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Rambalh, c'est un pot pourri sur la littérature, un blog pour partager mes coups de coeur et de gueule. Rambalh signifie Bordel en Occitan et c'est un peu le cas de ce blog : de tout et surtout tout moi. Le bordel de mes goûts, de ma vie livresque, toujours en lien avec Accros & Mordus de Lecture.

jeudi 27 juillet 2017

ORACLE, Tome 1 : Korrigans de Justine Morvan

Une amie m'a conseillé cette toute nouvelle saga et elle a eu raison ! J'aime quand un roman d'un genre qui ne me plait pas particulièrement au départ réussit à me surprendre.



Quatrième de Couverture
« L’univers des légendes celtiques passé au shaker de l’urban fantasy ».

Protéger le monde de l’apocalypse n’est pas une mince affaire, et l’organisation secrète O.R.A.C.L.E (Organisation de Régulation des Accidents, Conflits et Litiges inter Espèces) en sait quelque chose.

Dévoués à la sauvegarde du statu quo entre le surnaturel et le commun depuis la nuit des temps, ses agents jouent des pieds et des mains pour empêcher les différentes races présentes sur Terre de s’entre-déchirer. Discrétion, efficacité, pragmatisme : tels sont ses mots d’ordre.

Celle qui les incarne le mieux est Youna, semi-elfe et officier autoritaire de la zone Celte. Prête à tout pour remplir ses fonctions, elle dirige d’une main de fer une unité d’intervention composée d’agents hauts en couleur : Talmad, faune aux prothèses bioniques, Netun, Korrigan affligé d’un trouble anxieux pathologique et Eliaz, jeune informaticien doté de pouvoirs psychiques.

Lorsque Youna et son équipe sont chargés d’enquêter sur une sordide série de meurtres au cœur de la zone Celte, ils ne savent pas encore que ces crimes ne sont que le début d’un véritable jeu de massacre. Une folie contagieuse, dont les racines s’enfoncent loin dans l’obscurité…

Mon avis
" - Je ne vois qu'une solution : filer à l'irlandaise.
- Tu veux dire à l'anglaise? rétorqua Eliaz.
- J'croyais qu'on disait à la française ! s'exclama Netun.
- Stop ! coupa Youna, disons filer à la grecque ça mettra tout le monde d'accord.
- Ouais, ouais bonne idée, sont chiants les Grecs avec leurs minotaures et leurs furies, y croient qu'y zont inventé l'eau chaude alors que la moussaka c'est dégueulasse ! "
(ORACLE, tome 1 "Korrigans", p.222)

Le premier tome de la série ORACLE est un premier pas vers un univers riche et plein de promesses. L’urban fantasy n’est pas un genre que j’affectionne, étant vite ennuyée par les redondances scénaristiques comme les personnages toujours prévisibles, les histoires mêlant loup-garou et vampire à tour de bras ou encore les histoires d’amour improbables s’incrustant pour la forme… Ici, rien de tout ça !

Justine Morvan réussit à peindre un tableau de la fantasy au cœur de notre réalité avec brio, à travers une trame prenante et bien ficelée mais aussi des personnages flirtant avec les stéréotypes sans jamais s’y laisser prendre. ORACLE, c’est enfin une saga où de nouvelles espèces et créatures sont mises en avant, où la Bretagne est utilisée à la perfection et où l’intrigue ne s’essouffle pas un seul instant.

Chaque personnage principal à son rôle, son caractère, son côté stéréotypé… Et le tout s’emboîte parfaitement sans atteindre la limite délicate du « trop » à ne pas franchir : les clichés dont sont affublés les protagonistes donnent surtout l’impression d’exister pour être remaniés et utilisés avec un dosage au poil de cul près. Le résultat est bon et efficace, chaque membre de l’équipe 29 complétant parfaitement les autres, chaque autre personnage trouvant sa place et son juste rôle.

Enfin, le point fort de ce premier tome reste la plume de Justine Morvan. Elle utilise un humour mordant, culotté, oscillant entre différent style en fonction des personnages. Cet humour est délicieux, quelle que soit sa forme tout au long du de la lecture et fait de ce livre une véritable pépite, que l’on aime l’urban fantasy ou non : j’adore ce genre d’écriture et il me permet d’aimer un genre qui me laisse pourtant souvent de marbre. Et si vous aimez la pop culture, les clins d’œil qui y sont faits dans le texte sauront vous ravir autant qu’ils m’ont plu !

Si vous aimez l’humour tranchant, les légendes celtiques et le mélange des genres, foncez sans hésiter !

dimanche 12 février 2017

Nagasaki d'Éric Faye

Rien de tel qu'une lecture positive pour oublier une déception ! Lecture qui s'est faite d'une traite, et c'est agréable.



Quatrième de Couverture
Shimura-san mène une existence solitaire et ordonnée dans la banlieue de Nagasaki. Mais voilà que des objets se déplacent, chaque jour, insidieusement, que de la nourriture disparaît. Fantôme ? Hallucinations ? Grâce à une webcam, la vérité se fait jour : une femme habite clandestinement chez lui, depuis un an...
Grand Prix du roman de l'Académie française 2010, Nagasaki est un chef-d'oeuvre de mélancolie, un récit percutant sur l'isolement, où les ombres qui peuplent l'histoire du Japon ne sont pas loin.

Mon avis
Shimura-san sent que quelque chose cloche en ouvrant son frigo. Un détail, un simple détail attire son attention. Il manque quelque chose à ce décor si banal. Quelqu’un pénètrerait-il sa maison en son absence ? Il décide de tout faire pour en avoir le cœur net et va découvrir qu’une inconnue partage sa vie à son insu.

Éric Faye nous raconte l’histoire vraie d’un homme qui apprend qu’une femme vivait clandestinement dans sa maison. Il la débusque en installant une caméra chez lui et prévient la police. Chamboulé, il se rend compte que son intimité a été pénétrée par une inconnue. Accueillant chaque soir avec sérénité sa vie solitaire en rentrant chez lui après une journée de travail, il comprend avec horreur qu’il n’était pas seul, dans ce qu’il considérait comme son havre de paix. Shimura-san est l’incarnation de l’être humain qui travaille pour gagner sa vie, vie qu’il passe ensuite dans la solitude parce que le monde actuel désagrège de plus en plus les liens sociaux sincères. Cette solitude dont il se satisfait est remise en cause par l’existence de cette femme : on n’est jamais physiquement seul finalement mais on croise les autres sans réellement les voir. Cette inconnue, dont le nom n’est jamais cité, est un bouleversement dans son quotidien, mais un bouleversement angoissant. Son cocon a été forcé, sa sérénité n’est plus.

Nagasaki est finalement le reflet de la réalité sociale de notre monde : on est entouré et seul à la fois. On se préserve mais lorsqu’une personne force notre armure pour pénétrer au plus profond de nous, à ce que l’on pensait inaccessible, on prend peur, on se sent vulnérable. On ne veut offrir aux autres que ce que l’on choisit, par pudeur mais surtout prudence. Et on ne prend d’eux que ceux qu’ils nous offrent en retour.

La plume d’Éric Faye nous transporte et nous permet de comprendre les deux personnages principaux de l’histoire : cette histoire touchante nous pousse à réfléchir, à nous demander si, dans notre vie, des inconnus ont pu forcer les portes de notre vie, comme la clandestine le fait avec Shimura-san. Et plus encore, on se demande si cette inconnue, dont les motivations profondes ne sont révélées qu’à la fin, n’est pas le reflet de toutes ces choses auxquelles on s’identifie parce qu’elles ont une signification particulière à nos yeux.
En moins d’une centaine de pages, Nagasaki, à travers un simple fait divers, pousse à une réflexion étrange et assez dérangeante. Sommes-nous trop satisfaits d’être seuls avec nous-mêmes pour ne pas chercher à nous ouvrir aux autres ?

J’ai passé un agréable moment avec ce livre, oscillant entre compassion et tristesse, compréhension et malaise. La chute de cette histoire est bien trouvée mais, surtout, énonce une requête sur la propriété des souvenirs qui donne de la légitimité, à mes yeux, aux agissements de cette inconnue. Personne ne devrait nous empêcher de revivre nos souvenirs lorsque nous le souhaitons, quelle qu’en soit la forme et c’est finalement l’incarnation de cette règle qu’offre ce roman.

Harry Potter et l'enfant maudit de J.K. Rowling, Jack Thorne et John Tiffany

J'ai résisté à cette lecture longtemps. Parce que je connaissais l'intrigue. Parce que j'avais peur. Puis je l'ai fait. J'ai lu ce livre et... breuogggrghhjgh. Au moins, ça me permet de me remettre aux chroniques, voyons le positif !



Quatrième de Couverture
Etre Harry Potter n'a jamais été facile et ne l'est pas davantage depuis qu'il est un employé surmené du ministère de la Magie, marié et père de trois enfants. Tandis que Harry se débat avec un passé qui refuse de le laisser en paix, son plus jeune fils, Albus Severus, doit lutter avec le poids d'un héritage familial dont il n'a jamais voulu. Le destin vient fusionner passé et présent. Père et fils se retrouvent face à une dure vérité : parfois, les ténèbres surviennent des endroits les plus inattendus.

Mon avis
Ayant grandi avec la saga Harry Potter, je me devais de lire cette pièce. Il m’a fallu du temps pour oser ouvrir ce livre, surtout parce que je savais quelle était l’intrigue (merci les spoilers qui foisonnent sur le net) et que j’allais détester de A à Z. Peut-être avais-je un infime espoir d’apprécier ma lecture mais le verdict est là : j’ai détesté. Tout. Du scénario aux personnages, des incohérences à l’écriture.


Vous saviez que cette chronique partait mal.

La première scène est la copie du tout dernier chapitre de la saga Harry Potter : vingt ans plus tard, quand les enfants de nos héros préférés entrent à Poudlard à leur tour. Et même là, la forme théâtre ôte un peu de son charme à la scène. Je précise quand même que j’aime lire du théâtre pourtant. On suit alors les aventures d’Albus, le second fils Potter et de Scorpius, le seul fils de Malefoy. Evidemment, ils sont amis. Evidemment, Albus se retrouve à Serpentard. Evidemment, il est paumé. Evidemment, il est au centre de l’histoire… Alors qu’il n’a en fait rien à y faire. Il aurait été finalement plus intéressant de ne se consacrer qu’à Scorpius qui lui est à peu près utile et tangible (mais pas trop non plus, ne soyons pas trop fous).

Les personnages ne sont pas réalistes. Ni fouillés. Ni même à la hauteur. Et cela vaut pour les nouveaux comme les anciens. Je n’arrive pas à comprendre comment on peut autant dénaturer des personnages qui ont été développés sur sept tomes auxquels on veut rendre hommage, et ça n’est pas uniquement une déformation donnée par le fait qu’il s’agisse d’une pièce de théâtre : Harry, Ginny, Ron, Hermione, McGonagall, … Tous ont été foirés. Vingt ans plus tard, Harry a pu grandir mais le scénariste semble l’avoir oublié. Vingt ans plus tard, Ron a visiblement régressé mentalement. Vingt plus tard, Hermione est elle aussi devenue stupide… Et j’en passe. Aucune cohérence avec les anciens personnages. Et les nouveaux ne le sont pas plus. C’était juste insupportable à lire.


Je refuse. Tout.

Mon côté puriste étant trop prononcée, j’ai quand même essayée d’oublier ce que je connaissais des personnages pour me fondre dans l’histoire… Et quelle histoire. Des incohérences grosses comme le monde, un scénario digne d’une tele-novela qui après quinze saisons ne sait toujours pas se renouveler dans son intrigue, des dénouements simplement imbuvables… Un exemple ? Un gosse qui dit « Aaaah mais je peux faire du polynectar il y a sûrement les ingrédients, en quelques minutes ce sera fait ! » soit. Mais une grande sorcière très haut placé, censée être très intelligente qui répond « mais oui pas bête » NON. Surtout quand elle sait faire du polynectar (oui, oui, c’est bien Hermione). Et ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres.


Et encore, vomir ne suffit pas.

Je ne vais pas aller plus loin, déverser ma frustration et mon indignation n’aurait rien de productif et conduirait à des spoilers, mais, vraiment, cette lecture était un supplice. Je trouve irrespectueux de vendre cette daube à plus de 20 balles (je voulais le pirater d’ailleurs mais on me l’a prêté, hors de question de payer pour ça). Je trouve irrespectueux de mettre en gros le nom de Rowling sur la couverture. Je trouve irrespectueux tout le pataquès médiatique qu’il y a eu autour. Et je trouve irrespectueux de ne pas avoir été honnête sur la nature de cette pièce : une très mauvaise fanfiction. Bon sang, des amateurs pondent des histoires bien plus cohérentes et agréables à lire.
J’espère simplement que, jouée, la pièce est agréable parce qu’à la lecture, c’est une véritable séance de torture. Et j’exagère à peine. Bravo à ceux qui ont pu apprécier cette lecture : j’aurais aimé pouvoir en dire de même.


J'ai maaaaaal.

PS : Rowling, sache que je me sens trahie. Au plus profond de mon âme. Parce que tu as cautionné. Et je refuse de croire que cette histoire a été en partie ton idée. Je suis dans mon déni pour ne pas te renier définitivement.


Dans la dignité. Presque.