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Rambalh, c'est un pot pourri sur la littérature, un blog pour partager mes coups de coeur et de gueule. Rambalh signifie Bordel en Occitan et c'est un peu le cas de ce blog : de tout et surtout tout moi. Le bordel de mes goûts, de ma vie livresque, toujours en lien avec Accros & Mordus de Lecture.

vendredi 11 août 2017

Librairie insolite : Le Trouve Tout du Livre au Somail (Aude)


Juste avant l’arrivée, de quoi frétiller d’envie !

La semaine dernière, j’apprenais l’existence d’une librairie de livres anciens comptant plus de 50 000 ouvrages située dans un hameau, à tout juste 25 minutes de chez mes parents. Cette librairie s’y est implantée il y a presque quarante ans et je ne connaissais même pas son existence ! Je devais retrouver une copine et sa petite famille (Lili-One, si tu ne la connais pas encore, c’est le moment de foncer) alors je lui ai donné rendez-vous là-bas pour qu’on puisse s’émerveiller à deux !


L’entrée de la librairie.

Le Trouve Tout du Livre est une librairie créée dans les années 60 à Paris et qui était spécialisée dans la recherche et l’envoie de livres par correspondance. C’est dans les années 80 que les propriétaires se sont établis au Somail, petit hameau dans l’Aude, au bord du Canal du Midi. La librairie a investi une ancienne cave, adossée au château d’eau où trône fièrement un drapeau Occitan (mon amour pour ma région se gonfle d’orgueil, évidemment), et ses murs sont intégralement recouverts de livres jusqu’au plafond.


Aperçu de l’ensemble, ce que l’on voit après un long couloir déjà rempli de livres (désolée pour la qualité médiocre de la photo).

Si la spécialité de la librairie est le livre ancien, on y retrouve aussi du contemporain, du régionalisme récent, de la SF en poche, des ouvrages de sciences, de spiritualisme… Tout est là pour ravir petits et grands, amoureux du livre comme lecteurs occasionnels.


Livres anciens dans des éditions à tomber par terre.

Le centre de la librairie retrace son histoire à travers une petite exposition où de superbes œuvres et livres sont sous verre. Il est d’ailleurs possible de les acheter.


Exposition au centre de la librairie.

J’ai trouvé toute une tripotée de livres sur le Catharisme, de quoi faire frémir la groupie que je suis mais j’ai été forte ! Je sais que je dois d’abord faire du tri post-déménagement avant de remplir à nouveau mes futurs cartons de livres.


Encore un peu pour les yeux !

J’ai été très forte, je n’ai rien acheté parce que je n’ai pas eu le temps de faire le tour (et aussi parce que j’ai prévu d’y retourner la semaine prochaine pour au moins deux heures avec une liste #jenesuispassiforte) mais j’ai déjà repéré une pièce de Sophocle que je cherche depuis des années sans succès et qui s’y trouve dans deux éditions différentes : à moi le St Graal !


Promis, après j’arrête !

Et, à quelques mètres de la librairie, on retrouve un petit banc avec ce beau message :

« LES BANCS DE LA LIBERTÉ sont mis à votre disposition pour rencontrer les textes, les mots et les pages, et découvrir des auteurs, d’ici et d’ailleurs.
Sur tous les continents et avec tous les citoyens du monde, permettons-nous d’inventer des instants de vie, pour partager en liberté les émotions de l’écrit.
»


Les bancs de la liberté sont dédiés à Antoine de Saint-Exupéry

Je retournerai rapidement là-bas pour prendre le temps d’apprécier un peu plus les lieux (et acheter trop de livres). Si vous passez un jour dans le coin, n’hésitez pas à y aller.

Et vous, vous connaissez des librairies insolites ?

Page Facebook de la Librairie
Site internet de la Librairie

jeudi 10 août 2017

La Liste de mes envies de Grégoire Delacourt

J’avais plusieurs fois été attirée par cette couverture mais je n’avais jamais craqué jusqu’à ce que je trouve une version d’occasion : c’est pile poil le genre de lecture que j’aime l’été.



Quatrième de Couverture
Jocelyne, dite Jo, rêvait d’être styliste à Paris. Elle est mercière à Arras. Elle aime les jolies silhouettes mais n’a pas tout à fait la taille mannequin. Elle aime les livres et écrit un blog de dentellières. Sa mère lui manque et toutes les six minutes son père, malade, oublie sa vie. Elle attendait le prince charmant et c’est Jocelyn, dit Jo, qui s’est présenté. Ils ont eu deux enfants, perdu un ange, et ce deuil a déréglé les choses entre eux. Jo (le mari) est devenu cruel et Jo (l’épouse) a courbé l’échine. Elle est restée. Son amour et sa patience ont eu raison de la méchanceté. Jusqu’au jour où, grâce aux voisines, les jolies jumelles de Coiff’Esthétique, 18.547.301€ lui tombent dessus. Ce jour-là, elle gagne beaucoup. Peut-être.

Mon avis
Grégoire Delacourt nous dresse le portrait d’une société où l’argent change les gens à travers le regard de son héroïne, Jo, qui valide un ticket gagnant pour une grosse cagnotte, un montant qui ferait tourner la tête de n’importe qui. En réfléchissant à ce qu’elle pourrait en faire, Jo se rend compte qu’elle possède déjà ce qu’il lui faut et que, ce qu’elle voudrait d’autre ne s’achète pas. Elle craint de perdre sa petite vie si elle encaisse son gros chèque et décide donc de le cacher et d’attendre.

L’histoire de Jo est touchante, ses réflexions sont frappantes de vérité et son petit monde reflète parfaitement notre société malade : vouloir toujours plus pour donner un sens à sa vie, se projeter sur des achats futurs pour être certains de se sentir encore en vie. Travailler pour acquérir, se briser l’âme pour s’offrir la vie que le monde capitaliste nous impose, oublier de s’intéresser aux autres au profit de son petit confort personnel.
Avec son blog de couture, Jo touche des milliers de personnes qui se sentent seules, comme elle, dans un monde où pourtant les contacts sociaux pourraient être légion. On ne partage plus l’essentiel, on se contente du futile, de tout ce qui se marchande. Elle le comprend, Jo, et c’est pour ça qu’elle a peur d’encaisser ce chèque. Elle a peur de changer sa vie, le regard des autres, de perdre son mari, ses enfants. Et elle a raison d’avoir peur.

L’écriture de Grégoire Delacourt m’a conquise : la poésie qui s’exprime à travers ses mots, son style narratif et ce qu’il véhicule m’ont touchée. J’aime particulièrement lorsque la narration interne est maitrisée et c’est ici le cas. On s’identifie à Jo, on a peur pour elle, on s’attache à cette femme que la vie a peu à peu brisée en petits morceaux.

Lorsque j’ai atteint les dernières pages de ce roman, j’ai eu beaucoup de peine pour Jo, pour ce qu’elle conclut de sa vie, de son aventure : « Je suis aimée. Mais je n’aime plus. » Après les déceptions, les coups durs de la vie, cette femme se résigne et n’est plus capable d’offrir l’intégralité d’elle-même. Et c’est tout ce qu’on ne veut pas vivre. Tout ce qu’on n’aimerait pas connaître.

L’argent fait tourner les têtes, change le comportement des gens alors que Jo, elle, avait déjà compris : « Une mercière qui saurait ce que pressentait Thomas d’Aquin : le bonheur, c’est de continuer à désirer ce qu’on possède. » On veut toujours plus et, de préférence, ce qu’on peut monnayer, et on applique ce fonctionnement avec les êtres humains. On change nos téléphones dès que le nouveau modèle sort, alors même que le nôtre fonctionne encore, comme on le fait avec les relations : on met fin à des liens qui, pourtant, fonctionnent encore…

Ce roman m’a touchée, m’a rendue triste et c’est tout ce que je demande à un livre : me faire ressentir des choses et me pousser à y trouver un peu de ma vie entre ses pages, tout en relativisant le monde. La postface de l’auteur est présente dans mon édition : elle est touchante, bouleversante.

« Il avait déchiré la liste de mes besoins, de mes envies et de mes folies.
Il m’avait privée de ces petites choses qui nous maintiennent en vie. L’économe qu’on achètera demain au Lidl. La Calor à Auchan la semaine prochaine. Un petit tapis pour la chambre de Nadine, dans un mois, ce sera les soldes.
Il m’avait ôté l’envie d’être belle, d’être coquine et bonne amante.
Il avait griffé, rayé mes souvenirs de nous. Abîmé jusqu’à l’irréparable la poésie simple de notre vie…
»

Les avis des Accros & Mordus de Lecture

mercredi 9 août 2017

La Passe-Miroir, Tome 3 : La mémoire de Babel de Christelle Dabos

Après avoir relu les deux premiers tomes, j'ai enfin pu découvrir le tome 3 !



Quatrième de Couverture
Thorn a disparu depuis deux ans et demi et Ophélie désespère. Les indices trouvés dans le livre de Farouk et les informations livrées par Dieu mènent toutes à l'arche de Babel, dépositaire des archives mémorielles du monde. Ophélie décide de s'y rendre sous une fausse identité.

Mon avis
Le troisième tome nous force à un bond dans le temps, alors qu’Ophélie est cloîtrée sur Anima depuis plus de deux ans. J’ai eu du mal à imaginer une pause sur une aussi longue période après le rythme effréné des deux premiers tomes mais la logique y est.

J’avais lu de bonnes critiques de ce tome, notamment sur la découverte de la nouvelle Arche, Babel, par Ophélie. Cependant, Babel m’a laissée de marbre face à la magie qui avait opéré pour moi avec le Pôle et notamment la Citacielle : si l’histoire de Babel, son fonctionnement et ses descriptions sont superbes, je reste attachée au Pôle qui a su conquérir mon cœur de lectrice.

L’intrigue avance plus encore et ce que découvrent Ophélie et Thorn pousse à de nouvelles questions auxquelles nous n’avons pas encore de réponses. Encore une fois, Christelle Dabos réussit à nous donner envie de lire la suite mais, surtout, elle nous séduit chaque fois un peu plus.

Je n’ai qu’une hâte, en apprendre plus encore sur les autres Arches, comprendre enfin tous les tenants et aboutissants de la Déchirure mais après un nouveau tome riche en découvertes, rebondissements et surprises. J’aime la façon qu’à Christelle Dabos de jouer avec nos nerfs, avec nos émotions et notre imagination. Et j’en redemande !

Les avis des Accros & Mordus de Lecture

mardi 8 août 2017

La Passe-Miroir, Tome 2 : Les disparus du Clairedelune de Christelle Dabos

Enfin l'avis sur le tome 2, qui est aussi une relecture.



Quatrième de Couverture
Fraîchement promue vice-conteuse, Ophélie découvre à ses dépens les haines et les complots qui couvent sous les plafonds dorés de la Citacielle. Dans cette situation toujours périlleuse, peut-elle seulement compter sur Thorn, son énigmatique fiancé ? Et que signifient les mystérieuses disparitions des personnalités influentes à la cour ? Ophélie se retrouve impliquée malgré elle dans une enquête qui l’entraînera au-delà des illusions du Pôle, au coeur d’une redoutable vérité.

Mon avis
Le second tome, même après relecture, reste mon préféré. J’ai découvert avec avidité la suite des événements du Pôle, j’ai adoré l’intrigue des disparus de l’ambassade et j’ai été enchantée par l’évolution des personnages mais aussi des liens qui se construisent entre eux.

J’avais un souvenir assez fade d’Ophélie dans ce tome mais, en le relisant, cette impression a complètement été balayée : j’ai pris énormément de plaisir à la voir grandir et s’affirmer. Sa relation avec son fiancé est toujours aussi plaisante : hors des clichés, construite sur le temps, à travers les épreuves et dans une certaine logique. Les changements qui s’opèrent chez Thorn sont agréables à suivre : sa mécanique est mise à mal par Ophélie et, restant égal à lui-même, il gère le tout comme il peut, sans perdre de son essence.

L’intrigue de ce tome est son point fort : une histoire fascinante, faisant grandir l’intrigue générale de la saga et rendant le lecteur plus addict encore. C’est ce livre qui m’a fait comprendre que je ne pourrai qu’aller au bout de l’œuvre de Christelle Dabos. Et sa relecture a été un enchantement : j’avais beau connaître les rouages de l’enquête, j’ai lu avec la même avidité que la première fois chaque page.

lundi 7 août 2017

La Passe-Miroir, Tome 1: Les fiancés de l'hiver de Christelle Dabos

J’avais lu les deux premiers tomes il y a un moment déjà et je les ai relus à la sortie du troisième tome afin de me remémorer tous les détails. Je n'avais jamais posté mon avis alors je m'y mets en commençant par le tome 1.



Quatrième de Couverture
Sous son écharpe élimée et ses lunettes de myope, Ophélie cache des dons singuliers : elle peut lire le passé des objets et traverser les miroirs. Elle vit paisiblement sur l'arche d'Anima quand on la fiance à Thorn, du puissant clan des dragons. La jeune fille doit quitter sa famille et le suivre à la Citacielle, capitale flottante du pôle. A quelle fin a-t-elle était choisie ? Pourquoi doit-elle dissimuler sa véritable identité ? Sans le savoir Ophélie devient le jouet d'un complot mortel.

Mon avis
Ce premier tome est une superbe entrée en matière dans l’univers créé par Christelle Dabos. A travers les yeux d’Ophélie, son héroïne, on découvre pas à pas l’histoire des Arches, en commençant par Anima, l’Arche d’origine de la petite liseuse, avant d’être propulsé au Pôle pour honorer son mariage arrangé avec Thorn.

L’univers est riche, tant par le fond de l’histoire que par les détails qui modèlent les arches, la déchirure ou encore les personnages. Les descriptions sont si vivantes que j’ai passé mon temps à voir chaque détail à travers les mots et j’ai adoré. On imagine parfaitement le passage du climat clément d’Anima au froid mordant du Pôle, on voit sans problème les objets qui prennent vie au contact d’Ophélie et sa tante, on prend de plein fouet la rudesse du monde du Pôle.

Le seul bémol dans l’écriture de Christelle Dabos est, à mes yeux, la redondance dans la description de Thorn : les mêmes mots reviennent sans cesse, sûrement pour montrer la mécanique routinière qui semble animer l’intendant mais la limite a été bien trop souvent atteinte.

Lors de ma relecture, j’ai tout autant apprécié ce premier tome qui dose à la perfection les détails sur l’histoire qui donnent envie de poursuivre.