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Rambalh, c'est un pot pourri de mes lectures, un blog pour partager mes coups de coeur et de gueule. Rambalh signifie Bordel en Occitan et c'est un peu le cas de ce blog. Il est surtout né de mon besoin de garder une trace de mes lectures. Retrouvez-moi aussi sur Accros & Mordus de Lecture.

mardi 24 janvier 2023

Notes sur le chagrin de Chimamanda Ngozi Adichie

Chimamanda Ngozi Adichie, c’est un coup de cœur littéraire depuis que j’ai lu Americanah. J’ai lu quelques-uns de ses essais que j’ai trouvés fascinants de justesse et j’accumule pas mal de ses œuvres dans ma PàL. Regardant régulièrement ses ouvrages en librairie, j’ai trouvé Notes sur le chagrin dont le résumé m’a tout de suite happée.



Quatrième de Couverture
Comment dire adieu à un être cher alors que le monde entier est frappé par une crise sanitaire, que le défunt repose au Nigeria et que ses enfants sont bloqués en Angleterre et aux États-Unis ? Le père de Chimamanda Ngozi Adichie vient de mourir. Séparée de ses proches, cette dernière vit un deuil empêché et solitaire. Elle écrit alors sous la forme de courts chapitres, composés comme des soubresauts de chagrin et de rage, où l’amour et l’admiration qu’elle portait à son père explosent à chaque page.
James Nwoye Adichie a traversé plusieurs époques de l’histoire du Nigeria. S’il a transmis la culture et la langue igbos à ses enfants, essentielles à l’œuvre de l’autrice, il s’est aussi élevé contre certaines traditions de son pays. En partageant des anecdotes familiales simples et touchantes, Chimamanda Ngozi Adichie rend hommage au professeur émérite de l’université du Nigeria, mais surtout au père humble et affectueux qu’il était, son « dadounet originel ».
La perte se voit ainsi transcendée par l’amour et la transmission.

Mon avis
Durant le confinement de 2020, Chimamanda Ngozi Adichie a perdu son père. Depuis les Etats-Unis, elle a vécu un choc terrible, une perte immense lors d’une période critique où son deuil est vite devenu insurmontable. Assaillie par le chagrin et la colère, elle a couché sur papier des bribes de ses émotions violentes, parcourant les longs mois d’attente avant de pouvoir enfin mettre son père en terre.

Notes sur le chagrin résonne comme un hommage à ce père que Chimamanda Ngozi Adichie aime, admire, toujours solide à ses côtés. À travers les chapitres, elle partage des souvenirs qui dressent le portrait d’un homme bon, juste, encourageant, inspirant. Un père qui l’a toujours soutenue et poussée à être la meilleure version d’elle-même. Il était son roc, cet être inébranlable sur qui elle pouvait se reposer mais aussi dont elle s’inspirait. Le vide qu’il laisse dans sa vie est immense et c’est la colère qui prend le pas sur le chagrin pour combler cette absence mais aussi la cruelle distance. Parce que Chimamanda est aux Etats-Unis, en plein confinement, et elle ne peut faire son deuil de ce pilier disparu au Nigeria. Elle ne peut intégrer pleinement sa perte, coincée à des milleirs de kilomètres, dans un contexte où tout semble en suspend : c’est donc sa rage qui s’accroche durablement à son corps.

Comme toujours, la plume de Chimamanda Ngozi Adichie m’a captivée. Son style sans détour est d’autant plus fort ici que la colère qui l’habite fusionne avec ses mots et les rend plus percutants encore. Les chapitres sont courts et construits en vagues de montagnes russes, à l’image de la fluctuation de son chagrin : certains sont doux à travers les souvenirs, comme un cocon, d’autres se terminent en chutes brutales. Ces chutes reflètent à la perfection la façon dont le chagrin peut nous prendre par surprise sur le chemin du deuil, lorsqu’un bon souvenir nous rappelle avec cruauté qu’ils seront tous au passé désormais et plus jamais au présent.

Notes sur le chagrin est un cadeau doux amer, une lecture forte, douloureuse mais tellement belle. C’est aussi un témoignage d’une époque, de cette terrible année 2020 où nos vies ont été impactées à bien des niveaux et où nos deuils ont été plus lourds à porter. Encore une fois, Chimamanda Ngozi Adichie a capturé mon esprit pour y imprimer ses mots et je lui en suis reconnaissante.

« Je regarde mon père de tous mes yeux. J’ai du mal à respirer. C’est cela que ça signifie, état de choc, quand l’air se transforme en colle ? »

« Le chagrin n’est pas vaporeux ; il a du corps, il est oppressant, c’est chose opaque. Son poids est plus lourd le matin, après le sommeil : un cœur de plomb, une réalité obstinée qui refuse de bouger. »

Les avis des Accros & Mordus de Lecture

dimanche 22 janvier 2023

Trois mètres au-dessus du ciel de Federico Moccia

J’ai vu le film Twilight Love ado et, comme souvent, j’ai eu envie de lire le livre dont a été tirée l’histoire. Manque de pot, il s’agit d’une trilogie rassemblant plus de 1500 pages que j’ai lue… Et que je n’ai pas aimée ! Mais, comme toujours, quand je commence un bouquin, je ne peux m’empêcher d’aller au bout.



Quatrième de Couverture
Jeunes et déchaînés, ils s'aiment
jusqu'à décoller de terre,
jusqu'à toucher le ciel.
Plus que ça.
Au moins.., trois mètres au-dessus du ciel !
Mais ils ne sont pas seuls: il y a le lycée,
les parents, la bande de copains qui dérape
et franchit les limites...

Mon avis
Trois mètres au-dessus du ciel raconte l’histoire de Step et Babi, deux adolescents que tout semble opposer et qui tombent amoureux, d’un amour fou et passionnel. Ils se changent l’un l’autre, de la bonne façon, se permettant de se découvrir et de cheminer vers le grand escalier de la vie d’adulte. Seulement, les marches ne sont pas communes à leurs chemins respectifs et Babi choisit de prendre son envol seule pour éviter les déchirements qu’elle sent venir à cause de leurs différences.
Si le premier tome traite avec passion de ce premier émoi adolescent, les suivants illustrent tout ce qu’il y a de toxique entre les deux adultes que deviennent Step et Babi. Ils se retiennent l’un l’autre dans leurs travers alors qu’ils vivent des vies séparées. Step passe son temps à tout ramener à Babi qui, elle, semble se délecter de l’emprise qu’ils ont l’un sur l’autre à chacun de ses détours dans sa vie.

Au-delà de l’histoire, c’est aussi l’écriture qui m’a perdue. Le style est incisif par moment, jusqu’à vulgaire, et tout en rondeur parfois sans que j’y trouve un réel équilibre. Et c’est long. C’est atrocement long à la lecture. Les longueurs sont déjà présentes dans le premier tome, deviennent plus invasives dans le deuxième pour finir par étouffer le fil du récit dans le troisième. On sent que l’auteur avait tout le détail de son récit en tête et qu’il n’a pas cherché à trouver, encore une fois, le juste équilibre.

Et puis, pour la fin… J’ai eu l’impression de voir un mauvais film où, pour réunir les deux amoureux destinés l’un à l’autre, il fallait que la décision soit prise par le destin. Pousser les personnages à choisir de se réunir par eux-mêmes semblait faire mal à l’auteur : Step serait potentiellement passé pour un mauvais bougre, quittant femme et enfant pour Babi… Alors que, non, il aurait simplement été humain. Mais non, la vie c’est blanc ou noir, il ne fallait surtout pas que son héros choisisse, il fallait que la vie lui offre sur un plateau la mort de sa femme ainsi que la bénédiction de cette dernière pour toucher le bonheur qu’il a toujours mérité… Non, c’est bien pire ainsi à mes yeux.

C’est dans ces moments-là que je regrette de ne pas savoir abandonner une lecture. Quoi qu’il m’en coûte, je vais au bout. Au mois, cette fois, je me suis permis de lire la moitié des pages en diagonale !
Je ne saurais dire si cette trilogie est mauvaise ou si c’est juste mon ressenti qui me pousse à ne voir que le négatif. Tout ce que je peux conseiller est de se contenter du film bien mielleux adolescent ou encore de la récente adaptation de Netflix avec la série italienne du même nom, qui prend énormément de liberté pour le bien de tous.

Les avis des Accros & Mordus de Lecture

jeudi 19 janvier 2023

L'Expiation de Christelle Lebailly

J’ai découvert Christelle Lebailly à travers ses vidéos YT, à une époque où l’écriture me démangeait à nouveau les doigts. J’ai eu envie de découvrir son univers. Je lis très peu de romans auto-édité et je ne regrette pas d’avoir choisi celui-là. La mise en page est soignée, le texte bien calibré, de quoi rappeler qu’il est possible de sortir du schéma traditionnel de l’édition pour faire vivre ses histoires.



Quatrième de Couverture
On sait peu de choses sur Ashland, cette petite ville minière de Pennsylvanie qui n’en finit pas de se morceler, engloutie par les galeries qui courent dans son sous-sol. Pas de page internet ni de contacts extérieurs ; à croire que rien ne sort de la vallée.

Ainsi, lorsque Jessica y débarque pour vivre chez sa grand-mère, elle découvre une femme à l’image de la bourgade : pleine de froideur, de regards inquisiteurs, et de secrets. L’adolescente se retrouve confrontée à une communauté pieuse, où les traditions font office de lois, et rapidement, les mystères s’accumulent. Pourquoi les mines effrayent-elles tant les habitants, et pourquoi sa grand-mère refuse-t-elle de parler de la mort de son père, survenue dix ans auparavant ?

Jessica l’ignore, mais un compte à rebours a été enclenché dès son arrivée. Des murmures parcourent les bois, tandis que des tambours résonnent sous la terre.

L’Expiation approche, et l’heure du sacrifice a sonné.

Mon avis
Jessica est envoyée à Ashland chez sa grand-mère paternelle par sa mère qui préfère se consacrer à son copain du moment. La lycéenne découvre une ville où les habitants épient chacun de ses gestes et une grand-mère aussi froide que les lieux qu’elle intègre. Au sein de cette communauté pieuse et oppressante, Jessica prend conscience peu à peu de la folie qui anime la ville, alors que les visages se craquèlent au même rythme que les rues de la bourgade. La ville semble prête au sacrifice, dans la plus pure tradition barbare : les jours de Jessica sont comptés.

L’Expiation est un thriller fantastique au sens initial du genre : jusqu’au bout on se questionne, on se demande si les événements ont une explication rationnelle ou non. Ashland semble figée dans le temps tout en se délitant rapidement. L’ambiance y est sombre, humide et oppressante. L’oppression devient petit à petit étouffante, on suffoque, pris à la gorge, on cherche une bouffée d’air salvatrice jusqu’à la toute fin. Et lorsqu’on finit par inspirer un grand coup, c’est la chute finale, l’estocade fatale qui nous laisse en équilibre au bord du précipice.

Tout au long de ma lecture j’ai eu l’impression d’être plongée dans une histoire rappelant Le Village, film des années 2000 que j’avais beaucoup aimé.
Tous les éléments nous poussent à nous plonger dans cette ambiance, à sentir que les habitants d’Ashland cherchent à garder entre leurs griffes les jeunes générations. Jessica, elle, nous permet de comprendre au fil des pages ce qu’il se trame en ces lieux. Ou presque. J’ai à un moment été persuadée d’avoir compris la plupart des rouages de l’intrigue, voyant même dans la couleur de cheveux de Jessica un clin d’œil au film de Shyamalan. Et si j’avais effectivement compris certains détails, d’autres aspects m’avaient échappé et c’est tant mieux ! J’ai aimé le rythme de l’histoire, allant crescendo, ainsi que le fait de ne pas être plongée dans la psychologie des personnages secondaires : le récit se veut court et il fonctionne tel quel. C’est la vision de Jessica qui nous permet de suivre l’intrigue et elle n’est pas là pour entrer dans la tête de ses voisins : elle veut survivre, les fuir et on la comprend. Un poil de développement supplémentaire m’aurait cependant plu, notamment sur la ville et certains de ses rouages.

Enfin, le vrai point fort de ce roman est le style d’écriture très descriptif : il entre pile dans la catégorie que j’apprécie. Si la psychologie des personnages est survolée, le décor, lui est personnifié. Et c’est ce qui m’a plu : j’aime quand les lieux prennent le pas sur les protagonistes dans ce genre de roman. Après tout, Ashland est sûrement LE vrai personnage principal de L’Expiation, celui qui fut, qui est et qui sera après tous les autres. C’est un choix qui laissera sûrement quelques lecteurs au bord de la route mais qui m’a tendu une main que j’ai prise sans hésiter.

« Le froid. Il avait recouvert tous les murs d’une pellicule d’eau, et il ne se trouvait pas un objet qui ne soit pas moite. La tapisserie puait l’humidité, et des pots-pourris étaient placés à intervalles réguliers dans des coupelles en cristal pour dissiper l’odeur de moisi. Toutes les maisons du quartier se décomposaient-elles ainsi ? Ashland était connue pour avoir un climat très pluvieux, et ce, peu importe la saison. Et si ce n’était pas des torrents d’eau qui s’abattaient, c’était un brouillard opaque, chargé d’humidité, qui s’infiltrait dans les rues. La ville devenait alors une cité fantôme, invisible depuis le ciel. »

Les avis des Accros & Mordus de Lecture

mardi 17 janvier 2023

Le Livre des Etoiles, Tome 4 : La Boussole des Trois Mondes de Jimmy Blin

J’ai découvert par hasard la sortie d’un tome 4 du Livre des Etoiles en janvier 2022, juste quelques jours avant sa sortie. Cette saga de ma jeunesse, que j’avais adorée, se voyait offrir une suite près de 20 ans plus tard ! En deux clics, j’ai trouvé quelques infos et j’ai été bien surprise de voir qu’il s’agissait d’une fan fiction… En librairie, quelques jours plus tard, j’ai pris le livre dans mes mains et ai lu la préface écrite par Erik L’Homme. Cela m’a convaincue et je l’ai acheté !
J’ai d’abord relu la trilogie d’origine, chose que je n’avais pas faite depuis plus de 15 ans. J’y ai retrouvé de chouettes personnages, une épopée fantastique pour un jeune public et une bonne partie de mes vieilles émotions. Puis, j’ai foncé tête baissée dans le tome 4 que j’ai lu en une matinée.
Le Livre des Etoiles, c’est une bonne partie de ma vie de jeune lectrice.



Quatrième de Couverture
L'Ombre, l'ennemi juré du Pays d'Ys n'est plus ! Chevaliers, Sorciers et habitants célèbrent ensemble la paix. Mais la fête est de courte durée: Guillemot de Troïl, qui a sacrifié ses pouvoirs magiques pour vaincre la créature maléfique, a disparu. Seul le Vieux Compas, une boussole légendaire, permettra de retrouver la trace du jeune Apprenti. Une poignée d'irréductibles, accompagnés de Maître Qadehar, se lancent à sa recherche pour sauver leur ami Guillemot.

Mon avis
L’Ombre n’est plus depuis deux ans. Cela fait aussi deux ans que Guillemot de Troïl a disparu, envolé de son lit d’hôpital juste après sa victoire contre l’Ombre. Depuis, ses amis et sa famille n’ont de cesse de le chercher mais aucune trace de lui ne subsiste au Pays d’Ys.
Kushumaï la Chasseresse a pourtant une dernière idée : réunir les fragments du Vieux Compas, objet légendaire qui tend vers le mythe, dont la magie pourrait localiser Guillemot. L’heure est venue de vivre une ultime quête.

Le défi était risqué mais Jimmy Blin a su le relever. A partir d’une trilogie qui a marqué toute une génération il a su faire naître une suite qui tient la route, tant dans le fond que dans la forme. Il n’est finalement pas risqué de dire qu’il a rendu un bel hommage à Erik L’Homme.

Jimmy Blin a utilisé les éléments de la trilogie d’origine pour donner vie à une nouvelle aventure. Il a reproduit les codes de la saga et a su rester fidèle à l’ambiance de départ, à l’essence des personnages. Le schéma narratif est le même, tout comme la construction des chapitres ainsi que les messages véhiculés par le récit. C’est d’ailleurs un choix à double tranchant : on aime ou on déteste. Quand il s’agit d’une suite officielle ou non écrite par une autre personne, il faut faire ce choix : garder le même rythme ou en adopter un nouveau. Jimmy Blin a choisi de calquer son histoire sur celle d’origine et ça a parfaitement fonctionné avec moi.
On retrouve les chapitres courts, les ellipses régulières notamment lors de situations critiques et toute la fougue de la jeune bande d’amis. Une ambiance fidèle au Livre des Etoiles de notre jeunesse, qui n’a d’ailleurs pas trop mal vieilli. Le récit ne détonne clairement pas dans la littérature jeunesse, de quoi s’adresser aux vieux fans comme moi mais aussi à une toute nouvelle génération.
Le style de Jimmy Blin se rapproche assez bien de celui d’Erik L’Homme, si ce n’est qu’il manque encore un chouia d’aisance sur quelques tournures de phrase par rapport au maître en la matière : s’adresser à un public jeune sans simplifier son langage et en trouvant la juste tournure est un exercice complexe. Erik L’Homme maîtrise cette pirouette à la perfection mais Jimmy Blin a su s’en rapprocher de très près.

Enfin, l’intrigue était chouette. Peut-être un poil simple et rapide mais elle a été menée en un seul tome contre trois il y a 20 ans, ce qu’il faut noter. Je regrette seulement le manque de présence de Guillemot, principalement par nostalgie, cette absence servant très bien le récit. Ceci dit, cela ouvre une nouvelle fois la porte des possibles. Jimmy Blin nous rappelle aussi avec ce tome 4 qu’il n’est pas interdit de rêver et, surtout, d’imaginer sans limite une suite à nos œuvres préférées une fois la dernière page lue.

Une suite à lire pour les fans, avec la bénédiction d’Erik L’Homme en prime !

Les avis des Accros & Mordus de Lecture sur la Trilogie
Les avis des Accros & Mordus de Lecture sur le Tome 4

samedi 14 janvier 2023

Grisha, Tome 3 : L'oiseau de feu de Leigh Bardugo

Avec cette chronique tu dernier tome de Grisha, je finis enfin la rédaction de mes avis lecture de... 2021. J'ai pris un retard monstre mais je le vis bien. Pour écrire mes chroniques, je dois me repongler dans ces lectures et c'est agréable de retrouver mes sensations d'il y a un an. J'espère quand même réussir à rattraper une bonne partie de mon retard cette année !



Quatrième de Couverture
« Et je devins une lame. »

MANIPULATION. PARJURE. TRAQUE.
Un royaume au bord du chaos.
Un tyran sur un trône d'ombre.
Une sainte sans pouvoirs.
Sans alliés. Sans armée.
Le combat final de la lumière contre les ténèbres.
AMOUR. LOYAUTÉ. DÉLIVRANCE.

Le salut de Ravka mérite-t-il tous les sacrifices ?
Seule l'Invocatrice de lumière en décidera.

Mon avis
L’attaque du Darkling à Os Alta laisse Alina affaiblie, cachée sous terre par l’Aparat contre son gré.Si loin du Soleil, elle n’a plus accès à sa lumière tout comme à sa liberté. Aidée par les survivants de la Seconde Armée et de ses amis, Alina va pouvoir poursuivre sa quête pour réunir les trois amplificateurs. Cette course contre le temps touche à sa fin, Lumière et Ténèbres vont s’affronter une toute dernière fois.

Avec ce tome, la trilogie Grisha touche à sa vin, le point final arrive et on le sent. On le sent à travers ses personnages, les dernières étapes de la quête et, surtout, ses révélations, celles qui permettent d’obtenir la vision d’ensemble qui est caractéristique de la fin d’une saga.

Alina passe par les ténèbres lorsqu’elle est sous terre, par l’espoir absolu en retrouvant la surface et son pouvoir. Puis vient la détermination. Sur la fin du second tome, Alina était prête au sacrifice final, prête à devenir cette martyre que beaucoup voient en elle pour être une sainte, Sankta Alina. Dans ce dernier tome, nous sommes au-delà du sacrifice au sens littéral, c’est le sacrifice total de sa vie d’avant qu’Alina est prête à faire pour de bon, de celle qu’elle était. Elle ne se projette plus vraiment au-delà de la victoire qu’elle veut avoir sur le Darkling. Elle reste uniquement fixée sur la fin des ténèbres et la libération de Ravka ainsi que sur le dernier amplificateur de Morozova. Elle sent que ce troisième amplificateur lui permettra de tuer le Darkling tout en causant sa fin à elle. Ils sont comme les deux faces d’une même pièce, liés, semblables et différents à la fois : complémentaires. C’est en se focalisant sur ce lien qu’elle semble ainsi se détacher de tous ceux qui l’accompagnent ; c’est peu explicité mais c’est ce qu’on ressent à la lecture.

En rédigeant cet avis final, je me rends compte que j’ai tout traité à travers le personnage d’Alina. Et c’est aussi quelque chose qui résume bien ma lecture : Alina ne m’a pas plus fascinée que d’autres personnages, dans ce livre où ils sont nombreux à être chouettes, ou encore dans d’autres œuvres, mais Leigh Bardugo a instillé en elle toutes les étapes du cycle de la vie ainsi que toutes les facettes de son univers. Et surtout, Alina est terriblement humaine : elle comprend qu’elle peut aussi sombrer comme le Darkling, elle est pleinement consciente que personne ne peut résister à l’attrait d’un pouvoir aussi puissant que le leur : après des siècles, elle aussi serait sûrement devenue un monstre. Et c’est ce doute final qui reste et qui fait qu’on s’interroge à la fin de cette saga : est-ce que tout le monde serait voué à une telle histoire sombre avec un pouvoir aussi grand ? Alina ne le saura jamais et c’est aussi ça la beauté d’un livre : les questions qui restent sans réponses, le champ des possibles…

Grisha est une trilogie bien écrite, à l’univers prenant et qui offre un très bon moment lecture. Leigh Bardugo a vraiment un talent certain pour faire de ses personnages l’histoire même de ses livres, pour en faire le miroir du monde dans lequel ils vivent. Et, en me replongeant dans cette trilogie lue en 2021 pour enfin rédiger mon avis, je me suis rappelée que je n’avais jamais lu la troisième saga du Grishaverse : King of Scars : je suis en train de rattraper mon affront !

« […]Le peuple t’aimera pendant un moment. Mais que penseront-ils quand leur bon roi vieillira et mourra, tandis que sa sorcière de femme restera jeune ? Quand tous ceux qui se souviendront de tes sacrifices ne seront plus que poussière ? Combien de temps penses-tu qu’il faudra à leurs enfants ou leurs petits-enfants pour se retourner contre toi ?

Ses mots me glacèrent. Je ne parvenais toujours pas à me faire à l’idée de cette vie infinie qui m’attendait, ce gouffre d’éternité.

– Tu n’y as jamais pensé, n’est-ce pas ? demanda le Darkling. Tu vis dans l’instant, moi dans un millier d’instants.
»

Avis Grisha, Tome 1 : Les orphelins du royaume de Leigh Bardugo
Avis Grisha, Tome 2 : Le dragon de glace de Leigh Bardugo
Avis Six of Crows, Tome 1 de Leigh Bardugo
Avis Six of Crows, Tome 2 : La Cité corrompue de Leigh Bardugo
Les avis des Accros & Mordus de Lecture