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Rambalh, c'est un pot pourri sur la littérature, un blog pour partager mes coups de coeur et de gueule. Rambalh signifie Bordel en Occitan et c'est un peu le cas de ce blog : de tout et surtout tout moi. Le bordel de mes goûts, de ma vie livresque, toujours en lien avec Accros & Mordus de Lecture.

vendredi 23 septembre 2011

Tess d'Urberville de Thomas Hardy

Paru en 1891. Editions Livres de Poche, 480 pages.



Quatrième de Couverture
Jeune paysanne innocente placée dans une famille, Tess est séduite puis abandonnée par Alec d'Urberville, un de ses jeunes maîtres. L'enfant qu'elle met au monde meurt en naissant.
Dans la puritaine société anglaise de la fin du xixe siècle, c'est là une faute irrémissible, que la jeune fille aura le tort de ne pas vouloir dissimuler. Dès lors, son destin est une descente aux enfers de la honte et de la déchéance.
Thomas Hardy (1840-1928) signe avec cette oeuvre pessimiste, où la richesse des tableaux rustiques du Wessex ne fait que souligner la noirceur de l'univers social, un des chefs-d'oeuvre du roman anglais, magnifiquement porté à l'écran par le cinéaste Roman Polanski.


Mon avis

Ce roman relate la tragique histoire de Tess Durbeyfield, née dans une famille d'ouvriers et dont le père est le descendant d'une ancienne famille noble d'Angleterre, les d'Urberville. A l'annonce de cette nouvelle, les parents de Tess décident de l'envoyer chez la vieille dame du nom de d'Urberville qui vit non loin de chez eux. C'est son fils qui accueille Tess : Alec D'Urberville. Ils ne sont pas apparentés car le père d'Alec n'est pas un vrai d'Urberville, il était juste un homme riche et puissant qui voulait se faire un nom. Tess, trompée par l'innocence de ses seize ans, est séduite malgré elle par Alec. Elle retourne chez ses parents mais le mal est fait : elle met au monde un enfant qui malheureusement, ne survivra pas à une fièvre. On la suit alors à travers ses épreuves, sous le poids de la marque qui lui a été faite. Elle décide de partir pour supporter son fardeau seule, sans que personne n'en subisse les conséquence. Seulement, elle rencontre l'amour, le vrai... Angel Clarke et son amour suffiront-ils à chasser les tours du destin qui semble vouloir faire de la vie de Tess un enfer ? Non, car après tout, son histoire est l'illustration même de la tragédie...

Cela faisait un bon moment que j'avais ce bouquin dans ma PAL et j'en repoussais la lecture pour attendre le moment où j'allais me replonger à fond dans cette passion... Et j'ai bien fait ! J'ai littéralement dévoré ce livre : dans mon lit, tous les jours dans le tram, entre les cours, parfois même en cours... Bref, j'étais absorbée par l'histoire de la douce Tess et par ses malheurs du début à la fin sans avoir une seule fois l'envie de faire une pause. Ce livre confirme mon amour pour la vieille littérature anglaise : après Austen et les soeurs Brontë, Hardy a su me maintenir dans cet amour.

Tess est un personnage si pur, si simple, si bon qu'on se pose une question du début à le fin : pourquoi elle ? Tout son entourage aurait pu mériter ce qu'elle a vécu alors qu'elle non et c'est une sensation terrible. Elle accepte les épreuves, se laisse dévorer de l'intérieur en silence pendant que de notre côté, on a envie de hurler sa souffrance, d'évacuer tous ses maux à sa place. Elle est dotée d'une grande intelligence et sait, malgré le milieu où elle est née et ses lacunes, tirer le meilleur de ce qu'elle apprend au cours de sa vie. Elle a tout d'une grande dame mis à part la naissance et l'éducation : elle aurait du naître à la hauteur de ce qu'elle est intérieurement. C'est un peu la transposition de son histoire : elle est l'un des personnages les plus bons de ce roman mais elle connait plus de malheurs que tous réunis. Elle pense aux autres avant de penser à elle, elle se sacrifie à plusieurs reprises et ne sait pas comment prendre le bonheur quand il lui tend les bras car elle sait que tôt ou tard, elle va devoir la payer bien plus cher que les autres, sa toute petite part de bonheur. Ce n'est vraiment qu'à la fin qu'elle ouvre une brèche dans son bon coeur et qu'elle écrase réellement son innocence : mais même là, on a du mal à considérer ses actes comme mauvais. Elle est une héroïne qui marque l'esprit, qui touche l'âme et qui reste pour tous un modèle, un martyr. Les autres personnages ne sont en fait que des causes du malheur de la pauvre Tess. En premier lieu, ce sont ses parents qui, par leur bêtise et leur envie de reconnaissance, vont la pousser dans la gueule du loup : sa mère voulait qu'elle séduise d'Urberville, elle espérait un mariage. Vient Alec, le mal incarner, la tentation, la cause ultime de la décadence de Tess : par son acte immoral, il brise sa vie, la souille aux yeux des moeurs de l'époque et réapparait dans sa vie alors qu'un espoir se profilait à l'horizon. Il est son bourreau, son signe funeste qui, du jour où il entre dans son champ de vision, la coule vers la fin... Angel, lui, est le rayon de lumière de la vie de Tess et en même temps, il est celui qui trébuche, un peu comme Orphée : il fait une erreur et il provoque le retour de Tess aux Enfers. Il l'aime sincèrement mais ce qu'il pense savoir de la vie le pousse à la rejeter lorsqu'elle lui avoue avoir eu un enfant avec un autre. Son départ provoque le dernier pas vers la fin pour Tess : elle l'attend, l'attend encore mais son passé revient vers elle, comme une vague lui rappelant sa destinée. Quand Angel comprend la réalité des choses et qu'il sait que le passé ne vaut rien, il est trop tard. C'est un personnage sympathique mais voir souffrir Tess tout au long de leur séparation nous pousse à être satisfaits de savoir qu'il va souffrir sur une plus longue durée qu'elle...

Ce roman peint à merveille la société de cette époque, la différence entre le petit peuple, les bourgeois et les gens de castes élevées, les difficultés de vivre une vie respectable alors que rien n'est fait pour... Tess est l'incarnation de la personne innocente qui, uniquement à cause de l'acte immonde d'un homme, se retrouve prise dans un tourbillon de malheurs alors qu'elle n'est pas responsable. Ou alors si : elle est responsable d'être née avec une physionomie agréable. Les descriptions sont intenses, autant dans les paysages que dans les ressentis des personnages. Le style de Thomas Hardy est fluide, très agréable, accrocheur. Il a su écrire l'histoire d'une femme victime de son rang et de son sexe alors qu'il était lui-même un homme dans un monde où la femme n'était pas estimée à sa juste valeur. Dans ce tour là, il a sur se placer en maître, il a su montrer les inégalités entre les deux sexes comme lorsqu'Angel n'accepte pas l'impureté de Tess alors qu'il a lui-même succombé à la tentation. Je suis réellement convaincue par cet auteur et c'est une lecture dont je me souviendrai longtemps et si je sens qu'elle s'effrite dans mon esprit, je m'empresserai de rouvrir mon bouquin pour m'imprégner à nouveau de la beauté de cette histoire...

Tragiquement agréable !

3 commentaires:

  1. J'ai lu ta chronique en diagonal, de peur d'en apprendre trop, et elle m'a mis l'eau à la bouche. Je vais de ce pas remettre ce roman dans ma wishlist ! :D

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  2. Très bonne chronique ! Moi qui voulais me lancer dans cette lecture, je suis encore plus tentée :)

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