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Rambalh, c'est un pot pourri sur la littérature, un blog pour partager mes coups de coeur et de gueule. Rambalh signifie Bordel en Occitan et c'est un peu le cas de ce blog : de tout et surtout tout moi. Le bordel de mes goûts, de ma vie livresque, toujours en lien avec Accros & Mordus de Lecture.

samedi 25 avril 2015

Fille noire, fille blanche de Joyce Carol Oates

Je suis trèèèès en retard en ce qui concerne mes avis lectures. Mais je compte bien me rattraper ! Au mois de mars, j’ai lu Fille noire, fille blanche de Joyce Carol Oates, auteur que je ne connaissais pas.



Quatrième de Couverture
Elles se rencontrent au cœur des années soixante-dix, camarades de chambre dans un collège prestigieux où elles entament leur cursus universitaire. Genna Meade, descendante du fondateur du collège, est la fille d'un couple très " radical chic ", riche, vaguement hippie, opposant à la guerre du Vietnam et résolument à la marge. Minette Swift, fille de pasteur, est une boursière afro-américaine venue d'une école communale de Washington. Nourrie de platitudes libérales, refusant l'idée même du privilège et rongée de culpabilité, Genna essaye sans relâche de se faire pardonner son éducation élitiste et se donne pour devoir de protéger Minette du harassement sournois des autres étudiantes. En sa compagne elle voit moins la personne que la figure symbolique d'une fille noire issue d'un milieu modeste et affrontant l'oppression. Et ce, malgré l'attitude singulièrement déplaisante d'une Minette impérieuse, sarcastique et animée d'un certain fanatisme religieux. La seule religion de Genna, c'est la piété bien intentionnée et, au bout du compte inefficace, des radicaux de l'époque. Ce qui la rend aveugle à la réalité jusqu'à la tragédie finale. Une tragédie que quinze ans - et des vies détruites - plus tard, elle tente de s'expliquer, offrant ainsi une peinture intime et douloureuse des tensions raciales de l'Amérique.

Mon avis
Genna Meade entre au Schuyler College, établissement fondé par son ancêtre, toujours financé par sa famille. En apparence frêle et naïve, Genna fait tout pour intégrer sa camarade de chambre, Minette Swift, une fille noire, lors de cette rentrée 1974. Pas si simple. Racisme ? Oui, mais pas que. En effet, Minette s’attire les foudres des autres élèves par son comportement. Elle est étrange, trop étrange, hautaine, trop centrée sur elle-même. Etrangement, le racisme dont elle est l’objet vient aussi de personnes issues de la même minorité qu’elle. Des personnes qui n’acceptent pas qu’elle ne veuille pas s’intégrer, qu’elle soit fière d’être différente. Et la complexité de l’histoire n’est pas ici, non. C’est Genna Meade qui est en fait le véritable mystère de l’affaire. Genna qui, au fil des pages, passe de la douceur naïve à une fille complètement détraquée par sa vie de famille hors du commun.

Genna, notre narratrice, décide de coucher sur papier, quinze ans après les faits, la mort de son amie Minette, pour dire enfin la vérité. Les deux personnages principaux qu’elles représentent sont complètement différents de ceux qu’on peut croiser habituellement. Minette est insupportable, irritante. Ses attitudes, sa façon de parler, son regard, tout en elle fait naître l’antipathie. Et pourtant, Genna s’y accroche comme une moule à son rocher. Elle veut être son amie, elle veut l’aider, elle veut faire entièrement partie de sa vie. Mais pourquoi une telle envie, virant au fil des pages à l’obsession ?
Minette a ce que Genna n’a jamais eu : une famille en apparence équilibrée, une vie plus ou moins normale. Pour Genna, sa couleur de peau la force à se battre plus que les autres alors qu’elle, avec son nom, peut obtenir tous les passe-droits si elle le souhaite. Les parents de Genna sont tarés. Sa mère est une droguée aux médicaments, complètement frivole, son père un avocat extrémiste lié à des affaires douteuses d’attentat. Au fil des pages, on comprend que la naïveté de Genna n’est pas réelle : cette fille s’enferme dans son monde depuis l’enfance, elle est complètement détraquée, elle a vu et entendu des choses qu’elle a cherché à enterrer loin dans son esprit, mais sans succès.

Si au départ, on croit lire l’histoire de la mort de Minette racontée par Genna, à la fin, ce n’est plus le cas. On suit en fait la libération de Genna du joug de ses parents, ses tarés de parents. L’histoire de Minette n’est que secondaire, au fond, même si elle prend toute la place. C’est l’histoire de Genna qui nous intéresse, le pourquoi du comment on obtient la fille qu’elle est. Et on ne peut qu’avoir de la peine pour cette pauvre fille.

La plume de l’auteur a été agréable à lire du début à la fin. La seule chose qui m’a agacée est le « Par-don ? » incessant de Minette. La traduction y est évidemment pour beaucoup. Si en VO, l’expression peut sembler naturelle à tout bout de champ, son usage en VF sonne faux.

Au-delà de cela, j’ai apprécié ma lecture. L’histoire ne m’a cependant pas transcendée. Une bonne lecture, tout sauf joyeuse, qui permet de réfléchir à la limite entre compassion et pitié, entre amitié et obsession.

J’ai lu ce livre dans le cadre du Challenge A&M Vide ta PAL.

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