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Rambalh, c'est un pot pourri sur la littérature, un blog pour partager mes coups de coeur et de gueule. Rambalh signifie Bordel en Occitan et c'est un peu le cas de ce blog : de tout et surtout tout moi. Le bordel de mes goûts, de ma vie livresque, toujours en lien avec Accros & Mordus de Lecture.

mercredi 16 mai 2018

Régine Deforges, bref portrait

Je ne suis pas biographe, vous le savez, donc cet article ne sera pas une biographie de Régine Deforges mais plutôt une introduction sur la grande dame qui se cache derrière La Bicyclette bleue. Lire des articles à son sujet m’a permis de mieux comprendre son écriture, ses références ainsi que le personnage de Léa et c’est cela que j’ai envie de partager ici.



Régine Deforges est née en 1935 à Montmorillon, un petit village de la Vienne, au cœur du Poitou : elle est une enfant de la campagne, de la terre. Elle raconte dans plusieurs interviews que cet endroit était trop étroit pour elle, qu’il réclamait une trop grande discrétion pour la jeune fille à la soif de liberté qu’elle était. Un épisode marquant de sa jeunesse, qu’elle raconte à ces occasions, est le vol de son journal intime, à 15 ans, où elle avait couché son histoire d’amour pour une jeune fille de son âge : le scandale éclate et on la force à brûler tous ses cahiers d’écriture, ses précieux écrits. Cette histoire lui inspire plus tard son roman Le Cahier volé (1978).

Régine Deforges est une femme libre, forte et toujours passionnée par la littérature. En 1968, elle crée sa propre maison d’édition, L’Or du temps, et devient la première éditrice française. J’entends souvent parler des grands éditeurs, de ces dynasties littéraires qui ont survécu à bien des crises et notamment la Seconde Guerre Mondiale. La première femme éditrice, ça, je n’en avais jamais entendu parler et j’étais même loin de me douter qu’il s’agissait de Régine Deforges, et c’est un fait marquant : encore une fois, la réussite des femmes n’est jamais mise en avant en France. C’est aussi une des raisons pour lesquelles j’ai décidé de me lancer dans ce petit dossier : pour mettre en avant un fait important, un fait qui est historique à mes yeux mais surtout lourd de sens.

Dès mars 1968, le travail de Régine Deforges est écrasé. Le premier livre qu’elle publie en tant qu’éditrice, Le Con d’Irène attribué à Louis Aragon, sous le titre Irène, est saisi quarante-huit heures après sa mise en vente, le 22 mars 1968. Alors que Mai 68 et ses slogans libertaires battent leur plein, Régine Deforges affronte le tribunal pour outrage aux bonnes mœurs. Nombreuses sont ses publications qui sont censurées, attaquées en justice. La condamnation va même jusqu’à la priver de ses droits civiques durant quelques années. Éditrice de textes érotiques, elle dérange avant tout parce qu’elle est une femme.

Petit extrait d'un article du Monde pour comprendre :
Au tribunal, elle devait subir les propos railleurs et machistes des juges — « Pourquoi une jolie femme comme vous publie-t-elle de telles saletés ? »

Les attaques successives subies par sa maison d’édition la forcent à déposer le bilan : la justice coûte cher à la liberté.

Elle finit par se remettre à l’écriture, des décennies après le scandale de sa jeunesse, mais les attaques ne sont pas terminées. En 1981 sort La Bicyclette bleue qui est un succès mais qui pousse les descendants de Margaret Mitchell à intenter un procès pour contrefaçon. Régine Deforges, après de longues années de combat, finit par gagner ce procès. Oui, La Bicyclette bleue est semblable point par point à Autant en emporte le vent, et non ce n’est effectivement pas un hasard : Jean-Pierre Ramsay a proposé à Régine Deforges d’adapter ce roman à la Seconde Guerre Mondiale. Dès le départ, c’était écrit comme une adaptation.

Quand je lis aujourd’hui des chroniques disant « Oh la la c’est un plagiat je suis déçu quelle honte ! » ça m’agace. À une époque où quelques clics suffisent à trouver la vérité, je trouve malsain de se permettre de publier son jugement sur le net sans même prendre deux minutes pour vérifier ses sources. Et je veux rendre ses lettres de noblesse à Régine Deforges, non pas face au grand public parce que je n’en ai pas la prétention ni la légitimité, mais au moins face à cette communauté que nous sommes et dont je fais partie. Régine Deforges a passé sa vie à lutter contre l’adversité sans jamais baisser les bras et ça, c’est admirable. Elle a dépensé son temps, son énergie et son argent pour obtenir justice et je trouve honteux que des lecteurs aujourd’hui ne se gênent pas pour véhiculer encore une fausse idée de plagiat.

Par la suite, Régine Deforges est très active dans la vie littéraire française, avec des prises de position qui provoquent à nouveau des remous, qu’elle ait raison ou non. Je ne m’attarde pas sur ces faits parce qu’ils m’intéressent moins ici vis-à-vis du dossier en général mais je vous invite à creuser si cela vous interpelle.

Ce que je retiens de Régine Deforges et que je veux transmettre est surtout le fait qu’elle a participé à la lutte pour la reconnaissance de la place des femmes dans le monde de la littérature finalement, mais aussi au mouvement féministe par les idées qu’elle a toujours cherché à véhiculer, que ce soit via l’édition ou ses propres écrits. Je tiens à le redire mais son histoire d’éditrice montre qu’il y a 50 ans, une femme éditrice et qui, de surcroît, publiait des textes érotiques, était condamnable. 50 ans plus tard, nous devons encore lutter pour obtenir l’égalité en littérature, et pas que.

Quand on voit que certaines années, il n’y a pas une seule autrice au programme du baccalauréat de Français, on peut se poser des questions. Pour de jeunes lecteurs compulsifs, ce n’est pas forcément un problème puisqu’ils ouvrent seuls leurs horizons littéraires, mais quel message cela fait-il passer aux élèves qui ne lisent pas en dehors des œuvres imposées ?
Même choses lorsqu’on se penche un peu sur les statistiques dans le monde de la publication : toujours plus d’hommes que de femmes, plus d’hommes primés, plus d’hommes mis en avant sur les étals… Sauf quand il s’agit de genres littéraires dits « pour femmes ».
50 ans plus tard, la voie de l’égalité est encore longue à parcourir. En découvrant Régine Deforges, son écriture et son histoire, je ne pouvais pas faire autrement que partager ici ce que j’avais découvert et ce que j’avais ressenti. Cette grande dame est la preuve que son genre lui a mis des bâtons dans les roues, que son genre a justifié jusqu’à la suspension de ses droits civiques ! Et elle n’a jamais abandonné, elle a toujours rebondi et c’est quelque chose que j’admire chez elle. Toutes ses prises de position ne résonnent pas forcément en moi mais, en ce qui concerne ses positions féministes, elle a eu toute mon attention et toute mon admiration.

Je vous laisse mes différentes sources si vous voulez aller plus loin (ou si vous voulez vérifier que je ne vous raconte pas trop de fadaises) et je vous invite vivement à découvrir les œuvres de notre toute première éditrice française, celle qui a ouvert la voie pas toujours rectiligne à d’autres femmes amoureuses de la littérature.

Sources :
Régine Deforges sur Wikipédia
Régine Deforges, la papesse de l'érotisme
Régine Deforges : l'auteure de La Bicyclette bleue est morte
Page de Régine Deforges sur le site de l'éditeur Fayard
Polémique autour du prix Femina
Les inégalités hommes femmes en 12 chiffres et 6 graphiques
L'inégalité entre hommes et femmes persiste dans le monde du livre

dimanche 13 mai 2018

Le Lion et le Porc-Épic de Roland Kaya « Kayro » et Pierre Audemard

Hier j'ai fait un tour à la Journée Culturelle de l'Afrique organisée par les étudiants africains de Marseille et j'ai évidemment fait un tour du côté du stand littéraire. J'ai pris ce petit conte illustré pour ma petite cousine de bientôt 4 ans (que j'ai pu lui faire dédicacer au passage) mais j'ai surtout découvert les publications du Collectif International d'Artistes Solidaires que je vous invite à découvrir à votre tour.



Quatrième de Couverture
Ce conte devinette est à la fois raconté, chanté et imagé par le lecteur. Au fil de la lecture, un rythme s’installe et vous emporte au cœur du voyage loufoque du lion, Roi de la savane.

Mon avis
Le Lion et le Porc-Épic écrit par Roland Kaya, connu aussi sous le pseudonyme de Kayro Slam, et illustré par Pierre Audemard est un conte participatif où le petit lecteur est invité à écrire le nom des animaux croisés par le lion, ce Roi de la savane affamé qui cherche à se remplir le ventre.

Notre Roi lion et famélique, n’a pas le lustre que l’on attend d’un mastodonte de la savane. Et cela ne lui convient évidemment pas alors il s’engage sur la voie de la « réforme » en apparence personnelle. Il veut retrouver sa force, sa beauté et, pour cela, il se lance dans sa quête.

En dévorant les animaux qui croisent sa route, il s’empare de leur force, leur constitution, leur beauté, leurs attributs. Il s’impose et rafle tout ce qui ne lui appartient pas, il assoit son statut de Roi jusqu’à ce qu’il soit repu de tout ce qu’il a subtilisé à ses voisins, voisins qu’il a tous avalés jusqu’au dernier. Enfin rassasié et fier de ce qu’il est, il se repose, mais c’est sans compter sur la révolution mené dans ses entrailles par ces animaux qui ne comptent pas se laisser faire.

Transposition de la dictature d’un être qui veut s’emparer des richesses des autres, le Roi lion court à sa perte en dévorant l’ensemble du peuple de la savane : il leur permet ainsi d’être réunis dans son estomac et, ensemble, ils se libèrent du joug de leur oppresseur. À trop vouloir briller en écrasant les autres, notre petit Roi lion retourne à sa place : le porc-épic lui conseille donc de ne pas s’en prendre aux plus faibles pour asseoir sa puissance mais de passer à un régime « végétarien », un régime où chacun se nourrit de la même façon pour vivre en harmonie en somme.

La morale de ce conte est forte, elle montre aux plus jeunes que la loi du plus fort ne peut pas venir à bout des faibles indéfiniment, elle leur enseigne la force du peuple face à l’oppresseur, le tout rythmé par un style d’écriture qui rappelle la rondeur du slam, art premier de l’auteur. Que ce soit à voix haute ou lu en silence, le cheminant du texte s’accompagne naturellement de la mélodie transmise par les mots, la ponctuation, les répétitions et le résultat est réellement agréable.

Les illustrations sont superbes, montrant la transformation progressive du lion dans des paysages verdoyants, une nature qui a beaucoup à offrir.

J’ai beaucoup aimé ce conte qui permet aux plus jeunes de comprendre le message transmis par l’auteur et aux plus vieux de saisir les subtilités du message. Pour un premier conte, c’est une réussite qui plaira aux plus jeunes comme aux plus grands, accessible dès 2 ans jusqu’à 100 ans (mais je suis sûre que les plus de 100 ans apprécieront aussi).



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lundi 7 mai 2018

La Bicyclette bleue, Tome 4 : Noir tango de Régine Deforges

J'arrive au bout de la partie "chroniques" du Dossier sur La Bicyclette bleue de Régine Deforges. Ce quatrième tome est une bonne conclusion à ce que j'ai vécu à travers ma lecture ♥



Quatrième de Couverture
En novembre 1945, au sein de l'Allemagne vaincue, le tribunal de Nuremberg juge les criminels nazis. Léa, envoyée par la Croix-Rouge, y retrouve François qu'elle a revu quelques mois plus tôt à Montillac. Elle s'effondre lorsque Sarah lui raconte le cauchemar de Ravensbrück. Sarah convainc bientôt François de rejoindre le réseau de "Vengeurs" qu'elle a constitué pour traquer et exécuter les anciens nazis, partout où ils se trouvent.
Une chasse qui les conduira jusqu'en Argentine où le régime péroniste accueille et protège les criminels de guerre.

Mon avis
La guerre est terminée mais rien ne laisse de répit à Léa qui, au fil des années, s’est liée à de nombreuses personnes engagées comme elle. Toujours amoureuse de François Tavernier, elle se retrouve encore une fois au cœur de l’action à travers l’action vengeresse de Sarah Mulstein, son amie qu’elle a sauvée d’un camp de la mort, et de ses alliés dont le seul but est maintenant de venger les millions de morts. La faucheuse n’a pas fini de s’en prendre à l’entourage de Léa, la poussant à poursuivre son combat.

Léa a grandi, évolué mais, au fond, elle reste fidèle à elle-même : tout ce qu’elle traverse la touche au plus profond de sa chair. Lorsque Sarah lui raconte les horreurs qu’elle a vécues dans les camps de la mort, Léa s’effondre, passe de longs jours dans un état d’apathie, dans un coma protecteur même. Ses réactions physiques sont encore et toujours le moyen le plus violent pour extraire de son être ce qu’elle ne peut supporter. Les larmes ne signifient plus rien et son corps rejette le plus souvent le mal avec force et violence.

Mais ce mal ne s’est pas arrêté avec la fin de la guerre, bien au contraire : la défaite de l’Allemagne nazie n’a pas sonné la fin de l’horreur, tout comme la mort d’Hitler n’a pas mis fin à l’idéologie nazie. Et, malgré elle, Léa se retrouve engagée dans une nouvelle guerre, pour venger elle aussi ceux qu’elle a perdus.

Historiquement, ce quatrième tome aborde les conséquences de la Shoah et la façon dont certaines victimes ayant survécu reprennent en main leurs vies. Enfin, ce qu’il reste de leurs vies surtout : nombreuses sont les âmes brisées qui ne se remettent jamais de ce qu’elles ont vécu et qui cherchent, non pas à se reconstruire, mais à venger tout ce qu’ils ont perdu, proches comme dignité, joie de vivre comme espoir. Le personnage de Sarah, que nous suivons depuis le tout premier tome est l’incarnation de cette population juive qui a tout perdu jusqu’à son souffle d’humanité.
Sarah était une femme forte, merveilleuse, fascinante. Lorsque la guerre a commencé, elle a cherché à mettre ses proches à l’abri avec l’aide de François Tavernier, puis elle s’est cachée lorsque les rafles faisaient rage. Ensuite, ayant tout perdu, elle s’est vouée corps et âme à la résistance, à la libération de la France mais, surtout, à la survie de ses amis. Arrêtée et torturée, son esprit s’est peu à peu brisé, son regard éteint. Internée ensuite en Allemagne, elle a vécu toujours plus d’horreur, jusqu’à l’ultime qui a fini de détruire tout ce qu’il restait d’elle.
La guerre terminée, Sarah est détruite et n’a plus suffisamment de forces pour se reconstruire, mais qui en aurait eu à sa place ? Qui, après avoir vécu l’inimaginable, aurait réussi à reprendre une existence normale ? Sarah est ce peuple juif à qui l’on a tout pris et qui ne possède rien d’autre qu’une haine viscérale, une haine qui la maintient en vie et la pousse à se venger coûte que coûte pour espérer retrouver la sérénité. Une sérénité qui n’arrivera jamais.

Encore une fois, Régine Deforges nous entraîne dans les remous de l’Histoire en nous faisant voyager jusqu’en Argentine où bon nombre de nazis sont venus s’installer, forts de leurs liens avec le gouvernement de l’époque. Alors que des milices secrètes juives se mettent en place à travers le monde pour les arrêter, n’ayant aucune foi en la justice internationale, la guerre n’est finalement pas réellement terminée. Encore aujourd’hui, des criminels nazis échappent à la justice (récemment dans Le Monde) alors on comprend, on comprend pourquoi certains survivants ont eu ce besoin viscéral de venger leurs morts.
Malheureusement, Régine Deforges nous rappelle aussi que la vengeance ne suffit pas à apaiser l’âme, loin de là, et qu’elle n’est qu’un moyen de se trouver un but éphémère à une existence déjà brisée.

Si ce quatrième tome m’a moins fascinée que les trois premiers (c’était réellement la France sous l’occupation qui m’intéressait le plus), il n’en reste pas moins superbe et chargé d’émotions. Il est encore plus sombre, chargé de haine mais aussi d’amour au fond. Après cette lecture, on ne peut qu’espérer ne plus jamais revivre de telles horreurs dans notre histoire puis on se rappelle que, malheureusement, les génocides sont encore d’actualité et que la haine n’est pas prête de disparaitre, quelles qu’en soient ses victimes.

Pour le moment, je m'arrête ici dans la lecture de cette saga qui a su me passionner et je reprendrai sûrement la suite plus tard, de peur d'être trop déçue par l'histoire qui semble s'essouffler dans les tomes suivants.



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dimanche 6 mai 2018

La Bicyclette bleue, Tome 3 : Le Diable en rit encore de Régine Deforges

Et voilà la chronique du tome 3 pour le Dossier sur La Bicyclette bleue de Régine Deforges.



Quatrième de Couverture
1944 : la guerre a fini d'hésiter et chacun a choisi son camp. L'heure est venue des tueries, des règlements de comptes et des grands affrontements militaires. Léa a mûri. Après avoir découvert l'horreur, elle connaît le courage et la haine. Engagée dans toutes les luttes, jusqu'au bout de ses forces, elle trace son chemin volontaire de Montillac en feu à Berlin en ruine, passant par un Paris en liesse où rôdent encore les dangers. Pendant les deux dernières années de cette guerre atroce, la mort est sa compagne et c'est en elle qu'elle puise les infimes raisons d'une vie qui aura l'éclat de l'amour.

Mon avis
La guerre est « gagnée », la France se libère du joug de l’Allemagne nazie et tente panser ses plaies… Mais la vengeance est au menu de bien des repas sur les tables françaises. Nombreux sont ceux qui cherchent à faire payer les coupables, qu’ils le soient réellement ou non. Les humiliations sont le pain quotidien de cette France blessée, tandis que les troupes alliées repoussent l’ennemi sur tous les fronts. Léa, elle, a perdu bien trop de choses et de personnes dans cette guerre pour retourner à Montillac. Elle ne veut pas voir les ruines de son enfance et s’engage au sein de la Croix-Rouge pour porter secours à ceux qui sont à l’agonie. Face aux camps de la mort, en Allemagne, Léa est à nouveau confrontée à l’horreur que peut engendrer l’être humain.

Les pertes humaines sont encore nombreuses et Régine Deforges nous rappelle que la libération de Paris n’a pas sonné la fin de la guerre. La libération de la France a été longue, la défaite de l’Allemagne nazie aussi et le sang a encore longtemps coulé.
La France qui s’est laissée endormir durant l’occupation s’est tout d’un coup réveillée pour se venger, pour se repaître du sang des traîtres mais aussi d’innocents… Et c’est toute l’horreur historique mise en avant par ce tome : les collaborateurs qui réussissent à changer de camp au bon moment, les Français qui profitent de la « justice » pour humilier les traîtres, ceux qui, encore, dénoncent par jalousie, ceux qui se régalent face aux femmes tondues dont le seul crime a été parfois d’être amoureuses… L’histoire n’est pas faite que d’actes de bravoures.

Léa est orpheline, elle a tant perdu dans cette guerre qu’elle ne trouve le repos de l’esprit qu’en se vouant corps et âme à son nouveau but. Elle retrouve Sarah au milieu des camps de la mort, la sauve, reste traumatisée à la vue de son corps cadavérique, de la vie qui semble avoir disparu de ce qui n’est plus qu’une carcasse de chairs et d’os. Seules les apparitions de François lui permettent de garder la tête hors de l’eau.
Elle est cette France blessée, meurtrie qui peine à accepter toute l’horreur qui sort de l’ombre alors que la guerre touche à sa fin. Elle est cette France qui peine à accepter qu’en son sein, beaucoup ont trahi, beaucoup ont pris du plaisir à intégrer la Gestapo pour devenir pire bourreau que leurs formateurs. Elle est aussi cette France qui découvre avec terreur jusqu’où l’homme a pu aller par haine. Elle est cette France qui ne sait plus par quel côté entamer sa reconstruction.

Comme dans les deux tomes précédents, Régine Deforges nous offre une vision détaillée de ces derniers mois de guerre, de la lutte acharnée des alliés, de la défaite des nazis et de tout ce qu’ont vécu les peuples. Les vainqueurs écrivent l’histoire, les vaincus subissent le courroux de leurs ennemis mais ce sont toujours les civils qui en souffrent le plus. Ces civils que décrit l’autrice face aux grandes figures de la guerre comme le Général De Gaulle qui a tiré les ficelles de Londres et est arrivé en vainqueur à Paris, puis a dirigé les troupes de la France libérée. Sans critiquer l’homme, Régine Deforges n’en dresse pas un portrait flatteur, elle le décrit finalement comme ce qu’il a dû être pour beaucoup de Français : un homme qui a travaillé de loin et qui était ensuite trop au-dessus d’eux pour qu’il garde un visage de citoyen normal, comme eux. C’est ce que l’on ressent à la lecture.

Après ces trois premiers tomes relatant la Seconde Guerre Mondiale, je ne peux que saluer le travail de Régine Deforges. Elle a su me passionner du début à la fin et, surtout, dresser un superbe tableau des Français normaux qui ont vécu cette guerre. Elle n’a pas cherché à mettre en avant les grandes figures héroïques que nous connaissons mais a rendu hommage à ces millions d’anonymes qui ont œuvré à la libération de la France. Elle a su rendre hommage aux femmes aussi, montrant qu’elles étaient nombreuses à agir au sein de la Résistance. Elle a aussi rendu hommage à ceux qui sont morts inutilement, ces Français pas vraiment collaborateurs mais qui ont fait naître du ressentiment chez leurs voisins, alors qu’ils n’avaient rien fait. Et elle a rendu hommage à ceux qui ont essayé de vivre en paix avec les Allemands sous l’occupation, non pas par appât du gain mais par humanité, par découverte des êtres avant leur nationalité, comme Françoise, la sœur de Léa, qui est tombée amoureuse d’un homme bon dont le seul défaut était d’être Allemand.

Régine Deforges offre un hommage à l’histoire de la France à travers différents combats et montre que même les pires horreurs peuvent voir vaincre l’espoir et l’amour.

Pour conclure sur les trois premiers tomes, je voudrais aussi saluer la richesse littéraire de la plume de Régine Deforges, qui nous offre régulièrement des citations, des évocations d’œuvres ou de grands écrivains. Les références sont nombreuses, sublimes, parfaites. Elles m’ont poussée à en savoir plus et à noter de nouveaux titres dans la liste de mes futures lectures. Régine Deforges était une personne à la culture littéraire immense qu’elle a partagée avec nous à travers ses romans. Une autrice de talent qui mérite une réelle reconnaissance.



Le Dossier La Bicyclette bleue
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samedi 5 mai 2018

La Bicyclette bleue, Tome 2 : 101, avenue Henri-Martin de Régine Deforges

Je poursuis mon Dossier sur La Bicyclette bleue de Régine Deforges avec le second tome que j'ai lu avec exaltation.



Quatrième de Couverture
Cet automne 1942, le domaine de Montillac a bien changé. La vie est dure. Le bonheur a fait place aux deuils, l'insouciance aux privations. Au plus noir de l'Occupation, Léa Delmas va découvrir la délation, la lâcheté, la collaboration. Ses proches vont subir les tortures, d'autres trahir. Elle va choisir farouchement le camp de la liberté : La Résistance.

Au mépris de tout danger, dans le Paris des faux plaisirs et des vraies horreurs, elle va s'opposer à l'occupant et tenter de sauver ceux qu'elle aime... Seuls, son appétit de vivre, sa jeunesse, sa fougueuse sensualité lui permettront de tenir tête... On suit ses personnages avec passion et elle sait nous faire vivre ces années d'Occupation, chez les résistants comme chez les collabos, dans les vignes bordelaises comme dans les rues de Paris, avec une étonnante puissance d'évocation.

Mon avis
Léa a vingt ans et c’est à travers la défaite de la France et l’Occupation allemande qu’elle s’est frayée un chemin jusqu’à l’âge adulte. Ce ne sont ni l’honneur ni la morale qui dictent ses choix mais son essence même, ce qu’elle est au plus profond d’elle-même. La mort, elle l’a croisée, la haine, elle l’a mesurée, l’horreur, elle la croise tous les jours. Et c’est en étant fidèle à elle-même qu’elle s’engage corps et âme dans la Résistance, qu’elle impose son aide à ceux qui la pense trop faible ou frivole parce qu’elle est une femme. Aux côtés de ses amis, de sa famille, elle fonce tête baissée et partage sa vie entre peur, faim, plaisirs et lutte.

L’intrigue ne connaît aucun essoufflement, les événements s’enchaînent, qu’ils soient historiquement vrais ou liés à l’histoire fictive de Léa : l’ensemble se marie avec une harmonie qui donne l’impression que Léa Delmas a réellement exister. Régine Deforges nous offre un second tome haletant, ne laissant aucun répit à son lectorat entre horreur et plaisir, haine et amour. La richesse de l’intrigue nous tient en haleine du début à la fin, nous tient éveillés, nous fait pénétrer dans l’histoire.

Tout l’intérêt de suivre les aventures de Léa tient dans le fait qu’elle possède encore sa part d’enfant, qu’elle découvre chaque jour un peu plus la réalité de la vie : nous découvrons à travers ses yeux la réalité de cette guerre. Léa navigue entre le monde de la Résistance à travers ses engagements mais aussi le monde de la Collaboration, active ou passive, en étant en contact avec François Tavernier dont le rôle reste flou. Si on sait au fond de nous que François est du côté de la Résistance, Léa, elle, doute et c’est ainsi que nous pouvons la suivre dans cette danse macabre, cette course à l’information, aux secrets, aux gens à démasquer. Et, surtout, nous la suivons à travers la compréhension complexe d’une France occupée où tout n’est pas noir ou blanc, où la survie prend facilement le dessus sur le choix d’un camp ou d’un autre. Le cas de Raphaël Malh, notamment, cet écrivain égoïste qui vend ses ennemis comme ses amis est l’incarnation de cette survie, du « moi » avant « le peuple ». Léa nous aide à comprendre chaque aspect de la guerre à mesure qu’elle intègre ce qu’il se passe autour d’elle.

Et suivre Léa est d’autant plus exaltant que c’est une figure passionnée. Au-delà de son caractère de petite fille égocentrique, elle ressemble à chacun par son côté vivant, par ces moments où elle dévore la vie comme les victuailles. Par son attachement à la terre qui l’a vue naître. Ce n’est pas son caractère auquel nous nous identifions mais à ce qui a façonné l’ensemble de son être : nous venons tous de quelque part et nous sommes tous dotés de réflexes vitaux, nous mangeons, nous buvons, nous nous gorgeons du contact d’autrui, qu’il soit charnel ou autre. Nous sommes humains avant d’être des êtres intégrés dans une société.

Très sombre, ce second tome va encore plus loin dans la description du panel de choix faits par les Français sous l’occupation et de la façon dont ont été traités les gens au fil des épisodes historiques. De l’occupation où les résistants étaient parfois vendus par leurs voisins jaloux à la libération de Paris où ces mêmes voisins se sont empressés de vendre les femmes à tondre. Ce tome met en relief toute l’horreur de la guerre, non pas à travers le sang et les morts mais à travers la nature humaine qui se plait à regarder l’autre souffrir, qui se plait à dénoncer l’autre pour ne pas attirer l’attention la prochaine fois qu’il faudra désigner un coupable, ou encore à travers ceux qui abandonnent et perdent la foi.
Mais ce tome met aussi en avant l’humanité, l’entraide, la solidarité. Il met en avant l’espoir qui persiste malgré les échecs, les morts qui se succèdent.

Régine Deforges m’a transportée dans ce tome et a su me faire vibrer. Elle a su me faire frémir, sourire, espérer. Son travail de documentation est encore une fois remarquable et m’a à nouveau donné envie d’aller plus loin, de fouiller au cœur de la guerre pour comprendre, apprendre et transmettre.



Le Dossier La Bicyclette bleue
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vendredi 4 mai 2018

La Bicyclette bleue, Tome 1 de Régine Deforges

J'entame le Dossier sur La Bicyclette bleue de Régine Deforges avec ma chronique du premier tome, que j'ai littéralement dévoré et adoré et qui est un vrai coup de coeur ♥.



Quatrième de Couverture
1939. Léa Delmas a dix-sept ans. Sa vie se résume aux senteurs de la terre bordelaise, à la lumière des vignobles, à la tendresse des siens. La déclaration de guerre va anéantir l'harmonie de cette fin d'été et jeter Léa dans le chaos de la débâcle, de l'exode, de la mort et de l'occupation nazie. Léa va être contrainte à des choix impossibles.

Mon avis
Léa Delmas, dix-sept ans, est une gamine égocentrique, prétentieuse, fougueuse. Elle croque la vie à pleine dent et obtient tout ce qu’elle désire, si bien qu’elle est de ceux qui ne désirent que ce qu’ils ne peuvent avoir. Comme Laurent d’Argilat, son ami de toujours qui doit se marier avec une autre. Et le désir qu’elle fait naître chez tous les hommes qui croisent sa route la gonfle d’orgueil et de plaisir. Léa est une enfant, une enfant privilégiée par une vie d’insouciance, par la facilité du quotidien, une enfant qui va devoir devenir adulte d’un seul coup lorsque la Seconde Guerre Mondiale commence.

La Bicyclette bleue de Régine Deforges et, avant tout, une adaptation française du roman de Margaret Mitchell Autant en emporte le vent, demandé par son éditeur. À travers ce premier tome, l’adaptation est visible (je n’ai lu que le début du roman américain il y a longtemps mais les similitudes des premiers chapitres sont là) mais l’autrice prend rapidement son indépendance en nous livrant un premier tome exaltant et témoin puissant de cette guerre qui a secoué l’Europe puis le monde entier.

De l’été 1939 à la fin de l’été 1942, nous suivons tous les tressautements de l’histoire. Nous vivons la préparation du conflit, l’invasion de la Pologne, l’entrée en guerre de la France, la trop grande assurance française, les tressaillements qui s’immiscent peu à peu au cœur de la population, la défaite de 1940, l’appel du Général De Gaulle, la mise en place de l’occupation, la naissance de la Résistance, la mise en place de la Collaboration, la stigmatisation des minorités avec la population juive en tête de file, l’épisode terrible du Vel d’Hiv au mois de juillet 1942… C’est un pur plaisir que de suivre chaque détail historique, de prendre conscience du travail documentaire monstrueux effectué par Régine Deforges.

J'ai lu de nombreux ouvrages au cours de ma vie de lectrice, documents ou romans, traitant de la Seconde Guerre Mondiale et je peux affirmer que, dans la liste de mes lectures, La Bicyclette bleue est le roman qui m’a le plus embarquée dans l’Histoire. J’y ai retrouvé énormément de détails et de faits historiques qui m’ont happée et m’ont fait vivre avec intensité le roman. Là où beaucoup de romans et documents se contentent de certains faits, certains épisodes comme la Résistance d’une communauté, l’horreur vécue par un groupe de déportés, la tentative de survivre des français sous l’occupation… Régine Deforges nous donne tout. Elle nous raconte tout, tous les angles, toutes les victimes, tous les bourreaux, tous les français qui attendent inlassablement que les choses passent. Je n’ai pas le bagage historique pour affirmer que le roman est complet mais, pour moi, en tant que lectrice, j’ai eu l’impression du début à la fin de ma lecture d’avoir en main toute l’Histoire. Et c’est le gros point fort de ce premier tome.

Les personnages de Régine Deforges côtoient régulièrement des noms célèbres, comme Jean Cocteau ou Sacha Guitry, des noms fortement liés à la culture française, cette culture mise en avant à chaque chapitre, cette culture faisant l’orgueil de la France et l’admiration des Allemands. Cette culture qui a eu une histoire forte et trouble à la fois durant l’occupation. Régine Deforges n’hésite pas à prendre parti sur certains faits historiques d’ailleurs, toujours bien documentés, et c’est un pur plaisir.
À travers cette culture et notamment la littérature, Régine Deforges rend un superbe hommage à la France, à ce pays que chacun admirait pour sa richesse intellectuelle. Mais elle reste lucide en montrant que l’intelligence n’a pas de camp naturel et que les intellectuels n’étaient pas bons ou mauvais mais que la zone grise était bien présente.

Cette France, d’ailleurs, elle est incarnée par son héroïne, Léa Delmas, cette jeune fille qui aime la vie, qui est passionnée, insolente, forte mais si fragile à la fois. Cette France dont on disait qu’elle possédait la meilleure armée du monde et qui s’est fait écraser par l’armée allemande. Cette France qui brille par ses arts et sa gastronomie malgré la guerre. Léa incarne tout cela, par son côté fougueux et tête-brûlée, par sa façon de dévorer la vie et ses repas en période de restriction. Par le plaisir de la chair, aussi.
Léa est une héroïne de féminisme, une gamine qui apprend à grandir trop vite mais qui gardera toujours son âme d’enfant tout en devenant une femme forte, consciente de ses désirs, de ses envies, de certaines de ses faiblesses et de ses forces. Léa mange comme elle fait l’amour, goulument, avec passion. Léa navigue dans le monde comme dans les vignes du domaine familial, avec intensité et émotion, avec rage de vivre et d’aimer. Elle incarne le féminisme non pas parce qu’elle est l’héroïne parfaite mais parce qu’elle ne considère par son genre comme un obstacle et elle véhicule cette idée aux gens qui l’entourent de façon naturelle.

Léa rencontre des tas de personnes qui participent à sa construction, des personnages, principaux ou secondaires, qui sont construits à la perfection autour d’elle. De Laurent d’Argilat, l’homme d’honneur qui représente l’image de l’homme parfait aux yeux enfantins de Léa ainsi que ses désirs de jeune fille d’avant-guerre, de Camille d’Argilat qui est cette rivale fade pour elle mais qui devient finalement un pilier qu’elle ne soupçonne pas, de ses tantes incarnant cette France empâtée dans sa bourgeoisie qui vont tout perdre sauf l’essentiel, de François Tavernier qui est l’homme trop homme, justement, trop intégré dans un paysage adulte que Léa n’est pas prête à affronter intégralement, à Mathias qui montre que les choix viscéraux ne sont pas toujours liés à l’honneur, en passant par Raphaël Malh qui personnifie la définition d’égoïsme incontrôlable ou encore Sarah Mulstein qui nous fait pénétrer au cœur de l’horreur subie par le peuple juif… Chaque personnage permet finalement d’obtenir cette France diverse, ces personnalités qui forment ensuite un tout et qui permettent de mieux comprendre l’histoire, au-delà du bien et du mal, au-delà des vainqueurs et des vaincus.

Et à travers ces personnages, nous vivons l’Histoire, chaque chemin tortueux qui la façonne, à travers le regard de ceux qui savent ce qu’il se passe mais aussi de ceux qui ne voient rien, qui portent des œillères. L’épisode du Vel d’Hiv le montre, notamment, lorsque Sarah en fait le récit des semaines plus tard alors que Léa n’en sait rien même en ayant un pied posé sur le sol de la Résistance. La France s’est endormie en 1940 et rares étaient ceux qui étaient assez éveillés pour voir la réalité. C’est aussi cela qui est véhiculé dans La Bicyclette bleue : les Français n’ont regardé que ce qu’ils voulaient voir. La censure, l’oppression, l’occupation… La vérité était cachée mais elle restait accessible pour qui voulait avoir les yeux grands ouverts mais, surtout, qui était capable de la supporter, cette vérité.

Ce premier tome a été un pur régal, une plongée délectable dans l’histoire malgré les horreurs qui y sont décrites. Régine Deforges nous offre avec une fiction un véritable moyen de plonger dans des faits réels et c’est effectué avec une remarquable maîtrise. Les films sont bien fades à côté de l’œuvre et le féminisme qui s’échappe de chacune des pages est à louer quand on sait quelle place a tenu l’autrice en tant que femme dans le monde de la littérature.

« À quoi bon vous détromper, petite fille ?
J'ai des bonheurs, mais jamais un bonheur complet. Je suis habité par une souffrance aiguë, confuse et profonde, qui ne me quitte jamais. A vingt ans, je voulais écrire un livre sublime; maintenant, je me contenterai d'un bon livre. Car ce livre, Léa, je le porte en moi. Mon travail d'écrivain, c'est le seul que j'aime vraiment, et c'est le seul que je ne parviens pas à faire. Tout me distrait et m'entraîne, je m'éparpille. J'ai l'ambition d'une gloire future, mais pas d'ambition quotidienne. Tout me lasse très vite. J'aime toute le monde et personne, la pluie et le beau temps, la ville et la campagne. Je garde au fond de l'âme la nostalgie du bien, de l'honneur et des lois dont je ne me suis jamais soucié. Quoique fâché de ma mauvaise réputation, j'ai la faiblesse d'en tirer vanité. Ce qui me nuit, voyez-vous, c'est de n'être pas un vicieux absolu, d'être généreux jusqu'à l'extravagance, le plus souvent d'ailleurs, par lâcheté, de n'avoir jamais fait semblant d'être un demi-vertueux, c'est-à-dire, comme tout le monde au fond, de préférer les mauvais garçons aux hypocrites qui prétendent avoir de l'honneur alors qu'ils en ont à peine plus que moi. Je ne m'aime pas, mais je me veux du bien.
»

Le Dossier La Bicyclette bleue
Les avis des Accros & Mordus de Lecture

Dossier : La Bicyclette bleue de Régine Deforges

J'ai beaucoup enquiquiné les réseaux littéraires avec ma fascination pour La Bicyclette bleue au cours de ma lecture des quatre premiers tomes et j'en suis venue à la conclusion que les chroniques des tomes ne suffiraient pas à exprimer tout ce que ces lectures ont fait naître chez moi. Je me lance donc dans un dossier de plusieurs articles !



La Bicyclette bleue a bercé mon enfance à travers les trois téléfilms adaptés des romans de Régine Deforges. J’avais fini par acheter le tome 1 et la rediffusion récente que j’ai regardée avec avidité m’a poussée à me lancer enfin dans la lecture de cette saga. Je ne m’attendais pas à plonger aussi intensément dans les livres et à être autant transportée par l’histoire et j’ai été plus qu’agréablement surprise, j’ai été fascinée.

Plus jeune, j’avais lu des tas de romans sur la Seconde Guerre Mondiale : certains sur la résistance, d’autres sur les personnes ayant aidé à cacher des enfants juifs, et récemment Éducation européenne de Romain Gary ou Amélia : une vie, deux guerres de Manuel Santos et Pascale Malevergne.
Là où La Bicyclette bleue se démarque, c’est qu’on suit absolument tous les détails de la guerre via les trois premiers tomes, de l’invasion de la Pologne par les Allemands en septembre 1939 à la libération de la France entière en 1945. Et c’est quelque chose que je n’avais encore jamais lu.

J’ai énormément de chose à dire sur les 3 premiers tomes, le 4ème étant différent, comme sur Régine Deforges donc je vais tenter d’organiser au mieux ma pensée et faire plusieurs articles en ayant une fiche par livre, sûrement aussi un article comparant les films et les livres, un autre sur la place de la littérature dans la saga, un sur Régine Deforges et le féminisme… Bref, des tas de choses à raconter vous dis-je !

Dans tous les cas, chaque livre sera chroniqué comme mes autres lectures, avec un avis simple, n’allant pas dans le détail pour éviter les digressions.

On verra si je vais au bout de cette entreprise, sachant que je ne suis pas une professionnelle de l’article littéraire et que tout ce que je vais écrire sortira de ma caboche de profane. Si vous cherchez un dossier détaillé et complet sur La Bicyclette bleue, ce ne sera pas ici, désolée. Mais vous aurez là tout ce que m’a évoqué cette saga, tout ce que ça a fait naître chez moi et les recherches d’informations que j’ai eu envie d’effectuer. Cette série d’article sera donc une sorte de gros pense-bête personnel que je partage publiquement.

Liens vers les articles
Chronique du tome 1
Chronique du tome 2
Chronique du tome 3
Chronique du tome 4
Régine Deforges, bref portrait
• en cours

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