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Rambalh, c'est un pot pourri sur la littérature, un blog pour partager mes coups de coeur et de gueule. Rambalh signifie Bordel en Occitan et c'est un peu le cas de ce blog : de tout et surtout tout moi. Le bordel de mes goûts, de ma vie livresque, toujours en lien avec Accros & Mordus de Lecture.

dimanche 1 avril 2012

L'ère des phalanstères de Gil Braltard

Après avoir trainé dans mes lectures, dans la gestion de ce blog et de tout le reste en général, je me remets enfin en selle ! L'ère des phalanstères est un roman que j'ai pu lire grâce à un partenariat via Le sanctuaire de la lecture des A&M, forum cher à mon petit coeur. Merci aux Editions Céléphaïs pour cette opportunité. C'est un roman de 251 pages publié en 2011.



Quatrième de Couverture
Gaïa, malgré notre bassesse et notre malfaisance, a eu pitié de nous. Des terres que nous avions rendues stériles, Elle a fait surgir de resplendissantes fleurs. Elle nous a envoyé ses messagers, les prophètes Ubik et Florem et leur armée de serviteurs qui nous ont aidés à construire les phalanstères, ces arches de paix et de liberté où nous sommes choyés comme des princes. Oui, en vérité je vous le dis, par saint Joseph-Proudhon, saint Charles-Fourier, saint James-Lovelock et tous les autres saints de la Floraison, il n'est pire pécheur que celui qui tourne le dos à notre Bonne Mère.

Gaïa a instillé la Peur en nous pour qu'elle nous détourne de l'Extérieur. La Peur est un mal nécessaire. Elle nous rappelle à tout moment que la liberté physique est une illusion. Que représente en effet cette insignifiante liberté en comparaison de celle de projeter notre esprit où nous le désirons ?

En pensées seulement tu voyageras. Le rêve rend libre, mes chers frères et sœurs, n'oubliez jamais cette sainte maxime, le rêve rend libre.


Mon avis
La Terre, dans un siècle, ça donne quoi ? Il suffit de se plonger dans le roman de Gil Braltard pour avoir droit à son hypothèse sur la future vie des hommes. A travers l'épopée de deux personnages vivant deux vies complètement différentes, Mikhaïl (dont le prénom n'est certainement pas laissé au hasard) et Inako. Mikhaïl vit dans le confort, l'aisance et il a tout pour être heureux. Le jeune homme est bien entouré et la technologie développée de son époque le sert mais elle ne le comble pas. Un soir, alors qu'il survole une zone désertique, il remarque un comportement étrange chez un troupeau mammifères, un phénomène qui va le pousser à se poser de nombreuses questions... Et à interroger son grand-père qui lui, exilé sur mars comme tous les centenaires, n'est pas autant connecté à la technologie que son petit-fils. Quand il demande à Mikhaïl s'il a trouvé la clé du mystère, celui-ci ne sait pas de quoi il parle... Sa mémoire aurait-elle été effacée par cette technologie si efficace ? Inako, elle, vit dans un phalanstère, un lieu de vie fermé où Gaïa, déesse ultime, aurait parqué ses enfants pour les sauver de la planète en déclin. Ils ne peuvent sortir, les prêtres des lieux leur rappelant sans cesse que l'air au dehors est mortel... Mais Cassius, l'ami d'Inako, comprend vite que c'est un mensonge...

Ce roman d'anticipation m'a passionnée. Je n'aime pas le genre en général, j'ai toujours du mal avec la science-fiction, avec les robots, les scenarii catastrophes mais là, j'ai été conquise. Le style de l'auteur est franchement agréable, il réussit à faire passer avec facilité les termes bien SF ce qui m'a personnellement permis d'accrocher à l'historie dès les premières pages. L'alternance des chapitres entre les phalanstères et le monde "libre" est une méthode qui permet de faire facilement le parallèle et surtout qui laisse la possibilité de comprendre au fur et à mesure ce qu'il se passe, qui tire les ficelles de ce monde qui pourrait finalement un jour être le nôtre. C'est un roman qui pousse à se poser des questions sur notre monde capitaliste, sur les conséquences que son fonctionnement pourrait avoir à long terme et sur qui trouverait les solutions le moment venu. Le sommet international traitant de cette solution justement est juste immonde et tellement réaliste à la fois : Gil Braltard nous met face à son hypothèse sur l'avenir, une hypothèse qui tient largement la route quant à la façon dont les choses pourraient tourner... Se dire qu'une poignée de "grands" de ce monde choisirait la voie finale de milliards d'individus n'est pas insensé quand on voit comment tourne actuellement le monde...

Les personnages du roman sont tous intéressants, chacun à leur manière. Mikhaïl est un jeune homme qui a tout ce dont il peut rêver et c'est le vide qu'il ressent, ce sentiment du petit quelque chose qui cloche qui fait de lui un homme à part, un homme digne d'intérêt. Il n'abandonne pas, il cherche des réponses et il n'a pas la mentalité que son entourage et notamment son maître voudraient qu'il ait. C'est grâce à son Dom (robot) qu'il peut réussir à s'émanciper du contrôle de l'interconnexion mondiale : ce robot est juste mon personnage préféré. Il est drôle, malin et sans lui, ce roman ne serait pas le même. M'étaler sur son cas n'est pas possible malheureusement sachant qu'il a son petit rôle à jouer dans le dénouement. Inako, elle, est une jeune fille qui n'a connu que l'enfermement et l'endoctrinement. Ses rêves, ses questions et ses espoirs font d'elle une héroïne à art entière : comme Mikhaïl, elle se réveille tout au long du roman, elle comprend que quelque chose ne va pas et passe de la disciple sage à une rebelle prête à lutter pour la liberté. Elle est celle qui vit le plus grand drame au cours du roman, dommage que ce ne soit pas légèrement plus approfondi d'ailleurs. Son "père" spirituel est une ordure, une ordure de la pire espèce, comme le guide de Mikhaïl d'ailleurs... Cassius, lui, est un peu le guide d'Inako : comme le Dom aide Mikhaïl, Cassius aide Inako en lui confiant ses doutes et ses découvertes, notamment le fait que respirer l'air de l'extérieur n'a rien de dangereux, bien au contraire...

En somme, un roman qui se dévore, des personnages attachant sur lesquels on ne peut que porter un grand intérêt et un style qui empêche de reposer le roman une fois commencé. C'est envoûtant, c'est passionnant et ça pousse à réfléchir à notre situation actuelle et à celle à venir : est-ce que le but d'un livre n'est pas de nous apporter quelque chose ? Pour moi, si, et là, Gil Braltard m'apporte beaucoup avec sa vision des choses, une vision qui rappelle qu'il y a du bon et du mauvais partout... Un seul regret : j'en aurais voulu plus ! Plus de pages, plus d'histoire pour continuer cette aventure !

Merci au forum et à la maison d'édition pour cette découverte, merci à l'auteur pour son ouvrage et l'excellent moment passé et franchement, n'hésitez plus, lisez-le ! Ce roman file directement dans mes coups de ♥ !

Petit plus : Gil Braltard est en fait le pseudo de Hicham Charif (pour ceux qui chercheraient d'autres de ses oeuvres...)

Céléphaïs, une maison d'édition qui sait dénicher les perles rares !

4 commentaires:

  1. Juste avec le nom, ça a l'air compliqué ! ;) Mais d'un autre côté, ça a l'air intéressant aussi.

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  2. J'aime beaucoup ta critique, on a eu un avis assez similaire sur ce bouquin au final. Moi aussi ça a été un petit coup de cœur, une très belle surprise !

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  3. Oh ben dis donc j'étais passé à côté de cette critique (on dit merci Livraddict pour le coup!). Il a l'air vraiment sympa comme tout, ça me donne bien envie tout ça *_* D'autant plus que je suis fan de science - fiction donc...
    En tout cas, rien que la couverture est magnifique et donne envie.

    *Eno, dépoussiéreuse d'anciennes chroniques à plein temps ahah*

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    1. Je pense qu'il te plairait effectivement ! Tu veux de l'aide pour la poussière Cendrillon ? :D

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