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Rambalh, c'est un pot pourri sur la littérature, un blog pour partager mes coups de coeur et de gueule. Rambalh signifie Bordel en Occitan et c'est un peu le cas de ce blog : de tout et surtout tout moi. Le bordel de mes goûts, de ma vie livresque, toujours en lien avec Accros & Mordus de Lecture.

vendredi 28 octobre 2011

Frères de Sang de Richard Price

Ce roman a été publié pour la première fois en 1976 aux Etats-Unis. Il est paru pour la première fois aux éditions 10/18 en septembre 2011. 390 pages. J'ai gagnée ce livre à l'un des concours organisés par la maison d'édition.



Quatrième de Couverture
Dans la famille De Coco, la violence est partout, prête à exploser : brutalité, sexe, alcool. Stony, le fils parfait, rêve d’une vie plus large que celle à laquelle la tradition familiale le destine. Mais pourra t-il échapper à ses origines ? Véritable tragédie de l’ordinaire, Richard Price brosse un tableau sans concession du passage à l’âge adulte.

« Richard Price est chez lui dans le Bronx : il a beaucoup regardé, noté, senti ce concentré humain en version panoramique. »
Christine Ferniot, Télérama


Mon avis
On entre au coeur de la famille De Coco composée du père et de l'oncle, électriciens, fêtards et tout sauf fidèles; des enfants du cadet, Albert, enfant de 8 ans anorexique et effrayé par sa mère légèrement tarée, et Stony, 17 ans, fraîchement diplômé, amoureux d'une fille ne voulant pas s'engager et paumé en ce qui concerne son avenir. On est plongés au coeur du Bronx, le Bronx où les filles ne vivent pas dans le besoin... Ça ne signifie absolument pas que tout est rose, loin de là.

On plonge petit à petit au coeur d'une famille qui, au fil des pages, montre ses sombres secrets. Au départ, on ne comprend pas bien en quoi les De Coco ont des problèmes : violences, tromperies, alcool... Pour une famille des seventies, ça reste dans la norme. On ne sait pas non plus qui sera le personnage du livre qui va être réellement suivi... Et puis on comprend qu'en fait, Stony, l'adolescent qui devient un homme, est le personnage central, mais que les autres ne sont pas mis du tout au second plan. Les femmes ne sont pas dans le lot, on se penche réellement sur les deux fratries : Albert et Stony, Tommy (le père) et Chubby (l'oncle).
Stony est un jeune touchant. On comprend ses interrogations, ses doutes. Il est à peine plus jeune que moi ce qui m'a permis de transposer mes questions face à l'avenir aux siennes. Il est violent mais bon. La violence, il a grandi avec donc c'est en quelques sortes sa façon de résoudre les problèmes : son père et son oncle ont souvent régler des différents avec leurs poings. Chubby est un homme doux, gentil mais il pète souvent des plombs sans retour en arrière : si on le pousse à bout, il devient un autre, une sorte de bête. Le passage où il vient sauver la mise à Stony est effrayant : on ressent la surprise et l'inquiétude de son neveu quand Chubby frappe sans s'arrêter. Tommy a du mal à être tendre avec ses enfants. Il hait sa femme, elle est horripilante et on le comprend. Seulement, il met des œillères et vit sa vie sans se soucier de ce qu'il se passe entre sa femme et Albert... Albert qui est incapable de manger sans vomir et qui subit la pression de sa mère pour qu'il avale toujours quelque chose : elle s'acharne, elle ne l'aide pas mais l'enfonce dans sa façon de faire et se fait passer pour la victime. Quand Albert fait une crise et est hospitalisée, Stony pète un plomb et tape sur sa mère... On ne peut s'empêcher de se dire qu'elle le mérite sans pour autant cautionner la violence : en se mettant à la place de ce jeune qui vit dans les coups, on se dit que c'est une réaction normale à ses yeux même s'il s'en veut. Il s'en veut non pas d'avoir frapper sa mère mais de s'être laissé emporter. On souhaite à Stony de réussir à se défaire de sa famille et de leurs attentes pour enfin pouvoir choisir son avenir et faire ce qu'il aime et surtout ce en quoi il est doué !

Ce roman est poignant. Je ne pensais pas autant accrocher, surtout qu'il est classé dans le domaine policier qui n'est pas mon genre favoris. Seulement, j'ai été prise dans l'histoire de suite. Le langage cru ne m'a pas gênée, il m'a au contraire permis de mieux m'immerger dans tout ça et surtout, de calquer sur une réalité : franchement, est-ce qu'on s'exprime clairement et surtout poliment dans la vie de tous les jours à chaque instant surtout entre copains? Pour ma part, non. Et là, c'était un moyen comme un autre se se laisser aspirer par l'époque et l'ambiance du quartier. Certaines scènes sont explicites (scènes de sexe) et d'autres plus choquantes (scènes de violence poussées) mais ce n'est pas un mal selon moi, bien au contraire : on est plus touchés par ces images, ces détails, ces précisions.
Cette famille m'a touchée, enfin, surtout les enfants et Chubby. Ils sont cassés de l'intérieur mais ne s'en plaignent pas. Ils prennent la vie comme elle vient et tentent d'en profiter autant que possible : seulement, ils restent meurtris et leurs failles donnent des résultats dévastateurs...
Je ne regrette absolument pas cette lecture, bien au contraire. Si je n'avais pas gagné ce concours, je n'aurais jamais lu ce livre et j'aurais raté quelque chose de grand et de beau. Je le conseille à un public averti qui veut se pencher sur un quartier sensible comme le Bronx.

Merci pour ce cadeau !

2 commentaires:

  1. Ce n'est pas du tout le type de sujet qui m'attire dans un livre, mais vu ta critique, je pense qu'en étant tombée dessus lors d'un partenariat par exemple, il m'aurait accrochée aussi. Il a l'air... intense.

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  2. C'est exactement ça : j'ai eu des doutes quand j'ai vu domaine policier, violence & co... Mais au final, ça va beaucoup plus loin que ça :)

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