristiques de l’auteur s’avèrent cohérents et même intéressants.

Le gros bémol au-delà de la nécessaire histoire amoureuse d’adolescents (oui, là où Cassie devient chiante) ? L’écriture. Je ne dirais pas que c’est mal écrit… Juste mal coordonné. On est dans un style narrateur interne et c’est là que le bât blesse. Si au départ, notamment avec Cassie, tout file bien, la fin devient étrange. Cassie est une adolescente drôle, mais à travers son cynisme (cynisme que l’on comprend vue la situation). En tant que narrateur, elle utilise un langage adolescent, peu classieux, mais qui colle. Puis, finalement, je me suis rendu compte que l’auteur avait perdu l’authenticité de ce langage en l’adoucissant. Et il a fait l’erreur de caler des « m’occuper de son cul me prend un max de temps » à côté d’expressions d’un langage plus courant dans les descriptions. Cela m’a donné l’impression d’un énorme faux raccord. Le style fluide du départ s’est mis à sonner faux et a suffi à m’agacer dans les deux cents dernières pages. Peut-être que cela vient de la traduction mais, dans tous les cas, il y a un vrai problème avec l’écriture. Je ne suis pas tatillonne sur le sujet en général, mais là, ça a vraiment cassé le rythme de ma lecture et je le regrette. Surtout quand je vois des chroniques vantant le style d’écriture de l’auteur : quand on fait ce genre d’erreur, on a quand même besoin de se recentrer un peu.

Bref, ce livre est sympathique, bien pensé, plutôt bien ficelé sans pour autant être une pépite de réflexion scénaristique. J’ai pu apprécier ma lecture parce que je n’attendais rien d’exceptionnel. Si je n’avais eu que des retours enchantés, je crois que je serais tombée de bien haut. La 5e Vague n’a rien de révolutionnaire mais il permet d’étendre la science-fiction à un nouveau public, un public qui vit au rythme du Young Adult adaptable au cinéma. On aime ou on déteste cette mode, elle atteint tout de même ses objectifs : il y avait longtemps que je n’avais pas lu de science-fiction et ce livre m’a donné envie de retourner un peu vers ce genre. En tapant dans des romans bien meilleurs, évidemment.
Je lirai la suite parce que malgré ses défauts, le livre donne envie de poursuivre. Il donne envie de savoir comment les personnages vont réussir à affronter la fin de l’espèce. Ce n’est pas le nirvana mais plutôt une balade agréable : on s’en souviendra comme d’une promenade sympa mais on gardera en mémoire le mal de pieds qui va avec, et le temps un peu pourri. Un bon moment mais qui ne suffit pas à oublier les défauts qui vont avec.

Je le conseille à ceux qui aiment la Science-Fiction grand public et le Young Adult.

samedi 9 avril 2016

Tour de plume de Caroline Deyns

On continue avec les livres achetés d'occasion avec un premier roman qui a attisé ma curiosité, tant par sa couverture que son résumé. Malheureusement, cela n'a pas fonctionné comme je l'aurais voulu.



Quatrième de Couverture
Un jour, une jeune fille, Isis, entre dans la boutique pour demander son chemin, griffonne un plan, et, cédant à la tentation, dérobe le stylo du libraire. L'objet passera alors de main en main, pour nous entraîner dans une étonnante ronde de personnages : Isis elle-même, fragile adolescente aux journaux intimes peu communs ; Paul, jeune homme faussement ordinaire, s’égarant de soirées arrosées en nuits décousues ; Sybille, « bibliovore » obèse, qui s’est volontairement ensevelie sous la graisse au fil des ans ; Emma, trentenaire rangée dont la soudaine déraison ravive une ancienne fêlure ; Roman Hipser, écrivain reconnu…
Ainsi se déroule avec brio un récit dévoilant les failles de chacun, jusqu’à un surprenant final. C’est seulement alors que se révèle le sens du roman, de ce Tour de plume à la saveur douce-amère qui sait si bien tisser des liens entre l’amour des livres et les blessures des hommes.

Mon avis
Récit articulé autour de différents personnages à travers un objet qui leur est commun, Tour de plume aborde différents aspects de l’art et principalement de la littérature. De l’écrivain raté à l’adolescente étrange, en passant par le trentenaire perdu puis la quinquagénaire envahie par ses livres, de la muse répudiée à l’auteur reconnu, nous affrontons avec les personnages leurs prises de conscience et les raisons qui les ont amenés à être ce qu’ils sont.

Appréciant les petites tranches de vie, je pensais trouver dans ce livre différentes histoires touchantes, pleines de réalismes. A la place, j’ai eu sous les yeux la personnification des angoisses de l’artiste, agrémentées d’une plume qui n’était pas toujours en accord avec ce que j’avais l’impression de comprendre.
Le livre est bien écrit, peut-être « trop ». Trop de fioritures pas moment alors qu’une phrase simple aurait été plus percutante. La profane que je suis ne trouve pas que les phrases alambiquées conviennent à tous les romans et ce fut le cas ici. Une fois le livre refermé, on comprend mieux le choix, certes, mais cela ne m’a pas suffi à l’accepter. J’aurais aimé de la légèreté à certains moments même si, finalement, la lourdeur du texte a réussi à faire peser l’histoire. Dans le bon sens ? Je ne sais pas. Je n’ai pas réellement accroché à l’histoire. L’écriture y a été pour beaucoup. Mais pas seulement. Les personnages ont suscité ma pitié mais en aucun cas mon attachement. Névroses, psychologie de comptoir et métaphores filées autour de la littérature n’ont fait que m’éloigner des protagonistes. Mais, n’est-ce pas là aussi l’effet voulu ? On contemple finalement un spectacle de marionnettes, on regarde de loin ces personnages enfermés dans les cages qu’ils se sont eux-mêmes construits.
Si je n’ai pas été transportée par la lecture, c’est uniquement parce que le style ne fonctionne pas sur moi. Au fond, il y a de la qualité dans ce livre, je le reconnais, je n’ai juste pas été touchée. Je voulais en finir au plus vite, parce que je me sentais écrasée par ces histoires, ensevelie sous des phrases à la lourdeur étouffante, aux significations bien trop poussées pour que je les apprécie. Les comprendre, oui, les déguster, non. Et pourtant, même si je ne suis pas dotée d’une grande sensibilité littéraire quand on parle d’exercice de langue, je suis capable de ressentir la beauté d’un texte. Ici, j’ai perçu cette beauté sans qu’elle ne m’atteigne et c’est dommage.

La fin n’a pas fait mouche pour moi et, pourtant, elle est pleine de sens. Logique. Peut-être espérais-je quelque chose de plus original, ou de carrément banal. Deux extrêmes mais pas le juste milieu. Tant pis, le but recherché est moitié atteint avec moi : je suis venue, j’ai lu, j’ai compris, je suis repartie. Sans regard en arrière.

Pour un premier roman, Tour de plume a ses qualités et ses défauts. S’il ne m’a pas fait une grande impression parce que j’attendais autre chose, il plaira sûrement à ceux qui aiment les histoires de livres et les artistes torturés. Je le conseille uniquement à ce lectorat.

jeudi 7 avril 2016

Une étoile aux cheveux noirs d'Ahmed Kalouaz

L'avantage d'acheter des livres d'occasion, c'est qu'on se permet d'acheter des tas de livres sans se demander "et si ça ne marchait pas ?" et c'est tant mieux ! Ainsi, j'ai pu découvrir des tas d'auteurs comme Ahmed Kalouaz !



Quatrième de Couverture
Aux portes de l'automne, un homme entreprend de traverser la France à mobylette, d'un port de Bretagne jusqu'à Grenoble, pour aller retrouver sa mère. Née dans un village d'Algérie, descendue d'un bateau à Marseille dans les années 1950, elle va subir à quatre-vingt-quatre ans un dernier déracinement : l'immeuble dans lequel elle vit depuis quarante ans doit être rasé.
Au fils des mille kilomètres de trajet, le fils remonte le cours de l'histoire de sa mère : l'enfance confisquée, les premiers taudis lors de l'arrivée en France, le racisme mais aussi les parfums épicés de sa cuisine, sa force d'espérance, l'amour porté à ses quatorze enfants.
A cette mère illettrée, dépossédées très tôt de son destin, Ahmed Kalouaz adresse une lettre bouleversante de tendresse et de pudeur. Après l'évocation de son père dans "Dans tes mains", il poursuit l'exploration de sa mémoire familiale, illuminée par sa plume dense et limpide.

Mon avis
L’histoire s’articule uniquement autour du périple entrepris par ce fils, de Bretagne à Greboble, en mobylette. Il prend son temps pour rejoindre sa vieille mère, plusieurs jours, sur son engin qui ne respire pas la jeunesse et qui appartenait à son père. Au détour de ses haltes dans les villages qui attirent son attention, ce fils retrace le fil de la vie de sa mère, ce qu’il en sait. Il se rend compte qu’il y a beaucoup de choses qu’il n’a pas pris le temps de lui demander. Et il le regrette.

Ahmed Kalouaz nous entraîne dans quelques passages de vie d’une immigrée, mariée jeune, sans amour, ayant perdu des enfants, ses racines, sa jeunesse. D’un petit village d’Isère à une cité grenobloise, l’auteur nous parle de la misère, des difficultés rencontrées par les Algériens arrivés en France pour travailler. Racisme, dur labeur, paye médiocre, retraite honteuse… Mais, surtout, condition de la mère. Cette mère qui a quitté son pays en pensant y revenir rapidement mais qui est toujours en France à quatre-vingt-quatre ans, cette mère qui a élevé dans la misère tous ses enfants en leur assurant le meilleur avec ses maigres moyens, cette mère qui les a préservés de l’attrait du crime à coup de menaces, cette mère qui n’a jamais su lire mais qui leur a tout donné pour qu’ils puissent devenir de bonnes personnes, cette mère qui au fil des ans s’est rapprochée de la religion en voilant ses cheveux, en faisant le pèlerinage... Et ce fils qui se rend compte qu’il n’a peut-être pas suffisamment dit « merci », par pudeur, parce qu’on ne dévoilait pas ses sentiments, on n’abordait pas certains sujets… Comme le fait que cette mère illettrée n’ait finalement pas accès à ce qu’écrit son fils : personne parmi ses enfants n’a eu l’idée de lui apprendre à lire, à écrire. Elle n’en a pas formulé le désir parce que beaucoup de choses ne se disaient pas.

« Tu es là, que Dieu te garde, tu es souvent parti loin de moi. J’ai fait beaucoup d’enfants, il m’en est toujours resté deux ou trois, à portée de main, fidèles. Je parle, je parle, tu veux un thé peut-être ? Oui, tu veux un thé. On me dit que tu écris, mais pour qui ? Si ta mère n’y a pas droit, ça sert à rien non ? Et puis moi aussi j’ai de quoi raconter ! Si tu savais tout ce que j’ai fait pour vous, pour toi. Dans le noir, pour ne pas vous déranger, je cherchais la boîte d’allumettes. Je savais, en grattant la première, donner un peu de lumière dans la pièce. » (p106)

Ahmed Kalouaz réussit à transmettre toute sa mélancolie, tous ses regrets, toute la beauté de cette histoire. Ses descriptions sont superbes, poétiques et sans trop de fioritures. Le voyage et les souvenirs se mélangent tout au long du livre, avec des transitions parfois floues, sans que cela dérange, bien au contraire, on entre plus encore dans la tête du personnage. Prenez vos pensées, lorsque vous marchez par exemple : « le café de ce matin m’a fait du bien, vraiment, je me souviens de l’odeur du café dans la cuisine, quand j’étais petite, que papa buvait à grands bols, oh, j’adore les cheveux de la personne qui marche devant moi… ». Ce roman est écrit de façon aussi naturelle dans l’enchaînement, si ce n’est qu’il est bien plus poétique que nos pensées du matin. Il faut que ce genre de structure plaise, c’est évident, et c’est le cas pour moi. Cela m’a permis de prendre ce livre comme un vrai récit, comme si les mots que je lisais, je les prenais directement dans la tête de l’auteur. Le format court permet cet exercice et Ahmed Kalouaz le sublime.

Le narrateur soulève des questions liées à l’immigration, de la religion à l’attachement à l’Algérie pour sa mère, de son attachement à la France pour lui. Il appose sans violente opposition, parce que leurs vécus sont différents, leurs souvenirs aussi. Lui s’est construit en France, après être né en Algérie. Elle, a fait sa vie en France, avec en tête de rentrer un jour chez elle. Il ne peut y avoir de comparaison stricte et il n’en fait pas. Il compare et comprend qu’il n’a pas posé toutes les questions qu’il aurait dû à cette mère dont il ne connaît pas tout : elle a partagé avec lui très peu de souvenirs de l’Algérie de sa jeunesse, finalement, et il le regrette aujourd’hui.

Ahmed Kalouaz signe ici un récit tendre, triste et touchant. Décousu mais qui dit l’essentiel et dont la forme se prête complètement à des souvenirs saupoudrés çà et là. Deuxième tome d’un triptyque sur sa vie, l’auteur se livre dans un hommage poignant à sa mère, figure forte que la vie n’a pas épargnée. Les tomes peuvent se lire séparément, mettant chacun en avant une personne de sa famille. Si vous aimez les récits du genre, n’hésitez pas. Si par contre vous avez besoin d’une structure plus stricte, moins floue, vous risquez d’être légèrement déroutés par l’enchaînement des idées. Pour la poésie, les regrets, la vie, foncez.

mercredi 6 avril 2016

Le charme discret de l'intestin de Giulia Enders

Aussitôt acheté, aussitôt lu ! Ce livre est un bon gros coup de ♥ ! De la science vulgarisée avec justesse, de l'humour, de jolies illustrations : une magnifique histoire d'amour entre l'auteur et l'intestin.



Quatrième de Couverture
Surpoids, dépression, diabète, maladies de peau… et si tout se jouait dans l’intestin ?
Au fil des pages de son brillant ouvrage, Giulia Enders, jeune doctorante en médecine, plaide avec humour pour cet organe qu’on a tendance à négliger, voire à maltraiter. Après une visite guidée au sein de notre système digestif, elle présente, toujours de façon claire et captivante, les résultats des toutes dernières recherches sur le rôle du “deuxième cerveau’’ pour notre bien-être. C’est avec des arguments scientifiques qu’elle nous invite à changer de comportement alimentaire, à éviter certains médicaments ainsi qu’à appliquer quelques règles très concrètes en faveur d’une digestion réussie.
Irrésistiblement illustré par Jill Enders, la soeur de l’auteur, voici un livre qui nous réconcilie avec notre ventre.
Succès surprise, Le Charme discret de l’intestin s’est vendu à plus de un million d’exemplaires en Allemagne et sera publié dans une trentaine de pays.

Née en 1990, Giulia Enders, passionnée de gastroentérologie, finalise sa thèse à l'université de Francfort. Motivée par la guérison de sa grave maladie de peau grâce à un changement radical de son alimentation, la jeune femme se penche sur les études les plus récentes de ce domaine. Premier prix de la Nuit des sciences de Berlin, où les jeunes chercheurs communiquent de la façon la plus originale le résultat de leurs études, son intervention a eu un succès faramineux sur la Toile.
L’illustratrice Jill Enders, graphiste diplômée, participe dès le début au succès des travaux de sa soeur.


Mon avis
J’ai entendu parler de ce livre il y a plusieurs mois déjà et, dès le départ, il m’a appelée. Je suis ce qu’on pourrait appeler une « décomplexée du caca », je n’ai aucun problème à dire « Je vais faire caca ». Si on a le malheur de m’entendre à travers la porte, et bien tant pis. Et si on le dit « Mais ça ne nous intéresse pas, j’aime pas », c’est bien dommage : être décomplexée du caca, c’est le meilleur moyen de pouvoir aller au toilette quand on en a besoin sans que la tête bloque le processus parce qu’on sait qu’il y a un autre individu dans le coin. Et ça, croyez-moi, c’est magique : se foutre totalement de la finesse de la porte qui vous sépare de la foule permet de se sentir mieux. Surtout en cas de stage de terrain de plusieurs jours, en cohabitation avec ses camarades géologues. Pourquoi tout ce laïus ? Parce que, forcément, quand j’ai vu la façon dont Giulia Enders parlait de l’intestin, en insistant sur le fait qu’on ne devait pas avoir honte de notre système digestif, je me suis dit illico que c’était pour moi (et ce sera peut-être pour vous).


Le charme discret de l’intestin est souvent positionné dans les rayonnages consacrés à la diététique et aux régimes A TORT. Ici, Giulia Enders ne nous dit pas « donne ça à ton corps et tu auras ça », pas du tout : elle nous présente plutôt l’intégralité du système digestif, de la bouche à l’anus, en montrant par A + B que l’intestin est le centre, le cerveau même de notre digestion, et de bien plus encore. Le fonctionnement de nos organes est détaillé de manière très abordable et Giulia Enders effectue un véritable travail d’orfèvre en rendant donnant enfin ses lettres de noblesse à notre intestin : elle sublime cet organe qu’elle aime, qu’elle chérit et qu’elle veut faire briller.
Appuyé sur des publications récentes (dont les sources sont citées en fin d’ouvrage), son travail aborde beaucoup de phénomènes de « mode » comme les intolérances au gluten et au lactose : Giulia Enders explique ce qu’il se passe réellement dans notre intestin et donne des pistes pour s’adapter. Mais uniquement des pistes. Parce que là est toute la différence avec les ouvrages sur la digestion, et plus généralement l’alimentation, qu’on trouve actuellement : la doctorante ne nous dit pas quoi faire, elle nous explique les causes, nous propose différentes solutions mais nous met constamment en garde contre les idées reçues, les régimes radicaux (surtout sans raison valable) et les fausses solutions.
Le but de Giulia Enders n’est pas de nous proposer un autre mode de vie, non, elle cherche juste à nous présenter ce système digestif qui fonctionne à plein régime dans notre corps et les bactéries avec lesquelles nous cohabitons depuis notre naissance. Elle nous aide à apprendre à nous connaître et à nous réconcilier avec cet organe « disgracieux » qu’est l’intestin, organe qui pourtant est plus propre que nos mains ou le sol que nous foulons chaque jour car en totale adéquation avec nous-même.

Le charme discret de l’intestin se lit comme un roman, agrémenté de quelques illustrations mignonnes et efficaces. Le contenu est abordable par chacun et tout est si bien expliqué que rien n’est incompréhensible. L’écriture de l’auteur est parfaitement adaptée à l’esprit de ce livre : phrases précises et imagées à la fois, humour détonnant, descriptions amoureuses de l’intestin et de ce qui l’entoure, exemples qui parlent à tous les lecteurs… Vraiment, lire ce livre est un pur régal et cela va vite, à part peut-être la dernière partie qui aborde les bactéries et qui, sans être lourde pour un sou, est moins légère que les deux premières parties.

L’humour est vraiment la clé de ce livre, un moyen de faire plaisir à ceux qui, comme moi, n’ont pas de problèmes avec leur système digestif et de détendre doucement les lecteurs qui ont plus de mal à aborder cet aspect de leur corps. Juste pour le plaisir :

Conclusion n° 1 : c'est vrai, en position accroupie, le canal intestinal est droit comme une autoroute et tout ce qui y circule va droit au but. Conclusion n° 2 : il y a des gens sympas qui avalent des substances fluorescentes et se font radiographier pendant qu'ils font caca, tout ça our servir la science. Deux résultats qui, à mon avis, ne devraient laisser personne indifférent. (p30)

Et gros gros plus pour « Le carnet scatologique » qui détaille tous les cacas, de la couleur à la consistance. Forcément, c’était pour moi !

Il est aussi agréable de voir de la remise en cause dans un texte de vulgarisation : plusieurs fois, Giulia Enders insiste sur le fait que certaines études ont encore besoin d’être validées, que la recherche a encore beaucoup à faire. Même en s’adressant à un public qui n’a pas le bagage pour savoir démêler le vrai du faux, la doctorante reste franche et ne joue pas le jeu de certains scientifiques qui tiennent pour acquis des résultats qui ne le sont pas toujours. Je ne peux que louer son attitude.
Des hypothèses très intéressantes reliant notre intestin à notre état psychologique sont amenées dans ce livre et elles offrent des pistes de recherche sur le sujet, notamment à travers les bactéries. Il est possible que certaines bactéries présentes dans notre système digestif soient capables d’influencer notre mental : si elles raffolent d’un mets, elles pourraient nous pousser à le consommer sans que nous nous en rendions compte, persuadés que c’est son goût qui nous fait y revenir. De même, des études menées sur les taxoplasmes montrent que ces parasites pourraient nous pousser à avoir des comportements extrêmes, comme des rats qui, défiant leur instinct de survie, resteraient à proximité de l’urine de chat car les taxoplasmes de leur organisme feraient en sortent de pénétrer dans le système disgestif d’un chat, palace suprême pour eux, en passant par la voie royale.
Bref, ce livre regorge d’informations plus intéressantes les unes que les autres et nous montre à quel point sous-estimer notre « deuxième cerveau » est bien dommage.

J’ai pris énormément de plaisir à lire cet ouvrage, à en découvrir plus sur mon intestin et ses à-côtés, à comprendre que notre système digestif a une influence directe sur notre esprit. Giulia Enders a réussi à me transmettre son amour de l’intestin et je vais, à mon tour, tout faire pour passer le relai. Libérer la parole sur l’intestin et ce qui en découle n’est pas facile mais c’est passionnant et ça peut avoir des effets tellement libérateurs que je ne peux que vous conseiller, au minimum, de ne pas chercher à renier cette partie de notre corps avec laquelle vivre en harmonie est essentiel pour se sentir mieux. Et, je vous l’assure, être décomplexé du caca est une expérience qui fait du bien !

dimanche 3 avril 2016

La Quantité, la Qualité, la Honte, la Masse et l’Hypocrisie : quand on nous prend pour des pigeons sans cervelle.

Me voilà relancée dans le partage de mon ressenti du moment. C'est un texte un peu décousu, qui part dans tous les sens sans réellement approfondir un point en particulier mais j'avais envie d'aborder le sujet.

Aujourd’hui, je vais vous parler d’un sujet qui me taraude : éditer de la daube parce que ça se vend et, surtout, participer à cet engrenage malsain en tant que critique amateur.

C’est en écrivant une chronique sur une saga mal écrite et sans profondeur que j’ai eu envie de faire cet article, après avoir discuté du sujet au cours de ma lecture avec mes potos lecteurs. Maintenant, certains éditeurs (principalement américains j’ai l’impression), se contentent de publier des ouvrages médiocres parce qu’ils savent qu’ils les vendront. Pourquoi travailler sur la qualité quand on est déjà assuré de la quantité ? Prendre le lecteur pour une bonne poire avec un porte-monnaie, c’est « moderne ». Si on semble épargné en France avec nos maisons d’édition plus modestes, celles qui traduisent en masse les ouvrages bien vendus à l’étranger entrent tout de même dans cet engrenage malsain. Mais pourquoi est-ce que ça fonctionne ?



Quand on écrit un texte de bit-lit/urban fantasy/young adult fantastique, si on est mauvais, ce n’est pas bien grave parce qu’à coup de grandes campagnes de pub, la maison d’édition saura soutirer de l’argent aux pauvres lecteurs qui aiment ça et ont, malheureusement, appris à se contenter du médiocre. Pourquoi se fouler à donner une histoire bien écrite quand quelque chose de moyen à mauvais se vend quand même ?
L’exemple le plus actuel vient avec toutes ces fan-fictions qui deviennent des best-sellers : les lecteurs font fi de la forme pour se concentrer sur le fond. Mais réveillez-vous ! Vous méritez mieux ! On vous considère comme un sous-lectorat alors que, par le slip de Merlin, vous avez tout aussi droit à un beau texte qu’un amateur d’essais philosophiques. Encore une fois, on fait de l’argent sur le dos de personnes qui ne savent pas qu’elles peuvent demander mieux… Et ça m’écœure. Je ne critique pas ceux qui aiment ces livres, loin de là, je crache par contre mon dégoût au visage de ceux qui ne font pas l’effort d’offrir de la qualité à un lectorat fidèle et qui paye.
Et ça ne concerne pas uniquement ces genres. C’est un peu le même combat en littérature jeunesse : sous prétexte que l’on s’adresse à des enfants ou des adolescents, on fait parfois moins d’efforts. Pourtant, les lectures font elles aussi partie des petites briques que l’on utilise pour se construire. Certains genres semblent même s’être fait une raison et c’est triste : la Littérature du Terroir, par exemple, avec ses histoires à base de terres arides à faire revivre et de pauvre veuve fatiguée qu’un bel ingénieur agronome va aider… Certains auteurs ne se foulent plus, débitant trois/quatre livres à l’année avec un lectorat ciblé et fidèle, parce que ça fonctionne comme ça et que changer n’est pas utile.



On mérite mieux que ça ! Seulement, on a aussi le droit de s’en contenter mais, là aussi, le bât blesse. Rares sont les personnes qui assument lire des ouvrages qui sont franchement peu recherchés et mal écrits parce qu’on entre alors dans le débat sans fin de la qualité de la lecture. Il y a, en France en tout cas, une idée assez vilaine qui dit que lire de la littérature dite « bas de gamme » c’est Le Mal. Mais à quel moment a-t-on commencé à laisser ce clivage bonne lecture (celle qui fait réfléchir et est écrite avec des mots compliqués) - mauvaise lecture (comprendre qu’elle n’est pas faite de tous les effets de style nécessaires à la masturbation intellectuelle) prendre de l’importance ? Sûrement depuis des décennies.
Hiérarchiser les lectures est encore et toujours un moyen de se situer au-dessus des autres. Si ce n’est pas ce sujet que je souhaite aborder, il touche tout de même mon problème du doigt : puisqu’il y a une sorte de jugement dans le regard des autres quand on expose ses lectures, on cherche à se justifier. Et c’est bien dommage de 1) parce que chacun lit ce qu’il veut quand il veut quoi qu’en pensent les autres, de 2) parce qu’on en vient à mentir sur la qualité de l’ouvrage que l’on lit.


Rienafoutr' de ce que les autres pensent !

Je voudrais militer pour le droit à lire de la merde, mais ce, en toute honnêteté. Combien de fois me suis-je retrouvée avec un livre entre les mains parce que je n’en avais entendu que des éloges alors, qu’en fait, c’était terriblement mauvais ? Pourquoi ne pas assumer avoir aimé un livre moyen à mauvais pour ne pas berner les personnes suivantes ? On a le droit d’aimer un livre bancal. On a le droit de dire « c’est mal écrit, c’est cliché, niais, mais j’aime ».
Par pitié, copains de la sphère des critiques amateurs du web, arrêtez de berner le monde à coup de « c’est un super livre » parce que vous n’assumez pas de lire de la daube. Soyez honnêtes. Permettez aux suivants de savoir à quoi s’attendre. Ce n’est pas un crime d’aimer quelque chose de mauvais. Ce n’est pas honteux de payer 20 euros pour un livre écrit avec les pieds (c’est de vous le vendre qui est honteux). Par contre, participer à cette mascarade en faisant croire que chaque livre pourri est le livre du siècle, c’est arnaquer la moitié du lectorat, cette moitié qui refuse de se contenter du médiocre ou qui n’a pas envie de mettre ces 20 euros dedans. Parce que la prochaine fois que je lis un livre en m’attendant à quelque chose de chouette parce que j’ai lu une super chronique dessus alors, qu’en fait, la chronique n’était pas honnête, je trucide le responsable sur la place publique (bon, ok, peut-être pas, mais attention tout de même).



Et petit point mineur dans cet article mais non dans la vie : j’ai vu des gens se sentir mal parce qu’ils n’avaient pas aimé ce que la Masse glorifie… MAIS NON ! Chacun ses goûts, ses envies, ses préférences… Mais, surtout, il faut garde en tête que, en plus, certaines chroniques ne sont pas complètement honnêtes (et cela parfois en toute inconscience). Vive la pluralité des goûts, elle fait de ce monde quelque chose de beau est d’intéressant ! Affichez haut et fort vos différences, elles font ce que vous êtes et elles permettent de vrais débats et non une simple surenchère d’avis mielleux. N’ayez pas peur d’avancer à contre-courant, moi, je vous aime quand vous écrivez avec vos tripes. Et dans le même ordre d’idée : n’ayez pas honte de vos lectures ! Assumez-les jusqu’au bout, sans rougir.


La Masse n’est pas un gros mot, et en faire partie n’est pas un problème. Cette Masse est ce qui nourrit ces pratiques honteuses : on nous habitue à de la qualité bancale et on finit par ne plus savoir, à titre personnel, ce qui est bon ou mauvais pour nous, ce qu’on attend personnellement d’un livre.

J’ose vous demander, gens de la sphère des critiques amateurs du net, d’être plus honnêtes avec ceux qui vous lisent, d’assumer aimer des choses qui, franchement, ne sont pas bonnes. Je le fais personnellement. J’essaie de tempérer mes émotions quand je m’emballe pour un livre et que je sais que ce qui fonctionne sur moi ne peut pas forcément fonctionner sur les autres. Faites-en de même. Merci.

Je hiérarchise mes lectures en fonction de leur qualité mais aussi de mon ressenti. Et cette hiérarchisation m’est personnelle. Je ne demande à personne d’y adhérer, au contraire. Et, surtout, je n’autorise personne à venir taper dans mon échelle de lecture comme un gamin dans une fourmilière. Chacun est libre d’aimer ce qu’il veut, de préférer Marc Lévy à Victor Hugo, Tolkien à Bottero. Le but d’un livre est de nous transporter, de nous faire voyager et réfléchir. Qu’importe si c’est grâce à Oui-Oui fait de la peinture avec un pinceau en poils pubiens que vous atteignez la plénitude, tant que vous ne nous dites pas « Oh la la cette idée est brillante et c’est le texte le mieux écrit de tous les temps ».

PS : Résistons face à la médiocrité pour faire des sous ! Affirmons haut et fort qu’on mérite mieux ! Et assumons au passage si on ne souhaite pas mieux. Mais, surtout, lisons ce que l’on veut quand on le veut !



PPS : Si tu veux venir débattre avec d'autres passionnés, n'hésitez pas à rejoindre le sujet sur A&M.

Damnés, Tome 1 de Lauren Kate

C'est l'heure de la chronique assassine, celle qui n'avait pas pointé le bout de son nez depuis bien longtemps !



Quatrième de Couverture
Lorsque Luce rentre à Sword & Cross, un lycée d'éducation surveillée, elle est d'emblée attirée par le ténébreux Daniel.
Dans cet endroit sinistre où les portables sont interdits, où les élèves ont un passé lourd et où des caméras surveillent les moindres faits et gestes de chacun, Daniel devient une obsession.
Mais le jeune homme évite Luce, qui est aussi courtisée par Cam, un beau brun aux yeux verts. Malgré sa fascination pour Daniel, Luce n'arrive pas à résister à Cam. Ce dilemme perturbe la jeune fille, déjà déstabilisée par la présence d'ombres, qui la poursuivent et l'inquiètent depuis l'enfance. Tout est conçu pour que l'ordre règne à Sword & Cross, pourtant ce lieu deviendra le théâtre de drames troubles et mystérieux.

Mon avis
Luce est envoyée par ses parents à Swird & Cross, un lycée très surveillée dans le genre, normalement, centre de redressement soft parce que son petit copain a subi une combustion spontanée sous ses yeux dans une barque, sur un lac… Et tout le monde pense qu’elle en est responsable… Donc elle n’est pas surveillée par la police et ses parents estiment que la mettre dans un lycée bizarre est une solution. Tout va bien. Et dans ce lycée, Luce va découvrir qu’il se trame quelque chose d’étrange. Les caméras surveillent tous ses faits et gestes, elle n’a droit qu’à un appel tous les 36 du mois et les cours ne suivent pas le programme scolaire basique. Puis, dès son arrivée, des filles bizarres semblent tout connaître du lycée et avoir des passe-droits pour toutes sortes de choses, comme cette fille étrange qui sait gruger les caméras et entrer dans des zones normalement interdites aux élèves sans que personne ne s’en offusque. Pratique !
Et, évidemment, il y a deux garçons. Deux garçons sublimes, dont Daniel sous le charme duquel elle tombe au premier regard. Malgré son comportement pas très gentil envers elle : mais comment peut-il lui faire un doigt d’honneur alors qu’il ne la connait même pas ? Le goujat ! Mais, sexy, le goujat. Et dès le premier jour il hante ses pensées parce que « oh j’en ai vu des garçons trop beaux mais ça ne m’intéresse pas mais lui oh la la la ce qu’il est beau c’est fou » (je n’ai pas le livre sous la main et c’est dommage parce que c’est un passage à mourir de rire). Et il y a Cam, celui qui a tout du bad boy (il porte du cuir quoi, et il est beau mais genre trop gentil, c’est pas normal, il cache forcément quelque chose, les vrais bons garçons sont des goujats au début parce qu’ils ont toujours une bonne raison pour ça) et qui, évidemment, drague Luceà fond. Bref, un bon triangle amoureux à venir, n’est-ce pas ? Et ensuite, tout part en vrille parce qu’il se passe des choses vraiment étranges : des ombres se baladent et Luce est déstabilisée (alors qu’elle voit ces ombres depuis toujours, logique, voyez-vous), des statuts tombent sur des gens, des incendies (encore) se déclenchent tout seul ET un élève meurt. MAIS on ne mène pas d’enquête, on ne ferme pas l’établissement, non. On continue son train-train, dans un lycée hyper surveillé mais où chacun fait ce qu’il veut, où les professeurs sont bizarres, où seule la meilleure amie de Luce se dit qu’il se passe quelque chose de bizarre (elle n’a pas de nouvelles, s’inquiète, normal, mais les parents, eux, c’est pas trop leur cas).
Bref, vous aurez compris à quel point ce résumé reflète ma pensée : ce livre est une bonne blague. Une bonne grosse blague.

Comme avec la saga Hush Hush, on nous promet monts et merveilles sur le mythe des anges déchus et, comme avec la saga Hush Hush, on nous force à mériter cette histoire avec du sang et des larmes : il faut se farcir l’héroïne insipide, les personnages creux, les dialogues mauvais, les incohérences notoires, les envies de vomir, de jeter le livre contre un mur, dans les toilettes… D’accord, je parais un peu extrême. Mais, mettez-vous à ma place deux minutes : j’ai détesté Hush Hush de toute mon âme et je ne suis pas allée jusqu’au bout parce que la torture n’est pas mon met favori ; donc me retrouver une nouvelle fois dans la même situation, ça a de quoi me donner envie de tuer des gens. Encore une fois, je me fais berner : j’ai envie d’une histoire d’anges déchus et je dois souffrir pour y avoir droit. Et ce n’est pas le pire : je suis certaine que Hush Hush est mieux construit que Damnés sur l’échelle de la mort « qui est le moins pire ».
Ici, Luce est à claquer. Elle est stupide, superficielle, inintéressante… Et on essaie de nous faire croire le contraire. Mais de qui se moque-t-on ? Et ses co-stars au casting ne brillent pas non plus. Aucun personnage n’a su obtenir mon intérêt. Rien, nada. On vogue de stéréotype en stéréotype de façon insupportable : le garçon gentil au début ne peut pas être le bon et doit être le méchant, tout comme le méchant du début est forcément torturé et gentil au fond… Oui, il faut bien ça, le héros torturé qui repousse l’amour de sa vie parce qu’il ne veut pas qu’elle souffre… Alors que, bon, quand on est un ange, si notre grand amour meurt et se réincarne à chaque fois, nous évitant les passades compliquées incluant le côté moisi de Luce ressurgir, pourquoi s’en priver ? Sérieux, Daniel, profite ! Luce elle est insupportable. Et on te donne la chance de la changer à chaque fois, juste ce qu’il faut pour qu’elle oublie qu’elle est chiante ! Mais fonce !

Oui, pardon, j’ai spoilé. Mais en fait, pas tant que ça, parce que Damnésest si bien écrit que le mystère censé planer sur l’intrigue se casse la gueule dès les premiers chapitres. Donc, pour l’information de base : les trois quarts des élèves de ce lycée sont des anges, là « par hasard » et pouf, Luce, l’amour interdit de Daniel débarque, « par hasard ». Elle meurt dès qu’ils entrent en contact et se réincarne (mais avec la même figure… Ce n’est pas de la réincarnation mais passons). Et un grand chamboulement parmi les anges déchus est à venir, pour la suite de la saga…

Parlons un peu de la plume de Lauren Kate, pour la forme. Ce n’est pas brillant. Aucune harmonie, des dialogues qui tombent à plat, des essais de poésie qui s’écrasent comme les moustiques sur le pare-brise l’été… Bilan bien maigre. Mais pourquoi ? Parce qu’aujourd’hui, on n’a plus besoin de se fouler sur la qualité pour vendre en quantité et qu’importe si on prend le lecteur pour un guignol.

Fort heureusement, je n’ai pas eu à payer pour cette saga, que j’ai récupérée dans un carton de déménagement. Et je ne l’aurais pas achetée. J’aurais pris mes précautions en lisant des chroniques et en voyant les rapprochements avec Hush Hush, j’aurais très vite pris mes jambes à mon coup. J’ai commencé le second tome, parce que je suis comme ça, j’essaie de voir où sont mes limites. Elles se situent au premier quart du second tome pour le moment (parce que le second tome est encore pire, oui oui, c’est possible).

En conclusion, je ne conseille absolument pas cette chose qui se fait appeler livre, sauf si vous aimez les livres mal écrits, aux personnages stéréotypés et aux histoires d’amour niaises en premier plans (je ne juge pas, si vous aimez, foncez).

PS : Merci à tous ceux qui ont écrit des chroniques moyennement honnêtes en assumant pas aimer un livre bancal.

samedi 2 avril 2016

Les Morues de Titiou Lecoq

Mon ancienne coloc m'avait beaucoup parlé de ce livre, partout : dans ma chambre, dans la sienne, dans le salon, la cuisine, le jardin... Et sur le forum A&M aussi ! Et pour le Challenge A&M Vide ta PAL, j'ai enfin craqué !



Quatrième de Couverture
C'est l'histoire des Morues, trois filles - Ema, Gabrielle et Alice – et un garçon – Fred –, trentenaires féministes pris dans leurs turpitudes amoureuses et professionnelles. Un livre qui commence par un hommage à Kurt Cobain, continue comme un polar, vous happe comme un thriller de journalisme politique, dévoile les dessous de la privatisation des services publics et s'achève finalement sur le roman de comment on s'aime et on se désire, en France, à l'ère de l'Internet. C'est le roman d'une époque, la nôtre.

Trépidant dans son volet polar, sensible lorsqu’il raconte l’énergie dépensée par les femmes pour préserver leur indépendance, Les Morues dresse le portrait insolent d’une époque sans mode d’emploi. Un excellent premier roman. Be.
Bien écrit en un savant négligé, voilà un premier roman épatant, drôle et instructif. Le Canard enchaîné.

Mon avis
Ema est une journaliste typiquement parisienne, qui mène une vie tout sauf rangée, refusant de se laisser enfermer dans un train-train quotidien bien rodé et dicté par la société. Quand son amie d’enfance, dont la vision de la vie diffère de la sienne sur le sujet, se suicide, Ema part doucement en vrille… Et se lance dans une enquête complètement barrée parce que, franchement, non, Charlotte n’a pas pu se suicider. Et encore moins avec un flingue.

Et c’est ainsi qu’on plonge dans le quotidien d’Ema, à travers son boulot où, moyennant quelques articles « people » elle réussit à glisser quelques articles plus creusés, à travers ses amis et, surtout, le trio féministe qu’elle forme avec Gabrielle et Alice. Au fil d’anecdotes sans lien apparent entre elles, on se glisse dans la vie d’Ema, on savoure la prose de Titiou Lecoq et ses idées sur le monde actuel. Un pan de vie où, finalement, l’enquête menée sur la mort de Charlotte finit par passer au second plan pour qu’on touche le but réel du roman : faire évoluer Ema, lui permettre de comprendre qu’elle peut avoir ses convictions tout en empruntant des chemins pseudo-conventionnels.
Car c’est bien toute la question soulevée par Les Morues : les cases sont réductrices mais rien ne nous empêchent de nous y glisser pour déplacer les parois et les adapter à ce que l’on est, sans se perdre. Après tout, ces cases sont des repères sociétaux qui ne veulent rien dire si on décide d’en faire ce que l’on souhaite.

Les personnages sont intéressants, ils ont tous un petit quelque chose qui fait qu’on a envie de les suivre, de les comprendre et de les épauler dans leur épopée (parce que, oui, on peut parler d’épopée quand il s’agit d’un chemin de vie d’abord !). Une chose m’a particulièrement dérangée : le côté très parisien du livre. La provinciale que je suis ne peut s’identifier complètement à ces personnages. Il y a un réel clivage entre Paris et le reste de la France, un clivage que l’on sent bien dans ce livre. Il ne m’a pas empêchée d’apprécier pleinement ce roman mais il m’a encore rappelé à quel point les Parisiens sont différents du reste des Français. Je ne saurais même pas expliquer en quoi, c’est réellement un ressenti global. Les mentalités ne sont pas les mêmes, tout est dans le paraître, la course à la vie sociale la plus intéressante et la plus fun, le besoin de connaître les lieux branchés, de se sentir comme une personne libérée… Je me demande si c’est une question de pression, si c’est vraiment typique de Paris de devoir montrer qu’on est quelqu’un à travers tout ce que l’on fait. Oui, vous me direz, chaque être humain se définit à travers le regard de l’autre… Mais, vraiment, dans ce roman, il y a le côté « vie parisienne » très marqué pour définir une identité. Je pense qu’il faut le vivre pour le comprendre et, évidemment, de mon Sud natal, c’est compliqué. Quoi qu’il en soit, ce détail est devenu bien mineur au fil des pages.
Et d’ailleurs, on tombe parfois dans le cliché très à la mode du « celui qui travaille pour le capitalisme rate sa vie ». Les personnages qui travaillent pour les grosses boîtes à des postes importants sont mal lotis dans le roman, là où ceux qui ont un boulot différent semblent être vus comme des personnes qui s’épanouissent plus facilement. Je ne dis pas que c’est faux mais je ne pense pas que cela soit vrai : le roman est un peu trop dans le tout noir ou tout blanc sur ce point et c’est dommage.

Titiou Lecoq a une plume agréable. Ce n’est pas à travers des envolées lyriques qu’elle s’exprime mais à partir d’un phrasé très actuel et qui pourtant fait mouche. Elle réussit à mettre les mots justes sur ce qu’elle cherche à transmettre. On est loin de la plume des grands auteurs classiques mais, finalement, on est pile poil dans une écriture qui parle très bien au lecteur et, en fouillant un peu, on trouve du très beau dans quelque chose qui semble simple au premier coup d’œil.
On retrouve complètement le style de la journaliste dans ce roman : ceux qui ont déjà fait un tour sur ses articles ou sur son blog retrouveront ce qui fait le charme de son écriture.

Au-delà des préoccupations quotidiennes de nos personnages, Titiou Lecoq soulève des questions plus profondes, comme la privatisation de la culture ou le féminisme. La privatisation de la culture est un sujet intéressant mais c’est du féminisme (et non, ce n’est pas un gros mot) que je préfère parler. Les Morues, c’est le trio initial formé par Ema, Gabrielle et Alice, un trio dont le but est d’établir une charte du féminisme basé sur les expériences de chacune… Et c’est important. Aujourd’hui, trop nombreux sont les gens qui ne comprennent pas que le féminisme n’est pas une notion figée. Le féminisme, c’est ce que chacun (et oui, pas chacune parce que ce n’est pas réservé qu’aux femmes) décide d’en faire pour lui. Ema, Gabrielle et Alice adapte des idées générales à leurs envies, leurs expériences et c’est là que j’aime Titiou Lecoq : elle rappelle que le féminisme c’est avant tout vouloir mettre les femmes au même niveau que les hommes de la façon dont elles le souhaitent. Le sexe ? C’est comme tu veux : dans tous les sens avec tout le monde ou en missionnaire avec la seule personne que tu as connue dans ta vie. Le couple ? C’est comme tu veux : engagement précis ou limite floue. Ta tenue ? C’est comme tu veux : que tu portes des talons de 15cm malgré la douleur parce que tu te sens bien ou que tu te balades avec ton vieux fute qui a fait la guerre et qui a un aspect douteux. Le féminisme, c’est ça, c’est pouvoir faire, dire, penser comme tu le veux sans qu’on te dise « mais t’es une femme, tu peux pas faire ça » ou pire « tu peux faire ça mais… il y a des conséquences ». Et ça, Titiou, elle nous l’écrit noir sur blanc et ça fait du bien. Nos trois héroïnes féministes doutent parfois de leur engagement avant de se rappeler que, merde, c’est bien parce qu’elles font ce qu’elles veulent qu’elles sont féministes, et pas parce qu’elles suivent un concept. Elles écrivent leur charte mais la modifie au grès du fil de leur vie. Et ça, les enfants, c’est le point important que je veux garder de ce livre si je ne dois en retenir qu’un. Qu’on soit Parisien ou Provincial, qu’importe : faisons ce qu’on veut, quand on veut sans que notre genre ne soit une limite imposée par des personnes qui osent penser qu’un sexe implique une différence entre deux individus.

Au final, ce livre, c’est un peu comme le blog de Titiou Lecoq : une tranche de vie, à travers différentes situations mais qui permettent aux personnages de se construire, d’avancer, de vivre. Et pour tout ça, je ne peux que le recommander. Il se lit rapidement, détend mais fait aussi réfléchir. Ce n’est pas le roman du siècle, ce n’est pas ce que j’ai lu de meilleur mais j’ai passé un bon moment. J’ai apprécié chaque page malgré les petits défauts, malgré certains clichés qui m’ont fait lever les yeux au ciel, et je suis sûre que d’autres sauront aussi apprécier.

jeudi 31 mars 2016

Le Blog du Moment : Cinquième de Couv'

Il y a bien longtemps que je n'ai pas présenté de nouveaux blogs et, pourtant, je fais chaque jour de chouettes découvertes en la matière. Pour reprendre en main cette catégorie de mon blog, voici un nouveau Blog du Moment.


Cinquième de Couv', c'est le blog de Sandra, plus connue sous le pseudo de Jacana sur Accros & Mordus de Lecture. Lectrice compulsive rencontrée sur le forum, Sandra est le genre de copine de lecture qu'on aime avoir à ses côtés. Elle lit des tas de choses, toujours super intéressantes d'ailleurs, et ses avis ont le terrible pouvoir de vous faire sombrer du côté obscur de la force ! Son blog est simple mais efficace : on y trouve tout de suite ce qu'on vient y chercher et c'est pour cela que je vous le conseille grandement ! N'hésitez pas à y foncer tête baissée, ça vaut le détour.

Enjoy it !

samedi 19 mars 2016

Le bizarre incident du chien pendant la nuit de Mark Haddon

Mes chroniques arrivent dans un ordre complètement anarchique mais au moins, elles ramènent leurs fesses ! Aujourd'hui, je vous présente une chronique pour un livre que j'ai reçu lors d'une opération inter-livre sur facebook. Je l'ai directement ajouté à ma liste pour le Challenge A&M Vide ta PAL. Une vraie petite pépite ! Le livre n'est pas parfait mais il a fait son job et devient mon premier coup de ♥ de l'année !



Quatrième de Couverture
Qui a tué Wellington, le grand caniche noir de Mme Shears, la voisine ? Christopher Boone, " quinze ans, trois mois et deux jours ", décide de mener l'enquête. Christopher aime les listes, les plans, la vérité. Il comprend les mathématiques et la théorie de la relativité. Mais Christopher ne s'est jamais aventuré plus loin que le bout de la rue. Il ne supporte pas qu'on le touche, et trouve les autres êtres humains... déconcertants. Quand son père lui demande d'arrêter ses investigations, Christopher refuse d'obéir. Au risque de bouleverser le délicat équilibre de l'univers qu'il s'est construit...

Mon avis
Christopher est ce que le commun des mortels appelle une personne « déficiente ». Sa réflexion n’emprunte pas les mêmes chemins que la nôtre, ses capacités intellectuelles sont décuplées et ses relations sociales sont compliquées. Pour lui, la sécurité passe par la routine, un emploi du temps bien calibré, à la minute près. Il vit seul avec son père et suit des cours dans un institut spécialisé. Son monde est bouleversé quand il retrouve le chien de sa voisine, mort, assassiné à coup de fourche. Christopher, très touché par l’événement, décide de chambouler sa vie en se lançant dans une aventure qui le fait sortir des petites boîtes dans lesquelles il se sent bien : il entame une enquête minutieuse pour découvrir qui a tué ce pauvre chien et il relate chacune de ses découvertes dans un livre. Un vrai livre, qui ne raconte que la vérité et qui ne ment pas, contrairement aux romans qu’il déteste. Les faits et rien que les faits, vus avec ses yeux, analysés avec son esprit si particulier.

Le bizarre incident du chien pendant la nuit est le genre de livre qui attire très vite l’attention. On me l’a offert au cours d’un échange de livres et, dès la couverture, mon intérêt a été titillé. Que ce soit l’illustration ou le titre, l’accroche principale est là, au premier coup d’œil. Puis la quatrième de couverture fait le reste.

Tout d’abord, il faut savoir que ce livre n’est pas un traité sur l’autisme : l’auteur lui-même insiste sur le fait qu’il ne connait suffisamment cette particularité. D’ailleurs, l’autisme n’est jamais cité. Le héros se considère comme un mathématicien ayant quelques difficultés comportementales. On retrouve des aspects de l’autisme, du syndrome d’Asperger, du syndrome du Savant mais rien n’est établi avec certitude et c’est finalement un point énorme : on peut y voir ce que l’on souhaite, et, surtout, on peut se libérer des cases dans lesquelles les êtres humains sont rangés et plus encore, les êtres humains « différents ».
Le narrateur est interne et tout l’intérêt du roman est là : on se retrouve dans la tête de Christopher, ce jeune garçon dont la façon de penser est déconcertante et, à la fois, pleinement logique. D’une logique poussée à l’extrême. Il nous explique tout, absolument tout. Il nous décrit par exemple pourquoi il ne supporte pas les endroits bondés : son esprit emprisonne chaque détail d’une scène et, plus il y a de choses, plus son cerveau est sollicité, amené à la surchauffe. Christopher est singulier, éloigné des codes que nous connaissons mais il est terriblement attachant. J’ai pris un immense plaisir à m’imprégner des situations entièrement décortiquées par le narrateur, de la description d’une scène au passage à un fait complètement déconnecté de la trame principale : je n’ai pas décroché une seule seconde.
Et ce n’est pas donné à tout le monde. En effet, il y a énormément de descriptions détaillés de faits techniques ou scientifiques qui n’ont rien à voir avec l’histoire mais qui sont importantes pour l’essence du personnage. Les lecteurs qui n’aiment pas ce genre de passages risquent de facilement trouver certains passages un peu longs mais, pour les autres, c’est un pur régal !

Finalement, le dénouement de l’enquête n’est pas le but de ce roman : on suit en réalité la quête dont Christopher est le héros, une quête qu’il découvre par hasard au cours de ses investigations. Ce roman pourrait presque être qualifié de conte initiatique décalé des temps modernes, avec un héros d’un genre nouveau, le genre qui n’a rien à voir avec ceux que l’on croise d’habitude. Christopher affronte ses peurs, fait preuve d’un immense courage et ne reste, au fond, qu’un adolescent comme les autres, avec ses particularités bien à lui. Certains ont été agacé par le rythme de l’histoire ou son côté un peu « bâclé » mais je pense que ça vient surtout de la façon d’aborder le roman : en se glissant complètement dans la tête du narrateur, on oublie facilement ces détails qui, finalement, appartiennent à la norme. Ici, point de réellement norme et c’est assez agréable.

Je ne vais pas réellement parler des autres personnages du livre, Christopher étant réellement le centre de l’histoire. Ils sont stéréotypés mais juste ce qu’il faut pour nous mettre dans l’ambiance d’un quartier résidentiel de classe moyenne. Juste, un petit clin d’œil au personnage du père qui a le mérite d’aimer inconditionnellement son fils malgré les difficultés. Il n’est pas parfait mais tout ce qu’il fait, c’est pour Christopher. Ses choix sont discutables mais ils sont uniquement animés par l’amour qu’il porte à son fils. De quoi bien cogiter à la lecture sur ce qu’on aurait fait à sa place…

Le bizarre incident du chien pendant la nuit ne nous met pas dans la tête d’une personne « malade » : point de syndrome cité, juste une description détaillée d’un cerveau qui fonctionne différemment du nôtre et, s’il ne fallait retenir qu’une seule chose, ce serait celle-là. Rares sont les romans (enfin, parmi ceux que j’ai lus) qui sortent du schéma « mon handicap, comment je vis avec » : ici, point de handicap du point de vue du narrateur mais juste une particularité. Je me répète, je le sais, mais, vraiment, c’est un point qui me tient à cœur. On n’est pas face à roman qui nous pousse à nous apitoyer sur le héros : le but est simplement de nous faire vivre les choses différemment et le pari est réussi.

Pour cette vision différente du monde et de la « normalité », je conseille ce roman à tous ceux qui veulent tenter l’expérience. Le livre se lit très vite et, franchement, les passages de descriptions techniques et scientifiques s’avalent sans difficulté. Foncez !

mardi 15 mars 2016

Swap A&M Thé toqué



Je me suis lancée sans hésitation dans la seconde édition du Swap A&M Thé toqué avec Missdeath comme binôme (dont vous trouverez le blog ici).

Le principe était tout simple : faire découvrir à son binôme des thés qu'on affectionne beaucoup, le tout, pour Missdeath et moi, avec un livre et une bricole. Comme je m'y attendais, je n'ai pas été déçue !



Dans mon petit paquet, il y a :
Fight Club de Chuck Palahniuk (un livre que Missdeath aime beaucoup et qu'elle a d'ailleurs présenté comme Livre du Mois sur A&M),
• Un calendrier composé de marques-pages sur le thème de la lecture,
• Un baume hydratant fait par Missdeath elle-même,
• Lapsang Souchong (thé noir fumé),
• Thé aux sept parfums (thé noir, arômes abricot, figue, pitonga, citron, bergamote, fleur de lotus, écorce d'orange, pétales de fleurs),
• Oolong à l'Orchidée (thé bleu).

Autant dire que je suis enchantée, parce que je suis une fan inconditionnelle de thé noir et que je crois n'avoir jamais goûté le thé bleu ! De quoi ravir mes papilles accompagnée d'un bon livre dans les jours à venir ! Et puisque j'ai Fight Club, ce sera l'occasion de changer un peu de mes lectures actuelles en explorant un univers que je connais à travers le film. On m'a tellement vanté la plume de Palahniuk (et par on, j'entends Missdeath) que je vais à coup sûr m'y plonger sous peu.

Merci Missdeath ♥