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Rambalh, c'est un pot pourri sur la littérature, un blog pour partager mes coups de coeur et de gueule. Rambalh signifie Bordel en Occitan et c'est un peu le cas de ce blog : de tout et surtout tout moi. Le bordel de mes goûts, de ma vie livresque, toujours en lien avec Accros & Mordus de Lecture.

dimanche 9 décembre 2012

Les sortilèges de Tremblay de Karine Lebert

Me voilà enfin avec une nouvelle lecture ! Je suis tombée sur ce livre lors de mon petit tour à France Loisirs et je dois avouer que j’ai directement flashé sur le titre, la couverture et ensuite le résumé ! Les sortilèges de Tremblay de Karine Lebert est paru en 2012 et cette édition est composée de 359 pages.



Quatrième de Couverture
En Bretagne, sur plusieurs générations, une famille de dentelières dotée de pouvoirs de sorcellerie est liée par un mystérieux sortilège aux héritiers du manoir du Tremblay...

A la fin du XIXè, la jeune Dairine quitte son Irlande natale pour être dentelière au manoir du Tremblay, à Cancale. Dès son arrivée dans la sombre demeure, elle sent la menace d'une malédiction. Sa rencontre avec Frédéric Le Guen, le propriétaire du domaine, va sceller son destin... En 1903, Manon, la petite-fille de Dairine, dentelière d'exception, est engagée au manoir. Immédiatement, la jeune fille tombe sous le charme de Bertrand Le Guen. Manon court-elle un danger ? Qu'est-il vraiment arrivé à Dairine ? Au Tremblay, la malédiction qui poursuit sa lignée n'a pas fini de sévir...

Mon avis
Les sortilèges de Tremblay est un roman qui nous conte l’histoire de la lignée des femmes O’Shea aux XIXème et XXème siècles. Qu’est-il arrivé à Dairine, la première femme d’une lignée de rousses à la beauté envoûtante dont les aventures nous sont en partie offertes ? Comment vont faire ses descendantes qualifiées de sorcières pour vivre avec leur mystérieux héritage, teinté de passages bien sombres ? Et quelle est cette malédiction que les femmes de cette famille se transmettent de génération en génération ?

Ce roman de Karine Lebert est de ceux qu’on lit vite, auxquels on accroche dès le départ ou pas du tout. Pour ma part, j’ai très vite accroché : l’Irlande, la Bretagne, la sorcellerie, le côté historique… C’est un pot pourri de tout ce qu’il faut pour me séduire. L’histoire commence en Irlande en 1845 et se termine en Bretagne en 1980, plus d’un siècle en seulement 350 pages et pourtant, la forme utilisée par l’auteur permet d’en apprendre suffisamment et de s’accrocher jusqu’au bout à ces générations de femmes. Dairine O’Shea est la première jeune fille qu’on découvre mais qu’on ne connait que très peu : c’est son histoire qui est égrainée tout au long du roman car c’est à travers ce qu’il lui est arrivé que sa descendance subit une malédiction troublante. Viennent ensuite Nicolette, sa fille, et Manon, sa petite-fille. Nicolette et Manon sont plus approfondies, plus faciles à comprendre par ce fait. On poursuit l’histoire avec Gwen, la fille de Manon. Gwen est le personnage le plus intéressant du roman selon moi, elle est celle qui réussit à tout faire pour s’éloigner de cette malédiction, celle qui, au final, possède la force de caractère la plus profonde. Elle choisit de vivre une vie rangée plutôt que de se laisser embarquer par ce qui aurait dû être son destin. Elle se prive ainsi d’une passion qu’elle aurait du vivre mais acquiert une vie plus paisible. On aborde ensuite la vie de Morgane, fille aînée de Manon. Dotée d’un caractère fort et facilement irritant, c’est une femme forte de ses convictions que nous dépeint l’auteur. Elle m’a souvent énervée au cours de ma lecture mais en même temps, je n’ai pu m’empêcher de comprendre ses actes, ses pensées égoïstes ou mauvaises. On passe ensuite à sa sœur, Clara, qui est son exact contraire : douce, compréhensive, timide… Clara est un personnage très peu approfondi au départ mais à raison puisqu’elle prend une importance soudaine par la suite, une importance surprenante. Clara m’a touchée, c’est sûrement la jeune femme du roman que j’ai préféré. Je me suis beaucoup attachée à elle. Enfin, on termine avec Chloé dans l’épilogue du roman, la fille de Clara. On apprend avec elle toute la vérité sur la malédiction et les zones d’ombres que l’auteur a semées un peu partout dans son roman. J’ai eu un peu la même réaction que le personnage en apprenant le fin mot de cette terrible histoire.

Si j’ai préféré commencer par décrire les personnages, c’est parce que c’est à travers leur chronologie que le roman prend son sens. Chaque partie du roman aborde la vie d’une de ces femmes. On aborde donc assez brièvement chacune d’elle et pourtant, cela n’est pas un problème. Bien sûr, j’aurais préféré en apprendre un peu plus sur leur vie, leur histoire mais cela n’empêche pas de poursuivre la lecture avec acharnement. Le fait d’avoir choisi cette façon de construire l’histoire est une prise de risque de la part de Karine Lebert : il est clair que certains seront rebutés par le manque d’approfondissement sur chacun des personnages mais en même temps, ça a permis selon moi de ne pas traîner en longueur, d’aller à l’essentiel mais surtout, de faire planer le mystère jusqu’au bout. Et quel mystère ! La fin m’a laissée sans voix. J’ai été déçue par une partie des révélations, m’attendant à quelque chose de plus spectaculaire. Mais une autre partie m’a tout simplement bluffée : en repensant aux détails de l’histoire pourtant, ce dénouement tombait presque sous le sens. J’ai beaucoup apprécié ne pas découvrir l’évidence avant qu’on ne me la mette sciemment sous les yeux.

Le style de l’auteur est agréable à lire malgré quelques petites lourdeurs dans les descriptions, vite balayées par les passages descriptifs les plus prenants. Les points historiques comme le métier de dentelière ou les guerres m’ont séduite : un vrai travail de recherche a été fait et c’est un régal. Passionnée par les histoires bretonnes depuis toute petite, j’ai pu me nourrir des anecdotes du quotidien des bretons mais aussi de leurs croyances et légendes.

Les sortilèges de Tremblay n’est pas le roman de l’année mais il reste un roman agréable à lire, bien écrit et possédant une histoire bien ficelée. Les détails historiques sont un plus et l’organisation de l’histoire en plusieurs générations en fait son originalité et son intérêt. Je le conseille à tous ceux qui aiment les romans qui se lisent facilement et qui apprécient les légendes, l’histoire de la France et les ouvrages régionaux.

Un peu de mystère...

dimanche 25 novembre 2012

Le pays creux de Williams Morris

Mes lectures stagnes et surtout, tous les livres que j'aimerais pouvoir lire sont chez mes parents. Il va falloir que je patiente encore un peu je pense pour retrouver mon petit rythme de lecture adoré. En attendant, voici une chronique publiée que A&M dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Aux Forges de Vulcain. Il s'agit d'un roman de fantasy considéré comme l'un des premiers du genre. Merci à lolly pour la correction de cette chronique !



Quatrième de Couverture
Alors qu’il est jeune garçon, Florian de Liliis assiste à une cérémonie au cours de laquelle son frère Arnald, à la suite d’une maladresse, est humilité et frappé violemment par la future reine Swanhilda. Les deux frères jurent vengeance, mais ce n’est que seize ans plus tard qu’ils décident de prendre les armes pour réparer cet affront et ôter la couronne à cette reine, haïe de son peuple à cause de sa tyrannie et de sa perfidie. Débute alors une autre histoire de vengeance, celle d’Harald le Rouge, fils de Swanhilda. Lors du combat qui oppose les frères de la maison des Lys et Harald, Florian tombe dans un précipice qui le conduit au Pays Creux, lieu de passage entre la Terre et l’Au-delà. Guidé par Margaret, il débute sa quête de la rédemption.

Publié en 1856, ce texte est considéré comme le premier roman de fantasy. Encore assez méconnu, il constitue pourtant un moment fondateur de ce genre fictionnel qui donnera naissance aux œuvres de Tolkien et de C.S. Lewis.

« Savez-vous où il se trouve – le Pays Creux ? Depuis longtemps, maintenant, j’en suis à la recherche, j’essaie de le retrouver – le Pays Creux – car c’est là que j’ai vu mon amour pour la première fois. Je veux d’abord vous dire comment je l’ai trouvé ; mais je me fais vieux, et ma mémoire me trahit : il vous faut patienter et me laisser réfléchir si d’aventure je puis vous dire comment c’est arrivé. Oui, à mes oreilles résonne un bruit de trompettes qui retentissent dans des landes désolées, de mes yeux et mes oreilles, je vois, j’entends le choc et le fracas des sabots de chevaux, le son et l’éclat de l’acier ; des lèvres retroussées, des dents serrées, des cris, des hurlements, et des imprécations. »

William Morris (1834-1896) fut imprimeur, poète, écrivain, peintre, conférencier, dessinateur, architecte et activiste socialiste.

Mon avis
Le Pays Creux renferme l'histoire de la vie de Florian de Lilis, un homme élevé selon un code d'honneur que l'on peut aisément comparer, au sein de la littérature, au code d'honneur des Chevaliers de la Table Ronde. Le sens de la famille prime face à toutes choses et sa quête a pour but de venger son frère. Il découvre sans le vouloir Le Pays Creux où il rencontre son Unique Amour. Il vit en ces terres une vie de plénitude et cet avant-goût de paradis le force, une fois un âge avancé atteint, à vouloir y retourner pour finir sa vie.

Le Pays Creux tient plus du conte que du roman de fantasy à mes yeux. On suit le parcours initiatique d'un héros qui, mortel, commet de nombreuses erreurs. Son principal faux pas réside dans son désir de rendre justice lui-même. En prenant ainsi la place de Dieu, il outrepasse son statut de simple être humain et s'attire la foudre du destin. Cet ouvrage est imprégné de la culture chrétienne, des croyances des hommes. Il s'agit d'une épopée teintée de religion que nous offre ici William Morris. Seulement, on peut tout de même considérer que l'oeuvre est effectivement du domaine de l'heroic fantasy ; notre héros est un chevalier évoluant dans un monde inspiré du Moyen-Âge, il affronte une Reine qui semble osciller entre la créature qui le pousse à la faute et celle dont la mort l'oblige à se repentir toute sa vie durant. Le mélange entre fantasy et religion est assez habile ; il permet de séduire un type de lecteurs qui se serait laissé facilement effrayer par un conte tournant uniquement autour de la religion chrétienne pure et dure. Je fais partie de ce groupe-là et j'ai été surprise de ne pas être rebutée par la présence constante de la religion.

Les personnages sont très peu explorés, mais cela semble naturel. On se retrouve tellement pris dans les pensées du héros, dans ses réflexions, que ce n'est qu'une fois la lecture terminée que l'on se demande pourquoi on sait si peu de choses sur qui il est, tout en connaissant la quasi-totalité de son histoire. L'homme que Florian de Lilis cherche à retrouver est présenté comme un être malfaisant tout au long de la quête et, lorsqu'il apparait à la fin, on se rend compte qu'il n'y a pas de personnes bonnes ou mauvaises ici, mais plutôt des personnes ayant suivi ce qu'elles pensaient être juste. Des personnes qui ont dû passer leur vie entière à chercher le pardon pour leurs erreurs.

Notre héros retrouve enfin le Pays Creux lorsqu'il a terminé sa quête de rédemption. Un avant-goût lui avait été offert afin qu'il puisse trouver un sens à sa vie, sens qu'il a découvert après de nombreuses épreuves. On retrouve là tout le processus dicté par la religion, mais qui colle à nouveau à la quête d'un héros de roman de fantasy.

Malgré la construction habile du conte, je n'ai pas réussi à entrer complètement dans cette lecture. Le vocabulaire employé n'est pas celui que je côtoie habituellement et cet aspect m'a plu, mais cela n'a pas suffi. Je n'arrive pas réellement à définir ce qui n'a pas fonctionné avec moi ; peut-être le fait que, finalement, 52 pages se lisent bien trop vite pour avoir le temps de plonger la tête la première au coeur de l'histoire. Cela peut aussi tenir dans le côté flou de l'organisation des événements : le récit est celui d'un vieil homme contant sa vie, un homme qui prévient celui qui l'écoute que sa mémoire peut se révéler être défaillante. J'ai peut-être été perdue dans cette défaillance du personnage.

Le Pays Creux est un conte agréable à lire pour qui n'a pas peur de se retrouver face à un langage plus soutenu qu'à notre époque. J'ai réussi à lire facilement ce livre, à apprécier ce qu'il avait à apporter, mais ce n'est pas un ouvrage qui m'a réellement marquée. Peut-être ai-je aussi eu du mal à saisir tout ce qu'il avait à m'offrir.

Je remercie les éditions Aux Forges de Vulcains pour m'avoir permis de découvrir l'un des tous premiers ouvrages de fantasy.

Long est le chemin du repentir

mercredi 7 novembre 2012

Quelques nouvelles !

Comme vous l'avez sûrement remarqué, je suis actuellement totalement absente de la blogosphère. Je manque énormément de temps en ce moment et c'est malheureusement mon blog qui en pâtit le plus. Je préfère consacrer mon temps à A&M puisqu'il a toujours été une priorité pour moi face à mon blog. Je ne pose pas de hiatus mais si jamais il devient impossible de gérer le blog par la suite, je le fermerai sûrement car il ne s'agit que d'un à côté.

Je tiens à présenter mes excuses à tous les blogueurs que je suis régulièrement pour mon manque d'assiduité actuel, sachez que je ne vous oublie pas et que, même si je ne commente pas vos messages, je regarde tout de même de temps en temps ce qu'il se passe dans votre univers.

Je vais tout faire pour revenir par ici mais en attendant, vous savez où me trouver ! Merci à ceux qui continuent à me suivre malgré la grosse pause dans mes messages.

A bientôt !

samedi 25 août 2012

La grand-mère de Jade de Frédérique Deghelt

Reprendrais-je enfin mon rythme lecture ? C’est tout à fait possible puisque je retrouve un peu de temps pour lire en cette fin d’été. Ma correspondante A&M adorée, Pierre de Jade, m’a offert le roman de Frédérique Deghelt, La grand-mère de Jade et franchement, elle a eu raison ! Ce roman paru en 2009 est composé de 283 pages.



Quatrième de Couverture
Quand Jade, une jeune femme moderne, " enlève " sa grand-mère pour lui éviter la maison de retraite et fait habiter à Paris celle qui n'a jamais quitté la campagne, beaucoup de choses en sont bouleversées. A commencer par l'image que Jade avait de sa Mamoune, si bonne, si discrète... Une histoire d'amour entre deux femmes, deux générations, au dénouement troublant...

Mon avis
Jade, une journaliste trentenaire fraichement célibataire prend sa voiture pour venir trouver sa grand-mère, Mamoune, et la prendre avec elle afin de lui éviter la maison de retraite. Mamoune ayant toujours vécu dans ses montagnes savoyarde se retrouve alors à vivre dans l’appartement parisien de sa petite fille du haut de ses quatre-vingt ans. Au fil des pages, on suit l’évolution de cette cohabitation mais surtout, de l’apprentissage de l’autre. Peu à peu, Jade et Mamoune se rendent compte qu’elles ne se connaissaient pas vraiment avant cette aventure.

Au début, j’ai été quelque peu sceptique à cause de la couverture du livre : on y voit une jeune fille à l’allure un peu morbide. Rien dans cette couverture ne laisse supposer ce qu’il se trouve au cœur des pages de ce livre et je ne sais toujours pas pourquoi cette illustration a été choisie. Elle ne m’attire pas, bien au contraire mais heureusement, Pierre de Jade a su me convaincre de la qualité du roman.

J’ai très vite accroché à l’histoire contée par Frédérique Deghelt. J’ai toujours aimé les romans traitant de ces petites choses du quotidien, des relations entre différentes générations et je n’ai pu qu’être conquise. L’histoire de ces deux femmes est touchante de par sa simplicité apparente et sa complexité réelle. Jade et Mamoune aurait très bien pu être deux personnages apprenant simplement à vivre à deux, à faire des concessions sur a cuisine, l’organisation mais où aurait-été l’intérêt ? L’auteur a su nous montrer que vivre avec les gens ne signifiait pas les connaître : pour savoir qui ils sont, il faut, comme Jade et Mamoune, s’apprendre, s’écouter, se comprendre. C’est donc l’histoire de deux générations qui s’apprivoisent, se comparent et utilisent le meilleur de leurs époques pour vivre au mieux.

Jade est une jeune femme qui a passé trente ans de sa vie sans réellement se connaître, avec une sensation pesante de vide en elle. Elle quitte son copain après cinq ans de vie commune parce qu’elle ne se voit pas finir sa vie avec lui et uniquement ça. Son boulot de journaliste lui plait mais là aussi, les choses ne vont pas. Lorsqu’elle apprend que ses tantes ont décidé de mettre sa grand-mère en maison de retraite, elle suit sa première idée et vient l’enlever. Elle ne regrette pas son geste et c’est grâce à la présence de Mamoune à ses côtés qu’elle va se découvrir enfin.
Mamoune, elle, est le personnage le plus intéressant de cette histoire. Elle est en apparence une grand-mère de la montagne comme les autres, veuve et attachée à ses souvenirs. Seulement, elle détient un secret qu’elle n’a partagé qu’avec un ami des années plus tôt : c’est une lectrice secrète. De son temps, lire était réservé aux riches et aux érudits, elle s’est donc toujours cachée pour lire, même de son mari, de ses enfants. Elle dévoile son secret à Jade en lui expliquant qu’elle est une lectrice et qu’elle peut l’aider à corriger le roman qu’elle cherche à faire publier. Au fil des pages, je suis restée admirative devant cette femme qui possédait une culture littéraire énorme mais surtout une réflexion juste et utile. Cette grand-mère m’a sûrement beaucoup touchée parce qu’elle m’a beaucoup fait penser à la mienne, toujours prête à aider, à aimer ses enfants mais aussi ceux des autres et qui avait toujours de quoi surprendre sa famille. Mamoune a l’impression de vivre une nouvelle jeunesse en arrivant à Paris et on la vit avec elle, avec passion.

L’auteur a choisi une mise en page plutôt étrange, déroutante même au début de la lecture. Un chapitre possède une narration à la troisième personne et un chapitre possède une narration en « je » avec les pensées de Mamoune. Mais ce qui m’a le plus perdue au début, c’est l’absence de distinction entre le récit et les paroles des personnages, leurs pensées. C’est simplement grâce au changement de temps – du passé au présent – que j’ai pu distinguer les deux et, au début de ma lecture, j’avais l’impression d’être plus attentive à ces changements qu’au texte lui-même. Puis d’un coup, sans que je m’en rende compte, c’est devenu naturel pour mes yeux et ma petite tête : j’ai su apprécier pleinement ce style et c’est là que Frédérique Deghelt à été forte. L’écriture est belle, surtout les passages concernant les pensées de Mamoune : on sent toute la vivacité d’esprit de cette femme, une vivacité qui ne l’a pas abandonnée contrairement à sa vivacité physique. On suit toutes les interrogations concernant son âge, celui de sa petite-fille dans un langage agréable à lire.

La fin du roman est juste superbe. C’est pile ce que j’aime dans un livre et même si c’était l’une de mes hypothèses sur une fin possible, j’ai tout de même eu une belle surprise, une surprise des plus touchantes. La grand-mère de Jade est un coup de cœur, une vraie perle et je comprends mieux pourquoi ma petite Pierre de Jade m’a dit que ce roman était un de ses favoris. Je la remercie vraiment pour cette découverte parce que sans elle, je n’aurais sûrement jamais lu ce livre.

Merci ma belle, tu vois, on est vraiment pareils toutes les deux ♥

vendredi 24 août 2012

Rambalh souffle sa première bougie !


Aujourd’hui, Rambalh a un an. Il y a un an, je publiais mon tout premier article, je me suis lancée dans une aventure littéraire inédite et différente. Aujourd’hui, un an après, je ne regrette rien, bien au contraire.

Tout a commencé avec A&M. Il y a un an, je revenais en force sur le forum après une première année d’études supérieures jonchée de travail et de fatigue. J’avais décidé de repartir à zéro avec la lecture en revenant enfin sur le forum, forum où la plupart des A&M possédaient un petit blog littéraire où ils déposaient leurs chroniques mais plus encore. Séduite par ce que j’avais pu voir de mon entourage livresque, j’ai pris la décision de faire le grand saut le 24 août 2011.

J’ai voulu faire de mon blog quelque chose de très personnel et c’est ainsi que je l’ai nommé Rambalh, mot qui vient de chez moi, de mon Occitanie adorée. Au cours de l’année, je l’ai rempli de chroniques dont la plupart sont issus de partenariats avec mon forum. J’ai découvert des tas de livres sur le blog des autres lecteurs, j’ai eu le plaisir de voir passer par là des auteurs dont j’ai chroniqué les œuvres, j’ai aussi appris à connaître l’univers de personnes que je n’aurais jamais connues autrement.

Bien sûr, l’aventure bloguesque n’est pas sans taches. Je n’ai pas voulu suivre les modes des listes hebdomadaires ou mensuelles, je n’ai pas voulu me laisser embarquer dans cette manie d’organiser des concours à tout va pour cueillir des visites et des blogs, je n’ai pas cherché à créer des événements comme des swaps ou des lectures communes… Et tout ça parce que les concours, je les réserve pour mon forum qui me tient plus à cœur que mon blog parce que sur A&M, je ne peux pas me laisser aller : ici, je ne dois rien à personne mais là-bas, j’ai des tas d’A&M qui comptent sur le staff et moi pour faire vivre le forum. Les swaps, les échanges, les concours : tout est pour A&M. Mon blog, c’est mon petit à côté, une petite échappatoire où j’empile mes chroniques et mes découvertes. Les rubriques que je m’accorde sortent de ma cervelle comme Le Blog coup de ♥ ou encore La Petite Histoire. Au cours de cette année, la seule chose que je regrette, c’est de ne pas avoir suffisamment mis en avant ma région mais j’ai dans mes bagages de quoi y remédier pour cette nouvelle année.

Tout ça pour vous dire merci ! Merci de me suivre depuis un an, merci à ceux qui sont là depuis le début, merci à ceux qui sont arrivés en cours de route. Merci à vous qui me poussez par vos commentaires et vos visites à continuer à tenir ce petit blog. J’espère vraiment fêter les deux ans du blog l’année prochaine et pouvoir dire que l’année qui se sera alors écoulée aura été riche en articles littéraires et en échange avec vous.

Je ne vais pas citer mes petits blogueurs préférés parce que je suis sûre que je vais en oublier une trop grosse partie. Quoi qu’il en soit, je peux dire sans hésiter que les A&M de la blogosphère sont ceux qui m’inspirent forcément le plus ! Ils se reconnaîtront tous !

Pas de concours pour fêter les un an de mon blog, juste un nouveau design aux tons sobres comme je les aime, un retour sur la blogosphère grâce à la fin des vacances et une promesse d’hyperactivité !

Merci à vous et qu’un fabuleux rambalh littéraire s’occupe de remplir l’année à venir !

Rendez-vous dans un an !

Les Fragments Divins, Tome 1 : L'Eveil de S.Jr.Germain

Mes lectures de l’été se sont résumées à… Très peu de choses. Toujours en vadrouille, je n’ai pas réussi à tenir le cap de mes objectifs : résultat, au lieu de réduire ma PAL, je n’ai fait que la nourrir. La fin des vacances pointant le bout de son nez, je reprends peu à peu mes bonnes vieilles habitudes et je suis venue à bout du premier tome de la saga Les Fragments Divins, L’éveil. J’ai lu ce livre via un partenariat avec le forum A&M et je remercie l’auteur, S.Jr.Germain pour avoir offert au forum cette opportunité. Le livre est paru en janvier 2012 aux Editions du Yin et du Yang. Il est composé de 478 pages. Merci à lolly pour la correction !



Quatrième de Couverture
La quête du divin?

Esprit cartésien gouverné par la raison et la logique, Lorin Whitley est un homme de sciences, spécialisé dans le domaine de l’anthropologie. Ses convictions sont toutefois mises à l’épreuve à partir du moment où son meilleur ami disparaît dans des circonstances nébuleuses.

L’univers de Lorin, ainsi que celui de la Terre entière, bascule à tout jamais lorsqu’il apprend qu’il serait l’élu d’une prophétie vieille de plusieurs milliards d’années. Confronté à sa destinée, les événements se bousculent alors qu’il tente désespérément de trouver les réponses nécessaires avant qu’il ne soit trop tard. Son chemin l’amènera à faire la rencontre d’alliés inusités ainsi que de redoutables ennemis, mais plus important encore, il tentera de trouver un sens à sa vie.

Chaque choix comporte son lot de conséquences, mais jusqu’où Lorin sera-t-il prêt à aller pour défendre ses idéaux? Deviendra-t-il le sauveur de la race humaine ou bien le catalyseur de son asservissement?

Lorsque tout espoir semble anéanti, aura-t-il le courage d’accomplir le sacrifice ultime?

Cette ambitieuse odyssée aux proportions épiques explore les fondements de ce qui constitue l’essence même de notre humanité, ébranlant nos conceptions les plus solidement ancrées. Action, fantaisie, fiction, religion, philosophie, sciences et métaphysique se marient à un niveau encore jamais exploité. Il s’agit d’un véritable hymne à la vie et aux mystères de la Création.

Mon avis
Le premier tome de la saga Les Fragments Divins suit les aventures de Lorin Whitley, un anthropologue aux talents cachés et des personnes qu’il rencontre au fil du roman. Lorin se retrouve, suite à la disparition de son meilleur ami, Martin, confronté à des idées qui dépassent son entendement et qui le poussent à revoir sa vision du monde. Au détour d’aides inattendues et de rencontres improbables, il va apprendre qu’il n’est pas un être humain comme les autres et qu’une autre destinée à été choisie pour lui…

La couverture du livre est intrigante et fait très vite son petit effet. L’illustration est superbe et elle nous prépare à un ouvrage très tourné vers de la science-fiction. La quatrième de couverture n’en révèle pas trop, juste ce qu’il faut : c’est ce qu’on attend d’une mise en bouche. Dans l’ensemble, la mise en page est bonne, la police agréable pour les yeux. Le problème du livre dans sa forme vient des nombreuses fautes que l’on peut y trouver : elles sont assez récurrentes et elles m’ont régulièrement sortie de ma concentration.

La trame de fond est plutôt intéressante : mêler les sciences à l’occulte et surtout dépasser les certitudes humaines est un bon pari. On voit rarement des livres qui allient les divinités à notre univers et son fonctionnement. Ici, nous avons droit à des dieux, des démons, des humains modernes et des extraterrestres maîtres en matière de connaissances scientifiques. Le risque est pris avec succès.

Malheureusement, une très bonne idée ne suffit pas toujours. Ce premier tome contient trop d’informations qui perdent vite le lecteur. De plus, l’auteur ne met pas seulement en avant le personnage principal, mais tous les personnages qui tiennent un rôle dans le tome et on perd facilement le fil des choses au milieu de tous ces noms à retenir, de toutes ces idéologies et de tous les actes de chacun. Avec autant de personnages, on ne réussit pas à s’attacher à un en particulier, même le héros n’a pas trouvé grâce à mes yeux.
Le personnage principal est agaçant : il a réponse à tout, est doté d’une sagesse à toute épreuve, possède une technique de combat sans faille et trouve sans difficultés tous ses alliés ainsi que les armes qui vont lui permettre de venir à bout de ses ennemis. Ses paroles sonnent faux, de tels discours ne semblent pas accordés avec la situation qu’il traverse. Jennifer, la première personne en qui il trouve de l’aide, passe de la jeune femme amoureuse et réservée dans ses sentiments à une combattante hors pair au passé trouble. On comprend mieux sa réserve, mais certaines de ses réactions sont exagérées : d’abord pleine de ressources, elle devient une hystérique qui ne sait pas se tenir alors qu’avec ses antécédents, elle devrait être capable de se contenir. Lumina, l’ange, est le personnage qui m’a laissée le plus perplexe. Lorin et Jennifer sont des êtres humains, on comprend leurs émotions, leurs réactions, mais Lumina est un ange, elle est conçue sur un modèle plus divin et, tout au long de sa présence dans le roman, elle passe pour plus faible qu’un simple humain. Elle est happée par des sentiments, elle ressent du remord à mentir à des gens qu’elle connaît à peine mais, par contre, elle vit très bien le fait de voir sa foi s’ébouler sous elle et, surtout, elle n’a pas de remords à trahir les siens… J’ai eu du mal à concevoir cette idée, à me faire au fait qu’une personne non humaine qui n’a été guidée que par sa dévotion à sa déesse se retrouve à mettre ses convictions profondes de côté en côtoyant tout simplement deux êtres humains sceptiques durant quelques jours. Selon moi, ça va bien trop vite, de trop nombreuses étapes sont brûlées. David est aussi un personnage pour qui tout va trop vite : il est profondément marqué par son histoire personnelle et il aurait fallu plus de temps, à mon sens, pour qu’il réussisse à passer outre ses problèmes de rigidité émotionnelle. Les quatre protagonistes cités sont parmi les plus importants, mais ils ne sont pas exploités au maximum à cause de l’éparpillement de l’auteur : il y a encore de nombreux personnages qui apparaissent et dont la psychologie n’est malheureusement qu’effleurée.

L’auteur du roman a voulu mettre trop de détails dans son premier tome et, même si c’est nécessaire, cela gâche une bonne partie de la lecture. Certaines descriptions sont superflues, elles n’aident pas le lecteur à mieux comprendre, mais le perdent plutôt dans des paragraphes qui cassent le rythme du récit, comme lorsque des termes scientifiques sont trop détaillés ou lorsque les pensées et les actes des personnages sont décortiqués sans alors permettre au lecteur de s’interroger ou de faire ses propres hypothèses. Les combats sont bien décrits mais trop longs aussi, certaines descriptions des impacts ou des esquives cassent le rythme de l’action et les scènes ont ainsi souvent perdu de leur cachet. D’ailleurs, au cours de ces combats, j’ai été dérangée par la facilité avec laquelle deux humains, un cyborg et un ange pouvaient venir à bout de tous leurs ennemis. Je suis une inconditionnelle des difficultés, des coups reçus et des obstacles qui se dressent devant les héros mais là, je n’ai pas eu énormément d’épreuves à me mettre sous la dent. Tout s’enchaîne trop vite, trop facilement : la formation du groupe, la découverte d’armes qui font quasiment tout le travail toutes seules… J’aurais réellement aimé plus de difficultés, de chutes, de sang… La facilité n’est pas mon fort.

La chronologie utilisée est aussi surprenante. Il se passe énormément de choses en moins de dix jours, puis plus rien n’arrive les dix jours suivants. Les démons se replient, les attaques cessent. Seule la ville de Boston est touchée et nos héros ne croisent personne : ni démons, ni extra-terrestres, ni forces de l’ordre. Ces dix jours de flottement sont d’autant plus étranges qu’ils servent à concrétiser l’attirance de Lumina et Lorin et transforment ce lien récent et fin en un amour fort et fusionnel. Sur un fond de guerre avec un personnage comme Lorin qui fait preuve de sagesse et de détachement, c’est un peu énorme, mais si on ajoute à cette situation le fait que Lumina est un ange, c’est encore plus surprenant. Je suis une partisane des relations qui mettent du temps à se construire et les histoires d’amour faciles ne trouvent jamais grâce à mes yeux.

En somme, l’auteur possède une bonne idée de base, mais il se perd dans le temps restreint qu’il donne à son histoire, dans la complexité des relations entre les différents personnages dont il a besoin et dans toutes les révélations qui lui sont nécessaires pour que les lecteurs puissent comprendre ce qu’il se passe. Selon moi, il aurait fallu faire un choix entre une action de quelques jours seulement et des personnages aux liens forts. J’ai beaucoup aimé voir l’humanité réduite à très peu de chose, la voir impuissante face au combat de titans qui se prépare. J’ai été particulièrement agacée par les monologues de Lorin qui découlaient tous, sans exception, sur une admiration sans bornes de la part de ses interlocuteurs alors qu’en tant que lectrice, je n’ai rien ressenti du tout. Ce n’est pas le premier roman où le héros me déplaît fortement et j’espère vraiment que l’auteur saura mettre plus en valeur les personnages secondaires, comme Jennifer, car ils sont plus humains et largement plus intéressants. Je pense poursuivre l’aventure parce que, lorsque je commence une saga, je ne peux que rarement m’arrêter en chemin.

Je tiens à remercier le forum et surtout l’auteur qui a placé sa confiance entre mes mains. J’espère sincèrement que mon avis sera perçu non pas comme une mauvaise critique mais bien comme une chronique visant à mettre en lumière les points forts et les failles de l’œuvre.

Un bon mélange de religion et de sciences !

jeudi 23 août 2012

Hunger Games de Suzanne Collins

En juin, j’ai lu la trilogie de Suzanne Collins, Hunger Games. Je n’ai pas vu l’intérêt de faire une chronique par tome sachant que je les ai dévorés en deux ou trois jours : j’avais peur de mélanger certains éléments des différents tomes mais surtout, le nombre incalculable de chroniques qu’on trouve de cette série sur la toile n’a pas besoin d’être gonflé. Seulement, j’aime à garder une trace de mes lectures depuis le début de mon aventure littéraire sur le net.



Quatrième de Couverture
Imaginez un lointain futur, des États-Unis dont il ne reste plus que douze districts. Imaginez que tous les ans soient organisés des Jeux de la faim, que le district vainqueur bénéficie d'un approvisionnement plus favorable en nourriture. Tout cela reste acceptable. Ce qui l’est moins, c’est la nature de ces jeux. Deux enfants de 12 à 18 ans sont tirés au sort dans chaque district et livrent combat dans l’arène. Il n’y a qu’un seul gagnant : celui qui survit… Le tout organisé comme un grand spectacle, une véritable téléréalité de l’horreur, et imposé à la population. Katniss s’est portée volontaire pour remplacer sa petite soeur tirée au sort. Elle va refuser de se plier à cette mascarade sordide. Un cycle coup de poing qui s’interroge à la fois sur le voyeurisme, les excès du pouvoir et la limite qui sépare l’humanité de la bestialité ! Hunger Games est une trilogie aussi intelligente que troublante, qui ne laisse jamais le lecteur insensible, quel que soit son âge.

Mon avis
Hunger Games est une trilogie qui m’a très bite happée. Je n’avais pas été emportée aussi loin par une œuvre depuis bien longtemps : j’ai littéralement dévoré les tomes sans pouvoir m’arrêter avant la fin. La dystopie est un thème qui trouve de plus en plus d’intérêt à mes yeux et cette série n’a fait que me conforter dans cette idée.

L’histoire est excellente. Aborder la déchéance de l’humanité, montrer le fossé toujours plus profond entre les classes sociales et surtout faire ressortir ce qu’il y a de plus horribles dans l’humanité était un pari risqué mais un pari gagnant. Enfin, j’ai pu renouer avec la littérature du moment grâce à une histoire qui ne s’embarrasse pas de facilité, d’incohérence. Suzanne Collins n’a pas peur de choquer son lecteur, elle le met face à la réalité de ce monde qu’elle a mis en forme et ne le ménage pas. Je n’aime pas qu’on me prenne pour une pauvre petite chose qu’il faut brosser dans le sens du poil : j’aime être surprise, être en colère, être triste, être remplie d’émotion et l’auteur a su me donner tout ça. J’ai d’ailleurs du mal à comprendre comment un livre comme celui-là a pu être adapté en film tout public : un monde où les privilégiés se permettent de mettre dans une arène des enfants juste pour les voir s’entretuer n’a rien d’une histoire qui s’adresse aux enfants.

Les personnages sont eux aussi parfaits dans leurs imperfections ! Katniss, l’héroïne, est tout ce que j’aime : elle n’a pas toutes les qualités du monde, elle n’agit pas au mieux pour les autres mais au mieux pour sa famille et pour sa victoire. Elle n’aime pas être l’image d’une révolte qu’elle ne saisit pas et en plus de ça, elle n’est qu’une marionnette durant la quasi-totalité de l’œuvre ce qui fait du bien. L’héroïne n’est pas cette fille invincible, qui sait tout et accepte sa destinée avec facilité. Elle est bourrée de failles, elle est souvent agaçante avec son côté insensible et c’est ce qui fait que je l’ai adorée. Enfin un livre qui m’empêche de m’énerver sur le côté trop facile des choses, sur des personnages creux ou des réactions qui n’ont rien de naturelles. Peeta m’a touchée, il est celui qui a le plus trouvé grâce à mes yeux. Enfin un personnage généreux dont la générosité cause sa plus grande faiblesse. Haymitch a aussi su me séduire : ce vieux bougre alcoolique et trop rude a bien caché son jeu même si je n’ai été dupe qu’une partie du premier tome. Son rôle est aussi fantastique qu’ingrat et il est un de mes personnages préférés pour toutes ses répliques hilarantes. Gale n’a pas su me plaire : trop buté, trop engagé. J’ai été soulagée de voir qu’il ne finissait pas sa vie avec Katniss : ils étaient faits pour se battre côte à côte pour la liberté et seulement ça. Les autres personnages sont eux aussi intéressants, surtout ceux qui apparaissent dans le tome 2 et qui sont acteurs de la résistance. Leur destin tragique m’a prise aux tripes et en me replongeant dans mes souvenirs de lecture, je me rends compte que je ne m’en suis pas encore totalement remise.

Le dénouement est celui qu’il fallait, cette dernière flèche, Katniss en a fait quelque chose de puissant. Cette apothéose marque le seul acte qui vient réellement d’elle, qu’elle contrôle du début à la fin : elle devient enfin le geai moqueur à mes yeux par cette flèche. Elle s’en sort peut-être un peu facile pour le reste de sa vie mais avec tout ce que Suzanne Collins lui a fait vivre au cœur de ses pages, ce n’est que justice.

En gros, cette saga est un énorme coup de cœur, je ne regrette pas de m’être laissée entraîner dans l’effet de mode Hunger Games parce que, pour une fois, un succès créé par une pub intensive est mérité. Cette trilogie est excellente, profonde et prouve encore une fois que ce n’est pas en faisant en sorte que les héros soient heureux jusqu’à la fin de leur jour qu’on fait une bonne histoire.

La Saga du moment à ne pas rater !

mardi 14 août 2012

Le Blog du Moment : Le Pouvoir des Mots


Voilà bien longtemps que je n'avais pas partagé avec vous un petit blog coup de coeur. Entre les vacances avec un accès au net limité et le temps que je ne peux plus consacrer à la glandouille sur le blog des copains... Mais aujourd'hui, je m'accorde quelques instants pour vous faire découvrir le blog de lolly, Le Pouvoir des Mots. lolly est une A&M que j'apprécie beaucoup et qui offre des chroniques en français mais aussi en anglais et il mérite d'être vu et revu ! Foncez, ce blog est une vraie pépite !

Enjoy it !

mercredi 8 août 2012

Monstres ! Anthologie dirigée par Jacques Fuentealba

Et dire que j'avais prévu de profiter de mon été pour lire encore et encore ! finalement, je passe plus de temps à faire la fête qu'autre chose... Je me rattraperai à la rentrée je pense !

Monstres ! est une anthologie des éditions Céléphaïs que j’ai eu l’occasion de lire grâce à un partenariat avec le forum A&M. Elle a été publiée en 2012 et est composée de 308 pages. Cette anthologie est dirigée par Jacques Fuentealba.Merci encore une fois à Michiko pour sa correction sur le forum !

Auteurs
Lewis Shiner, Bill Congreve, Jeffrey Thomas, Alan Baxter, Lavie Tidhar, Steve Rasnic Tem, Kaaron Warren, Pablo Dobrinin, Fermín Moreno, Carlos Gardini, Pedro Escudero, Marc R. Soto, Nuria C. Botey, David Pierru, Yohan Vasse, Celia Deiana, Nelly Chadour, Timothée Rey, Marija Nielsen, Leonor Lara, Marc-Olivier Aiken.



Quatrième de Couverture
Des eaux troubles de l’océan aux pistes des cirques les plus étranges, de l’apparente normalité de demeures anonymes aux villes cauchemardesques ou fantasmatiques, du passé légendaire aux futurs post-apocalyptiques, voyagez aux côtés de monstres du folklore (vampires, loups-garous, fantômes, Léviathan), de phénomènes de foire comme d’abominations échappant à toute classification. Tour à tour proches de nous, miroirs déformants ou hideuse altérité, les créatures qui peuplent cette anthologie vous convieront à un tour du monde de la littérature fantastique, à travers vingt-et-une nouvelles d’auteurs d’origine américaine, australienne, israélienne, espagnole, argentine, uruguayenne ou française.

Ecrire reste une aventure.

Mon avis
L’anthologie Monstres ! regroupe vingt-et-une nouvelles de fantasy, fantastique et science-fiction abordant le thème du monstre et toutes ses définitions. Que ce soit la monstruosité humaine, la monstruosité engendrée par les autres ou les monstres d’autres espèces, rien n’est oublié.

La couverture de l’anthologie annonce clairement la couleur avec ses petits monstres exposés dans des bocaux. La qualité du papier est là, la présentation et surtout les dessins sont très soignés. La mise en page permet une lecture agréable et le petit texte, précédent chaque nouvelle, qui présente l’auteur est bien pensé. Comme toujours, j’ai lu l’avant-propos une fois ma lecture terminée pour ne pas en savoir trop à l’avance et me forcer à me creuser les méninges : Jacques Fuentealba a su trouver une organisation bien pensée pour classer ces textes.

La première chose qu’il faut souligner dans cette anthologie est la diversité culturelle des textes qu’on peut trouver. Les auteurs viennent du monde entier et c’est une opportunité rare. Je n’ai pas pour habitude de lire d’autres auteurs que les auteurs français, les auteurs anglais, les auteurs américains car ils sont les plus communs dans les commerces. Pouvoir retrouver des auteurs espagnols ainsi que d’Amérique Latine dans ce recueil m’a permis d’élargir mes horizons littéraires. J’y ai découvert des auteurs que mes lectures habituelles ne m’auraient pas présentés et j’ai désormais quelques nouveaux noms dans ma liste d’auteurs à suivre.

Tous les aspects du monstre sont abordés et cela nous permet de revoir notre propre définition du mot monstre. Est-ce qu’un monstre est une bête qui hante nos cauchemars d’enfant ? Ou est-ce qu’un monstre est tout simplement le nom que l’on donne à celui qui ne nous ressemble pas et ne pense pas comme nous ? Ou même, est-ce que le monstre n’est tout simplement pas celui que l’on voit dans le miroir ? Le recueil commence par la monstruosité divine et retrace plutôt bien cette sorte de fascination qu’elle exerce chez l’homme. On passe ensuite à des nouvelles qui abordent la Mort, j’ai d’ailleurs beaucoup aimé Fantômes de Carlos Gardini qui parle du deuil de façon différente. Les nouvelles suivantes abordent les monstres qui m’ont le plus perturbée (du bon côté), les nouvelles qui abordent les travers humains et la monstruosité de notre espèce. Mes nouvelles préférées de ce recueil sont celles-là. Altera in alteram ou encore Les meilleurs partent les premiers sont délicieusement horribles, Mater Insania est à la fois triste et terrible, tous les aspects de la nature humaine abordés ici nous poussent à réfléchir et c’est ce qu’on attend d’un écrit. Les deux nouvelles qui viennent ensuite abordent les monstres qui hantent nos plus sombres cauchemars et je les ai trouvées extrêmement bien écrites. Elles sont touchantes, elles poussent les personnages à se dépasser et les détruisent peu à peu. On se sent proches des personnages et on compatit pleinement à leur malheur. Ensuite, viennent deux nouvelles parlant du monstre suprême de l’enfance : le loup, aussi effrayant que dangereux. Les dernières nouvelles abordent monstres marins, monstres du futur, tous plus horribles les uns que les autres. On termine sur une nouvelle des plus troublantes, qui suit l’évolution d’un homme dont le physique est monstrueux, dont les actes sont en apparences ceux d’un monstre mais qui, au final, n’est un monstre qu’aux yeux de ceux qui en ont peur et ne cherchent pas à creuser plus loin. Un peu comme nous tous, non

Les auteurs sont tous différents, ils ont chacun leur vision du monde mais une chose leur est commune : le talent. Ils ont tous été capables de me transporter dans leur univers. J’ai eu un peu de mal avec Zombie Revenge Psyché et Lanjnoir à cause du côté science-fiction mais, même là, j’ai réussi à suivre et à me poser des questions intéressantes. Ce recueil fait partie de ceux où je fais une pause à chaque nouvelle pour pouvoir réfléchir à ce que je viens de lire. Les sens de ces nouvelles ne sont pas forcément cachés et à trouver soi-même mais ils poussent à se poser des questions sur le monde, sur le thème, sur les personnages… En préparant le pot-au-feu par exemple, ne demande par forcément de se creuser les méninges pour comprendre le sens de la nouvelle mais j’ai reposé le recueil parce que je n’ai pu m’empêcher d’imaginer la suite pour la mère du petit garçon… C’est ce que j’ai aimé dans ce recueil. Les textes n’ont pas été choisis au hasard : il n’y a que du très bon au cœur de ces pages. Les différentes plumes sont excellentes et peuvent plaire à différents types de lecteurs. Cette diversité est une bonne chose.

Monstres ! est donc un recueil qui permet d’abord le thème du monstre sous toutes ses coutures à travers des auteurs aux styles différents et très intéressants. On passe de personnages en personnages sans jamais se lasser car ils ont tous quelque chose d’attachant ou d’attractif et finit par en vouloir plus. C’est un recueil qui saura trouver ses lecteurs du côté des fans de fantasy et de fantastique ainsi que de science-fiction. Il plaira à tous ceux qui veulent faire travailler leur imagination et qui n’ont pas peur de se frotter à des images peu appétissantes ou à des histoires déroutantes.

Je remercie les éditions Céléphaïs pour cette découverte et le forum A&M pour m’avoir permis de mettre le doigt sur ce petit bijou. Et un grand merci à Michiko pour la correction de ma chronique !

Qui est vraiment le monstre ?

vendredi 29 juin 2012

La Balançoire de Raymonde Malengreau

Encore une lecture liée au forum A&M, il s’agit d’un partenariat avec la maison d’édition Chloé des Lys. La Balançoire est un recueil de nouvelles écrit par Raymonde Malengreau qui n’en est pas à son coup d’essai. Le recueil de 87 pages a été publié en 2010. Merci à Michiko pour sa correction sur le forum d'ailleurs !



Quatrième de Couverture
Enfance ne rime pas avec innocence.
Les fruits ne sont pas tous bons pour la santé.
Les poudres bleues ne sont pas forcément magiques.
Mais les alcôves le sont parfois.
Les rivales ne sont pas celles que l’on attendait.
Et certains arbres parlent à ceux qui savent les entendre.

Ecrire reste une aventure.

Mon avis
La Balançoire est un recueil de nouvelles qui aborde des thèmes variés, des personnages différents mais qui, au fond, ont plus de points communs que ce qu’on pourrait croire. L’être humain est exploré sous toutes ses coutures, de sa plus tendre enfance à des âges plus avancés et c’est un résultat à la hauteur de nos espérances qui nous attend.

La qualité des ouvrages publiés aux éditions Chloé des Lys est des plus aléatoires mais avec ce recueil, on peut apprécier l’harmonie entre le texte de la première de couverture et l’image choisie. La mise en page est bonne. La quatrième de couverture est, au premier coup d’oeil, énigmatique et en fait, elle ne prend tout son sens qu’une fois la lecture terminée. Etant très pointilleuse sur le contenu d’une quatrième de couverture, j’ai trouvé celle-ci très bien faite : elle permet d’éveiller la curiosité du futur lecteur et de créer une certaine complicité une fois le livre lu, une fois les énigmes de ces petits bouts de phrases découvertes.

Dix nouvelles composent ce recueil et certaines ont su accaparer mon attention. Je n’ai pas eu l’impression de tenir un lien logique entre ces nouvelles, je me trompe peut-être, mais ce recueil semble être simplement un rassemblement de textes liés uniquement par leur thème humain. Quand il s’agit d’un recueil d’un même auteur, ne pas avoir de lien fort entre les textes n’est pas un problème, l’auteur crée ce lien en nous offrant tout ce dont il est capable.

Les personnages mis en scène sont étonnamment bien développés en quelques pages seulement, on trouve chez eux suffisamment d’informations pour les comprendre – au moins en partie - et, parfois, pour s’attacher à eux. Ils sont simples en apparence mais sont bien plus signifiants que ce qu’on pourrait croire au fil de la lecture.

J’ai été très surprise par la chute de la nouvelle qui donne son nom au recueil, La Balançoire, et qui est aussi la toute première du livre. Cette nouvelle a clairement annoncé la couleur et j’ai aimé l’effet produit chez moi.
Rédemption est aussi une nouvelle que j’ai beaucoup aimée. Elle traite sans prendre de gants la nature mauvaise de certaines personnes et donne, à travers un instrument tout aussi mal intentionné, un aperçu de ce que le proverbe « l’Enfer est pavé de bonnes intentions » peut signifier.
L’arbre à clous est la nouvelle qui, selon moi, est la plus touchante de ce recueil. Le petit garçon qui est au cœur de cette histoire est l’incarnation de la bonté humaine, il nous rend presque honteux de notre propre égoïsme. Si nous prenions un peu plus exemple sur lui, le monde n’en serait que meilleur. D’autres nouvelles m’ont laissée plus perplexe comme Le pique-nique que j’ai trouvé bien étrange et dont la chute m’a échappé. La dame au coquelicot m’a aussi laissé un goût d’inachevé, comme s’il manquait la véritable chute : je pense que là aussi, le dénouement qu’il fallait retenir m’a échappé.

La Balançoire est donc un recueil qui se lit facilement, assez vite et qui laisse un bon souvenir. Parmi les dix nouvelles, chacun saura trouver celle(s) qui lui correspond(ent) et qui éveillera chez lui diverses émotions. C’est ce que j’attends d’un livre, qu’il me pousse à réfléchir et qu’il ne me laisse pas juste lire sans chercher à aller plus loin. C’est un recueil que je conseille à tout ceux qui aiment lire des histoires du quotidien et y retrouver des petits détails qui sortent au final de l’ordinaire.

Je tiens à remercier le forum A&M et la maison d’édition Chloé des Lys pour cette opportunité ainsi que l’auteur, Raymonde Malengreau, pour ce voyage littéraire plaisant.

Un tour de balançoire est-il innocent ?

mardi 26 juin 2012

Forgotten de Cat Patrick

Je me suis attaquée à Forgotten de Cat Patrick grâce à mon temps libre de ces derniers jours : les vacances. C’est bon de pouvoir lire tranquillement et surtout d’en profiter pour enfin m’attaquer à ma PAL qui est bien trop fournie à mon goût. Ce livre m’a été offert par Pierre de Jade, ma super correspondante sur Accros & Mordus de Lecture dans notre tout premier échange de colis (oui, je sais, je n’ai toujours pas mis les photos par ici). Le livre a été publié en juin 2011 aux éditions La Martinière Jeunesse. 298 pages.



Quatrième de Couverture
Passé. Présent. Futur. Et si tout était lié ?

Pour Lili Lane, chaque jour est une nouvelle vie. Tous les matins, elle se réveille sans souvenirs de la veille – mais avec des visions de l’avenir… Grâce à sa mère et à sa meilleure amie, elle réussit, tant bien que mal, à dissimuler sa différence. Mais lorsque le séduisant Luke entre dans sa vie, le destin de Lili bascule. Qui voudrait oublier un garçon pareil ? Pour changer son avenir, Lili va devoir affronter son passé et résoudre le mystère de sa mémoire défaillante…

Entre thriller psychologique et histoire d’amour, Forgotten est un roman haletant et bouleversant.

Mon avis
Lili est une jeune fille banale en apparence, éclipsée par le charisme de sa meilleure amie, vivant avec sa mère et n’ayant pas vu son père depuis l’enfance… Mais elle a un secret qui pèse lourd sur sa vie : sa mémoire ne retient pas les souvenirs passés et se contente de ne garder que les souvenirs à venir. Une fois sa journée terminée, sa mémoire se met à jour et efface tout. Ses seuls souvenirs sont donc ceux d’une vie qu’elle n’a pas encore vécue. Mais lorsque Luke entre dans sa vie, elle ne comprend pas pourquoi elle se réveille chaque matin sans aucun souvenir futur de lui alors qu’il prend de plus en plus de place dans sa vie. En même temps, de terribles cauchemars commencent à la hanter… Et si tout était lié ?

Si j’ai trouvé la couverture du livre très belle avec ses teintes mauves, j’ai, encore une fois, trouvé le résumé de la quatrième de couverture mauvais. La meilleure amie de Lili tient une place infime dans l’histoire, Luke n’est pas présenté comme il le faudrait… C’est un point qui est à mon sens bien trop négligé dans un livre : c’est ce résumé qui doit annoncer la couleur, qui doit déterminer si une histoire peut nous séduire ou pas et c’est un exercice auquel les maisons d’édition ne semblent pas s’en sortir.

Encore une fois, mon avis sur ce livre est mitigé. D’un côté, le thème abordé – celui des mystères du cerveau et de la mémoire – m’a beaucoup plu, j’ai aimé l’aboutissement des interrogations sur la mémoire sélective de Lili, j’ai trouvé l’explication tout sauf farfelue malgré le côté fantastique lié aux souvenirs futurs. L’auteur a mis le doigt sur quelque chose de différent et qui donne une bonne trame de fond avec une histoire familiale qui tient debout et un drame qui justifie pleinement les conséquences retombant sur Lili. D’un autre côté, j’ai, jusqu’au bout, eu énormément de mal à continuer ma lecture : rien dans le style de l’auteur ne m’a donné envie de continuer, de savoir à tout prix ce qu’il se passait. J’ai trouvé ça plat, banal voire même mal construit et ça ne vient pas de la traduction à mon avis. Le problème se situe dans l’enchainement des événements, dans le côté creux des personnages, dans les relations entre eux tellement peu intéressantes…

Les personnages ne m’ont donc pas touchée (attention, je vais donner certaines clés de l’histoire) : l’héroïne avait tout le potentiel pour être intéressante mais l’auteur en a fait une fille qui n’accroche pas l’envie du lecteur. La meilleure amie censée être si importante pour Lili dans la quatrième de couverture n’a au final aucun rôle dans l’histoire ou presque : quand Lili brise son histoire interdite avec un professeur sans que sa meilleure amie ne sache que c’est elle, on comprend que le personnage ne servait que d’exemple aux possibilités de modification du futur de Lili. Cette histoire m’a d’ailleurs laissée perplexe : elle gâche l’histoire de son amie – ce qui est une bonne action, je suis d’accord – mais elle peut gentiment oublier son geste grâce à sa mémoire sélective et ça ne pose de problèmes à personne : c’est trop facile pour moi et c’est l’exemple même du côté creux des relations entre les personnages. Il y a Luke aussi qui manque d’intérêt : il est beau, il est fasciné par cette fille qu’il a connue à onze ans durant quelques semaines dans un centre aéré et dont il est soi-disant amoureux depuis, dont il connait le secret sans le lui dire durant des mois… C’est tout simplement trop facile pour l’histoire : je ne comprends pas bien quel était l’intérêt d’en faire une ancienne connaissance de Lili en dehors du côté facile puisque ça permet à l’auteur de dire que Luke connait et accepte sans problème le défaut de fonctionnement de la mémoire de Lili.

A partir de ce constat sur les personnages, je n’ai pu me plonger à fond dans l’histoire. Les ellipses nombreuses auraient du être efficaces mais au lieu de ça, elles laissent une impression de facilité, comme si l’auteur avait senti les faiblesses de son histoire et s’était dit que rallonger un peu son histoire dans le temps suffirait à combler le tout. Je n’aime pas la facilité, j’aime quand les personnages sont en difficulté et j’aime par-dessus tout les voir affronter les conséquences de leurs actes et c’est ce qui m’a manqué dans ce livre. Je n’ai pas su trouver ce qu’il me fallait et je pense que c’est la faute du style de l’auteur et de ses personnages.

Encore une fois, il s’agit d’un livre qui aurait pu me conquérir grâce à son thème mais que les personnages et le côté facile ont gâché. On retrouve bien le côté roman jeunesse du moment, une héroïne qui tombe amoureuse du garçon ténébreux assez vite, qui parait banale mais qui a une vie compliquée et qui porte le poids du monde sur ses épaules : je me lasse vraiment de ce genre de livre. C’est un roman qui peut plaire à tout ceux qui aiment le genre jeunesse du moment mais qui ne séduira pas ceux qui, comme moi, on besoin de plus de profondeur. Merci à ma petite Pierre de Jade pour m’avoir fait découvrir ce livre qui reste cependant une lecture agréable.

Envie d'explorer les mystères du cerveau humain ?

24 heures pour la fin d'un monde d'Emilie Decamp

Livre paru en 2011 aux Editions Chloé des Lys, 107 pages. Lu dans le cadre d'un partenariat avec le forum Accros & Mordus de Lecture. Je remercie le forum et la maison d'édition pour cette superbe opportunité. Merci à Michiko pour sa correction sur le forum d'ailleurs !



Quatrième de Couverture
24 heures pour la fin d’un monde, pour la fin d’une vie. Celle d’une jeune droguée. La drogue n’est pas un élément réellement essentiel. Le roman se concentre plus sur ses relations avec ses proches, le monde extérieur et «les autres» en général. Une série de flash-back avec pour fil rouge une lutte incessante entre plume et drogue. Voici les dernières heures d’une vie, d’un monde, d’un elle. L’histoire d’un combat entre mots et stupéfiants.
Et les images comme les secondes continuaient à s’égrainer alors son stylo continuait de glisser sur le papier, de lutter avec ses larmes et ses souvenirs. Elle traçait sa vie sur le blanc pur et vierge d’une feuille qui n’avait rien demandé.

« La tempête avait cessé. Pour laisser place à une plaie béante, sanglante... Ma vie n’était restée qu’un tas de cendres sur le parvis d’une église, un trou énorme dans un monde qui s’en foutait.[…]»

Mon avis
Elle, notre héroïne tragique, est une jeune femme perdue et en 24 heures, elle revit son parcours ou plutôt sa descente aux enfers et tente une dernière fois de coucher ses mots sur le papier. Ces derniers mots sont son dernier espoir, un dernier espoir qui s'égraine comme ses dernières heures...

La particularité de la maison d'édition Chloé des Lys est qu'il s'agit d'une maison composée de bénévoles qui publie des livres à compte d'éditeur. Les couvertures sont choisies par les auteurs qui sont aussi le plus souvent chargés de la mise en forme de leurs textes ce qui donne un livre dont la qualité de fabrication n'est pas toujours présente. L'écriture de la première et de la quatrième de couverture est floue, pas très bien assortie avec l'illustration et, il faut le dire, le rendu final n'est pas avantageux pour le roman. Le logo de la maison, le prix et le code barre sont faits de gros pixels visibles et cela gâche toute la partie visuelle du livre. Les différentes polices manquent un peu de sobriété et d'harmonie, on trouve aussi quelques fautes dans le texte et j'ai trouvé l'organisation en paragraphe plutôt mal agencée. Beaucoup de sauts de lignes et même un trop grand espace entre deux mots. La mise en page du livre n'est pas du tout le point fort de l'oeuvre.

J'ai préféré commencer par le gros point négatif pour adoucir le reste de ma chronique parce qu'il faut le dire, j'ai apprécié ma lecture. Emilie Decamp écrit bien mais surtout avec efficacité. Tout au long de son écrit, elle sait transmettre tout un tas d'émotions au lecteur. Elle joue avec les différents styles, on évolue entre narration, écrits du personnage, poésie et style épistolaire et cela donne un rythme plutôt agréable au récit. Sans nommer son héroïne, l’auteur réussit à ne pas ennuyer son lecteur avec des répétitions comme "elle" et c'est appréciable.

Son héroïne justement, est une jeune femme enfermée dans un monde de souffrance, dans un monde où les stéréotypes n'ont fait que l'enfoncer encore et encore, où le rejet de ce qu'elle est finit par la détruire pour de bon. Elle essaie d'être forte mais elle reste une enfant à qui il manque énormément d'amour, un amour qu'elle ne fait au final que chercher et qu'elle ne trouve pas. Vivre, d'accord, mais dans quel but ? C'est une question que chacun se pose, une question que je me suis déjà posée sans pour autant être dans une situation de désespoir profond tout simplement parce que c'est une question existentielle universelle. Pourquoi vivre ? Biologiquement, pour préserver l'espèce mais au-delà de ça, pourquoi vivre en tant qu'individu capable de penser et d'agir ? La réponse est simple, vivre pour soi parce qu'il y a les autres pour nous faire vivre, évoluer, grandir. Sauf qu'Elle n'a personne à qui parler, à qui se confier, personne à aimer. Dans ce cas-là, comment faire pour continuer ? Elle, elle choisit la drogue et n'est pas assez forte pour s'en sortir parce qu'elle est seule. Elle est touchante, elle m'a bouleversée.

L'histoire dénonce la condition de ces gens qui n'ont personne et qui sont de plus en plus marginalisés par notre société. La famille de l’héroïne lui tourne le dos, des amis, elle n'en a plus et les spécialistes de la drogue ne font rien pour l'aider car ils ne sont pas capables de comprendre que la seule chose dont elle a besoin c'est d'une main tendue. C'est en 24 heures qu'elle fait le bilan de sa vie, qu'elle revoit ses tentatives de survie, ses remontées à la surface pour essayer de prendre un bol d'air mais où, à chaque fois, une personne lui a remis la tête sous l'eau. Elle a essayé mais n'a pas eu le coup de pouce dont elle avait besoin à chaque fois. Sauf peut-être à un moment où malheureusement, elle n'y croyait plus suffisamment. Cette histoire donne à réfléchir sur le regard que l'on porte à l'autre, sur notre façon de stigmatiser les gens et de juger sans savoir, sur le manque de solidarité chronique qui se fait sentir à notre époque.

Faire le bilan d'une vie sur 24 heures, c'est court mais s'il n'y a pas grand-chose à dire, c'est surtout triste, voilà le bilan de cette histoire. J'ai accroché au récit, au style (même si la forme laisse malheureusement à désirer) mais j'ai trouvé ça un peu court : ma lecture a été rapide et il manque à mon goût un peu plus de détails sur les 24 heures et l'état d'esprit de l'héroïne. Toute son histoire passée est développée et j'aurais aimé retrouver plus de profondeur sur ces 24 heures du présent. Le bilan sombre sur l'histoire de cette fille et sur l’Humanité en général ne m'a pas déplu, au contraire. J'aime beaucoup les visions tout en noir et les fins qui laissent un goût amer en bouche quand on se dit "et si... ?" et j'ai été séduite. C'est à mon avis une question de goût parce qu'un livre aussi sombre ne peut pas plaire à tout le monde : il faut avoir envie de lire quelque chose de dur, qui se solde par un échec. Certains aiment se servir de la lecture pour voir la vie d'un meilleur côté mais personnellement, je préfère lire pour tout ce que la littérature peut offrir à savoir de l'imaginaire, de la réalité pure et dure, de la légèreté, de la profondeur... C'est donc un livre que je conseille à ceux qui aiment le réalisme ou tout ce qui touche au drame ainsi qu’à ceux qui ont envie d'une histoire qui ne se finit pas forcément bien. Emilie Decamp est assurément une jeune auteur à suivre.

Un livre positif pour une histoire pessimiste...

vendredi 8 juin 2012

La balafre de Jean-Claude Mourlevat

Après les examens, la reprise de la lecture a été laborieuse : entre cervelle grillée, farniente à la plage et fêtes à gogo, j'avoue m'être laissée aller. Au milieu de mes partenariats pour le forum A&M, je me suis accordée une petite pause avec un roman de Jean-Claude Mourlevat, La balafre, que je me suis achetée il y a quelques semaines pour 20cts seulement (et dire que je le cherchais depuis longtemps en plus). Mourlevat est un de mes auteurs jeunesse fétiches : c'est une grande histoire d'amour littéraire qui a commencé en 2007 avec Le combat d'hiver mais ça, c'est une autre histoire que je vous conterai peut-être... La balafre est son tout premier roman publié en 1998 chez Pocket Jeunesse. Il est composé de 127 pages. Je pensais ne l'avoir jamais lu mais au final, les derniers chapitres me sont apparus bien trop familiers : sûrement l'une de mes premières lectures à l'école primaire, qui sait..



Quatrième de Couverture
Olivier vient d'emménager dans un hameau perdu. Un soir, l'adolescent est attaqué par le chien des voisins qui se jette sur la grille avec une rage terrifiante. Ses parents pensent qu'il a rêvé, car la maison est abandonnée depuis des années. Olivier est le seul à croire à l'existence de l'animal, le seul à voir une petite fille jouer avec ce chien. Obsédé par ces apparitions fantomatiques, Olivier veut comprendre.

Mon avis
Olivier a treize ans et, pour le boulot de son père, il doit quitter sa ville natale pour aller vivre durant une année entière dans un tout petit hameau. Quitter ses copains n'a rien de drôle et lorsqu'il arrive dans sa nouvelle maison, il comprend bien vite que vivre dans un village désert n'est pas drôle non plus. C'est l'occasion pour lui et ses parents de se retrouver, de profiter des joies de la vraie vie de famille. Olivier aime se promener dans le hameau, sur les chemins alentour. Mais un soir, un chien l'effraie et c'est le début d'une terrible obsession : personne n'a vu ce chien, la maison dans laquelle il se trouverait est abandonnée depuis cinquante et rien d'autre à part ce chien n'habite les pensées d'Olivier. Le jeune garçon se laisse alors happer par une histoire qui le dépasse...

Encore une fois, je me suis laissée emporter par l'histoire de JC Mourlevat. Son style d'écriture n'a rien d'exceptionnel mais il me touche : l'utilisation de la première personne m'a rapprochée d'Olivier, de ses angoisses, de ses doutes. L'histoire est profonde, touchante, elle se clarifie de plus en plus mais en même temps, elle devient plus complexe, plus sombre. Cette impression de toucher au but nous prend dès le début des investigations du héros et quand on pense qu'on tient enfin la clé du mystère, on est assaillis de questions : comment et pourquoi ?

Olivier est un personnage touchant et qui, pour une fois, entre bien dans ses treize ans. C'est pour ça que j'aime Mourlevat aussi : chez lui, ses héros sont conformes à leur âge, à leur vie. Pas de super adolescent qui sait tout, qui a tout vu et qui réussit tout ! Un héros de treize ans a des pensées en rapport avec son âge. Quand Monsieur Tournaire lui montre la lettre, on sent sa naïveté, sa façon de voir encore les hommes comme des gens généreux : l'évolution du personnage est intéressante à ce niveau puisqu'il passe de cette naïveté au réalisme de l'époque de l'occupation et doit essayer de comprendre et d'accepter que la nature humaine n'est pas toute blanche. Madame Goret a son rôle à jouer, on le sent dès son apparition dans l'histoire mais on n'imagine pas à quel point, on ne sait pas quoi penser de cette femme et c'est surtout à cause de la narration puis qu'on suit le fil des pensées d'Olivier et donc son opinion. Les parents de l'adolescent sont effacés, dépassés et ont du mal à comprendre ce qu'il arrive à leur fils. Les personnages sont à mon sens développés pile comme il le faut, sans trop d'informations ou pas assez.

L'histoire en elle-même est prenante parce qu'on ne sait pas vers où l'on va être menés : on pense d'abord qu'on va se retrouver face à un gosse mutilé par un chien méchant qui va devoir réapprendre à vivre avec une "balafre" mais en fait, ça n'a rien à voir avec ça et c'est plutôt la fin de l'histoire qui sonne comme une chute et qui explique le pourquoi du comment du titre. On navigue habilement entre réalisme et fantastique : l'auteur sème tout doucement ses éléments fantastiques et atteint son apogée avec la fin de cette année passée dans le hameau, une apogée qui surprend mais qui permet de garder ce petit goût de fantastique, d'histoire à travers les âges. JC Mourlevat aborde sans prendre de gants l'occupation et la montre telle qu'elle l'était à ses (plus ou moins) jeunes lecteurs : c'est peut-être risqué mais je pense que c'est un tour de force que de dire les choses comme elles sont aux plus jeunes même si elles ne sont pas belles. Le livre est d'ailleurs classé Pocket Junior - certains le contestent - et je pense que la dose de vérité est juste pile à la limite de ce qu'il faut pour de jeunes lecteurs, juste de quoi leur permettre de faire un premier pas vers l'histoire et le fait que les hommes ne sont pas toujours bons les uns envers les autres. Les histoires de dénonciation sont sûrement un peu dures pour de jeunes lecteurs mais à mon avis, c'est surtout pour mettre en relief les bonnes actions et montrer aux jeunes la voie à suivre. Je vais peut-être un peu loin dans mon analyse mais c'est ma façon de voir les choses sur le débat jeunesse.

Enfin, j'ai été très émue durant la lecture... Les passages où Olivier voit la nuit du drame m'ont bouleversée mais ça, c'est mon côté trop émotive quand il s'agit d'animaux, d'enfants et de littérature. Enfin, Mourlevat réussit toujours à me tirer quelques larmes et frissons, je n'y peux rien, c'est devenu une règle immuable. C'est un livre qui se lit vite, qui se savoure et qui laisse sa marque qu'on soit jeune ou moins jeune. Je le conseille à tout ceux qui aiment Mourlevat, à ceux qui aiment les histoires frôlant le fantastique, à ceux qui aiment la "vraie" littérature jeunesse - comprendre les livres où le héros est construit avec réalisme et où l'histoire n'a rien de complètement creuse - et à ceux qui veulent une lecture rapide mais avec du sens.

Encore une fois, merci Jean-Claude Mourlevat !

mardi 1 mai 2012

Histoires d'Amour anthologie dirigée par Elie Darcos

Livre paru en 2012 aux Editions Sombres Rets, dans la collection Méandres de Vie, 292 pages. Lu dans le cadre d'un partenariat avec le forum Accros & Mordus de Lecture. Histoires d'Amour est un recueil de 23 nouvelles traitant de l'amour et dirigé par Elie Darco...

Auteurs : Michaël Moslonka, Pierre Benazech, Ombeline Duprat, Cyril Carau, Yvette Auméran, Esmeralda Bianca, Sylvain Boïdo, Emmanuelle Boreau, Céline Brenne, Emmanuelle Cart-Tanneur, Pierre Chaffard-Luçon, Jérémie Ciholyas, Yves-Daniel Crouzet, Frédéric Czilinder, Inès El-Shikh, Jennifer Flajolet-Toubas, Marie Jaouen, Sybille Marchetto, Pascaline Nolot, Marc Oreggia, Didier Reboussin, Teo Silis et Thomas Spok.
Illustration de couverture : Elie Darco



Quatrième de Couverture
L’Amour, comme une quête de bonheur, une aspiration impossible, une soif d’absolu, la recherche de l’âme-sœur.
L’Amour qui attend le bon moment pour s’en venir, qui lutte contre le temps, qui demeure une vie entière ou un bref instant.
L’Amour enflammant le corps, troublant la raison et l’esprit, dépassant les limites du genre ou de la mort.
L’Amour qui transcende l’espace, la matière, l’être et ce qu’on a de plus précieux, l’étincelle en nous qui sait donner la vie.
Qu’elles prennent un tour sensuel, fantastique, comique ou tragique, ces vingt-trois histoires d’amour vous porteront à la rencontre de personnages attachants, convaincus de la force du sentiment amoureux et de son unicité.

Mon avis
Histoires d'Amour est une anthologie qui reprend le célèbre thème de l'amour, chéri par la littérature, mais qui lui apporte une dose de nouveauté grâce à ses auteurs aux styles réellement différents et à sa suite logique. L'anthologie débute avec une recherche de l'amour en 6 nouvelles où l'on suit toutes sortes de personnages qui se laissent peu à peu capturer par ce sentiment si complexe et tellement propre à chaque personne : on passe de l'amour rêvé, à l'amour qui nous tombe dessus sans qu'on s'y attende ou encore l'amour espéré, tant attendu mais qui ne se manifeste pas et qu'on cherche à provoquer... Ensuite vient Le temps d'aimer en 6 nouvelles avec ces amours auxquels il faut laisser le temps ou encore ceux qui traversent les temps et leurs épreuves en s'effritant mais sans s'éteindre, ou même le fil des amours d'une vie pour savoir qu'on n'en a au final qu'un seul... Quand les sentiments se transforment en amour fou en 6 nouvelles encore, ils peuvent prendre de nombreuses formes : de l'amour passionnel à l'amour aveugle en passant par l'amour insensé. Mais faire Le don de l'amour, l'amour pur et réel, n'est pas chose aisée et c'est à travers 5 nouvelles qu'est clôturé ce périple.

La couverture de l'anthologie ne m'a pas séduite. Je ne m'arrête pas aux premières impressions quand je sais que je veux lire un livre mais lorsque je furète en librairie, je m'intéresse aux livres dont les couvertures attirent mon regard et je pense que je n'aurais pas choisi celle-ci. Elle est belle, elle colle au thème mais elle est trop rose et rouge. Le titre évoque déjà explicitement le thème de l'anthologie et une couverture comme celle-là insiste trop. Après, c'est une question de goût.

La préface d'un livre en dit toujours trop pour moi c'est pourquoi je préfère la lire à la fin, une fois toutes les nouvelles terminées pour être sûre de garder le suspense jusqu'au bout. La préface du livre est intéressante car elle place le contexte mais surtout elle éclaire réellement sur le lien logique entre les différentes nouvelles et leur agencement. J'ai apprécié cet arrangement d'ailleurs, le fait de commencer par les débuts de l'amour et de progresser doucement vers quelque chose de plus intense. C'est un excellent point pour l'anthologie.

La recherche de l'amour est la première partie du livre mais aussi celle à laquelle je n'ai pas accroché : ça vient principalement de moi et de mes goûts. Je n'apprécie pas souvent les écrits décrivant les amours naissants, les rencontres foudroyantes. J'ai eu du mal à me plonger réellement dans ces histoires d'amour là. Cependant, j'ai trouvé Elle de Sybille Marchetto bien écrite. Elle est celle des 6 qui a réussi à me plaire le plus. La fin de Folles de moi de Frédéric Czilinder est aussi touchante dans sa conclusion... Et elle semble surtout tellement vraie. L'impromptu de la noce de Thomas Spok et La jeune femme, les morts et Bobby Joe d'Emmanuelle Boreau n'ont pas réussi à attirer mon attention. Les ingrédients sont là mais la sauce n'a pas pris.

Le temps d'aimer est ma partie préférée du livre. Je suis toujours touchée par les histoires banales en apparence et tellement complexe en réalité... L'encadreuse d'Emmanuelle Cart-Tanneur m'a littéralement transportée : c'est exactement ce que je j'aime dans un écrit, ce quotidien si banal, ces drames de la vie qui vous façonnent... C'est un nom dont je me souviendrai. Le personnage de Paul m'a touchée, celui de sa femme aussi. L'amour n'est pas une question d'âge ou de génération, c'est une question d'épreuves à traverser ensemble. Quatre Saisons Avant la Pluie de Jennifer Flajolet-Toubas est elle aussi touchante : un proverbe qui m'a marquée dit "Il faut avoir beaucoup aimé pour se rendre compte que l'on aime qu'une seule fois", il prend tout son sens dans ce pèlerinage effectué par le héros. Le développement de l'odorat à travers l'écriture est tout simplement sublime. Mon avis est compliqué pour Le sourire de Fausta de Cyril Carau : l'écriture est fluide, prenante et le côté dérangeant de la relation décrite juste superbe... Mais je suis perturbée par ce côté dérangeant : je trouve réellement bien de le mettre en valeur, de faire réfléchir mais j'ai grimacé en le lisant à cause du fait que je suis proche de tous mes cousins, germains ou éloignés... C'est en même temps ce que j'aime : qu'on me bouscule à travers les mots !

L'amour fou dérange, il bouscule le politiquement correct, repousse les limites et c'est tout ça à la fois qu'on peut retrouver dans cette parte de l'anthologie. La fille de l'air de Pascaline Nolot nous offre le sympathique coup de l’ascenseur émotionnel en deux lignes : du génie. J'ai grimacé, j'ai fermé le livre pour m'en remettre, la tête pleine d'images dont je me serais bien passée mais c'était franchement bon. Le Baiser du requin d'Yvette Auméran est l'histoire la plus extraordinaire ce cette anthologie, ma préférée reste L'encadreuse mais celle-ci dépasse tout et nous donne une bonne leçon de vie : qui aurait cru qu'une esturgeonne était capable de m'émouvoir à ce point ? Yvette Auméran affronte la science, affronte les lois de la nature et surtout, elle nous montre que se battre vaut parfois la peine. Surtout en amour. Les autres amours décrits dans cette partie garde cet aspect dérangeant, que ce soit le sentiment qu'a du éprouver le héros de Coup de Foudre ou l'horreur de Luz del Camino, nous poussent à voir plus loin que l'amour simple et facile qu'on connait. Ces nouvelles nous ouvrent les yeux sur la réalité humaine et ses travers, la réalité humaine et l'amour fou...

Enfin Le don de l'amour est la dernière partie et pas la moindre : il s'agit de s'offrir entier à l'autre, de se sacrifier. J'ai particulièrement aimé Paris/Grenoble d'Esmeralda Bianca : les histoires du quotidiens, du commun des mortels me touchent encore et toujours. En quelques minutes, le héros passe de sa femme embrassant un autre homme quelques mois plutôt à l'une des révélations les plus bouleversantes de sa vie et ça ne laisse pas indifférent.

Les auteurs de cette anthologie n'ont pas été choisis au hasard et ça se sent : ils sont tous différents, ils apportent chacun une touche bien personnelle au livre mais se complètent à merveille. Il y en a pour tous les goûts ce qui n'est pas courant dans les anthologies : là, on est forcément touché par quelques écrits tellement les sensations sont diverses et variées. J'y ai trouvé mon compte, j'ai découvert de nouvelles façons de voir et lire l'amour et je ne regrette pas cette lecture. Je me suis attachée à des personnages en seulement quelques pages et c'est ce que j'aime dans la nouvelle : être touchée en quelques mots tout simplement parce que c'est naturel, ça semble couler de source. Je regrette simplement de ne pas avoir adhérer à toutes les nouvelles mais c'est le prix à payer pour un recueil aussi diversifié.

Merci aux Editions Sombrets Rets pour cette opportunité et la confiance qu'ils accordent au forum A&M.

Que savez-vous vraiment de l'amour ?

jeudi 12 avril 2012

Naya Tome 1, La colonie d'Astrelof

Livre paru en 2011 aux Editions Persée, 282 pages. Lu dans le cadre d'un partenariat avec le forum Accros & Mordus de Lecture. La colonie d'Astrelof est le premier tome de la saga Naya.



Quatrième de Couverture
Pour les grandes vacances, les parents de Naya décident de l'envoyer en colonie de vacances. Là, elle se lie d'amitié avec une jeune fille drôle et dynamique, Stessie, puis avec Lucas, le rebelle courageux. Ensemble, ils essayent de percer les secrets de l'équipe d'animation qui se comporte bizarrement. La colonie regorge de mystères et le trio, en cherchant à les élcaircir, découvre un livre étrange : il révèle l'existence d'un monde inconnu, rempli de magie et de créatures extraordinaires.

L'arrivée d'un rêve diabolique déclenche de véritables hostilités. Unis par le lien invisible d'une origine commune, les adolescents doivent livrer un combat où l'esprit d'équipe est synonyme de survie.


Mon avis
Naya est une jeune fille comme les autres : des amis, des parents aimants et des grandes vacances qui s'annoncent bien remplies. Seulement, son père décide de l'envoyer dans une colonie dans les Alpes durant 28 jours au lieu de la colonie dans les Pyrénées prévue et durant deux semaines seulement... Elle ne cache pas son agacement mais n'a pas tellement le choix. Elle promet à ses amis de leur écrire et embarque à bord du bus qui la mène tout droit à Astrelof... Cette colonie n'est pas comme les autres, elle le sent et, aidée de ses deux nouveaux amis Stessie et Lucas, elle va mener l'enquête mais les réponses qu'elle va obtenir pourrait bien bouleverser complètement sa vie et ses vacances hors normes...

Ce tome est le tout premier d'une série nommée Naya : on sait donc dès le départ que c'est elle, notre héroïne du début à la fin. La couverture du livre est très belle, l'écriture choisie, l'image, tout colle parfaitement à l'histoire.

Ce livre a fait naître chez moi un avis complètement mitigé. J'aime beaucoup l'histoire principale, l'idée de base mais j'ai peiné dans ma lecture, du début à la fin.

La trame est franchement bonne même si ça n'est pas forcément novateur : un autre monde, des jeunes exceptionnels, des oppresseurs... C'est du déjà vu mais ce n'est franchement pas un problème puisque Natacha Catel nous rajoute une pointe d'originalité à son histoire avec ses créatures et tous les personnages entourant les adolescents de la colonie. J'ai trouvé cependant les choses trop faciles... Les trois personnages principaux comprennent trop vite les choses, ils trouvent facilement leurs réponses et réussissent sans difficulté à berner les "monos" : cette colonie, elle se prépare sûrement depuis plus de dix ans alors la fan de difficultés que je suis n'a pas trouvé son compte dans les épreuves imposées par l'auteur aux protagonistes. Les pouvoirs donnés aux personnages sont aussi extrêmement puissants : je me dis que c'est un moyen de les aider à triompher mais sur le coup, j'ai été pas mal surprise. Là où j'ai eu le plus de mal à réellement essayer de trouver l'histoire plausible, c'est dans l'assimilation de la "vérité" par les adolescents : je me demande comment, en quelques jours seulement, les trois personnages réussissent à intégrer qu'ils ont été adoptés, l'accepter sans problèmes, croire en un autre monde, accepter de croire Léandrane alors qu'elle aussi pourrait très bien leur vouloir du mal après tout dans cette colonie hostile, et surtout décider de se battre pour la liberté d'un pays qu'ils ne connaissent pas. C'est tout ça qui me laisse réellement perplexe sachant qu'ils n'ont que seize ans et que leurs connaissances de base leur viennent d'un livre dont ils ne lisent qu'un passage... A mon avis, ça manque de réalisme : l'auteur aurait du prendre son temps sur ces assimilations, quitte à laisser de côté une bonne part de l'intrigue parce qu'un personnage ne doit jamais, selon moi, être simplifié. Stessie, Lucas et Naya se posent des questions très vite, ont un caractère qui fait que le comportement des moniteurs les poussent à creuser mais ils se contentent sans problème d'une histoire abracadabrante sans trop de scepticisme ? C'est là que ça donne un mélange incohérent.
L'enchainement des chapitres m'a tout de même donné envie de continuer ma lecture, je voulais savoir ce qu'il se passait, ce qu'il allait arriver aux personnages. Je regrette seulement que Naya ne soit pas plus développée que ça : l'auteur insiste sur le poids des responsabilités, sur ses craintes vis à vis de son rôle de leader mais c'est tout. On ne sait rien d'autre d'elle alors que Lucas et Stessie, qui ne sont pas censés être aussi importants, ont droit à un portrait d'adolescents "réels" : le côté drôle de Stessie, le côté fonceur de Lucas... Naya gagne sûrement à être plus connue que ça.

Mon vrai problème avec ce livre a été l'écriture. J'ai eu du mal à me plonger dans l'intrigue à cause du style : l'auteur n'a, selon moi, pas développé les points qui méritaient de l'être et s'est concentrée sur des détails sans importance. Peut-être que j'ai eu cette impression parce que je n'ai pas en main toutes les clés pour tout comprendre mais ça a beaucoup influencé sur mon avis. Les réactions des personnages ne sont pas "vivantes", elles sonnent faux. Seules les réactions de Stessie semblent fluides, peut-être parce que c'est le personnage le plus spontané de l'histoire. Il y a aussi pas mal d'incohérences qui sautent aux yeux : la course d'orientation avec un passage où les indices et les balises de correspondent plus, le moment où Naya fait le compte des personnes qu'elle doit encore toucher (ils sont quarante adolescents mais elle semble faire le compte des quarante sans inclure Stessie, Lucas, Kétie et elle-même), le nombre de jour séparant la soirée (samedi soir) et la discussion sur les personnes convaincus (mardi alors qu'ils se voient tous les jours et que cette histoire est censée être au centre de leurs préoccupations)... Je n'ai pu m'empêcher de me poser toutes ces questions au cours de ma lecture et c'était vraiment déroutant.
Je pense que le véritable problème de tous ces détails vient d'un éparpillement : Natacha Catel a essayé de donner toutes les informations importantes mais elle n'a pas su les organiser et les déposer au bon moment dans son récit et ça se ressent, comme le moment où, d'un coup, elle explique que Naya a déjà parlé de sa vision nocturne à ses amis et qu'ils ont très bien compris la chose... C'est le genre de scène qui s'écrit et non qui se résume sachant que Naya reste le guide, le personnage qui s'est retrouvé à avoir des aptitudes avant de réellement recevoir ses pouvoirs : c'est le genre de maladresse qui porte préjudice à l'ouvrage.

Mon avis mitigé vient donc du fait que l'histoire m'a plu alors que l’écriture et l'organisation du récits n'ont pas su me séduire. Cette saga a du potentiel, l'auteur aussi mais il faut vraiment que les autres tomes ne laissent rien au hasard et que les points négatifs soient travaillés pour être transformés en points positifs. Il faut que les informations soient données au bon moment, qu'elles soient utiles au récit. Je pense poursuivre cette saga parce que j'ai réellement aimé l'intrigue, l'idée de base et je suis confiante pour la suite : le premier tome reste toujours le plus délicat car il faut donner pleins d'outils au lecteur pour qu'il comprenne. La suite donnera sûrement l'occasion à l'auteur de bien développé son récit et ses personnages.

Je remercie les Editions Persée et le forum A&M de m'avoir donné l'occasion de lire ce livre.

Un potentiel à exploiter.

mercredi 4 avril 2012

Le Blog du Moment : Aux pages qui défilent


A chaque fois que je retrouve du temps pour flâner au coeur de la blogosphères, j'aime faire de nouvelles découvertes, j'aime trouver la petite pépite au milieu de la rivière. Récemment, j'en ai trouvé une, un blog qui promet de jolies choses. Il s'agit du blog Aux pages qui défilent de noisette2011, une dévoreuse de livres, littéralement : il suffit de regarder l'allure à laquelle elle lit pour le comprendre... Je suis tombée sur cette perle rare grâce à A&M, noisette2011 étant une des membres qui se fait une vraie place au sein de notre communauté. C'est une blogueuse à suivre, elle a beaucoup à partager !

Enjoy it !

lundi 2 avril 2012

Les Soupirs de Londres tome 3 : Marquise des Ténèbres

Marquise des Ténèbres est le troisième tome de la saga Les soupirs de Londres publiée aux Editions du petit caveau. Je n'ai pas lu les deux premiers tomes et ai reçu ce livre via un partenariat sur le forum Le sanctuaire de la lecture des A&M ♥. Merci aux Editions du petit caveau pour cette découverte. C'est un tome de 270 pages publié en 2012.



Quatrième de Couverture
Quand les cadavres se relèvent d entre les morts, Stella, la vampire hongroise exilée à Londres, se doit de mener l enquête. Elle est loin d imaginer que derrière cette histoire de meurtre et de sorcellerie, c est tout un passé qui va resurgir. En parcourant les souterrains de l effroyable Tour de Londres, entre jeux de pouvoir, séductions et manipulations, la belle immortelle aura fort à faire pour découvrir les liens tragiques qui nouent les vampires de la capitale... Le troisième tome des Soupirs de Londres ouvre une fenêtre sur le passé des vampires londoniens. Des murmures de l Écosse aux ombres de la Tour de Londres, la roue de la destinée tourne inexorablement pour ces immortels torturés et puissants...


Mon avis
N'ayant pas lu les deux premiers tomes, ma première appréhension était de ne pas réussir à m'imprégner de l'histoire mais au final... Cela a été tout le contraire !

Les Soupirs de Londres est une saga qui suit les aventures de Stella, vampire de l'Est exilée à Londres par l'Ordre du Psyché, sorte de gouvernement suprême chez les buveurs de sang. Dans ce tome, Stella se retrouve face à une nouvelle enquête qu'elle doit mener pour le compte du Prince de Londres, Rodrigue, qui rend la jeune femme toujours plus nerveuse. D'étranges meurtres sont perpétrées au sein de Londres et ce par un vampire, la présence de traces de crocs ne peut laisser planer le doute. Seulement, une puissante magie entoure les cadavres qui n'ont pas fini de révéler leurs secrets... Aidée de Corwin, de Drake qui l'insupporte toujours au plus haut point et d'autres alliés, Stella va mener l'enquête. Seulement, elle n'en ressortira pas indemne et va devoir se confronter à une réalité des plus déplaisantes...

J'ai accroché à l'histoire dès les premiers chapitres pour plusieurs raisons. Premièrement, la plume d'Ambre Dubois : j'ai découvert l'auteur via cet ouvrage et je ne le regrette pas. Elle possède un style qui fait qu'on ne peut que se laisser séduire par ses mots. Elle ne s'encombre pas de superflu, elle choisit avec talent la phrase qui tient en haleine ou celle qui fait qu'on en veut plus, toujours plus. Ensuite, elle distille vraiment les relations entre ses personnages et ça m'a permis de prendre la machine en route : il me manquait des informations sur les personnages mais rien qui ne puisse m'empêcher de comprendre l'intrigue et ça, c'était juste génial. Cet égrenage des liens, des sentiments, du passé des personnages est aussi un de ses atouts : on est entourés de mystères, autant par l'enquête que par les personnages eux-mêmes.

D'ailleurs, les personnages sont fascinants. Stella est notre narratrice et on découvre avec elle son entourage. Corwin se révèle, il prend des initiatives et est un soutien nécessaire à notre héroïne. Le Prince, lui, reste énigmatique et ce jusqu'au bout. On apprend très peu de choses à son sujet et encore, on ne sait même pas si on peut se fier à toutes ces informations : c'est encore un coup de maître qui va me pousser à continuer la saga. Drake est le personnage qui m'a le plus fascinée : il se dévoile peu à peu mais sans rien offrir de dangereux pour lui, sans perdre la face. Il laisse Stella pénétrer dans un pan de son histoire pour gagner sa confiance. Il a des tas de choses à cacher, il anticipe chacun de ses coups et semble même anticiper ceux de ses adversaires. De plus, sa relation avec Stella est juste addictive : je retenais mon souffle en lisant les passages où il la frôle, où il joue avec elle, où il la pousse à bout... Elle est suffisamment forte pour résister et ça fait tout l'intérêt de leur lien (même si je dois avouer avoir eu envie dès leurs premières scènes voir Stella succomber puis regretter). Enfin, la Marquise est un personnage intriguant que j'ai envie de revoir, de connaître, de comprendre...

L'enquête en elle-même est haletante, elle surprend par moment et nous laisse sur un goût d'inachevé torturant : on sait que les conséquences vont arriver dans le prochain tome et attendre va être long. Le seul bémol de l'histoire reste pour moi la façon dont Stella parvient à se débarrasser du tueur... J'ai trouvé ça un peu facile et je me suis dit "Oh, déjà ?" mais en même temps, c'était soit ça, soit elle y passait et ça aurait été dommage que ses aventures ne s'arrêtent là.

Au final, un très bon ouvrage qui se laisse lire, s'apprécie et peut se passer des tomes précédents. Enfin, on peut s'en passer avant de terminer ce tome car une fois le livre refermé, j'ai décrété que j'allais lire cette saga ! Quelques petites fautes repérées dans le livre mais rien de bien perturbant pour ma lecture...

Merci au forum et aux éditions du petit caveau pour ce partenariat qui m'a permis de découvrir un auteur et une saga dont je suis déjà folle... Je ne le conseille pas à un public trop jeune mais il plaira à tous les fans du genre et aux nostalgiques des vampires qui sont réellement maudits : là, au moins, être vampire ne signifie pas avoir la belle vie...

Puis pour le plaisir de faire de petites hypothèses : j'espère que Stella va succomber à Drake, ça la détendra et ça nous donnera un bon chapitre épique *.*

Merci à A&M, aux Editions du petit caveau ainsi qu'à Anne Dubois pour son talent !

dimanche 1 avril 2012

L'ère des phalanstères de Gil Braltard

Après avoir trainé dans mes lectures, dans la gestion de ce blog et de tout le reste en général, je me remets enfin en selle ! L'ère des phalanstères est un roman que j'ai pu lire grâce à un partenariat via Le sanctuaire de la lecture des A&M, forum cher à mon petit coeur. Merci aux Editions Céléphaïs pour cette opportunité. C'est un roman de 251 pages publié en 2011.



Quatrième de Couverture
Gaïa, malgré notre bassesse et notre malfaisance, a eu pitié de nous. Des terres que nous avions rendues stériles, Elle a fait surgir de resplendissantes fleurs. Elle nous a envoyé ses messagers, les prophètes Ubik et Florem et leur armée de serviteurs qui nous ont aidés à construire les phalanstères, ces arches de paix et de liberté où nous sommes choyés comme des princes. Oui, en vérité je vous le dis, par saint Joseph-Proudhon, saint Charles-Fourier, saint James-Lovelock et tous les autres saints de la Floraison, il n'est pire pécheur que celui qui tourne le dos à notre Bonne Mère.

Gaïa a instillé la Peur en nous pour qu'elle nous détourne de l'Extérieur. La Peur est un mal nécessaire. Elle nous rappelle à tout moment que la liberté physique est une illusion. Que représente en effet cette insignifiante liberté en comparaison de celle de projeter notre esprit où nous le désirons ?

En pensées seulement tu voyageras. Le rêve rend libre, mes chers frères et sœurs, n'oubliez jamais cette sainte maxime, le rêve rend libre.


Mon avis
La Terre, dans un siècle, ça donne quoi ? Il suffit de se plonger dans le roman de Gil Braltard pour avoir droit à son hypothèse sur la future vie des hommes. A travers l'épopée de deux personnages vivant deux vies complètement différentes, Mikhaïl (dont le prénom n'est certainement pas laissé au hasard) et Inako. Mikhaïl vit dans le confort, l'aisance et il a tout pour être heureux. Le jeune homme est bien entouré et la technologie développée de son époque le sert mais elle ne le comble pas. Un soir, alors qu'il survole une zone désertique, il remarque un comportement étrange chez un troupeau mammifères, un phénomène qui va le pousser à se poser de nombreuses questions... Et à interroger son grand-père qui lui, exilé sur mars comme tous les centenaires, n'est pas autant connecté à la technologie que son petit-fils. Quand il demande à Mikhaïl s'il a trouvé la clé du mystère, celui-ci ne sait pas de quoi il parle... Sa mémoire aurait-elle été effacée par cette technologie si efficace ? Inako, elle, vit dans un phalanstère, un lieu de vie fermé où Gaïa, déesse ultime, aurait parqué ses enfants pour les sauver de la planète en déclin. Ils ne peuvent sortir, les prêtres des lieux leur rappelant sans cesse que l'air au dehors est mortel... Mais Cassius, l'ami d'Inako, comprend vite que c'est un mensonge...

Ce roman d'anticipation m'a passionnée. Je n'aime pas le genre en général, j'ai toujours du mal avec la science-fiction, avec les robots, les scenarii catastrophes mais là, j'ai été conquise. Le style de l'auteur est franchement agréable, il réussit à faire passer avec facilité les termes bien SF ce qui m'a personnellement permis d'accrocher à l'historie dès les premières pages. L'alternance des chapitres entre les phalanstères et le monde "libre" est une méthode qui permet de faire facilement le parallèle et surtout qui laisse la possibilité de comprendre au fur et à mesure ce qu'il se passe, qui tire les ficelles de ce monde qui pourrait finalement un jour être le nôtre. C'est un roman qui pousse à se poser des questions sur notre monde capitaliste, sur les conséquences que son fonctionnement pourrait avoir à long terme et sur qui trouverait les solutions le moment venu. Le sommet international traitant de cette solution justement est juste immonde et tellement réaliste à la fois : Gil Braltard nous met face à son hypothèse sur l'avenir, une hypothèse qui tient largement la route quant à la façon dont les choses pourraient tourner... Se dire qu'une poignée de "grands" de ce monde choisirait la voie finale de milliards d'individus n'est pas insensé quand on voit comment tourne actuellement le monde...

Les personnages du roman sont tous intéressants, chacun à leur manière. Mikhaïl est un jeune homme qui a tout ce dont il peut rêver et c'est le vide qu'il ressent, ce sentiment du petit quelque chose qui cloche qui fait de lui un homme à part, un homme digne d'intérêt. Il n'abandonne pas, il cherche des réponses et il n'a pas la mentalité que son entourage et notamment son maître voudraient qu'il ait. C'est grâce à son Dom (robot) qu'il peut réussir à s'émanciper du contrôle de l'interconnexion mondiale : ce robot est juste mon personnage préféré. Il est drôle, malin et sans lui, ce roman ne serait pas le même. M'étaler sur son cas n'est pas possible malheureusement sachant qu'il a son petit rôle à jouer dans le dénouement. Inako, elle, est une jeune fille qui n'a connu que l'enfermement et l'endoctrinement. Ses rêves, ses questions et ses espoirs font d'elle une héroïne à art entière : comme Mikhaïl, elle se réveille tout au long du roman, elle comprend que quelque chose ne va pas et passe de la disciple sage à une rebelle prête à lutter pour la liberté. Elle est celle qui vit le plus grand drame au cours du roman, dommage que ce ne soit pas légèrement plus approfondi d'ailleurs. Son "père" spirituel est une ordure, une ordure de la pire espèce, comme le guide de Mikhaïl d'ailleurs... Cassius, lui, est un peu le guide d'Inako : comme le Dom aide Mikhaïl, Cassius aide Inako en lui confiant ses doutes et ses découvertes, notamment le fait que respirer l'air de l'extérieur n'a rien de dangereux, bien au contraire...

En somme, un roman qui se dévore, des personnages attachant sur lesquels on ne peut que porter un grand intérêt et un style qui empêche de reposer le roman une fois commencé. C'est envoûtant, c'est passionnant et ça pousse à réfléchir à notre situation actuelle et à celle à venir : est-ce que le but d'un livre n'est pas de nous apporter quelque chose ? Pour moi, si, et là, Gil Braltard m'apporte beaucoup avec sa vision des choses, une vision qui rappelle qu'il y a du bon et du mauvais partout... Un seul regret : j'en aurais voulu plus ! Plus de pages, plus d'histoire pour continuer cette aventure !

Merci au forum et à la maison d'édition pour cette découverte, merci à l'auteur pour son ouvrage et l'excellent moment passé et franchement, n'hésitez plus, lisez-le ! Ce roman file directement dans mes coups de ♥ !

Petit plus : Gil Braltard est en fait le pseudo de Hicham Charif (pour ceux qui chercheraient d'autres de ses oeuvres...)

Céléphaïs, une maison d'édition qui sait dénicher les perles rares !